Letlrc de Valence, du 27 mai, éd. Fontenay, p
La tranquillité, la simplicité et la vraie grandeur dont Mandrin fit preuve jusqu'au dernier moment, frappèrent tout le monde. Les témoignages en sont nombreux et unanimes.
Aux fourches patibulaires, où ses débris furent exposés, ce fut durant trois jours un ardent pèlerinage, a On y afficha des vers de tout étage et des épitaphes en lettres de sang1. »
Voici l'une d'entre elles :
Tel qu'on vit autrefois Alcide Parcourir l'Univers la massue à la main,
Pour frapper plus d'un monstre avide
Qui désolait le genre humain,
Ainsi j'ai parcouru la France,
Que désolaient mille traitants; Je péris pour avoir dépouillé cette engence, Je jouirais comme eux d'une autre récompense, Si j'avais dépouillé les peuples innocents*.
« Qu'est-ce que c'est que ce criminel, observe le chevalier de Goudar, dont toute la France parle ? qu'un chacun plaint, que tout le monde regrette, et à qui une infinité de gens voudraient racheter la vie de leur propre sang3? »
L'évêque de Valence, Alexandre Milon avait mandé de Lyon un peintre originaire de Valence, Jacques-André Treillard. Il désirait avoir un portrait authentique du fameux contrebandier. Si grande avait été la hâte du juge, que Treillard arriva trop tard; néanmoins il put encore installer son chevalet le 27 mai, au pied des fourches4. Il y prit
i. Abbrégé, p. 72.