SYMPTOMES GÉNÉRAUX
Le zona complet débute par des symptômes généraux. Souvent, c’est un malaise peu accusé, quelques frissons, de la céphalée ; parfois des troubles gastro-intestinaux. Le malade se plaint de soif, d’anorexie, de nausées. La langue est sale, et Debray (1) à vu dans quelques cas de la constipation suivie de diarrhée qu'il a remarquée très fétide. Enfin, si l’on prend la température on trouve qu'elle dépasse la normale. Parrot avait bien vu cette fièvre. Il en concluait que l’éruption est secondaire. Mais il ne reculait pas assez les bornes du problème; il croyait que la véritable affection est une névralgie d’origine rhumatismale ou dyspeptique.
La fièvre est d’ailleurs variable, souvent elle débute deux jours avant l’éruption. Elle peut cesser au moment où les vésicules "apparaissent. Mais dans un certain nombre de cas, la température n’est revenue à la normale que lorsque la cicatrisation s’est terminée. Nous citerons une observation du professeur Landouzy (2) qui est instructive à cet égard.
« Il y à deux ans, j'ai soigné une jeune fille de 16 ans, chez laquelle, pendant deux jours, je constatai 38° (température axillaire) sans trouver nulle part la raison de la fièvre. Le-troisième jour l'enfant ne se plaignait que d’un peu‘de chaleur sous le bras gauche. J'y trouvais une série de larges taches érythémateuses allant des apophyses épineuses dorsales au sternum. Le lendemain sur ces
(1) Desray. Le zona infectieux, Thèse, Paris, 1894. (oc tert.
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taches apparaissaient des groupes vésiculeux. La température restait la même et ne revint à la normale que le septième jour, alors que l’éruption était complètement éclose. »
Ainsi la fièvre a précédé de deux jours l’éruption et n’a cessé qu’une semaine plus tard, quand cette éruption a été complète.
Notons en passant, sans nous y arrêter, l’absence de douleurs au moins au début; l’enfantne se plaignait que d’un seu de chaleur. C’est'la règle chez les enfants (1).
Nous rapprocherons cette observation d'une autre de Feré (?) que nous citerons en entier plus loin.
« Dans la nuit du 23 au 84 novembre il s’est plaint de frissons et sa température rectale était le 24 au matin de 4198, le pouls battait 120. »
N'est-ce pas la réaction bien franche de l’organisme contre une infection ?
Dans cette même observation nous vovons la fièvre accompagner la maladie jusqu’à la fin. Ce n’est que le 30 novembre, alors que tombent les croûtes et cessent les douleurs, que la fièvre disparait.
Le 24 matin 41°8 soir 3906
Le 25: -—. 880 ,—"40 Le,26: — 7" 3857294 Le Reese PE Less 629000 2. "3909 Le 29 — 384 — 3902 Le 30: .—". 3809
LA I ne nous importait que de prouver la réalité et l’importance de la fièvre. Il n’est pas douteux que dans bien
(1) ComBy. France médicale, 16 juin 1885.
(2) Revue de médecine, 1893, p. 393,
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‘ des cas elle peut, nous ne dirons pas manquer, mais
passer inaperçue du malade et du médecin.
On a prétendu que dans certains cas, dans le zona ophtalmique, il ÿ a habituellement peu de fièvre, l'éruption tarde dongtemps à se faire, tandis que la douleur reste le seul symptôme.
ADÉNOPATHIE
L’Adénopathie du zona peut être citée comme preuve de sa nature infectieuse.
Elle fut signalée d’abord par Barthélemy. Peut-être dans certains cas est-elle due à l'infection secondaire des vésicules par le staphylocoque. Mais cette explicationne peut rendre compte de tous les cas. Hay (1) insiste longuement sur l’adénopathie du zona. Il prétend même avoir constaté une adénopathie prémonitoire. Evidemment dans de tels cas il faut bien admettre que c’est le zoster lui-même quiest en action sur le système ganglionnaire. Hay en concluait même que sans doute, l’agent virulent cultivait dans les ganglions et il a trouvé dans ces ganglions des grains et des filaments qu'il considérait comme de nature parasitique. Rien n’est venu confirmer ses expériences. Quoiqu'il en soit, on accorde en ce moment une grande importance à ce symptôme qui, dans certains zonas de la face, à pu, suivant Gaucher, induire en erreur et faire croire à un érysipèle.