‹ MandrinChapitre 197 sur 266 · Sartirane à Charles-Emmanuel III, éd. Pcrrero, p · texte numérisé non relu

Sartirane à Charles-Emmanuel III, éd. Pcrrero, p

5: A*"1* de Valence du 25 mai 1755, insérée dans le Courrier d'Avignon, mai 1755. *

les moyens dont le gouvernement de l'ancien régime disposait pour agir sur l'opinion publique1.

Dès le 15, en Savoie, les contrebandiers s'étaient choisi un nouveau chef, en attendant que Mandrin leur fût rendu, car ils en conservaient l'espoir. Leur choix était tombé sur Louis Cochet dit Manot, ou La Liberté ou Le Tailleur, de qui il a été déjà question. Il se faisait appeler « le petit Mandrin ' ». Les compagnons se massaient sur la frontière suisse, du côté de la Bresse. D'Espagnac redouble d'attention et renforce ses postes ; il ordonne à Fischer de marcher du côté de Châtillon-de-Michaille. « Je crois ces précautions d'autant plus essentielles, ajoute d'Espagnac, que les contrebandiers, outrés de l'enlèvement de Mandrin, pourraient très bien attaquer quelques-uns de nos postes, pour tâcher d'y enlever quelques officiers dans l'espérance d'un échange avec Mandrin8. »

Le chevalier de Goudar, dans son Testament de Mandrin, qui fut attribué à Voltaire, traduit l'impression commune :

« La France, fait-il dire au contrebandier, a actuellement 150 000 hommes sur pied. Elle peut, dans une bataille rangée, accabler la plus formidable puissance. À-t-elle pu jamais me réduire ? J'ai toujours eu l'avantage sur elle, tant dans mes combats généraux que particuliers. Si j'ai été pris, ça n'a pas été de bonne guerre. Je l'ai réduite à la honte d'user avec moi de stratagème; sans une trahison, je serais encore à la tête de mes troupes, toujours la terreur de cinq ou six provinces * » .

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