LABORATOIRE
une rainure creusée tout à l'entour ^ et près du bord , avec. un trou pratiqué à l'un des coins pour y recueillir le mercure qui pourrait tomber de la cuve. Ce métal est balayé dans la rainure , paàse de là dans le trou, ce qui permet de le recueillir.
10. Un évier, bien approvisionné d*eau, est un objet très important ; et , quoiqu'à la rigueur une fontaine en terre , garnie d'un robinet en plomb , et un bassin au-dessous^ puisse suffire, cependant il èdt si avantageux d'avoir de l'eau à discrétion , et de se servir d'un évier, qu'on ne doit rien épargner pour se le procurer. Il faut tirer l'eau d'un réservoir qui n'en manque jamais. L'évier doit être fait en bois recouvert en plomb; car, quoique ce métal soit attaqué pa'r le mercure, et par quelques dissolutions métalliques, cependant, en général, il est moins attaquable qu'aucune autre substance qu'on pourrait employer au même usage. L'évier doit être fait aussi grand qu'il convient , sans excéder trente pouces sur quarante-deux ; avoir une rigole par où l'oft puisse faire écouler toute^ les malpropretés , et l'eau dont on voudra se débarrasser. 11 est nécessaire de placer au commencement de la rigole une soupape en fet, non*seulemeut pour se garantir des odeurs désagréables, mais aussi pour retirer le niercure qui se perd peu à peu , et qui , dans un laboratoire où l'on fait beaucoup de recherches , peut s'élever à une quantité considérable au bout de deux ou trois années (1). Un évier est utile , non seulement pour laver les bouteilles , les verres , les terrines , etc. , mais encore pour beaucoup
(i) Celte portion du texte, qui est traduite lîttërjflement, ne doonç peut-être pas une idée nette de ce qu'a voulu exprimer l'auteur ; car l'on ne comprend pas bien la disposition de celte soupape en fer destinée à laisser passer l'eau, les ordures , à s'opposer à la sortie du mercure , et à la renlre'e des mauvaises odcurS.
d'opérations chimiques; par exemple : pour remplir^ des vases , laver des minéraux , préparer du gluten , etc • Il sera donc placé dans un angle , ayant soin d*en laisser l'accès libre; on disposera , dans son voisinage , urm endroit pour ses accessoires, tels que les seaiix, les bassins, les brosses , les balais , etc.
1 1 . Des armoires sont très utiles , et Ton doit aa moins s'en procurer une grande, garnie intérieure-^ ment de tablettes. On y met, et on y tient en eut de propreté, les verres à réactifs, les éprouvettes, les mesures , les cornues , les flacons , les récipiens , etc. ; car ils y sont à l'abri de la poussière , qui est toujours en mouvement , et qui s'amasse constamment dans le laboratoire. On place les tablettes à difTérens inter-» valles , de manière à recevoir des verres de différentes grandeurs : une ou deux de ces tablettes devrait avoir un certain nombre de trous ronds, d'un à quatre pouces de diamètre, pour recevoir les goulots des cornues, des flacons et des récipiens. Entre ces tablettes on fixe plusieurs crochets et clous pour porter et retenir les appareils , tels que syphons , tubes à détonation , tubes de sûreté , etc. On destine particulièrement une tablette de l'armoire à recevoir, soit les produits d'expériences non terminée , qu'il faut conserver quelques jours, soit
Mais TOici eomment on pourrait remplir parfaiten)#nt ces diTeraes indicatioM ;
ce serait en faisant plonger Textremite inférieure du tuyau destiné à récoulement de l'eau dans une petite cuvette mobile «a fer; par celte disposition Ton Toit qae la curette son constamment remplie d'eau , et que lorsqu'il en arrivera une nouvelle quantité, le trop plein s'écoulera facilement; de plus, l'extrémité du tuyau plongeant dans le liquide, les vapeurs ne pourront pas rentrer dans le laboratoire; et enfin, :1e mercure qui pourrait être jeté par mégardei S6 rassem- I;;ji| Liera dans le fond de la capsule, d'où on le retirera facilement.
LiBORÀTOlAE. 11
les choses qui ne sont employées que rarement , telles. que )e potassium, etc.
Ij2« Toutes les parties des murs du laboratoire , à portée et conTeuablement situées , sero9t garnies de tablettes fijLées solidement, pour recevoir des flacons et des éprouvettes. Ces table tte^ degivent varier en forme 9 en dimension et en interralle^ suivant Tusage auquel on les destine. Celles qui doivent porter les flacons renfermant les produits qui sont ordinairement nombreux y et qui s'accumulept continuellement! ont rarement besoin d'étrt .d'une hauteur ou d'une profondeur plus grapde que pour recevoir un Qaeon de six à huit onces. Les tablettes destinées aux vases de la cuve pneumatique doivent être plus larges , et à de plus grands intervaUes; enfin celles qui sont destinées à recevoir les flacons d'approvisionnement doivent être beaucoup plus fortes, en raison du poids qu'elles ont à supporter. 11 sera convenable, en arrangeant ces ta•^ blettes , de faire attention à leur situation : par exem<% pie la première série, contenant les produits et les réactifs d'un usage constant ^ doit être près de la table sur laquelle se font le plus généralement les opérations ,,< tandis que les bocaux d'approvisionnement peuvent être placées sur des tablettes beaucoup plus éloignées, n est très-utile d'avoir près de l'évier une tablette, trouée sur laquelle les vases qui ont été lavéi et rincés puissent être placés pour sécher ; et deux ou trois autres disposées convenablement pour recevoir les lampes chimiques, les pots à Thuile, et autres objets malpropres qui ne peuvent manquer d'exister dans un laboratoire.
18. Le râtelier à tubes est d'un emploi analogue aux tablettes. Il est destiné à recevoir des morceaux
12 MA-NIPUIATIÔNS CHIMIQUES.
de tubes de verrue , d^yn à troi&oa quatre pieds de long ; il consiste , en général , en une planche d'environ trois pieds de long, sur six à huit pouces de large , portant sur le devant an rebord haut d'environ un pouce. L'on pourrait y suppléer avec avantage par un rang de clous à crochet placés dans le mur sur une ligneNhorizontale, Dans ce cas , Je tube dont on a besoin est plus promptemeat choisi parini le reste , que quand il est sur un râtelier d'une autre espèce; cepe&daùt les plus petits bouts sont sujets à tomber.
14. Sur une partie du mur l'on placera de longs clous qui serviront à recevoir dea vaj^ets (1) pour les cornues, les matras, de grands tubes recourbés , des syphons , etc. Des clous plus petits seront aussi disposés pour accrocher les fils métalliques dont on a continuellement besoin.
15. Il est utile d'avoir , dans un laboratoire, un ou deux grands billots de bois : l'on y placera les mortiers pesans, et Yxm d'eux servira de support pour un tas on pour une enclume.
16. Un assortiment de dix ou douze tasseaux de bois , d'environ quatre pouces outrés , et d'épaisseurs di^érentes , depuis un demi-pouce jusqu'à trois pouces, sont également d'un grand secours pour supporter des parties d'appareil à différentes hauteurs.
17. Il faut placer avec discernement, et relativement à l'usage qu'on doit en faire, les divers appareils et objets dont oa» se sert le plus fréquemment. La cuve pneumatique est d'un service constant , et ne doit point, par conséquent, être loin du centre d'activité , ni située
(i) L^on appelle Yalet, des roods ea groise paille tressée, servant à |toser d«5 cornues, dcsmalras, dcsbalons, et auLrcs vases arrondis infe'rieuremcnt, cl qui ue peuvent so placer co ni mod (f ment sur uuc surl;ico plane. A. 15.
LABORATOIHE. Ig
dans un lieu- obscur : Tacçès doit en être facile, et la communicatioxi avec les autres parties ouverte et libre. Les tablettes aux éprouvettes doivent; s'il est possible , être placées près de la cuve à mercure , dont il a d^à été fait mention , et qui doit être disposée avec la même attention. La table qui porte le chalumeau (1) est un article très-essentiel y et d'un usage continuel. Il faut la placer contre le mur près de son accessoire i le râtelier aux. tubes. La caisse au charbon doit être placée de manière à ne gêner en rien le service. On ne peut guère se figurer , sans l'avoir éprouvé , combien on gagne à faire' attention à ces détaib; car, quoiqu'une opération très-secondaire puisse paraître peu importante quand on la considère séparément, cependant quand elle doit être répétée plusieurs fois chaque jour, elle acquiert un degré d'importance qui rend la facilité et Kexaotitude de son exécution du plus grand intérêt. .
18. On conçoit qu'il est nécessaire d'avoir dans un laboratoire des flaews, d^s cornues , des récipiens, des matf^, des fioles, des mortiers, etc.; mais tou3 les renseignemensi Concernant ces objets seront donnés avec plus d'avantage a mesure que nous avancerons. Il vaut mieux s'en pourvoir au fur et à tiesure du besom , que de les avoir d'avance; de cette manière on évité en grande partie l'accumulation de ce qui n'est pas nécessaive.
19. Mais il y a d'autres objets, connus sous le noqi .d'outils , quHl faut se procurer avant tout , comme étant
de première nécessité. Tels sont un. tas ou enclume avec son bdUot , un étau £^xé à l'.^pe des tables ; deux
' ' (i) Lampfi d^ëniaiUew* f
14 MAMPULATlOlfS CHIMIQUES.
OU treis marteaux , y compris celui destine âulL essais fliinéralogiques ; des ciseàuac à froid, un tourne -vis, une scie, des cisailles, des aiënes; dêà limes demirondes ^ des limes ^tales , et de petites limes trian^laires ; des râpes demi-rondes , plates et à queue de tat ; des tenailles , des foi^ces , une truelle f un fer à 60^ der, avec ses accessoires, etiin pot à coite { Ton pourHi y ajouter une scie à main pour scier la brique tendre , des spatules en boiè , en os , en fer, et un tire-bouchon. 20. Plusieurs autreà objets sont .encore nécessaires dans un laboratoire. On a souvent bésbin de briques ]pour construire dès fourneaux temporaires , ou pour faire des supports , de mortier pour les Uer ensemble, n faut dîi sable de mer pour tes bains de sable et autres objets. Les bouchons de liège sèrvattt à une infinité d'usages, il faut s'en pourroir de boniie qualité, et die toutes les dimensions ; il faut encore se procurer de vieilles cartes, des allumettes, des cordes, deis ves-
sies, etc.
21. Plusieurs dé ces articles utiles dôtvent être places, pour la commodité, dans les tiroirs, qui ne lOÀt jamais trop nombreux. Si les tables n'en foumissent pas assez, il faudra en fairte ^xprës ^n assortiment tftclusivemeht dtdstiné à ces d!ijets. Il faute» destiner iih % recevoir des fragment de tubes trop petits pour rester dans le r&tdiier ; un mitre doit être qiéeialement réservé pour recevoir les tubes de verte de diverses dimensions, fermés par un bout; un autre séria destiné aux bouchons ; un entré aux Ottttls ; cependant les limés et les râpes , en raison de leur quantité et de leur usa^ 'fréquent , méritent un tiroir à part. lies obturateurs ou disques de verre, les baguettes et les bougies dont on se sert dans un laboratoire, occuperont égakme&l un
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tiroir; la ficelle, la vessie , le papier-sablé , en occuperont un autre I il en sera de même des étoupes et deb torchons, il&ut diviser un tiroir en plusieurs cornj[MirfimeDâdestiné$ à dî^érens petits instrumens^ comme <les chalumeaux y de petits ciseaux , un diamant pour trouper lé verre , une feuille et du fil de platine.
Indépendamment des tiroirs ^ quelques petites caisses ^n bois Sont convenablesdans un laboratoire pour contenir la chaux y li» lut, le inanganèse, le sable, etc.; ^elques planches sont aussi très-utiles pour transporter les appareils.
22 . L'eau distillée doit être comprise parmi les objets nécessaires au chimiste , et il y a tant d'avantage à en avoir en abondance , qu'il faut rechercher avec em«- ^ressemeht tous les moyens de s'en procurer. Il n'est pas rare de trouver de gmndes quantités d'eau distillée <lans les villes ; car en raison des applications 90mbreusies de la vapeur ^ les occasions d'en recueillir sont iréquentes.
Partout où Von se sert de la vapeur pour transmettre la chaleur par des tuyaux , l'eau condensée peut facilement être recueillie en abondance* il faut soumettre cette eau à l'épreuve pour s'assurer de sa pureté , et réjetet eelle qui est impure. Quand le laboratoire ne peut êti:e approvisionné de cette manière, il faut-, soit ncheter l'eau , soit la distiller : l'alambic qui doit servir à la préparer peut s'adapter au fourneau précédem'* ment décrit. 11 sera convenable d'avoir un flacon d'une fbiHie particulière, de la contenance d'un quart ou trois pinles( 1 ) y poury mettre l'eau distillée don ton sesertdans ies expériences journalières^ afin d'éviter toute méprise.
' ^t) Un quart éqtiifïiat A deux pintei tnglsiset.
23. Une pierre y un morceau d'acier , de ramàdou et des' allumettes., ou, ce qui est beaucoup mieux , un eupyrion, sera toujours nécessaire dans un laboratoire , de même qu'une chandelle et un cUandeli^. Le petit appareil y appelé eupyrion de Herther^ est maintenant si bien connu dans la plupart des viUes , qu'il n'y a aucune difficulté à s'en prdeurer . Pour ceux qui ne connaissent pas cet instrument , il peut être à propos d'observer qu'il consiste en une très-petite bouteille à demi remplie d'asbeste y très-comprimé et humecté d'acide sulfurique très-concentré , dont la quantité est telle, que quoiqu'il mouille complètement l'asbeste, il ne peut couler sur les côtés de la bouteille : celle-ci est hermétiquement fermée vta moyen d'uA J)on bouchon , et ne doit jamais être ouverte , si ce n'est quand on veut y introduire une allumette y et aussitôt que l'allumette est retirée 9 il faut la refermer promptement. Les allumettes sont de petits éclats de bois trempés dans le soufre , à la manière ordinaire ; mais après les avoir trempés dans le soufre , on les plonge de nouveau, jusqu'à un huitième de pouce, dans un mélange de troi^ parties en poids de chlorate de potasse, et de deux parties d'amidon ou de sucre , mêlées aveo un peu de vermillon pour lui donner de la couleur, et as«ez d'eau pour en faire une pâte légère, qu'on laisse sécher en- . suite complètement. Une de ces allumettes, plongée soudainement dans la bouteille , de manière à toucher l'acide sulfurique, et retirée à l'iisuitant, s'enflammera sur-le-champ. On peut substituer à Veupynon le briquet phosphoriique, qui se fait en agitant un morceau de phosphore dans une bouteille sèche , avec uB fil d'archal ardent : le phosphore subit une légère combustion, et forme une couche très-inJ9|ammid>lç sur l'intérieur.