‹ Manifestations A Distance Dans Le ZonaChapitre 26 sur 55 · DEA PES · texte numérisé non relu

DEA PES

gris de notre cas ressemblent au feutrage d’un mycélium de champignon, de l’aspergillus par exemple.

Le 7 août il y a une nouvelle poussée, précédées de douleurs névralgiques, la peau du front présente quelques soulèvements en même temps qu’une vésicule herpétique typique se forme sur le limbe de la cornée en haut.

Le secteur supéro-interne dela cornée présente de nouveau une infiltration profonde et le gonflement conjonctival montre que cette fois, la conjonctive participe à l’éruption. 24 heures plus tard, la petite vésicule du limbe est crevée et fait place à une ulcération superficielle qui s'étend surtout du côté infiltré de la cornée. Ce n'est que deux mois plus tard que la lacune épithéliale ainsi créée se comble après s'être vascularisée péniblement.

Le 21 septembre survient une troisième et dernière poussée du côté du front. Elle est procédée de quelques élancements dans le front, qui augmentent d'intensité lorsque l’éruption est sortie. La pupille maintenue en état de dilatation moyenne à l'aide de l’atropine devient adhérente dans cette position, et il se forme un léger exsudat pupillaire. Cette attaque d’iritis se guérit en trois semaines.

L'application du courant galvanique continuée pendant trois mois finit par faire disparaître les symptômes névralgiques et inflammatoires. Il subsiste néanmoins un certain trouble de la cornée qui réduit l’acuité visuelle à 5/15 ; la papille est pâle sans être atrophiée. L'œil gauche est normal. Les vésicules du front et du nez ont laissé des cicatrices caractéristiques.

Nous ne notons que pour mémoire lecas de Hubsch (1) qui fut anormal et peut ne pas reconnaitre comme étiologie l'infection zostérienne.

Il s’agit d’un herpès chronique généralisé, dans lequel il y eut atrophie blanche double des nerfs optiques. Cécité complète qui met deux ans à s'installer d’une façon définitive. Les éruptions surviennent d’une façon périodique.

La question de l’Herpès chronique nous semble trop controversée pour qu’une telle observation puisse nous

servir.

(1) Annales d’oculist, 617, page 237. Hugscu.

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De ces quatreexemples on ne peut guère tirer de règles générales, au point de vue de la marche ou de la gravité de la névrite optique zostérienne.

Pourtant, faisons remarquer la violence des douleurs qui l'ont accompagnée. Elle s’est manifestée une fois, quand le gonflement des paupières a diminué. Bowmann ne nous donne pas d'indication plus précise, au déclin de la maladie; une fois le cinquième jour (cas de Daguenet) c'est-à-dire en pleine évolution.

Dans le troisième cas,entin, elle apparut en même temps que l’éruption et pour ainsi dire comme premier symptôme après la douleur. Toutefois, dans ce cas, les douleurs avaient précédé l’éruption de trois semaines. D'autre part, la névrite optique semble se montrer rapidement avec toute sa gravité. 5

Dans le cas de Bowmann où la perte desla vision fut complète, elle eut lieu d'emblée pour ainsi dire. Dans les autres cas, l'électricité fit regagner de l'acuité visuelle durant des mois successifs. Ce n’est qu'au bout de trois ou quatre mois que l’état très amélioré, sinon guéri, resta définitivement stationnaire.

Néanmoins le pronostic est ici plus grave que dans les autres accidents zostériens puisque sur quatre nerfs optiques atteints, un seul, celui qui fut du côté opposé à l'éruption, recouvra son intégrité parfaite et qu'un autre fut définitivement atrophié.

2 KÉRATITES DU ZONA

Ce n'est pas seulement sur le nerf optique que des accidents de nutrition peuvent survenir dans le zona.

Nous parlerons bientôt des vésicules qui peuvent siéger sur un point quelconque des téguments. Mais au niveau

de l'œil, la conjonctive ou la cornée peuvent être lésées de cette façon.

M. Terson (1) s’est occupé tout spécialement de ces cas très rares.

Nous ne parlerons que pour mémoire des troubles survenus dans un œil resté sain longtemps après la perte d’un œil atteint dezona. M. Terson en a réuni plusieurs 6bservation, d'abord un cas de Noyes (2).

Il s’agit d’un zona opthalmique gauche. L'œil du même côté fut perdu. Dix mois plus tard, irido-choroïdite de l'œil droit et perte de cet œil sans nouveau zona.

De même Guérin dans sa thèse en 1894, en rapporte deux autres cas : e

Le premier concerne un homme qui perdit un œil par irido-choroïdite de zona. Plusieurs années après il y eut des troubles sympathiques assez indécis dans l'œil du côté opposé.

Le second cas rapporte qu'il y eût une éruption de phlyctènes et d’un point de kératite symétrique sur un œil resté sain, alors que son congénère avait eu des troubles dûs au zona.

Nous ne nous attarderons pas à ces cas, d'abord parce qu'actuellement aucune théorie ne peut être satisfaisante pour les expliquer, et en second lieu parce qu’ils ne sont qu'indirectement rattachables à l’origine zostérienne.

L'observation personnelle de M. Terson est bien plus intéressante ; ici la kératite se produisit tôt, quand l’affection était seulement à son déclin.

() Terson. Bulletin Médical, 1893.

(2) Noyes, Trans. oph. American Soc., 1873.

SARDLES

OBsERVATION XII (TERSON) (1)

Neuro-Kératite zostérienne double dans zona unilaléral

Le nommé A..., âgé de 33 ans, est amené, le 6 janvier 1895, dans le service de mon maître, Monsieur Panas, à la suite de lésions kératiques graves. Antécédents héréditaires sans intérêt. Le malade s’est bien porté lui-même jusqu’en 1892.

Pas de rhumatisme, pas de syphilis, blennorragie ancienne, bien guérie, pas d’alcoolisme. [1 a déjà été atteint d’une sorte de bronchite à répétition il avait, en même temps, de l’essouflement des crises de palpitations et fréquemment de l'æœdème aux membres inférieurs.

Les digestions sont depuis extrêmement lentes. Le malade vomit assez souvent ce qu'il a ingéré et quelquefois, le matin des matières verdâtres.. À diverses-reprises des hémoptysies sont apparues. é

Cet état général mauvais à continué sans s’aggraver, jusqu’en octobre dernier: à cette époque l’essoufflement, les palpitations, l'œdème des jambes ont tellement augmenté que le malade a interrompu tout travail.

Il a commencé à éprouver, inopinément, dans la région frontale gauche. de violentes douleurs névralgiques : elles ont duré, très intenses une huitaine de jours. ont diminué, et comme, d'autre part, l'essoufflement et l’œdème des jambes étaient moindres, le malade a essayé de travailler ; mais il s’est arrêté de nouveau, les névralgies ayant reparu, toujours plus vives.

Le 13 octobre, il éprouve des douleurs légères dans l’œil gauche, le 14 en se réveillant, il se sent enflé dans sa partie gauche : il existe une éruption de grosses vésicules de ce côté, éruption qui atteint une portion du cuir chevelu. Dès ce moment la vue se trouble de plus en plus à gauche; il apparaît une tache jaunâtre sur l’œil. Au commencement de décembre, le malade n’y voyait plus rien de cet œil. Les névralgies ont persisté.

Le 25 décembre, nouveaux accidents pulmonaires ; ædëme des jambes : l’œil droit, jusque là excellent se prend, la cornée perd sa transparence : sécrétion conjonctivale assez abondante, pas de vives douleurs oculaires, plutôt de simples picotements ; pas de névralgie frontale ou d’éruption de ce côté. Du côté

(1) TERSON. Bulletin Médical, 1893.

PRET ee

gauche, les douleurs névralgiques, atténuées, persistaient encore : les vésicules du zona étaient desséchées et croûteuses. La vue disparait du côté droit.

A l'entrée du malade, sur la partie gauche du front et sur la partie antérieure correspondante du cuir chevelu, cicatrices caractéristiques du zona. Ces cicatrices s'arrêtent exactement sur la ligne médiane et ne la dépassent pas. L'œæil gauche présente une cornée bosselée à peu près complètement opaque, à part un petit croissant transparent en haut qui permet de voir l'iris entièrement accollé par toute sa surface à la face postérieure de la cornée.

Il y a encore des névralgies fréquentes dans la journée et le soir. {1 n y à pas actuellement l'anesthésie complète du territoire de la branche ophtalmique gauche : la partie transparente de la cornée, la conjonctive sentant légèrement le contact, le chaud et le froid.

L’œil a une tension à peu près normale ; en tout cas, il n’est point hypotone ; il n’est pas atrophié. Très faibles perception et projection lumineuses.

A droite, léger œdème des paupières ; aucune trace d’éruption frontale. Conjonctive injectée; sécrétion catarrhale, cornée largement infiltrée, jaunâtre : sa partie inférieure est ulcérée ; sa consistanceest mollasse et päteuse. La sensibilité de la face de ce côté est plus marquée qu’à l’autre, l’œil est assez sensible au contact, mais très peu douloureux. Ce processus est en somme torpide, bien que destructif au plus haut degré. Si l’on en juge par l’étendue et la forme des lésions, l'apparence des parties détruites, qu'aucune grosse infection, lacrymale ou autre ne peut expliquer seule, on estobligé d’admettre qu’il y a là l'aspect d’une lésion commune pour les deux yeux et qu’il y a eu une double kératite de genre neuroparalytique.

Les autres organes des sens sont en bon état : l’odorat est le même à chaque narine : les deux oreilles entendent bien. Le goût est conservé.

Le malade a une insuffisance mitrale très marquée.Ses urines ne contiennent ni albumine ni sucre (il ditavoir eu de l’albumine il y a trois mois) : pas de polyurie. Constipation, digestions pénibles. Palpitations : œdème des jambes.

Râles sibilants aux deux bases, rien au sommet des poumons. L

Reflexes rotuliens bien conservés.

Le malade a la face bouffie et le teint verdâtre, il n’est pas très amaigri.

En avril son état générai, sous l'influence du traitement de la maladie de cœur, s'était amélioré.

Du côté des yeux, l’occlusion avec poudre d'iodoforme, unie à J'électrisation qu'on a commencée peu de temps après, à permis à la cornée droite de se cicatriseravec un leucomeadhérent laissant une large bande de tissu transparent en haut. Le tonus est bon; il n'y a certainement pas de décollement rétinien: perception et projection lumineuses supérieures à celles du côté gauche. Une iridectomie optique, que l’extraordinaire étroitesse de la chambre antérieure n’a point permis de faire assez grande, a été tentée.

Le cristallin parait trouble de ce côté, autant qu’on peut en juger par la petite brèche irienne : le malade voit cependant les couleurs et distingue le moment où des objets passent devant ses yeux : une nouvelle intervention pourra lui rendre service: car le leucome semble se condenser, et par son rétrécissement, la partie transparente s’élargit.

M. Terson fait justement remarquer que l’on peut hésiter entre deux explications : Y a-t-il lésion névritique trophique ou infectieuse double entrainant une lésion oculaire double ? Y a-t-il eu transmission à l'autre œil et ophtalmie sympathique dont les lésions de l'œil gauche auraient été l’origine ?

Cette seconde explication admissible pour les cas dont nous parlions précédemment ne saurait l'être ici. Nous faisions remarquer le long espace de temps qui séparait les deux manifestations oculaires. Ici M. Terson insiste sur la précocité du début de la lésion qui survient à une époque relativement peu avancée de la maladie. Il trouve une seconde raison de combattre la théorie du trouble sympathique dans le mécanisme d’après lequel l'œil est atteint et qui est lé-même des deux côtés. La

kératite à une forme bien spéciale ; il n’y à pour ainsi dire pas de réaction, et les deux yeux ont un aspect presque identique quand le processus'est terminé. Il va eu une sorte de destruction rapide et presque toute une cornée.

«€ Nous croyons, dit M. Terson que des deux côtés, la nécrose cornéenne à été favorisée par des troubles trophiques etinfectieux survenant dans les deux trijumeaux. D'un côté la lésion a évolué au point de développer au zona. Du côté opposé, la lésioncornéenne à évolué seule. Il y à eu une affection frusteà droite, complète sur la branche ophtalmique gauche ».

Nous voyons ici un exemple de plus d’un zona se man* festant sur un nerféloigné par un trouble isolé de so fonctionnement, et par un symptôme qui ne serait pas attribué à sa cause véritable si le zona complet conco-

mitant ne nous en donnait la clé.

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