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Ibid

qui jetait si gaiement ses millions par la fenêtre. Bouret d'Erigny venait d'épouser une cousine de la Pompadour.

U faut reconnaître que, parmi les métiers très divers qu'il avait déjà faits, Bouret d'Erigny avait aussi été soldat. Après une première pointe poussée dans l'état ecclésiastique, après avoir pris le petit collet, il avait échangé le bréviaire contre l'épée et s'était élevé jusqu'au grade de capitaine ; puis il avait troqué sa compagnie contre une recette buraliste, avec le titre de receveur général à Marseille.

Ce choix était donc dicté par les considérations les plus sérieuses, d'autant qu'en le chargeant de cette mission sur la frontière de la Suisse et de la Savoie, on rapprochait Bouret d'Erigny de celle de ses maîtresses qu'il disait aimer le mieux. Il s'agit de la Vaubertrand, entretenue par d'Érigny à Lyon, gorgée par lui de bureaux de tabac *, et fidèle à son amant quand il était dans le pays. Bouret d'Erigny va devenir l'inspirateur des mesures qui seront prises pour la destruction des contrebandiers et jusqu'à la fin de ce récit.

C'est par lettre du 6 septembre 1754 que le comte d'Argenson informa La Morlière de l'arrivée prochaine de ce précieux auxiliaire3. Le colonel des argoulets s'en déclara enchanté, ce dont le ministre se réjouit, « car ils s'entendront pour de la bonne besogne8 ».

Dès son arrivée en Dauphiné, le brillant fermier général se met au travail. Il n'est auprès de lui capitaine d'expérience. Il fait des plans militaires et préside aux manœuvres des soldats. Il estime que les passages du Graisivaudan ne sont pas suffisamment garnis ; il fait venir des détachements nouveaux qu'il emprunte aux garnisons de Grenoble et

1. H. Thirion, la Vie privée des Financiers au XVUb siècle (Paris, i895f in-*), p. 299. i » t

2. Le ministre à La Morlière (6 sept. 1751), A. G., ms. 3385, n*60.

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