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VUE D ENSEMBLE SUR LES ACCIDENTS A DISTANCE

Chacun des symptômes du zona infectieux peut siéger loin de la lésion principale, et l'infection zostérienne frappant un nerf peut ne se traduire que par un symptome isolé. Tantôt ces manifestations aberrantes sont des vésicules (c'est là le cas le plus fréquent), tantôt ce sont des douleurs, ou bien des anesthésies ; dans d'autres cas des troubles sensoriels par irritation où par anesthésie ; parfois on a affaire à de la paralysie où dans des cas rares du spasme, enfin, il peut y avoir des troubles trophiques.

Nous ne résistons pas au désir de citer ici une observation de M. F. Cartier qui est intéressante à cause de la longue liste d'accidents à distance qu’elle nous montre.

OBsErvATION I (1) (Cartier. Service du Dr Gombault) Multiples accidents à distance dans un zona.

Le nommé G..…., est pris au commencement d'avril d’une névralgie intercostale qui précède de quelques jours l’apparition d’un zona.

L’éruption dure 15 jours et siège environ au niveau des sixième, septième et huitième espaces intercostaux gauctes. Par suite des grattages, le zona laisse des cicatrices.

Douleurs. — Quinze jours après la terminaison de l'éruption, G... ressent des élancements non seulement sur le trajet des nerfs lésés, mais encore à l’épaule, au bras et à la main du même côté. A la fin de septembre se montrent également des élancements fugaces à la tempe gauche.

Reçu dans le service de M. le docteur Gilbert, suppléant de M. le docteur Gombault à l'hôpital Beaujon, le 15 juillet 1890, cet homme présente des troubles moteurs, sensitifs et vasomoteurs dans une zône bien plus tendue que celle du zona.

(1)Carner, France Médicale, 5 décembre 90.

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Au niveau des marques de léruplion, nous trouvons les altérations déjà bien décrites à la suite de cette maladie; c’està-dire des parties hypéresthésiées et d’autres anesthésiées, un très grand écart dans les différentes parties au point de vue de la perception de deux piqûres; sur les zônes hypéresthésiées, le malade perçoit la sensation de deux piqüres d’épingle à un demi-centimètre, à un éentimètre, sur les zônes presque anesthésiées un écart de cinq à douze centimètres est nécessaire. Nous constatons également des erreurs dans l'appréciation de la chaleur et du froid. Tous ces faits sont bien connus.

Hypéresthésie symétrique. — Mais en dehors du zona, nous trouvons d’abord une zône d’hypéresthésie le long du trajet des nerfs intercostaux droits symétriques aux nerfs intercostaux lésés.

Hémianesthésie. — Secondement au-dessus du zona, jusqu'à la nuque, une hémianesthésie relative, accupant l'épaule et le thorax du côtè gauche, le bras, l’avant-bras et la main gauche ; ces deux dernières régions étant à peu près insensibles à la douleur.

Chaleur. — La sensibilité calorique est altérée ; le malade perçoit moins facilement la sensation du froid et du chaud du côté malade que du côté sain; ce phénomène est surtout sensible à la main gauche.

Disons iciqu'à une faible distance au-dessous du zona à la région fessière et aux membres inférieurs, il n’y à aucune altération nerveuse ; à la tête et à la nuque nous n’en constatons également aucune, sauf queiques élancements à la tempe gauche déjà mentionnés. La perception de deux piqûres d’épingle nécessite un plus grand écart au membre supérieur gauche, ainsi qu'au tronc du même côté; il ya partout une différence de deux ou trois centimètres, quelquefois plus, en comparant des régions symétrique. Les organes dessens, œil, ouie, adorat, goût, sont normaux des deux côtés.

Parésie. — Le malade sent une faiblesse musculaire manifeste au bras gauche, difficulté de le maintenir longtemps en l'air, faiblesse de la flexion de l’avant-bras, peu de force dans les doigts, surtout au médius et à l'index.

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Tr. Circulatoires. — Troubles cireulatoires très marqués. Aspect violacé et marbré de l’avant-bras et de la main gauche : œdème de cette main augmentant dans la position déclive. Très légers troubles trophiques ; la surface de la paume de la main gauche à peine desquamante ; les ongles un peu ternes.

Malgré la parésie du membre supérieur gauche et les troubles circulatoires, il n’y à pas d’atrophie musculaire nette ; et la mensuration aff centimètre donne des résultats abolument idendiques dans des régions symétriques.

Troubles secrétoires. — Troubles des secrétions: Üne injection de pilocarpine donne au bout de seize minutes une légère sudation sur le tronc du côté sain, aucune sudation du côté malade.

Les températures locales donnent des résultats différents suivant les régions symétriques, à l’aisselle gauche 3702, à l’aisselle droite 370, au pli du coude gauche 36°1, à droite 3608, au creux de la main gauche 329, à droite 33°1. La tolérance électrique est bien plus grande au membre supérieur gauche qu'au membre supérieur droit, surtout à l’avant-bras et à la main, cependant la contractilité électrique est à peu près la même aux deux membres, sauf au pouce et à l’éminence thénar gauche, où la contraction réclame une plus grande intensité du courant.

La contractilité musculaire, suivant le sens du courant, donne des résultats contraires sur les deux membres ; tandis qu’au bras sain, il y a augmentation de la contraction à la fermeture du courant au niveau du pôle négatif, il nous a semblé qu’au membre malade, les contractions étaient plus fortes lorsqu’on interrompait le courantau pôle positif; cependant, la différence est si faible qe nous ne pouvons donner ce dernier résultat comme certain.

Aucune lésion interne, poumon, cœur, tube digestif travaillent librement, rien dans les urines, pas d’artério-sclerose. Cet homme est en parfaite santé, mais se sent incapable de reprendre son métier à la Manufacture d’Armes de Puteaux, à cause de la faiblesse de son bras gauche.

Aucun antécédent personnel ou hériditaire digne d’être cité ; pas d'intoxication professionnelle.

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En somme le zona a été le premier symptôme des accidents nerveux que nous Cconstatatons aujourd'hui. En a-t-il été la cause ou simplement la première manifestation ?

Aiïnsi il y eut dans ce zona intercostal des douleurs à distance, même de l’hyperesthésie symétrique, de l’hémieanesthésie, de la thermo- anesthésie, de la parésie, des: troubles cireulatoires et des troubles de sécrétion. Habituellement l’herpès zoster n’est pas si prodigue de symptômes. Pourtant, si la réunion de tant de manifestations pouvait faire douter qu'il soit en cause ici, chacune de ces manifestations, prise à part, peut sans inconvénient

lui être attribuée.

Nous allons successivement étudier les manifestations zostériennes à distance et en donner des observations.

Nous observerons dans notre étude la marche suivante :

1° Les douleurs à distance;

20 Les anesthésies à distance;

3° Les troubles trophiques aberrantes;

4 Les vésicules à distance;

9° Les paralysies à distance,

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