Requête de Berlioz et Champel, du 22 juin
16 sols d'indemnité et acceptèrent que Ton « plantât » trois « limites », pour borner les prés1.
La contestation semblait donc réglée, quand, sur la fin de 1747, sous prétexte que les « fortifications » de Champel et Berlioz, en faisant violemment refluer les eaux du Glier, portaient dommage à ses prairies, Mandrin les fit détruire une seconde fois par Merlin *. Le 24 mai 1748, à nuit tombante, Riollet, maître cordonnier, passait dans les prés, en contre-bas de la route de Saint-Marcellin, au moment où Merlin, une hache en main, démolissait piquets et gabions. « Et lorsqu'il voulut lui représenter le tort qu'il faisait aux sieurs Berlioz et Champel, de ce qu'il arrachait leurs palis, Merlin lui dit :
« Ces b... de voleurs veulent faire gâter mon pré par l'eau! Si la chose n'était pas faite, je la referais8. »
Pour la troisième fois, Champel et Berlioz firent recommencer les travaux destinés à maintenir le Glier dans son cours primitif. Deux terrassiers, Félix Doublier et Jean Gondrand-Mettais, y étaient occupés quand survint Mandrin. En les apercevant, il se mit en colère :
« Que venez-vous travailler ici, n'avez-vous pas d'ouvrage chez vous?
— Je travaille sur un sol qui appartient à MM. Champel et Berlioz, répondit Gondrand, et non pas sur le vôtre. Tant qu'ils me donneront de l'ouvrage, je travaillerai pour eux. »
A quoi Mandrin répliqua « sur un ton d'ironie » :
« Je voudrais pouvoir trouver l'occasion de te servir d'ami, je le ferais comme il faut4. »
1. Minutes de M* Buisson, 1743, f. 113 y sq., Archives de Saint-Btiennede-Saint-Geoirs.
2. Dépositions de Joe. Alegret, tournier et de Noël Riollet, cordonnier.