ROCHEFORT EN NOVÀLA1SE
Nombre de braves gens se réfugièrent dans l'intérieur de l'église, croyant y être en sûreté. Mais les soldats s'y précipitent avec violence. Ce ne sont que coups de crosse et de plats de sabre, les femmes sont frappées à coups de pied. Plusieurs bourgeois de Saint-Genix furent ainsi blessés dans l'église où ils répandirent beaucoup de sang * . Des forcenés abordèrent un certain Ginard, dit Favre, de la paroisse de Bovin en Dauphiné, bourrelier de son état. Le bonhomme était appuyé à la table de communion. L'un des gàpians lui cria :
« Sors ! bougre, il faut que je te tue ! » Le malheureux fut pris par les cheveux et traîné sur le parvis jusqu'au seuil de l'église, ou trois argoulets embusqués le tuèrent à coups de fusil a.
Ces derniers faits sont connus par le rapport, après enquête, du Sénat de Savoie, car le curé du lieu ne vit pas grand'chose.
Révérend Joseph Vianney, curé de Saint-Genix-d'Àoste, un grand ami de Mandrin, — qui parlera de lui peu avant sa mort, avec une vive tendresse — était donc dans sa sacristie, se préparant à dire la messe, quand il entendit tout ce bruit : « Je regardai, dit-il, par la porte de la sacristie, d'où l'on peut voir par une ouverture qui est au retable du maître-autel, ce qui se passe danB l'église. » Mais quand il vit ces hommes ce armés de fusils » et « tout en fureur » et qu'ils s'avançaient du côté de l'autel, « il jugea à propos de fermer la porte de la sacristie*. »
D'autres « La Morlière » se rendaient pendant ce temps à la maison où demeuraient Pierre Tourant et Fr. Gaussin,