‹ Manifestations A Distance Dans Le ZonaChapitre 36 sur 55 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Les troubles moteurs dûs au zona consistent en du spasme et de la paralysie. L'étude des spasmes ne nous arrêtera pas, outre que c'est un phénomène habituellement peu marqué et bénin, nous n’en connaissons à distance que des exemples rares et peu instructifs: peutêtre que sa cause est la douleur qu’il accompagne. Les cas de spasme que l’on observe consistent surtout dans lerétrécissement de la pupille dans un zona ophtalmique. C’est ce qu'on remarque par exemple dans l'observation de Cohn rapportée par Hybord (1) et où il y eut ptosis ; et d'autre part dans la première observation de Feré, où il y eut aussi des douleurs à distance.

La paralysie, au contraire est très importante et intéressante à connaitre. Mais les cas de paralysie zostérienne constituent un sujet qui à besoin plus que tout autre d’une délimitation absolue. Elles sont assez nombreuses, les observations que l’on rencontre, où une paralysie et une éruption zostéroide ont coexisté sans que leur cause fut un zona.

Cette caûse était dans certains cas, une fracture du Rocher, dans d’autres la compression du Facial par une

(1) Zona ophtalmique, HyBsorDp. Thèse. Paris 1872.

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tumeur, dans d’autres surtout, tels les cas de Brissaud, une lésion centrale; enfin elle fut parfois une intoxication.

Verneuil (1) a publié une observation de fracture transversale de la base du crâne, intéressant le rocher gauche, probablement aussi le rocher droit et traversant la ligne médiane au niveau du sinus sphénoïdal avec contusion cérébrale et épanchement sanguin à la base du cerveau. Il y eut paralysie faciale gauche avec conservation complète de lorbiculaire. A droite : strabisme convergent et ptosis, 2 jours après, hypéresthésie gauche et éruption vésiculeuse en groupes de huit à dix ».

D'autre part, Schiffer a observé € un zona à gauche avec paralysie complète de l’oculo-moteur gauche, consécutif à un cancer mélanique du sphénoïde, ayant produit entre autres altérations, la dégénérescence du ganglion de Grasser ».

Enfin, Brissaud nous offre trois cas dans lesquels l’étiologie était une lésion centrale.

- « Chez un deses malades, le maximum de la douleur était à l’angle interne de l'œil gauche et à la partie moyenne du front. Un jour, au lieu d’une migraine revenant tous les 5 ou 6 jours, le malade vit deux foyers de vésicules d’'herpès aux points habituellement douloureux. Depuis lors, les migraines n'ont plus reparu, mais trois mois après il tombait sans connaissance, et au réveil ne voyait plus de l'œil gauche, il ÿ avait un ptosis complet de la paupière, en même temps, la pupille restait immobile, en état de dilatation et la parole était devenue

(1) VERNEULL. Gazette médicale de Paris 1873.

SON embarrassée. Peu d’embarras dans les mouvements de la langue ».

Voici sa seconde observation : & Une semaine après la fin de l’éruption d'un zona temporo-facial gauche; le malade eut une attaque d’apoplexie, eten se relevant il avait une hémiplégie droite avec aphasie. — Rotation conjuguée des yeux etde la tête et nystagmus; 1l mourut quatre jours après ».

Il s’agit dans la troisième observation d’un zona très intense qui fut suivi pendant des années de névralgie avec scotome scintillant. Au bout de cinq ans, 1l y eut un ptosis intermittant, puis permanent. Peu à peu hémiplégie droite avec disarthrie et atrophie de la langue. Ces symptômes s’atténuërent au bout de quelques mois.

Ce sont les cas qui ont amené le professeur Brissaud à considérer le zona ophtalmique comme le symptôme d’une lésion intra-crânienne de la base du cerveau.

Nous devrons nous en défier dans notre étude et éliminer toutes les observations dont les symptômes pourraient être ramenées à l’une des causes de névrites et de lésions centrales quelconques comme tabès, tuberculose syphilis, etc., ou bien encore à des traumatismes, à des néoplasies ou des infections. C’est ainsi que nous laisserons de côté un cas de Bowmann rapporté par Hybord (1). Ce cas concerne un homme de 36 ans, qui dans deux occasions avait eu antérieurement de la diplopie durant six semaines. Il présentait un herpès du front gauche qui laissa de l’anesthésie douloureuse, de la diplopie et du strabisme interne du même côté.

Cette observation manque d’ailleurs à ce qu’on pourrait

(4) Loco citato.

appeler la loi de bénignité de la paralysie zostérienne puisque l’année suivante la douleur etd'engourdissement avaient augmenté ; la diplopie et le strabisme s'étaient accrus.

M. Klippel (1) donne un excellent terme de diagnostic entre cès différents cas et la paralysie du zona. « Dans tous ces faits, dit-il, la succession des phénomènes semble renversée, la paralysie est la première en date, l’éruption, accessoire, est secondaire ».

Cette marche est en effet absolument de règle dans les cas que l'on pourrait confondre avec les paralysies zostériennes. Dans celles-ci au contraire, c’est une exception si grande de les voir précéder l’éruption, que le seul cas que nous en ayions et qui est dû à M. Rendu (2) peut par là même être discuté.

Nous éliminerons enfin tous les cas dont les manifestations ne sont pas dües à la seule fièvre zostérienne. Ainsi M. Jacquet à vu une éruption zostériforme, accompagnée de paralysie faciale succéder à une ingestion d'iodure de potassium. De tels cas nous semblent mériter le nom d’éruption médicamenteuse et nous ne saurions nous y

arrèter.

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