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LES AVANTAGES DE LA RECIPROCITÉ

Pour comprendre les avantages de la réciprocité, il faut se rendre un compte exact de la position du Canada. Le Canada est un pays essentiellement agricole. L’immense majorité de la population est propriétaire du sol, vouée aux travaux des'champs. Le sol est généralement fertile ; 11 produit en abondance les grains de toutes sortes, les fruits, les légumes et Le foin ; les pâturages sont gras et l'élevage des animaux s'y poursuit avec succès. Les terres sont tres étendues La valeur des produits de l’agriculture est bien supérieure à celle des produits de l’industrie, C’est la véritable nourricière du peuple canadien.

Si l'agricul'ure est prospère, le commerce est actif, la navigation fleurit, les chemins de fer regorgent de fret et de voyageurs, les marchands font de l'argent et les affaires sont prospères, tout le monde est heureux.

Au contraire, si la récolte n’est pas bonne, cu si elle ne se vend vas, tout languit, tout dépérit., Le commerce, la navigation, les chemins de fer, les marchands de la ville aussi bien que ceux de la campagne soutfrent. Les dettes s'accumulent, les ressources s'épuisent et l'immigration reprend ses affreux ravage. Il est indéniable que la richesse et la prospérité de l’agriculture sont la base même de la fortune publique, de la prospérité de tous les intérêts. ï

Il faut trois choses pour que l’agriculture prospère :

1o Un sol riche et bien cultivé.

20 Un surplus de production sur la consommation loeale.

Aa les objets suivants :

80 Un marché pour l'écoulement avantageux de ce surplus.

Nous avons le sol fertile et bien cultivé.

Nous avons la production abondante.

Mais il nous manque la troisième condition essentielle : “ Le marché avantageux.”

Nos produits agricoles n'ont en réalité que deux débouchés : l'Angleterre et les Etats-Unis.

Le premier absorbe les animaux de boucherie comme le bœuf et le mouton ; les bois de construction, le fromage et le blé. Ces produits y trouvent la concurrence des mêmes produits de toutes les parties du monde mais s'y écoulent ayec profit.

Quant aux autres, ils n’ont jamais pu être exportés avantageusement en Europe, et ils ne peuvent se vendre que sur le marché américain.

En examinant le tableau du torsmerce et de la navigation du Canada en l'année expirée le 80 juin 1889, la dernière dont nous ayons le rapport officiel, nous consta-

, tons que les Etats-Unis sont à peu près notre seul marché

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J ŒUfg, eve soso. [14,091,017 doz.| 2,156,725|14,028,898 doz.| 2,159,510 Chevaux........., 17,277 têtes 2,113,788 17,874 têtes 2,226,893 Fsin: aude 82,308 tons. 822,381 91,480 tons. 934,082 Patates ...,...,.,,. 715,668 mts. 192,576 976,857 mts, 257,763 FÈVES. soso! 808,036 5 406,1:1| 803,383 406,925 Montons .,.......l 18,384 tête 307,775] 1,263, 125 têtes 360,131 Volailles..,,.,,,.. | 110,793 114,189 Peaux et cornes....| 454,105 459,855 ERine ; sn 60e do 216,918 221,096 Lin à graine, cscore 129,424 129,424 Malt...,,. vos 105,183 105,870 813,469,867| | #14,069,828

Ainsi sur un commerce de quatorze millions de piastres, nos avons vendu aux Américains pour près de treize 1 ns et demi, et un demi-million seulement au reste d. . univers. ;

Voilà ce que nos cultivateurs pouvaient faire jusqu’au 6 octobre dernier. Mais dans quelle position seront-ils à

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l'avenir, maintenant que les Américains ont doublé et quadruplé les droits qu'ils prélevaient auparavant ? Car remarquons-l: bien : la position du cultivateur canadien ui était dif ‘ile, est devenue intolérable ; non seulement il ne pourra plus réaliser de profit sur sa culture; maïs il. ne pourra plus en tirer aucun parti. Comment pourra-til payer trente cents de droits au lieu de dix sur son orge; cinq cents par douzaine sur ses œufs, au lieu de rien du tout ; trente pour cent sur ses chevaux au lieu de vingt pour cent ; quatre piastres par tonne sur son foin au lieu de deux piastres ; vingt-cinq cents le minot sur les patates au lieu de quinze cents ; quarañte cents par minot sur ses fèves au lieu de dix cents ; trois cents et cinq cents par.

“livre pour ses volailles au lieu de dix pour cent ; quarante

cents par minot sur ses pois au lieu de dix cents; six cents sur son beurre et son fromage au lieu de quatre cents, et ainsi de suite pour tout ce qu'il produit ?

Car c’est par l'imposition de ces nouveaux droits qui équivalent à une prohibition que les Américains ont répondu au rejet par" zouvernement canadien de toutes les propositions f» les à la réciprocité.

Parcourez les campagnes et demandez aux cultivateurs où ils en sont avec leurs récoltes, quels sont leurs espérances pour l'avenir. Ils vous diront qu'il n’y a plus de prix pour rien du tout et qu’à moins d’un changement prochain, à moins que le commerce américain ne reprenne, ils ne voient devant eux que misère et expatriation prochaine.

Le remède, messieurs, il n’y en a qu’un seul. C'est d'ouvrir à notre agriculture l'immense marché américain qui peut absorber tout ce que nous produisons et pourrons produire d'ici à longtemps. Nous pouvons nourrir les villes manufacturières de la Nouvelle-Angleterre avec profit pour elles et pour nous. Renversons les barrières douanières qui s'opposent à un échange amical entre deux peuples voisins et nous reverrons revivre la glorieuse période qui s’est évoulée de 1854 à 1866.

Les quelques chiffres suivants sont plus éloquents que toutes les plus belles phrases : Durant l’année 1858, l’année qui a précedé‘la conclusion du traité, la province unie du Canada, c'est-à-dire le Haut et le Bas-Canada, avait exporté aux Etats-Unis :

Animaux et leure produits... $ 066,196 Produits agricoles..................! 8,281,092

En tout... $4,247,288

nue Douze ans après, c'est-à-dire durant l’année expirée le dre 1866, la dernière année du traité, les deux mêmes vinces avaient exporté aux Etats-Unis :

LA

Animaux et leurs produits... $11,184,741 Produits agricoles... 13,298,008

es

“ou | En tout... 824,489 749 Exportations de 1853... 4,247,288

Augmentation en 12 ans Je ...... $20,025,361 Soit près de 500 pour cent.

Si l’on veut prétendre que c'est là une progression naturelle et qu'elle se serait produite sans la réciprocité, j'attirerai l'attention sur le fait qu’en 1867, l’année qui a suivi l'abrogation du traité de réciprocité, nos exportations de produits agricoles et de produits de la ferme accusent le différence suivante avec celles de 1866 : .

1866 1867 Réduction

Animaux et leurs produits. ........ #11,184.741 $ 3,686,191 $7,498,550," cie Produits agricoles... .,,...,... 13,208,008 11,185,227 2,112,781 |

1OUL g04,482,740 $14,871,418 $0,611,531 me #4 $14,871,418 pe 9,611,331 {64 t) Por En 1866, nos*exportations totales aux Etats-Unis, abstraction faite du numéraire, s'étaient élevées à | $84,770,261. En 1867, elles tombaient à $22,859,084, accusant une réduction de $11,911,177 en une seule année. Bien plus, après vingt-quatre ans du régime de l’ex- $ olusion, après avoir dépensé tant de millions pour faciliter L# les relations commerciales, nous trouvons que les expor- 4 tations des provinces d'Ontario et Québec aux Etats-Unis Fe sont moins considérables'aujourd’'hui qu’elles l’étaient en /

1866, ainsi que le démontrent les chiffres suivants extraits du tableau du commerce du Canada pour l’année expirée le 80 juin 1889:

irée le mêmes

ression »rocité,

qui a tations ‘cusent

éduction V,498,550, b,112,781

meme ed

-Unis, ses À

ACC:

l'exiliter xpor- -Unis nt en traits pirée

D ed Fr

7" Exportations aux Etats-Unis — Ontario. #28,449,821

— Québec.. 5,018,226

Total, 1889... 828,468,047 Exportations en 1866... 84,770,201 Diminution après 24 ans... 6,802,154

Ces chiffres puisés aux sources officielles prouvent deux choses :

La première, que la réciprocité est essentielle à la prospérité, j'oserais dire, à l'existence même de notre

agriculture : qu'elle en a développé les progrès d’une

façon merveilleuse,

La seconde, que le rappel du traité de 1854 lui a porté un coup terrible, que le Bill McKinley va rendre tont à fait fatal, si le peuple ne prend pas les moyens de secouer le joug, de reprendre sa liberté et de négocier un traité au point de vue seul de ses intérêts.

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