‹ Manipulations chimiques (volume 2)Chapitre 10 sur 74 · BALANCE, POIDS, PESEES, ETC · texte numérisé non relu

BALANCE, POIDS, PESEES, ETC

raltératîon que le temps et Tusage auraient pu leur faire éprouver lorsqu'ils ont déjà servi. D'abord il est essentiel de débuter avec un bon étalon, et quoiqu'en général ou s'en rapporte pour cela à l'ouvrier, cependant, quand on le peut , il est à désirer que les poids de 1 , 10, 100, et lOOO grains, soient comparés à d'autres déjà vérifiés. La méthode la plus prompte pour découvrir des erreurs dans les subdivisions, est de prendre des quantités égales de poids diiBFérens, et de les peser comparativement, ayant soin d'en comparer un gros avec huit ou dix petits : par exemple , un de 100 grains, avec plusieurs de 40, 30, 10, 8 , 5 , 4, 2, et 1 ; l'on ôte ensuite quelques poids de l'un des bassins, on les remplace parla somme des fractions qui les représentent : par exemple, l'on substitue au poids de 30 grains. ci-dessus, un poids de 10, et quatre de 5. Il faut examiner de la même manière les fractions du grain, et s'il existe quelque différence sensible, on la découvrira facilement. Si la balance dont on se sert n'était pas juste , et que la précision des résultats pût être affectée par la mutation des poids d'un bassin dans l'autre, il faudrait faire les diverses substitutions de poids toujours dans le même bassin, le poids de l'autre étant considéré comme un simple cpntre-poids , auquel il ne faudrait pas toucher pendant tout le temps de l'opération. Les essais, avec les poids qui accompagnent la meilleure balance , et qui sont exclusivement destinés à des expériences trèsdélicates , doivent être faits avec un soin extrême.

L'on devra, de temps à autre, recommencer, cette vérification des poids de la même manière, excepté cependant quand on a quelque motif de soupçonner l'exactitude d'un poids particulier , lequel alors devra naturellement être comparé à un poids reconnu pour I. 3

exact. Ces essais doivent être plus ou moins fréquens , suivant Tendroit où les poids sont placés ; ceux qui , étant continuellement dans le laboratoire, changent de couleur et d'aspect ^^ ont plus souvent besoin d'être examinés. Sous ce rapport , les poids en platine sont bien préférables , puisqu'ils ne sont pas susceptibles d'altération.

44. L'opération de peser est très-simple , et c'est seulement parce que dans les mains du chimiste elle devient une des opérations les plus délicates et les plus fréquentes , que les moyens d'en faciliter l'exécution ont besoin d'être décrits. Il faut d'abord s'assurer , avant toute opération , si la balance est parfaitement en état, si elle oscille librement; l'on doit éviter soigneusement les courans d'air qui pourraient avoir de l'influence sur elle; Si par quelque cause accidentelle la balance n'est pas en équilibre , il faut l'établir au moyen d'un mor* ceau de papier, ou d'un fragment de feuille d'étain ou de plomb. Il feut rechercher et corriger avec soin toutes les causes d'erreurs, afin de pouvoir compter surl'exac* titude des résultats.

45. Quand la substance à peser est d'un seul morceau, ou composée d'un petit nombre de fragmens, il suffit de la mettre dans un des bassins, et d'ajouter des poids à l'autre , jusqu'à ce que les deux bassins soient en équilibre. Une balance délicate doit être toujours pourvue de moyens de supporter les bassins , indépendamment du fléau , et le fléau lui-même doit pouvoir ^tre soutenu de manière à ne pas porter constamment sur le couteau ; mais il faut que ces supports piiissent s'abaisser facilement lorsqu'on veut se servir de l'instrument. Le but qu'on se propose est d'éviter d'endommager le tranchant des couteaux par la pression

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constante du poids des bassins et du fléau , du pap Taddition subite d'un poids trop fort. Ainsi , lorsqu'on ajoute ou qu'on enlève un poids un peu fort, il ne £iut jamais le faire sans avoir placé les bassins sur leurs supports; car, dans l'un et l'autre cas, il en résulte un mouvement brusque et 'rapide, très-nuisible aux tranchans des couteaux. Il ne faut jamais ajouter plus d'un grain à la fois sans prendre cette précaution, qui d'ailleurs a encore d'autres avantages.

46. Quand on met dans la balance un poids que 4^on présume être à peu près égal à la substance à peser y la balance doit être placée sur ses supports, comme nous venons de le dire; alors on la dégage graduellement jusqu'à ce que tout le poids soit -sup* porté uniquement par le fléau. L'on observe le mouvement que prend le bassin qui contient le poids, et suivant la rapidité avec laquelle il s'élève ou s'abaisse au-deflTsous de l'autre , l'on peut apprécier le poids qu'il fkut ajouter ou ôter pour établir l'équilibre. Remettant alors la balwice au repos , l'on y fait l'addition convenable y et l'on recommence l'essai de la même manière. Il vaut mieux répéter cette opération chaque Ibis qu'on ajoute un poids , quelque petit qu'il soit , que de s'efforcer d'établir l'équilibre pendant que la balance porte sur son couteau , et qu'elle est en mouvement.

47. A mesure que le poids approche de Tégalité avec la substance à peser, les oscillations deviennent lentes , et le fléau prend une position moyenne qui partage en deux parties égales l'angle des oscillations. Par consé« quent on peut juger la position de cette ligne, avant même que la balance soit en repos , ce qui donne une indication du poids à ajouter ou à retrancher* Une per-

sonne qui, par Tobseryation des oscillations d'une balance j est en état de profiter des indications qu'elles donnent, obtiendra Téquilibre après deux ou trois essais; tandis qu'une autre ne le fera pas en moins de dix .ou douze.

48. Les poids légers doivent être enlevés avec de petites pinces ; car, en les prenant avec les doigts, Ton est exposé à faire' tomber dans le bassin dès corps étrangers, ou même à enlever involontairement de très-petits poids ; on les saisit d'ailleurs aVec plus de facilité qu'avec la main. Il arrive quelquefois que la balance parait osciller avec difficulté ou s'arrêter, sans qu'on puisse assigner à cet effet aucune cause probable. Dans ces occasions, une légère secousse donnée à l'instrument, en frappant sur la cage , ou un mouvement oscillatoire , aideront souvent la balance , et la rendront suffisamment sensible pour permettre de terminer l'opération. Il faut toujours compter les poids quand l'instrument est en repos; mais on doit s'assurer avec soin par la liberté d'oscillation , que ce repos est la conséquence du parfait équilibre, et non du manque de sensibilité dans l'instrument, ou de quelque obstacle accidentel.

49. Quaiid la balance a été définitivement mise en état d'équilibre, il ne reste ^plus qu'à constater - le poids. £n général celui. qui opère tient compte des poids qu'il ajoute ou qu'il ôte pendant l'opération; mais il faut toujours les compter de nouveau lorsque la pesée est faite. Pour cela on ôte les poids de la balance en les faisant glisser (surtout s'ils sont petits et nombreux) dans une petite capsule ou sur une feuille de papier, oàon les compte facilement. Pour découvrir toute erreur qui pourrait avoir été faite, soit dans le calcul, soit autrement, prenez la même quantité en

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d'autres poids , avec le mpins de fractions possible , iQettez4es dans hs bassin des premiers , et voyez s'ils rélablîsar^t réquilibre ; s'ils le font, Texactitude da p0ids est parfaite , sinon il faut chercher , découvrir / et corriger la cause de la différence. i

60. Quand l'opération du pesage doit 4ire répétée fréquemment, comme ii arrive Jans certains travaux analytiques, on économise le temps en plaçant lespfilits poids par ordre devant la balance : les centièmes ensemble à droite, ensuite les dixièmes , puis les grains au-dessous de dix, et enfin les grands poids.

51. Lorsqu'on pè^e des substances élevées à une haute température on doit faire beaucoup d'attentionr à l'effet produit par le courant d'^r ascendant, qui tend à élever le bassin contenant la matière échauffée, ce qui peut produire' des résultats erronés : une capsule d'argent , pesant 600 grains à froid , parut peser ^- de grain de moins après avoii; été chauffée à la lampe à r^pf^ de vin 9 et ensuite replacée dans le même bassin. Si elle avait préalablement cpntènu dix grains d'une substance destinée à être soumise à une telle température , celle-ci agirait paru perdre les ~ d'un grain , tandis qu'effectivement il n'y aurait eu aucune perte. Outre celte erreur probable, l'mtcoduction d'une substance ou d'tlti vaisseau échauffé dans le bassin , est capable d'affecter le bras du. fléau , gu^ est placé au-dessus , et de causer un dérangement momentané, uniquement par la dilatation qu'il éprouve.

52. Quoiqu'il soit indifférent, dans une bonpe balance, de placer la substance à peser dans l'un ou l'autre bassin, il vaut toujours mieux se servir du même. Cette précaution peut corriger jusqu'à un certain poînl l'inégalité de la longueur des bras ; car , quoique dans

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ce dernier cas il doive y avoir une différence entre le poids des deu^^ bassins , cependant comme cette diffé* rence est constante y toutes les quantités seront augmentées ou diminuées proportionnellement ^ et conserve" ront toujours entre elles le même rapport y tant que les objets auront été pfticés dahs le même bassinr; de tâle sorte que les produits d We analyse pourront être aussi exactement évalués qne si Ton se f&t servi d'une balance parCûte(l). Mais ai, au contraire, leaprodifita étaient placés d'abord dans un bassin, et ensuite dMis l'autre, ils^wseraient émîmes quelquefois trop bant, et quelquefois trop bias, et bientôt, les erreurs s'accumulant , il n'existerait plus le même rapport entre eux.

La. pratique de cette règle est surtout nécessaire dana l^s opérations où l'on est exposé à de fréquéntst changemens de poids. Supposons que du carbonate de chaux, placé dans un creu/set , ait été pesé dans l'un, des bassins w moyen de poids placés dans l'autre, -si l'ons chauffe fortement ce carbonate de chaux, il «e Iransformera en chaux vive ,, et perdra une partie de non poids. Cette perte ne pourra être d^erminée exaete-

(i) Il est une naanière de prendre le poids d'an corps qui rend lea rétulUti tout<4-'fdlt indëpendans de rinégalité de longueiurdes bras de làjbalaace, et qui deit être employée dans toutes les re^ercbei où l'on tend à là préeisiop, parce que ^elqu'exacte que puisse être une baUncie , il y a tant de causes eïtéri^lures qui peuvent influer sur la longueur âes bras du fléau , ^ue l'on n'est jamais certain dfétre % l'abri de cette -«ourca 0'erreur. Lef procédé dont il s'agit «st celui .ilet doubles pesées indiqué par le cbevalier Borda : il consiste à pla«.er la Substance à peser dans l'un des bassins , à en fake exactement la tare au moyen d'un contrepoids quelconque placé dans l'autre; lorsque la .balance est parfititeroent ajustée l'on die la substance, et sans rieu' ofaanger à l'autre bassin, on la vempUce par des poids dont on met une quantité suffisante pour rétablir exactement l'éqvû"' libre. C'est la somme de ces derniers poids qui représente celui de la substance; car il est bien évident que, quel que «oit le rappirt qui existe entre les longueurs des bras du fléau, la substanjçe à peser et les poids qui rétablissent léquilibre précisément dans les mêmes circowtances ioçat éff^ax ^ «t poHKXpnt sans erreur être pris l'un pouf l'autre.

BALANCE 9 POIDS y PESEES y ETC. &^

ment en remettant le creuset et la chau^ dans le premier bassin , et y ajoutant des poids pour rétablir Téquilibre; mais il faudra au contraire ôter des poids de Vautre bassin ; et si Ton opérait une seconde altéra* tion dans les poids , comme en convertissant la cbaux ' en hydrate ou en sulfate, cette différence devrait éga* lement être estimée par l'addition de poids au premier, sans jamais mettre de poids dans 1^ bassin où se trouve la substance, tout changement de poids de celle-ci devant être constaté par un changement correspondit de poids dans l'autre bassin.

53. Quand on pèse des matières en poudre fine ou groii$ière , il ne faut pas les mettre immédiatement sur le bassin : on se sert av^c avantage de deux morceaux de verre , ou de deux verres de montre de poids égal ; on met l'un dans le bassin au poids, et l'autre dans ce* lui à la substance. Il faut les entretenir propres ; ils conviennent surtout en ce qu'ils peuvent résister généralement aux agens chimiques, et permettent d en détacher la substance par le lavage sans les détérjorer. Un seul morceau de verre ou une petite capsule d6 Wedgewood, avec un contrepoids, rempliront le même httt. Mais deux morceaux de papier sont en général plus convenables; il y a très- peu de substances qu'on ne puisse peser dessus. Le papier pressé à chaud est le meillem:^ sa surface lisse empêchant l'adhésion des poudres même les plus fines. Il ne faut pas le déchirer, mais le couper, car le côté déchiré retiendrait une partie de la poudre quand elle passerait dessus f \^n peut d'ailleurs aisément le tailler et l'ajuster comme on le désire. Sa flexibilité est très-favorable pour introduire la poudre dans un flacon, ou dans quelque autre petit vase à goulot étroit. On se pi^ocure tous ces avantages

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par Tusage d'une matière qui a en outre celui d'etre à bon marcha; Ton distingue aisément le petit nombre de cas où «lie offre des incon^éniens , comme lorsque la substance à peser est humide et déliquescente : il faut alors se servir de verre ou de métal.

64. Les spatules sont très-commodes pour trans-porter de petites quantités de poudre d'une place à une autre 9 pour ajuster dès pesées, et il est essentiel surtout d'en avoir une en platine , qui doit être large environ d'un demi-pouce, longue de trois, et assez forte pour ne pas se ployer trop facilement. Tin couteau de poche, à Jame de platine , est un excelleftt gutil pour un chimiste , et peut parfaitement remplacer , dans la plupart des cas , la spatule ci-dessus décrite. L'on peut ^ussi, au lieu dé spatule d'os ou d'ivoire, se servir avec avantage d'un morceau de papier pressé à chaud ; il est même souvent préférable pour ajuster les pesçes, en ce quiB les poudres s'en détachent facilement par la moiiidre secousse, les feuilles de cuivre et de platine ne pourïaient pas servir au même usage , à cause surtout de leur grande élasticité qui expose la substance à être projetée au loin. ^ ^

Il n'est pas nécessaire pour peser des quantités données de poudre^ 100 grains , par exemple , d'amener la balance au repos , toutes, les fois' qu'on en ajoute ou qu'on en ôte, d'autant plus qu'avec un peu de pratique, on peut le faire sans communiquer à l'iastrument d'autre mouvement que celui résultant du changement de poids.

65. Souvent l'on se sert de la balance, simplement pour foire la tare des objefs, sans qu'il soit nécessaire de connaître leur poids absolu. Il est très-fréquemment nécessaire, par exemple, de tarer des creusets de pla-

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tine , des capsules , des tubes de verre , etc. , soit seuls , soit avec leur contenu. Alors on met les çontre-pbîds dans le bassin aux poids y en ajouta^ des morceaux de feuilles de plomb ou d'étain , et même' de papier, pour établir exactement Téquilibre lorsque la différence est légère. Si 9 au contraire, elle est considérable , rien de plus commode qu'une lame épaisse de plomb qu'on taille aisément avec un couteaux 11 faut même avoir un assortiment de grenaille de diverses grosseurs , qui est pour le même usage. Mais si Ton n'en avait pas sous la main , on pourrait la remplacer par des poids ordinaires^ et ajuster la tare avec des morceaux de papier ou de feuilles d^étain. Lorsque la tare est formée de plusieurs morceaux détacbés , il est nécessaire de les réunir et de les consei^ver avec soin pour éviter les erreurs. C'^est en cela que les poids creux sont trèsutiles : Ton prend le plus grand possible , et l'on place dans son intérieur les substahces qui doivent servir à l'ajustement définitif. Si l'on n'avait pas de poids creux, on pourrait se servir d'un morceau de papier lisse ^ sur lequel ou placerait les contre-poids, en ajustant toujours la pesée comme précédemment. Cela fait , on enferme les parties détaehées du contre-poids dans le 'morceau de papier, on enveloppe le tout, l'on examine encore une fois si la pesée est bien juste, et l'on serre cette<tare dans le tiroir de la balance ou en tout autre lieu destiné à cet usage f pour la reC^ouver au besoin. Le poids du papier étant sujet à varier* suivant l'état hygrométrique de l'air, iLfaut avoir §oin de le tenir dans un lieu à peu près aussi humide que c^kii où a été faite la pesée. L'on diminue beaucoup.lf s chapces d'erreur en ne le laissant que peu de temps, exposé aux vicisisitudes de l'atmosphère. On peUt qiènfe les éviter

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en conservatnât du papier destiné à cet objet dans l'en* dpfut ou ToUi tient les contre-poids , ou J>ien en faisant séëher ie plipier ^ et en tenant les csoi^lre-poids dans un état'^emblabla^ de siccité.

56. Quelquefois on a à peser des vases ou des «ubstamifs qui ne se placent pas facilement dans les bas«« sins sans quelque précaution : les tubes, lorsqu'ils sont longs,' s'embarrassent quelqujefois dans la cage qui contient la balance; les fiaccms sont sujets à serea» verser, etc. Dans ces cas on peut souvent peser des tubes longs, tels que ceux dont on se sert dans,le(i analyses de matières organiques, en faisant usage d'une

petite bride ^ou anneau en fil , que l'on fait glisser sur les i|ls métalliques qui anp^ portent le l/assin i^ô. la Jsalance , et qu'oa élève ju^ue^près du sommet; l'on y passe ensuite la partie supérieure du tube, tandis que la partie inférieure pose sur le bassin.

Il se trouve ainsi dans une {Kisition à peu près verticale. Dans ce cas , il est nécessakie que la bride et le tube soient arrangés de panière que celui *ci ne touche pas le fléau^ et qu'il ne gène eh aucune façon la libi« suspension du bassin qui le supporte.

Une bride semblable convient, pour soutenir des matras , car en la laissant descendre sur les fils inétal* liques qui servent à la sufpen&ion des bassins , elle fixe le goulot , et maintient lémàtras dans une position asfez verlîc^e pour préyènir la pi^te du contenu.

57. L'on âTjoute dans quelques balances, afin d'en faciliter l'usage ^ un crochet qui est fixé au fond de chaqua bassin; on passe dans ce crochet on fil métallisé ou autre ^ que l'on dispose de manière à pouvoir

BALANCB, POIDS, PESKIS, ETC. 43.

soutenir les tubes ou tout autre objet incommo^ à peser. 7 .

ô8. Lorsqu'oiia besoin de peser des .liquides, le poids du vase qui les contient doit être connu ou équilibré d'avance , ou biep déterminé par une opération subséquente. Des verres, desmatras, des cap» suies, et de petits tubes, peuvent servir à cet uss^e. TuÊS verres et les capsules se placent aisément daAs le bassin , et le matras peut être soutenu , comme ou Ta dit plus haut (56) , au ilioyen de la bride en fil. On .peut aussi le placer sur un support circulaire en. bois, garni de lisière , et d'un diamètre approprié. Les tubes dans lesquels on pèse ordinairement les liquid^.donfon ne possède que de petites quantités , ou ceux qui contiennent le produit d'une expérience^ 4evront Mre placés sur^des suj^orts. Il convient pour cela d'avcAr toujours ^ deux cylindres creupc , de trois quarts de pouce de baut, pouvant s'ajuster aisémentt • l'un dans l'autre : Je plus petit ayant inté- '^^--— :=^ rieurement un demi-pouee de diamètre , et

^^-^ ^ le plus grand, deux pottces extérieurement.

Par ce moyen les tubes pourront étra placé* dw une positkm à peu près i^erticale. Si le bvi n'était pat reippli^ il serait aisé de faire un support temporaire, avec un bou6l^>n ^eroé d'^n trou d'une dimension convenable pour recevoir le tube.

59. Les anneaux garnis de lisières dont nous a^o^s déjà parlé, sont extrêmement utiles dans le laboratoire^ pour servir de support.aux comtj^s , aux matras , aux ballons , aux récipiens , et à tous les vmsseauii de forme arrondiie. Il est aisé de se les procuMU^r au moyezt d'un cerce^ de boîs,^ou d'une lame 4^« cuivre circulaire, que Ton rtcouvre à» lisière* L'on doit-tonjour» en avoir

44 MÂNl^UXi^TIQNS CHIMIQUES,

dans un laboratoir.e un assortiment , i^epuis deux jusqu'à six pouces de diaknètre , et de différentes fauteurs • 60, Qu^nd on a. besoin d'uQe (juayi^é dét^minée de liquide , oh peut Tpbtenir aisément par plusieurs procéjdés. $'il^'agi£ de pe^er^de l'eau ou de Talcohol, ou une sub^^nce n'ayant pas d'action sur le papier, l'on ne doit pas craindre de dépasser le poids , parce que dans ce cas il sera facile d'enlever l'excédant au moyen d'un peu de papier brouillard. A cet effet , on le Twle en forme de baguette molle j dont on plonge le bout dans le liquide, une portion sera promptement attirée par l'effet de l'action capillaire. Quand le liquide se sera «levé à environ un pouce dans le papier , ce qui aura lieu instantanément, si l'on arracbe la^par^ tie mouillée , et qu'on plonge de nouveau l'extrémité 4u papier dans le liquide, il en absorl^ra une nouvelle portion. Lors^'on dé^hîpele papier, il faul^le faire en pinçant fQ|rtemç.nt avç^les doigts la portion qui se trouve jsn pep àu^d^ssu^ de lar partie mouillée , Ton obtient alors vtie? déchirure inégale qui s'allonge en p^iqte lorsqu'on la«plonge adroitement dans le liquide : l'on peut soustraire à volonté des quantités plus ou moins considérables, et paryenir ainsi facilement à ajuster la pesée. S?x^cffe.t,. comme on ne plonge que quflque^-uns des filamens du papier dans le liquide , il, ne monte que lentement, et L'on en apprécie la quantité par. son ascenaion progressive, d^ manière qu'avec quelques tâtonnémens tm peut ôter précisément ta quantité voulue. C'est :du moins ce qui a lieu avec l'eau et la plupart des substances aqueuses. Avec l'alcQhol, et les huiles fixes et volatiles, il n'^aK^stpas ainsi, pa^e que la partie, imbibée ne ^ sépare pas avec assez de facilité de celle qui est sèche, et ne produit

balance; poids ,^ PESÉES y ETC; 45

point cette pointe filamenteuse dont on a parlé. Dans ce cas cependant on peut encore opérer rajustement de la pesée à Taide d'un petit morceau de papier ployé une fois ou deux , ou par quelques-uns des moyensfque nous décrirons ci-après.

61. L'on n'éprouve pas de difficulté lorsqu'il s'agit de CQnnaitre approximativement le poids d'un liqmde quelconque ; car , lors même qu'il serait corrosif, l'on pourrait en enlever la plus grande partie au moyeti ^'ùne petite capsule , et alorsf l'ajustement définitif pourra »e compléter en enlevant l'excédant au moyen d'un tube de verre. £n plongeant une baguet^ dans un liquide y et en la retirant rapidement, on peut aisément enlever trois ou quatre gouttes ; la baguette étant nettoyée, ou peut en enlever autant en la replongeant de nouveau : comme la quantité enlevée est proportionnelle en quelque sorte à la surface humectée de la baguette, il est évident qu'en faisant usage d'une baguette qui se termine en cône par le bas , on peut enlever chaque fois la plus petite quantité possible , et arriver à l'équilibre avec précision. .

62. Il peut être utile de faire mention d'un autre moyen d'arriver à l'équilibre , sans parler d'une foule

de procédés qu'on peut aisément imaginer à mesure que l'occasion s'en présente. Il est quelquefois nécessaire de peser des fluides qui , étant des produits nouveaux ou le résultat d'expériences spéciales , sont nécessairement en petite quantité, ce qui fait craindre d'en perdre la moindre portion. Un tube d'un huitième ou d'un dixième de pouce de diamètre, terminé en tube capillaire, est très-convenable dans cette circonstance. Si l'on en plonge l'extrémité efSlée

46 MANIPULATIONS CHIHIQUSS*

.<feaa le liquide , que nous supposerons en excès dans la balance, Vattraction capillairif!en fera passer uneportion 4iMQft le tub.e; s'il n'y en a pas assez d'enlevé, en in» clinant le tube, le liquide y entrera en plus grande quantité /en raison de la diminution de la hauteur ^rticale de la colonne intérieure. Si la quantité enlevée est tfbp considérable^ alors en ramenant le tube «lans une position verticale, une portion du liquide l^passera dans le vase; on peut donc enlever à volonté plus ou moins de liquide , et arriver à l'é^ilibre .parfait. Si le liquide avait un mouvement trop lent dans le Itbe y à cause de l'état de sécheresse de l'intérieur , ou de ta|ietitesse de l'orifice inférieur, on peut en faciliter i'entrée.ou la sortie, en aspirant ou souiHant par Torifice supérieur r mais , en général, il faut éviter ce moyen, de peur d'introduire de l'humidité dan^ le tube. Lorsqu'on est obligé de poser le tiibé, il faut le placer dans une pasition presque horizontale, soit «ur un verre ou tout autre support (S9), évitant avec soin qiAs l'extrémité capillaire ne soit en contact avec tout aivtre corps. Lorsque l'opération est terminée, l'on ne perd en définitif que la très-petite portion qui mouille la pointe du tube; car la portion qui reste dans le tube lui-même peut être réunie à la quantité primitive*

63. Il faut des précautions particulières pour peser certaines substances qui subissent des changemens rapides , et qui par là sont sujettes à des altérations de poids, durant le temps employé à faire l'opération. >Supposoi;is, par exemple , qu'il soit nécessaire de peser de* l'hydrate de chlore, obtenu en comprimant dans dés feuilles de papier à filtrer les cr^taux humides produits à un« température au-dessous de ( 4<> ~ centi-

BALAlfCB^ rÇlDS, PËai^BS, .BTC. 47

grades) y OU qu'on cherche le poids du- chlorure hydrate de calcium en cristaux, et séché de la mémemai^ère, par compression, le premier s'évaporerait dans Tair, et non«seulement il causerait du dommage à K balance et aux Corps eotvironnans , mais aussi il perdrait de son poids, tandis que le dernier en gagnerait, parce qu'il ^t déliquescent , et cela se ferait si rapidement dans les deux cas , qu'il serait complètement impossible d'obtenir des résultats exacts. Qu'évitera entièrement ces inconvéniens en mettant les substances dont nous venons de parler, non dans le bassin de la balance, mais dans un poids d'eau connu, et en déterminant l'accroissement de poids qui en résultera. Il faut donc, en pareil cas, peser une portion d'eau dans un verre à essai ou dans une capsule , ou même simplement en faire la tare; ensuite, après avoir préparé et séché les cristaux en les comprimant^ les mettre promptement dans l'eau , et déterminer leur quantité par l'augmentation du poids; cette dissolution pourra servir aux recherohes ultérieures comme .les cristaux eux-mêmes* Il est pourtant évident que ce procédé n'est praticable que dans certaines occasions, qui dépendent de la nature de l'expérience à faire , Qt de Taction de l'eau sur les substances qu'on examine ; mais il est souvent très-précieux , et il peut quelquefois servir à lever des difficultés qui autrement seraient insurmontables . Le choix de la substance qui doit recevoir le corps altérable dépend des circonstances , et il faut donner la préférence, tantôt à l'alcohol, tantôt à l'eiau, et quelquefois à une dissolution acide, alkaline ou neutre. 64. Onpeutobserverici, que comme dans un grand nombre d'expériences il n'est pas nécessaire d'agir sur telle ou telle quantité de matière , mais qu'il suffit seu-

lement de* connaître exactement le poids de celU que Ton «mploie , Ton peut se dispenser d^ajqiiter ou retrancher à cette dernière pour en faire un poids déterminé : Toii se contante ordinairement d«* noter le poids de la substance tel qu'il ^e troi^e. Je suppose , par exemple , que Ton veuille savoir combien un poids déterminé de chlorure de calcium cristallisé peut fournir de chlorure d'argent, il est évident que Ton fiarviendra à ce résultat en opérant sur une quantité quelconque , et 76 grains ou 43 seront aussi propres à cet effet que le nombre rond 100; alors on conçoit qu'on peut mettre le chlofure de calcium immédiatement dans l'eau qui doit le <lissoudre , sauf à le peser après spn immersion. Au reste , l'opérateur peut seul juger des cas où il pourra sans inconvénient profiter de la facilité qu'offre cette manière d'opérer.

65. Lorsqu'on veut connaître le poids de substances également altérables , renfermées dans les tubes ou les vases qui ont servi à les recueillir, il faut faire la tare du vase et de son contenu , enlever la substance , le nettoyer soigneusement , le tarer de nouveau ; la différence de ces deux poids sera précisément le poids de la substance. Dans tous les cas semblables il •faut nécessairement se servir de vases faciles à nettoyer sans être altérés : c'est pour cette raison que les tubes , les vaisseaux en verre, les creusets et capsules de platine, offrent tant d'avantages,

66. Il faudrait peser en vaisseaux fermés les substances qui produisent des vapeurs , et qui par là peuvent endommager la balance : quelques acides, l'ammoniaque, et une fouie de mélanges, sçnt dans ce cas.

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