‹ MandrinChapitre 52 sur 266 · Déposition de J. Gondrand-Mettais · texte numérisé non relu

Déposition de J. Gondrand-Mettais

S' adressant à Doublier, Mandrin lui parla de même, « le menaçant beaucoup et lui disant qu'il ne lui convenait pas de faire ce travail, que ces réparations n'existeraient pas longtemps.

<c Je travaille par ordre de MM. Champel et Berlioz, répondit à son tour Doublier, et sur leur sol. Ne venez pas me menacer.

— Je ne vous menace pas, répartit Mandrin. Je voudrais seulement vous trouver dans un endroit à pouvoir vous faire plaisir. Si vous n'aviez pas de quoi vivre, vous n'aviez qu'à venir me trouver; je vous aurais donné de quoi, car vous faites là un ouvrage, qui, je vous le répète, ne durera pas longtemps1. »

Et, pour la troisième fois, durant la nuit, Merlin arracha ou coupa gabions et pois de masse. Du haut de la route, qui dominait la combe, Louis Maclet, un tâcheron de Saint- Etienne-de-Saint-Geoirs, le vit en passant :

« Pourquoi enlèves-tu ces palis ? »

« Mais ledit Merlin l'envoya promener en lui disant que ce n'était pas ses affaires et qu'il en ferait bien davantage, ce qu'entendant, Maclet poursuivit son chemin ' ».

Au cours du procès qui en résulta, Joseph Merlin déclara qu'il avait démoli les travaux exécutés sur les ordres de Champel et de Berlioz, parce que, toutes les fois que le torrent aurait débordé, les eaux en auraient été rejetées avec rapidité contre ses prés, de manière à les détruire. « Nul ne peut se réparer, disait Merlin, pour nuire à son voisin8. Il avait d'ailleurs pris cette initiative de lui-même « par la raison qu'il n'était pas en état de faire un procès à

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