L.e Guitarero
I^ola de Valence.
L’ Espada .
Le Bail a r in.
Les Gitan os.
La Toilette.
La Marchande de cierges.
Ce titre orné correspond-il à une constitution initiale de la suite de chez Cadart, modifiée postérieurement par suite d’éliminations ? C’est possible et même probable.
Le cuivre de cette planche, coupé et dépouillé de la nomenclature tracée par Manet, a servi d’en-tête, en 1874, à un nouveau recueil composé par Cadart et tiré, d’après l’indication inscrite sur la couverture, à 30 exemplaires numérotés. Ce tirage était fait sur papier du Japon et comprenait les pièces suivantes :
Le frontispice ne contenant pas le dénombrement des sujets qui composaient la suite et les exemplaires de celle-ci ayant été en général morcelés, nous ne pouvons qu’indiquer la composition de la réunion la plus nombreuse que nous connaissions sous la couverture de publication, sans affirmer positivement que celle-ci soit complète. 11 est vraisemblable toutefois qu’il ne manque rien à ce cahier qui a appartenu à Philippe Burty.
L’avisé critique avait en effet formé une collection particulièrement riche avec des épreuves recueillies la plupart du temps sur les presses mêmes des imprimeurs. 11 en posséda de presque uniques, comme certain premier état d'une Olympia y]) imprimée par M. Bracquemond, dont celui-ci, qui n’en avait tiré qu’une épreuve pour Manet et une pour lui-même, consentit à se dépouiller en faveur de ce passionné chasseur de raretés, l.a presse de M. Bracquemond ainsi que ses morsures >/ réputées étaient en ce temps-là les auxiliaires
Imla de Valence,
Les Gitan os,
Le Guitarero ,
Le Gamin,
La Petite Fille,
La Toilette,
L.es Petits Cavaliers (^d’après Velasque:;^), L’ Infante Marguerite {d’après Vetasquep), Le Torero mort.
recherchés par tous les peintres qui touchaient à l’eau-forte. Sa bonne grâce toujours prête à tirer un confrère d’embarras, non moins que son expérience consommée de tous les procédés et de tous les <r trucs // du métier, en avait fait un collaborateur pourla plupart des recrues de la Société des Aqiia ! artistes. Sa camaraderie avec Manet, née chez Cadart, était devenue une intimité de tous les jours. Ses cartons contiennent de précieux témoignages de l’aide amicale trouvée auprès de lui par ce cher compagnon des généreuses luttes artistiques. Il fit pour lui les essais des deux planches gravées successivement par le peintre d’après son fameux tableau du Salon de iSb^. L’une de ces deux ij)
illustra en 18(17 brochure courageusement consacrée par Emile Zola cà la défense de l’homme à qui tout le monde tournait le dos et dont le nom était accueilli par des rires et des sifflets.
Vers le même temps (i86s), Manet gravait le portrait de son autre apologiste, Charles Baudelaire. Cette effigie, plusieurs fois recommencée (V’ 40 et 56’), avec la conscience que l’artiste apportait à toutes ses entreprises, et finalement fixée sous deux aspects divers du personnage, 75 et N°A6) orna après sa mort, survenue bientôt après, l’opuscule déposé sur la tombe du poète par son fidèle, Charles Asselineau .
En 1868, Burty, chargé par l’éditeur Lemerre de réunir des contributions artistiques pour le volume intitulé Sonnets et Eanx-fortes, faisait appel au peintre de Lola de Valence pour illustrer des vers ayant pour titre ; Fleur exotique. " ...Voici un sonnet, lui écrivait-il, qui me paraît cadrer très bien avec ce que nous connaissons de vous... // Il ajoutait, en post-scriptum ; « Bracquemond, qui est la complaisance même, vous fera mordre ce que vous voudrez. // Manet accepta et fut exotique à souhait iS). Il demanda à l’aquatinte un effet familier à Goya. M. Bracquemond excellait à pulvériser sur le cuivre la matière résineuse dont l’emploi produit les mystérieuses demi-teintes sous l’action des acides habilement conduits. Son ami avait eu déjà maintes fois recours à lui pour cette délicate besogne ; car il avait une prédilection pour les colorations produites par le grain superposé au travail de la pointe. Un grand nombre des eaux-fortes de Manet, dans leurs derniers états, sont plus ou moins mélangées d’aquatinte.
C’est dans cette manière qu’il grava le Torero mort (A^“ ly), fragment d’un tableau exposé en 1864 et détruit partiellement à son retour dans l’atelier. Son autre envoi au Salon de 18(34, A)iges au Téomdeau du Christ, a encore été interprété par lui dans une planche (A'" 59) demeurée inédite comme d’autres d’après le Liseu r [N° et le Lapin (N" 64). Les cuivres de ces deux dernières gravures sont perdus ou détruits, ainsi qu’une dizaine d’autres qui ont si peu tiré que les épreuves en sont devenues presque introuvables. Ces raretés sont les Petits Gitanos (7V'’dz), la Marchande de Cierges {N" ^6), la Posada (V" 77),
le Montreur d’Onrs {N° 6^), V Enfant portant un plateau {N" 66), le Chanteur des rues 6g), les Voyageurs (//’ 70), l'Homme au chapeau de paille tenant un petit chien {N“ 68), enfin deux variantes différentes d’un même sujet espagnol intitulé : Au Prado (iV°" 62 et 67).
Parmi les pièces qui n’ont jamais été éditées et dont la matrice a disparu, il faut encore citer deux portraits de M. Manet père, datés l’un de 1860, l’autre de 1861 [HAo et 5/). Un portrait de M. Bracquemond (iV" 60), dont celui-ci a conservé le cuivre, rentrait jusqu’à ce jour dans la catégorie des œuvres entièrement inédites, car il n’en existait encore que trois ou quatre épreuves. L’extrême bienveillance de son possesseur nous a permis d’en faire un tirage etde l’insérer dans les pages de notre livre. C’est une esquisse exécutée par Manet sur les indications de son modèle et d’après un procédé inventé par lui," qui consiste à tracer sur le métal nu un dessin à l’encre et à le recouvrir ensuite d’un léger vernis que l’encre fait sauter au contact de l’eau-forte.
Après la mort de Manet, les cuivres demeurés dans son atelier furent l’objet d’un essai de publication tenté par sa famille en 1890. Ce recueil de 24 planches sur Japon impérial format 1I2 colombier (c’est le titre gravé en tête), porte, à la fin, la mention : Edité à V imprimerie de Gennevilliers {Seine). En réalité, cette nouvelle suite de pièces n’en comprend que 23 de Manet, la vingt-quatrième étant son ex-libris gravé parM. Bracquemond. Ces 23 eaux-fortes, dont la moitié environ n’avaient fait partie d’aucune publication antérieure, datent d’époques très diverses. L’une d’elle intitulée Silentiu m {N” 22) et représentant un moine inspiré des primitifs Italiens serait, d’après M. Th. Duret, un des premiers essais de gravure de l’artiste. Une autre est la traduction d’une de ses dernières œuvres, Jeanne ou te Printemps, qui figura au Salon de 1882 {N° 47)-
\"oici la nomenclature complète qu’on lit à la dernière page de l’album :