BALANCE DE BLACK
99. Tous les moyens qui peuvent remplacer la balance y quoique rarement nécessaires , sont , dans plusieurs circonstances très-précieux , et il y a peu de voyageurs cultivant les sciences qui n'en aient senti le besoin. M. Bevan recommande à cet effet un arc muni de sa corde (1) : cet arc peut au besoin être fait avec un morceau de baleine , une baguette flexible ou toute autre substance; alors le suspeildant par son milieu , on attache le corps que Ton veut peser au milieu de la corde; on observe la courbure qu'il y occasione , ou , ce qui est mieux encore , on marque le point où descend la partie de la corde à laquelle rdbjet est suspendu. Otant alors la substance , et la remplaçant par des poids jusqu'à ce qu'ils produisent la même courbure , on obtient le poids de la substance ; une baguette , un bâton ou tout autre corps élastique , solidement fixé par une de ses extrémités, et chargé à l'autre d'une substance quelconque , pourra donner aussi une indication du poids de cette dernière : les moyens d'adapter à une semblable balance un plateau temporaire pour recevoir la substance et les poids, et unie échelle pour mesurer le point où ils descendent , sont si simples et si aisés à trouver, qu*il est inutile d'en parler.
100. La description suivante d'une balance d'une grande précision et d'une construction facile est extraite d'une lettre du docteur, Black à M. Smithson (2); elle contient des renseignemens précieux pour les per-' sonnes qui sont dans l'impossibilité de se procurer facilement une bonne balance. « L'appareil dont je p me sers pour peser de petits globules de métal , ou
(t) Tecbnîcal Repository, vi, 196.
(2) Anuale8 de philosopliie, ucuvcllc série, %, 52.
74 MANIPULATIONS CmMlQUEâ.
«autres objets semblables, est construit de la maonière suivante : Je prends une planche mince de 9 bois de sapin , de l'épaisseur d'un shilling seulement net longue d'un pied ^ large au milieu de 0,3 de pouce , » et de 0,15 de pouce à chaque extrémité , je la divise npar des lignes transversales en 20 parties , c'est-à-dire » 10 parties de chaque côté du milieu» Ce sont les di« » visions principales , et chacune se subdivise en moi* »tiés et en quarts. Au milieu je place, pour servir » d'axe , une aiguille des plus fines que j'aie pu me pro* » curer et (|ui est ajustée sur la petite planche, au » moyen d'un peu de cire à cacheter. Les numéros des » divisions partent du milieu , en augmentant vers les » extrémités de la planche, he fulcrum ou support est »une plaque de cuivre qui pose à plat sur une table; »^Ile est courbée à angle droit de telle manière que «ces deux extrémités se relèvent verticalement. Elles «doivent être usées en même temps sur une pierre «plate à aiguiser, d'un grain trés*fin,.afin queles deux «surfaces du rebord soient parfaitement sur le même «plan. Ces r^ords sont assez éloignés pour que, lofSr » que l'aiiguille est en place , il reste une espace assez » grand entre eux et la planche pour qu'elle puisse jouer «librement. Us ne s'élèvent au-dessus de la surface de « la table que de 1 dixième et demi ou 3 dixièmes de «pouce, de sorte que le mouvement de la petite planche « ( voyez lajignre)y se trouve borné à peu de chose. Lea «poids dont je me sers sont un globule d'or qui pèse «ungrain, et deux ou trois autres pesant chacun un « dixième de grain. Je me sers aussi d'un grand nombre
BALANCE DE BtACK. 75
• de petits anneaux de fil de laiton très-fin f faitâ dV pprès la méthode de M. Lewis. Cette méthode consiste à p donner an fil de laiton la forme d'une spirale en. le
• roulant sur un Gl métallique d'un plus graiid diamètre set bien calibré ; lorsque les deux extrémités de laspif j»rale pnt été solidement fixées sur le gros fil, je serre B ce dernier dans un étau ; puis , avec un couteau bien » tranchant , que j'applique dans le sens de la longueur B du fil et sur lequel je frappe avec un marteau y je coupe vd'uB seul coup un grand nombre de petit&aaneaui^L^
• qui sont aussi exactement égaux entre eux que pos«psible. Ceux dont je me sers représentent chacun la «trentième partie d'un grain , ou^ en d'autres termes , »300 pèsent 10 grains; j'en ai 4'^utres encore plu|
• légers.
» 11 est aisé de voir qu'au moyen de ces poids placés x«à différentes parties de la planche , je puis connaUre » le poids des plus petites masses depuis un grain , ou i^un peu plus } jusqu'à ^ de grain. Car si l'objet dont »je veux avoir le poids pèse un grain , en le plaçant à » Tune des extrémités du fléau , il équilibrera le gros
• poids d'or à l'extrémité opposée* S'il pèse un denii- » grain y il équilibrera le même poids placé au numéro
• cinq. S'il pèse 0,6 de grain , l'équilibre sera rétabli »en plaçant le gros grain d'or sur cinq, et un des plus 9 légers à l'extrémité ; enfin s'il pèse seulement un, deux, » trois ou quatre centièmes dé grain , il sera contre-pesé » par un des petits poids d'or placés à la première , à la
• seconde , à la troisième ou à la quatrième division*
• Si , au contraire , il pèse un grain et une fraction , il
• sera oontre-pesé par le gros poids d'or placé à une
• cixtrémité , et par un où plusieurs des petits placés sur » une autre division du fléau*
76 MANIPUL/^TIONS CHIMIQUES.
P Celte balance m'a servi jusqu'ici pour toutes mes » opérations; mais s'il m'en fallait une encore plus déwlicate , je pourrais la faire aisément en choisissant une » feuille de bois beaucoup plus légère et plus mince , et •une aiguille encore plus fine. 11 serait encore facile d'y » ajouter, pour la commodité, de petits plateaux en » papier. » Dans ce cas, il faudrait élever \^ fulcrum sur un piédestal , ou tout autre support convenable.
101. Lorsqu'on se sert de cette balance , il faut toujours placer et vérifier les poids sur le même côté où l'on pèse la substance , afin d'éviter autant que possible les irrégularités de la machine. Ainsi, l'on met la substance que l'on veut peser dans un des plateaux, et on l'équilibre par des contre-poids, du sable, par exemple, ou autre chose convenable placée dans l'autre ; ôtant ensuite la substance , on la remplace par des poids dont on met une quantité suffisante pour rétablir l'équilibre : la somme de ces poids sera le poids cherché de la substance. Ou bien , si l'on a besoin d'une quantité déterminée, on équilibre d'abord le poids que l'on veut obtenir, puis on le remplace par la substance que l'on veut peser. Par ce moyen on compense l'inégalité qui pourrait se rencontrer entre les deux bras.
102. L'on peut faire de plusieurs manières, avec des lames métalliques ou toute autre substance, des contrepoids qui soient égaux , doubles , triples , etc. , d'un poids donné , et qui sont utiles dans plusieurs circonstances ; l'on conçoit qu'il est facile d'établir au besoin leur rapport avec des poids connus. Si l'on prend un fil de laiton d'un diamètre bien égal, et que l'on coupe sur ce fil des longueurs qui soient entre elles dans un certain rapport, il est évident que les poids de ces morceaux seront entre eux dans le même rap-