Abbrégé, p. 7iT
durant tout son procès. Régley est contraint d'en convenir1.
Levet de Mal aval, à qui Mandrin en avait imposé, le traitait avec égards, il lui donnait du « Monsieur » et le faisait asseoir*.
Le juge lui demandait quels étaient les fauteurs de ses crimes : « Ce sont les receveurs et les employés des Fermes », répondit-il ; — s'il n'avait pas été soutenu par les subsides de quelque puissance étrangère :
« J'avais assez de ressources en moi-même'. »
Et comme on l'interrogeait sur les noms de ses complices :
« Je n'en ai pas meublé ma mémoire pour les livrer aux tribunaux4. »
Il fit élargir un garçon perruquier, en déclarant qu'il l'avait forcé, par menaces de mort, à entrer dans sa bande, parce qu'il avait besoin de lui pour lui faire la barbe. Un autre témoin niait avoir reçu quatre louis que Mandrin lui avait donnés :
« Tu fais bien, lui dit-il, de soutenir que tu n'as pas reçu les quatre louis, puisque, après te les avoir présentés vingt fois inutilement, je les laissai sur la table et te forçai ainsi à les prendre. Je t'avais pris pour me servir de guide dans la route que je voulais tenir et, quoique tu protestasses que tu ne la savais pas, je te gardai*. »
Et comme quelques-uns de ses camarades, confrontés avec lui, pleuraient sur son sort :
« Que pleurez-vous, tandis que je suis tranquille ! Si la