FICHON, ROBERT, ALEXIS
ALEXIS. Eh mais... c’est Fichon, mon frère de lait...
FICHON. Ah! monsieur Alexis... bonjour, mon oOicicr. ;
ALEXIS. Bonjour, couscrit... mou Dieu, j
tu te tiens A distances... on dirait que tu n’oses ni m’approi lier, ni me parler.
FICHON. DamI mon frère de lait!... {A Robert ) Vous permettez, n’est-ce pas que je l’appelle mon frère de lait?
ROBERT Eh ! comme tu voudras. ..
FICHON, passant au milieu. Merci , mou ancien... ça date de loin, dn temps où nous nous donnions des taloches et de fameuses, nous étions frères, je ne dispas; mais, à présent il n’y a plus d’égalité.
ALEXIS. Eh ! qu’est -ce que ça fait ; cela empëche-t-il de donner la main A un ami ; eh ! si jamais j’étais ton officier, je ne t’en aimerais pas moins.
FICHON. Oui , vous m’enverriez A la salle de police.
ROBERT. Cbaoun son devoir; il ferait bien...
FICHON. Merci... mon ancien...
ALEXIS Mais hah I je ne suis pas eocore ton officier, il n’y a pas de grade, d'épaulette, de salle de police... j’irai voir ma bonne nourrice, lanière Fichon.. Lai nous ne serons plus que les deux fréras, cl pour aujourd'hui je t’invite A diner...
FICHON. Et j’accepte...
ROBERT. PermeUez, monsieur...
FICHON. J’accepte...
ALEXIS. C’est convenu, un bon petit dîner. Vous vous en chargez ,.n’ost-ce pasi {A Fiilion.) Tu me conteras coniuie autrefois tes (redaiucs..,. tes projets-... les amours...
FICHON , riant. Oh I oh ! oh ! oh !.. mes amours...
ALEXIS. Ça va bien?
FICHON. Ça va ferme... (^Regardant Robert.) Oh! ohl oh!
ROBERT, Imbécile...
FICHON. Merci, mon ancien... Ab! ça, et TOUS, mon frère de lait...
ALEXIS. Pas mal non plus.... et elle est jolie ..
FICHON. Jolite! oh! jolite! elle a ceci...
et cela... et puis des choses ..
ALEXIS. Comme la mienne... elle a une figure...
FICHON. Comme la mienne...
ALEXIS. Et une taille...
FICHON. Comme la mienne...
ALEXIS. Et je l’aime...
FICHON. Comme la mienne... c’est au point que je veux l'épouser.
ALEXIS. Bahl
ROBERT, pas faut entr'eusr. Par exemple!
je vous dem.nnde un peu ce petit sot... ça ne pense qu’au mariage... c’est qu’il lui mettrait dans 1a tête des idées... allons.
HINBTTB.
venez, M. Alexi», venez, il faut déjeuner , et TOUS refaire un peu....
ALEXIS. Oui, oai... {Rtcenant dFiclion.) Tu me diras son nom, je te nommerai la mienne, je te dirai...
noBBRT. Venez-vous?
ALEXIS. Voilà... voilé.... à ce soir.... le verre à la main...
FICIIOX. C’est ça, je me miserai...
ROBERT, regardent Fiehon. Ça n’a pas le sou... ça se mariera... ça aura des enfans... ahl mon Uieul
Il sort après Alexb.
SCÉ.NE IX.
FICHON , seul.
FICHOX. Des enfans... tiens I pourquoi pas, et de solides..., je ue ferai pas comme mou père qui n’eu a jamais eu... mais , ce M Alexi.s. est-il bon, est-il aimable, il me tutoie, et une tournure !
Air ; de f^rthle.
Qui dirait que c'eat mua frère i A-t-il t’air èlêgaut !
Quel gentil militaire 1
Mui qui O* «uin qu*un Jeau-Jeau.
Ilatr' nourrie* fut la même...
J’ croirais en vérité Qu’il a bu tout’ la crème,
Et qu* le lait m’est resté.
Mais c’e.st égal mademoiselle Manette
n’est pas de c’t avis-là, si je pouvais me faire entendre. Ah ! mon flageolet !
11 Ta puur jiiner du flageolet, madame Valentin parait ; il se détourne et se promène.
ooooo t i i ooao o e oo o o eo nnnn e no s e aaaaaBS n ao o aaaao