‹ MandrinChapitre 234 sur 266 · LE PRIX DU SANG · texte numérisé non relu

LE PRIX DU SANG

Les fermiers généraux avaient promis 2 000 louis d'or de gratification à Fischer et à La Morlière s'ils parvenaient à prendre Mandrin â. L'un et l'autre furent payés *.

Il est regrettable que Fischer, qui s'était vaillamment conduit dans les campagnes de Bohême, d'Allemagne et de Flandre, et qui, à Gueunand même, s'était comporté en sol* dat, ait cru devoir accepter cette monnaie. La Morlière, lui, l'avait bien méritée.

L'argent ne lui suffit pas. En récompense de son exploit, il sollicite le cordon rouge. Il faut lire la lettre qu'il écrivit au ministre de la guerre, le 19 mai 1755, de Grand vaux, où il avait reçu l'ordre d'aller se cacher.

<c Monseigneur,

« Voulez-vous me permettre de vous avouer que j'ai l'àme bourrelée dans ma solitude de la promesse que je vous ai faite de ne vous jamais rien demander et d'attendre toujours que vous me fassiez la grâce de me rappeler dans votre souvenir.

« Je voudrais bien, Monseigneur, qu'en me passant Tabon-

1. Gazette de Hollande du 30 mai 1755. Lettre de Lausanne du 18 mai. z. Bibl. nat., cabinet des titres 41281, dosa. Mandrin.

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