‹ Manifeste en faveur du monument Louis Hébert [microforme]Chapitre 12 sur 14 · MORT DE LOUIS HÉBERT · texte numérisé non relu

MORT DE LOUIS HÉBERT

Le 25 janvier 1627, Louis Hébert rendit sa belle âme à Dieu. Le Frère Sagard a recueilli sur ses lèvres mêmes les deraières paroles du premier colon, dignes d'un apôtre :

‘* La mort de Sieur Hébert fut une afflistion pour tous, non seulement pour les Français, mais encore pour les sauvages, car ils perdaient en lui un vrai père nourricier, un bon ami, et ua homme aussi zélé pour leur conversion, comme il l'a toujours témoigné par ses actions jusqu'a sa mort, laquelle comme sa vie avait pieusement correspondu à celle d'un vrai chrétien sans fard ni artifice. Je ne peux étre blâmé de dire le bien là où il est, et de déclarer la vertu de ce bon homme, pour servir d'exemple à ceux qui viendront apres lui, puisqu'elle a éelate devant tous, et a été en bonne odeur i tous. Sije n'en dis pas autant des vivants, € ‘est que personne ne peut être appelé saint qu'apres le trèpi is, parce que l'on peut, jusqu'a la derniere heure, toujours déchoir de sa perfection ou sortir du vice pour la vertu. Dieu voulant retirer ce saint personnaue, et le récompenser des travaux qu'il avait soufferts pour Jésus-Christ, lui envoya une maladie dont il mourut. Mais, avant de mourir, ilreçut avec une piété touchanteles sacrements de la Sainte Eglise, du père Joseph Le Caron, et disposa de ses affaires au grand contentement de tous les siens. Après quoi il fit approcher de lui sa femme et ses enfants, auxquels il fit une courte exhortation sur la vanité de cette vie, sur les trésors du ciel, et sur le mérite que l’on acquiert devant Dieu, en travaillant pour le salut du prochain. Je meurs content, leur disait-il, puisqu ila plu à Notre-Seigneur de me faire la grâce ue voir mourir avant moi des sau-’ages convertis. J'ai passé les mers pour les venir seccarir, plutôt que pour aucun intérêt particulier, et je mourrais volontiers pour leur conversion si tel était le bon plaisir de Dieu. Je vous supplie de les aimer comme je les ai aimés, et de les assister selon votre pouvoir, Dieu vous en saura gré et vous en récompensera en Paradis. Ce sont des créatures raisonnables comme nous, et elles peuvent aimer un même Dieu que nous, si elles en avaient la connaissance, à laquelle je vous supplie

de les aider par vos exemples et vos prières. Je vous exhorte aussi à la paix et à l'amour maternel et filial, que vous vous devez respectueusement les uns les autres, ca! en cela vous accomplirez la loi de Dieu, fondée sur la charité. Cette vie est de courte durée, et celle à venir est pour l'éternité ; je suis près d'aller devant mon Dieu, qui est mon juge, auquel je dois rendre compte de toute ma vie passée, priez-le pour moi, afin que je puisse crouver grâce devant sa face, et que je sois un jour du nombre de ses élus.” ‘

se Puis, continue Sagard, levant la main, il leur donna à tous sa bénédiction, et rendit son âme entre les bras de son Créateur, le 25 janvier 1627, jour de la Conversion de Saint Paul."

Les funérailles furent très solennelles. Toute la population de Québec se fit un devoir d'y assister. Cette mort fut considérée comme un deuil publie. Louis Hébert fut inhumé dans le cimetière des Récollets, au pied de la grande croix, à l'endroit qu'il avait choisi lui-même peu de jours auparavant.

En 1670, un éboulis se produisit en ce lieu. Le cercueil, fait de bois de cèdre, et contenant les ossements du premier colon, fut exhumé, et transporté dans la chapelle des Révollets, par les soins du Père Valentin Le Roux, alors supérieur.

Cette translation fut encore marquée par une grande démonstration publique ; ce qui montre combien, à cette époque, un demi-siècle plus tard, le souvenir de cet homme de bien avait été conservé par les habitants re Québec. ‘‘Le corps de celui qui fut la tige des premiers habitants, écrit le Frère Sagard, est le premier dont les osseinents reposent dans cette cave avec ceux du Frère Pacifique Duplessis. Mme Couillard, fille de Louis Hébert, voulut assister à cette translation et sY fit transpor- (SR

Le Père LeClerq appelle Louis Hébert, **L'Abraham de la colonie, le Père des vivants et des croyants, puisque sa postérité a été si nombreuse, qu'elle a produit quantité d'officiers de robe et d'épée, des marchands habiles pour le négoce, de très dignes ecclésiastiques, enfin un grand nombre de bons chrétiens dont plusieurs eurent à souffrir

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ou furent tués par les sauvages pour les intérêts de la colonie."”

“La mort de Louis Hébert, écrit à son tour M. l'abbé Ferland, fut une grande perte pour la colonie, car ce fut lui qui, après Champlain, avait pris la grande part à l’établissement de Québec et à l'avancement de la Nouvelle- France."

‘‘ Parmi les promeneurs qui cireulent à travers le pare Victoria aux accords harmonieux des concerts en plein air, durant nos belles soirées d'été, écrit M. Chapais, bien peu se doutent qu'ils foulent un sol historiqueetque la mémoire de Louis Iébert,le pionnier de la Nouvelle-France,de Jean Talon, le grand intendant et de Mgr de Saint Vallier, lillust & Cvèque, plañe au-dessus de ces allées et de ces parterres.”

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