PLACARDS ABERRANTS
Plus intéressante est l'observation de Bradshaw (1).
Ici le zona frontal existait en même temps que le zona intercostal, tous deux du côté gauche du corps, ce dernier occupait le troisième espace intercostal, et gagnait la moitié du bras. Il y eût des altérations de là conjonctive et de la cornée.
C’est un cas très rare que de voir le zona se manifester d’une façon aussi nette et complète sur deux nerfs éloignés et sur deux nerfs seulement. Ici la première branche du trijumeau et le troisième nerf intercostal étaient atteints. Il est commun de voir des vésicules aberrantes mais alors elles siègent un peu au hasard sur presque tout le corps.
Cependant l'observation de Fox (2) dont nous avons déjà dit un mot nous présente encore un placard unique de vésicules à distance.
« En 1898, il présente à la Société Viennoise de dermatologie un petit garcon de neuf mois qui, depuis six jours, présente uneéruption typique de zona qui occupe le tiers supérieur de la face interne des deux cuisses. On trouve encore une plaqué au milieu du mollet droit. Les vésicules sont saillantes et atteinent le volume d’un pois. Le groupement est tout à fait caractéristique du zona. L'état général est bon, à part quelques vomissements il ne parait pas souffrir. Les ganglions inguinaux sont intacts. »
Ce zona a donc porté sur le nerf crural, de chaque
(1) Brapsxaw. The Lancet, 1894.
(2) Fox. Loc cit. F
OT
côté et sur le sciatique poplite interne du côté droit. Un cas de M. Legendre (1) est voisin du précédent.
« J'ai en ce moment dans mon service, dit-il, une femme qui est entrée pour un zona intercostal droit. Huit jours après l'invasion de celui-ci, qui avait été précédé d’un mouvement fébrile et de vives douleurs, la malade, dont le zona était en pleine dessication, eut une nouvelle ascension thermique et accusa des douleurs dans la région anale et fessière. Peu après, apparaissait à la partie inférieure de la fesse droite un bouquet de vésicules d’herpès et une aréole érythémateuse.
Il y eut ici deux zonas qui évoluèrent sur le même malade à huit jours d'intervalle.
Pour expliquer de telles récidives, nous sommes obligés d'admettre soit qu'une cause inconnue à empêché -ici l'immunité de se produire, soit que cette immunité n’est
“acquise dans le zona qu'à une époque tardive de son
évolution.