DISTILLATION 9 TUBES D£ CAOUTCHOUC
feuiUe de caoulcliouc d'environ un db^ième de ponce d*épaisseur, et dix à douce pouces carrés de sur£aice. On en coupe un morceau d'à peu près un pouce et deaii carré ; on le fait chauffer légèrement jusqu'à ce qu'il soit devenu mou et flexible, puis on Fapplique autour, d'une }>aguette de verre , ou de tout autre corps; cylindrique d'un diamè|tre moindre que celui du tube que l'on veut faire. Après avoir pressé fortement avec les doigts les bords du caoutchouc qui dépassent le contour de la baguette , jusqu'à ce qu'ils adhèrent légèreflftent , on les coupe avec des ciseaux bien aiguisés ^ ce qui enlève le caoutchouc superflu y donné à chacun dés bords une surface parfaitement nette I et les fait adhérer légèrement ensemble., On complète ensuite la soudure en mettant sur-le-champ les deux bords en contact sur toute la longueur que l'on vient de couper : pour cela il ne faut que presser les deux surfaces ensemble , en appuyant avec l'ongle du pouce sur chacun des côtés , et comme la baguette de verre offre ^n dessous un point de résistance, on obtient bientôt toute l'adhérence désirable. Si l'opération est bien faite , les deux surfaces coupées seront si bien unies l'une à l'autre qu'on ne pourra apercevoir le point de jonction. L'adhérence du caoutchouc 9 amolli par la chaleur, est telle, que lorsque les deux surfaces ont été unies avec soin, le tube soumis à une pression intérieure trop forte , se déchire souvent ailleurs qu'à la ligne de jonction. Pour pouvoir retirer facilement la baguette de verre , il ne faut pas que le tube y soit serré trop fortement ; si Ton avait été obligé de tirer sur le caoutchouc, pour rapprocher les deux surfaces latérales, il pourrait se faire qu'il adhérât à la baguette de manière à ce qu'il fût très-difficile de l'enlever. On obvie ce-
S18 MJll!ITPULAT10N9 CHIMK^ES.
pendant à cet inconvétiient en répandant \m peu dé farine sur la surface du caoutchouc qui doit former l'intërietir du tube, ce qui l*empéclie d'adhérer au Verre ; on peut même employer, au lieu d'une bavette d« verre , un tube mince que Von brise lorsque TopéraUoti est terminée, si le caoutchouc y adhère trop for* tetnent. Lorsqu'on fait usage de farine il faut bien prendre garde qu'il n^en tombe sur les parties qui -doii^ent se réunir, car la présence de ia poussière ou de tout aut^e corps étranger empêchant ('adhérence, la jonction aérait imparfait^;
417. Lorsqu'on ne peut se procurer du caoutchouc €n feuilles , il faut employer la gomme élastique ordinaire. On choisit pour cela les bouteilles les plus petites et les plus minces , en nerjprenant que les parties les plus aplaties, et dont^ l'épaisseur est la plus uniforme. On les ramollit en les exposant pendant quelques heures à la chaleur, et les maîaxaiit de temps en temps, ou bien eh les tenant pendant une demi-heure da«fts l'eau bouillante, après quoi on les sèche parfaitement , puis on leur donne la fdrme de tubes. Le caoutchouc en bouteille est plus raide et moins adhérent que celui en feuille, aussi faut-il une pression plus forte et tm peu plus de précautions pour obtenir une jonction parfaite. Il faudra quelquefois chauffer le caoutdiouc sur la baguette, à deux ou trois reprises, avant de parvenir, à bien unir les bords.
418. Quoique, dans la description qui précède, nous ayons toujours supposé aux tubes une forme cylindrique, il faut avoir aussi des tubes en caoutchouc de forme conique pour pouvoir faire communiquer des tubes de diamètres différens. Tous ces tubes sont d'autant plus utiles; que si Ton en excepte peut-être le chlore,
et le$ acides înitriquè et sulfurique concentrés, toutes les attires substances sont sans action sur eux» Lorsqu'on veut réunir deux tubes de verre au moyen d'unî ajutage en caoutchouc, comme pour la distillation de l'acide sulfureux , on prend un tube d*un diamètre à peu près pareil à celui du tube de verre sur lequel il doit s'adapter? en raison de son élasticité, il s'élargira facilement; on y introduira l'extrémité du tube dé verre, et on l'atlatîhera avec deux ou trois tours de ficelle fine ou de fil qu'on ne serinera que suffisamment pour empêcher l'accès de l'air, sans quoi on s'expose^ rait à couper le caoutchouc. D'ailleurs lorsqu'il a été ainsi élargi , il se contracte assez fortement pour prévenir toute déperdition de gaz à la pression ordinaire. Si lé tube de caoutchouc est un peu trop large ,' cette substance est assez élastique pour que la pression du fil suffise pour intercepter tout passage à Tair.
419. Lorsqu'on ne veut, comme dans le cas précédent, que réunir les différentes parties d'un appareil, les extrémités des tubes de verre devront entrer de un huitième à un quart de pouce dans ceux de caoutchouc ; cela suffit en généra:! pour laisser aux appareils en verre les plus compliqués cette flexibilité nécessaire lorsqu'on veut les transporter, ou apporter des changemens dans quelques-unes de leurs parties sans toucher aux autres.
420. Tout étant convenablement préparé pour une distillation de ce genre (de l'acide sulfureux), à une l>asse température, il n'y a plus qu'à disposer les moyens de refroidissement pour effectuer la condensation. On pulvérisera de la glace, dont on remplira à moitié le premier vase , qu'on achèvera de remplir avec de l'eau. La condensation devant s'opérer dans le
second vase y il faudra y mettre un mélange firigori* fique^ de sel et de glace , dont on le remplira presque entièrement.
421. Pour préparer ce mélange on commencera ^ afin de refroidir le mortier^ par y piler un peu de glace , àlsiquelle on ajoutera un quart de son volume de sel : la glace se fondra en partie , et Ton obtiendra un froid de — 18®. On jettera ensuite ce premier mélange , qui ne conserverait pas long -temps sa basse température. On en préparera un autre dans ta proportion d'une partie en poids de glace j et d'une demi-partie , ou même d'un tiers seulement de sel : cette dernière quantité surpasse beaucoup celle que Teau de la glace pourra dissoudre; mais il vaut mieux eu mettre un excès , afin que la température se soutienne plus facilement à — IS^, tant qu'il restei*a de la glace. Il ne faudra pas cesser de piler le mélange de sel. et de glace dans le mortier, lorsque la température sera descendue à — 18°, mais continuer jusqu'à ce que la glace sôit bien pulvérisée, ce qui doit se faire très-promptçment. Si l'on ne prend pas ce. soin, il ne tardera pas à se liquéfier une certaine quantité de glace, le sel sera dissous, et les morceaux de glace flotteront , en sorte qu'on ne pourra que difficilement maintenir la température à — 18® ; tandis que si la glace a été bien pilée, il suffit d'agiter de temps en temps pour renouveler le mélange et conserver la température.
422. L'on doit éviter de verser directement un mélange réfrigérant, ou un mélange d'eau et. de glace, dans un verre qui n'a pas été refroidi , car on s'exposerait à le briser. Il vaut mieux d'abord introduire dans le verre quelques morceaux de glace qui commencent à le refroidir , et le préparent à recevoir le mélange. Il faut au^si refroidir préalablement, et de }a même ma-
DISTILLATIÔBT , MÉLÂNÔES R^PAtâ^RANS. 231
ttière,les vases qui doî Veut être plongés dànâlë melange réfrigérant. 1
423. Il est bon de rexnàrquer qiiiD tant que le premier verre contient une certi^ine quantité de glace, l'eau délûétHrë à , ou à peu près, et que le mélange contenu dans le second, si on a soin de Tagiter de temps eil temps , restera à — 18® tant qu'ils y aura de la glace et dtt iséi à l'état splide. Mais si l'opération doit continuer ttsuez tong-temps pour que la glace des deux mélanges se trouvé fondue, il faut préparer un nouveau mâangè pour le second vase, avant que la glace ne soit entiè-^ remeiit fondue, et remplacer aussi par de la glace Teau du premjer. '
* 424. Les mélanges réfrigérans absorbent sî rapidement la'chaleur de l'atmosphère , surtout pendant l'été^ quo la du^ée de leur action n'est souvent pas le quart de ce qu'elle pourrait être , «i l'on parvenait à les soustraire à cette inftuenoè. C'est par cette raisôii qu'il est cxtré^ ilfiefùiènt avantageux , toutes les fois que les expériencëé doivent être un peu longues , de s'opposer au libi'é àceèë de l'âir contré les parois des vases qui Contiennent le mélangé *, «oit en les entourant d'un n»orceau de drap ou d'une ftanelle sècké , soit encore en les bouvraiitdé plusieurs enveloppes de papier, que l'on fixe au moyen d'un fil. "Ces enveloppes doivent être reployées audessôus du vase , afin d'éviter les courans d'air qui pourraient s'établir entre le papier et les parois laté* raies ; mais il serait inutile de chercher à fermer hermétiquement ces enveloppes. 11 est aussi convenable de placer à la partie supérieure du vase un morceau de carton percé pour recevoir les tubes. L'on peut, à l'aide de ces précautions , conserver à la tempàratura de -^18®, pendanf plusieurs heures , 4e petites quan^
tité& de i4élaup(ge^i aiéme au iQilieu àe^ chalettr^ ds Yéié.
., as. Après avoir-pris toutes les précautions que tious y^oas ^'iiKltc|ue£, oil procède àla €UstiUs^tîoa de Ta^d^ ^ttliureux. Le ga? «e dégagea&t des suji)stanc«s placées dai>s la eormiei passe d'id>o|'d par le tub^ recaùrM in^in* tenu à une températute de 0^, auaaoyej^ du mélan|^dQ glace et d'eau. Cette disposition oifrQ plusietir^ avw tages, eA ce que, d'une part ^ elle condense et retiejdfc oo^ grsuïde partie de Teau que |e gaz ^ntraia,^; el que de 1 aulre il prend la temperature de 0*"! ee qui rçud plus ppolbpteetpliÊ facile sa condensationdansjiç récipient*
426. Lorsque Tacide sulfureux est arrivé danf le réicipîe^» par V^t de sa pesanteur^ il e^ déplace )>imt6^ Tair, et se condensant, cou ti^ les pftreis qui «0nt à -T i 8^> il passe à Tétat liquide^ Mais , eOmmq celte e^D)4cnsatioit tend c^^iUnueUemçnt à iWi^r la t^iqpérr mtupe du tpélaQgeii il est x^éce^^^iirç d'y ^nir t^^joivri im thermomètre y afin de veir si elle reste, au ^figfi ^onv^eaable» ^
427. Nous engi^geonsà recueillir la substance^ dich tillée da^s de. petits reeipiens, toutes les £ois qu'elle est assez volatile pour que ces ba^se^ t^oftpà^i^tures foient nécessaires à sa condens^ti6n. De cette manière le re^roidisfsemeut s'opère plus promptement» et .l'on évite la perte de matière qui résulterait d^ Teiupka d'ttii trop grand vase; cac en général, il faui autant que possible i^e recevoir dans un récipient que la quantité précise de liquide que l'on veut soumetUreai»]: eicpéf rienees subséquentes. Dana ce cas il est nécsessaire do ehafnger souvent les récipiens, et Ton doit préalabhfe* Vient le3 refroidir dms le mélange réfrigérant. ^