‹ MandrinChapitre 176 sur 266 · Déposition du curé de Saint-Genix d'Aoste. lbid · texte numérisé non relu

Déposition du curé de Saint-Genix d'Aoste. lbid

son beau-fils, deux contrebandiers très connus, surnommés « Ntmes », du lieu d'origine de Pierre Tourant. Gaussin était dans son lit, malade. Deux pointes de baïonnettes le firent se lever. Les deux Ntmes furent saisis, liés, garrottés et adjoints à Mandrin, à Saint-Pierre et à Claude Planche sur leur charrette1. Nous sommes toujours en territoire italien.

Ârgoulets et gâpians poursuivaient leur route à travers Saint-Genix, pillant de droite et de gauche les magasins. En passant ils prenaient aux hommes leurs chapeaux de dessus la tète, aux femmes, ils arrachaient les menus bijoux de village, dont elles s'étaient parées pour l'office du dimanche, et les peignes de métal quelles portaient dans les cheveux. Ils tiraient aux passants leurs bourses de leurs poches. Dans les boutiques, ils enlevèrent de-ci, de-là, des livres, des fusils, des jambons, des rasoirs. Ils dévalisèrent entièrement le magasin d'un chirurgien9.

Marguerite Verd, une fille de vingt-deux ans, raconte comment fut pillée la boutique de son père.

ce C'étaient des soldats de La Morlière. Ils s'étaient déguisés, s'étant presque tous noirci le visage afin de n'être pas reconnus, quelques-uns s'étant mis des gazes sur la figure. Après que tout fut volé, l'un de cette troupe, ayant une veste rouge et un habit gris blanc, bien frisé et poudré, et ayant l'air d'un officier, que je ne connais pas, étant à la porte de cette boutique, dit à ces pillards :

<( Est-ce ainsi, bougres! qu'on pille les marchands? »

« Mais nous n'en fûmes pas moins volés ; » ajoute tristement la pauvre fille5.

Page 1