Les Nouvellistes. *• éd. Paris, 4905, in-46, p
2. Lettre du baron d'Espagnac au ministre de la guerre, 45 mai 4755, Bourg-en-Bresse. (A. G.t ras. 3406, n* 226), et lettre de Diturbidc-Larre à La Morlière, 46 mai 4755, le PonUde-Beau voisin. A.G., ms, 3406, n* 227 bis.
3. D'Espagnac au ministre de la guerre, 45 mai 4755, Bourg-en-Bresse. A. G. ms. 3406, n» 226.
. 4. Testament politique de Louis Mandrin, p. 6-7.
La prison où Mandrin fut écroué à Valence, place du Présidial, était sous la dépendance des fermiers généraux. Les gardiens en étaient des gâpians.
Au fond d'un cachot, Mandrin fut attaché par des chaînes, rivées à ses chevilles et à ses poignets. Il n'était plus question que de lui, dans toute la province. Le président de la Commission, Levet de Malaval, était assailli de requêtes : chacun
1. Les pièces du procès de Mandrin ont été brûlées en 1871, avec les archives de la Cour des Comptes, déposées au palais du quai d'Orsay. L'histoire de la détention, du procès et de la mort de Mandrin est reconstituée ici d'après les documents suivants :
Précis de la vie de Louis Mandrin, chef des contrebandiers avec un récit de sa prise et de Vexécution de son jugement. S. d. (1755, in-i» de 4 p.) ; relation immédiatement contemporaine (permis d'imprimer ce 24iuin 1755). Ad. Rochas (p. 31) incline a la considérer comme une relation officielle. Nous pensons que ce n'est qu'un simple « canard », comme les événements importants en faisaient encore naître fréquemment dans les lieux où ils s'étaient produits. Le récit est presque exclusivement consacré au procès et au supplice de Mandrin. Souvent réimprimé, entre autres par Simian, Mandrin, p. 58-63, par Rochas, l'Arrestation de Mandrint p. 31-35, et par A. Fouquier, les Causes célèbres, livr. 99 et 100, p. 36-37. — Au Précis on joindra les pages de Terrier de Cléron, Abbréoé (p. 52-72). Le Précis et YAborégé sont complétés par: 1° les Annales de Michel Fores t, bourgeois de Valence éd. Brun-Durand p. 42-46 ; 2° une lettre de Valence, 27 mai 1755, imprimée a la suite du jugement qui condamna Mandrin (Clermont-Ferrand, chez Boutandon, imprimeur du roi), 2 feuilles in-4», Archives de la Drame; 3« une correspondance de Valence, du 25 mai 1755, publ. dans le Courrier d'Avignon de mai 1755, p. 175; 4« une lettre écrite de Valence, le 27 mai 1755, à une personne d'Autun, publ. par Harold de Fontenay, p. 34-35 ; 5« une correspondance de Valence du 28 mai 1755, insérée dans le Courrier d'Avignon de juin 1755; 6* une correspondance de Valence, du 30 mai 1755, insérée dans la Gazette de HoÛande du 17 juin suivant; 7» enfin, une lettre de Mme de Bressac, du 4 juin 1755, publ. par Gallier, la Vie de province au XVIII* siècle.
voulait voir le héros et l'entretenir. « Tout le monde s'intéresse à lui », écrit Mme de Bressac. Les curieux étaient introduits par groupes de cinq ou six, après avoir fait queue très longtemps. Ils regardaient le prisonnier et conversaient avec lui, par une porte à claire- voie, grillée, ce II avait beau* coup d'esprit, la réponse sûre et prompte, la physionomie des plus guerrières et des plus hardies, l'œil vif ; enfin la figure montrait qu'il était capable d'entreprendre ce qu'il avait fait1. »
Il répondait avec grâce et entrain aux questions qu'on lui posait, quand elles n'étaient pas indiscrètes. Sa conversation était pleine de « sentiment »; mais, par moment, il disait rudement leur fait à des malappris qui le traitaient en bête curieuse ou qui « insultaient à son malheur2 ».
D'ailleurs, a il ne se plaignait de rien, sinon d'avoir été pris en trahison 8 ». « On accourait de toutes parts pourvoir ce coupable, écrit l'abbé Régley, ce coupable dans lequel on prétendait trouver quelque chose de grand \ » Et, après l'avoir vu et avoir conversé avec lui, « chacun se retirait en plaignant son sort* ». Les femmes, admiraient sa prestance, sa taille bien tournée, sa jambe « haute » et « qui était des mieux », ses épaules larges, ses cheveux blonds annelés et son air d'audace qui les remplissait d'émotion, d'admiration et de frayeur •.
Terrier de Cléron parle en bons termes de ces badauds qui, avec des réflexions niaises, venaient regarder cet homme célèbre, destiné à la mort : « A la foire de Valence, une vipère sans venin de l'Ile de Malte, un crocodile du Rhin (au