SECTION^PREMIÈRE
Le laboratoire.
1. Puisque le laboratoire est uu liçu dans lequel le chimiste doit passer une grande partie de son temps, il est ns^turel que son attjsntion se dirige d'abord; Yers l'arrangement de cette pièce. Comme elle doit être disposée pour faire des expériences chimiques , la comi^odité qu'elle offrira à l'opérateur facilitera singulièrement ses recherches , et aura une grande influfsice sur les résultats qui dpivent servir de base à ses opinions.
11 est toutefois aussi curieux .qu'instructif d'indiquer les divers points de vue sous lesquels les dbimistes ont envisagé les objets essentiels ou accessoires du laboirar toire. Quelques-uns pensent que pour approcher de la perfection , ce lieu doit consister en une vaste pièce au rez-de-chaussée , garnie d'un grand nombre de tables ^ d'armoires i de fourneaux , et de divers autres objets* Cette première chçunbre devrait être , selo^ eux > <dontigué à une autre, exempte d'bHmidité, commode, et disposée pour recevoir la balance , la machine pneumar tique I et d'autres appareils semblables. Enfin , une troisième chambre qui pourrait être UQfi cuisine, un 1. . * 1
2 llAIftf UL1TI0N5 CHIMIQUES.
cellier , serait destinée à contenir les fourneaux mo biles, les briques, les tuiles, le sable, et les gros matériaux dont où petit avoir besoin. D'autres se contenteraient d'une armoire, et croiraient ce meuble suffisant pour contenir tout ce qui est rigoureusement nécessaire à leurs opérations. Cette variété d'opinions tient à la différence du genre d'opérations de ces personnes. Celles qui étudienjl» )û chimie dans des expériences d'une proportion microscopique , plutôt pour reconnaître les propriétés des corps que pour déterminer d'une manière certaine leurs proportions relatives , peuvent croire qu'une simple armoire suffira à l'objet qu'Hs se proposetat, et peittserônt même qu'une seule tablette pourra ccmiénir tous letirs ustensiles , tandis 'qti\iti laborAtoirè complet est nécessaire i une personne qui ^'occttpfe de redierches métallurgiques, d'expe* riences en gî*ahd sur les gar, ou d'application de la ^ëhitaie aux ftrts. Uite partie de éette dià^îdencè dans fes '0]^iiionÀ e^t purement fbhéëe stir te jgoÀt et les mcU^ -Rations ; et ceux qui àitnènt la sciehcé et peuvent la cultiver libéralement ne croiront probablement pa^ '^'«itte cuisine hèttide ^ <M une petite chambre -, puisse ^suffire à leurs besoins. C'est ainsi que fei^ D. Marcet , iéi^qu'il prit, ^t tes bords du lac de Genève, un^ taiaiison qu'il a taialbeurebsemem occupée trop peu de 9eii]|ps , avait disposé une de ses plus belles pièces pour éÊk tàiï^ un laboratoire , fee voyant pas pourquoi > <$o)fùilieil te disait lUi-méme, il n^embellîi^it pfAs \A t»droit où il goûtait tant de plaisir.
Lorsque le laboratoire est attache à une ihstîiûtîon -p^lique, ou qu'il est destiné à l'enseignement et à l'a- ^nceteent de ht science, et à fticiliter les tecîherches de deux ou iiéis personnes en mémiè temps , il doit né-
mssft^emefit lire éftne grMde>éi0iida^ povr ^otmir tons les appareils » lea divers produits ,.' offrir w&9, tcnites Hm ^ommo^^iiés désirablisa p^w i^ne ^a»^ j^
riétéderecb^rehj^flld4¥>^$tes.ppératiQii4i ,
Le laboraioîre p^t dancy^aeloâ les cifqqns^a^a^s ^
4tr^ 4^ dimepaioQS dif i^ei^tes* U e^t i;outefQis ^onv^ l«ible> dans mn ouvrage dfsiifié ço^iafe cpîui«aî à Fii^r Mruciti^ dea pei^Qimes f»tièreo^f(|^ ^^^Qg^^^%. If ffçieQÇQf de donner avec detail la descripriq^-^^^ Jnhoraiçir^ Wej^ entendu , H4^ feiUjs les appa^çiU.
2y Jl est ^QéraJ^em^Ql; biça <;pie 4a pi^ce qu^ Vqi^ Jttvàt dti^po^^ iQV cpu^rtiire pour ^n labiwatoire soit im TOB^e^'-eMmmif ^r ;dora Vji^au peut y. étoç lacile»ment a^portéot <H 1 Vau sale plus proppipn^t ^nU*ciréfei.;Oilpei»t ftM^l y amener plusakiéÂie^t le ct^i-))^ de terre et de boin, ^t las ai^tr^s ^ri^ ^bieu> l^a^raor lUttr de 1^ pièee» çomtn^ âOttf l'airpi^ ilk , p^itM; beaucoup v«He^^ ip^ia il suffîr»^' an gçn4ral qu^lte açr^ 4^ frôisgt à vingj^qnwre pi^ d^.lwf , s^^r séisme k dixè^uit
lie bi^ey Cependant > lonqg'pn pfeuiha ^^.sans inr ^Qonvénimti il wi« |:oqjoi|ipf mi^m choisir «^ loc^aj ^mcMiXf au^ticmi ^ile lal^oml0irt»;doii sepr^ir jç^m^jkjèfoeni 1 car forsquè \m «^ppamls ^aoeniQulmt ^iw ^plusieurs lexpéràaneeii ae p^iwmiwant m i9>^i& t^mpa^ •IL pent r^lter lie la saiale .paitf Q9S9 4ib l^^^mlrPÎtîj ym^ '^^ndc^confetsjumetdin eereniSé . t. p^ .
8*. Ijws€[d^im &it (construire vn kl^onitoiria i^ft ^ j^\|i^ prouve aucune difficulté dans la d&^oaitiOja di^ii^iri^
-trt A» cbtosMjéesv Q n'^n ^st f%» dj9 «a^neioraqn'c^» se MTt d'vn^ ebaasbffe q«ii a été'^mpl^y^e à 4'Mlr^ isair igfiB;:!cnp0]idani la plie^ «i IWrrang^iipeRi/d^.oaaidenl^ choses sont de la dernière importance. Qoand on le peut, il est e«n9«nabl^ d'établir 49m h laboratoire
4 MANtPULÀtlôMS CHIMIQUES.
{ilttsiéurs condaits dé cfaemit(ée dont les «bouches ou buvreâux soient; à quelque distance lesHines des autres*. On peut placer eies otfVreaux le ïong d'un mur , et kft faire aboutir^ touft dans' tiii ooncluit principal. « :
Un de'ces conduits 'eist'hécessaire au thrage du fourneau quW allumie journellement pour les opérations ordinaires y pour là ventilation , et potir le chaùfficgedn lâi^Mf^toire» Il faudra- un second conduit si l'on con^ struit un fourneau^ à vent ; plusieurs autres enfin seront utiles pofur le passage des vapeurs, ou pour rectevoir rêxtrëmitë des tuyatixinobiles qu'on place ordinairement sur lés fourneaux portatifs. L'ouverture inïSi^i^urè de ces diverses cheminées peut être praiiquee dans une jsferre incrustée dans le mur 9 et présentant iitt orifice circulant. Il faut stvoir spin de tenir bouchés les ottvreaux dont <fti« ne îse sert |>as. >
' Dàn^ tous lès cas ces chéïniiiées doivent être toutes 'munies dW' registre, afiii qu'on puisse régler le tirage.
'I^i cependant le Iteû -ne permettait dé construire qu'une seule cheminée , îl faudrait , pour en tirer le meilleur parti poseibfe , qu'elle fût divisée inférieure^ ibènt eb detfx ou trdiâ petits foyers séparés, en briques, et siitmontés chaciÉi^ d'ilh tuyau évasé en f(ycme d'eiitdntiôlr' , ou bien on aurait obligé de remplacer les -appareilé qufi exigent un tirage palroeux que nous décrirons^^lus tard.* Un'feyep communiquant avee une (^enâifiée eU'bTiqbes est toujours préfiérable à. un simple tuyau évasé par le bas;;
'4. 1 1 importé peu' cfu'tin kbbrataire soit éclairé par ^Aeti lantemeaux(l)<>u desfenétres4atérales; mais il est fort important qvHl soit bien éclairé; Les lanterneaux
(1) Joyrs prali<iués dam la partie stipcrieurc de la pl^e;
LllOnATOtRE. 5
ëclaîreilt très-bien les bains de sable et lés .fourneaux , et stmt o» ne peut plus connuodes pour led t^Fations des creusets, en ce que la lumière plonge dans les vaisseaux. Mais on doit toujours ménager un jour latéral , pour obserrer plus commodément l'actioa. des réacttfe. £n effet , si l'on lait des essais par la voie bnmide , c'est-^-dire en se servant de substances en dissolution , et qu'on n'obtienne qu'un léger trouble , qu'une opolescence à peine sensible, on l'observera beaucoup mieux et d'une manière bien plus concluante en fesant l'expérience près d'une croisée. Il est un antre point relatif à l'introduction de la lumiàre dans un laboratoire, qui, dans l'état actuel de la science clùmique , mérite de fix les rayons du soleil • dans les cbangemeni combinaisons et des agent ne pourrait et quemment utilisés , n de substances particu le chlorure de carbon
cédés d'analyses oil le cblore est employé comme agent, et dans de nouvelles recherches expérimentales. C'est pourquoi il sesaitbon de construire le laboratoire d^ manière à ce qu'il reçût directement la lumière du soleil , ce qui est d'autant pltfs à désirer que toutes les fois qu'on pourra l'obtcnir.leschimbtes essaieront plus fréquemment la puissance chimique de cet agvnt particulier, jusqu'à présent trc^peu étudiée, ce qui probablement ne tarderait pas à augmmter la somme très-limitée des connaissances que noua posSédcais sur ce sujet.
(i) Ga* i:l,t(iri>ïl-ï(iil>on(>ri'' de monUfu)- Thi'mirâ,
6 HANIPOXATIOna OimiQUES,
6é La.mtinière d'édttrer un laboratoire w lie inlimement à celle tie le Tniiter» ei il faut <^099taiiinieiitk avoir floufl les yeux la néoessité c^ Ton t»^ aouveni de renouTeler Tair avee rapidité. Gar ^ bieb qu'on puiaie beaucoup obtenir des cheminées et des couran$ d'air, il est cependant impossible d'empèe^ef que Fair di^ laboratoire ne Soit quelquefois yicié par dea gaufi ou de9 Tapeurs délétères qui nécessitent un renouyeUameUt d'air immédiat et lotaL
6. n y a dans un laboratoire plusieurs gros ustenailei de preiqière utilité^ qui.peu'vent être regardés commu filés à demelire , et qui exigent dans leur arrangesient une grande attention à cause de leur immobilité. De M genre sont» le fourneau principal , left tables» l'éTier» les arnioires t les tablettipi , et|p Le premier de ces ob«« jets, le foumeauj est très-important à cause de la fiicilité extrême qu'il donne à toutes les opérations ordinaires » lorsqu'il est convenablement construit et diyposéraoït usageest à la fois domestique et chimique ^ car il doil aervir à édi^ffer et aérer la pièce » diauffer de l' eail en cas de besoin , faire rougir un creuset , et procurer^ par le secours d'un bain de sable une haute tempéra^» ture pour les Tases de yerre. On obtient ces résultats ayêc des fourneaux dont le foyer est construit en btU queS| garni en fer, et dont la cheminée se prolonge d'abord de trois ou quatt^ pieds horizontalement ; puia est ensuite réunie à la cheminée principale ^ pratiquée dans le mur; Le foyer et le courant horizontal sont couverts d'une plaque de Conte de deux ou trois pieds de largeur. Au miUeu » et au-dessus de la partie échauffée |. se trouvent les bains de sable : l'uni rond et mobile, au-dessus du feu; l'autre, fixe et d'une forme allongée, suivant la direction du courant. Les
bains de sable fournissent tous les degrés de chalrar » depuis le rouge brun, à*il le faut ^jusqu'à pne tep^pé-; rature de 100<> ou au-dessous; de €hac[ue càté de ces bains est une surface unie, qui sert en tout à l'usagi d'une tablecommune, et qui donnedes facilita extraor« dinaires pour les expériences qu'on fait sur le l^âo da sable ou le fourneau. On pbtient tous ces avantagée sans sacrifier une portion considérable de la cbaleui* du fouirneau ; car il est ai^é de le epnstruii^e de manière à rendre la combustion aussi lente que celle d'un feu or-^ dinaire> mais de telle sorte qu'en fermant swlemeat la porte du fourneau , et en ouyrant le otndrier $ on. puisse élever, assez la température pour fondre l'or, l'argent , ou la fonte.
L'endroit le plus Convenable pour placer un. pareil fourneau serait le milieu, ou l'up des bouls du labora-. toire isolé du mur; car, de cette manière, il çhauffu mieux la pièce , et il reste asseai de place pour travaillei^ à l'entour. Lo^ courant peut alor^ descendre au-dessoua» du plancher , où on peut lo joindre par un tuyau eMt entonnoir, avec le courant supérieur de la cheminéeé. A défaut d'espace, ou pour d'autres raisons , on peut 1^ placer contre le mur; si l'on établis^t un laboratoire dans upe chambra antérieurement bâtie, il cqplviendrait de le fixer près la chemiuéç : alors le courant du fourneau est aisément réuni avec la cbeminée qui existe.
7, Quand \m fourneau semblable est placé contre !•. mur, il est souvent avantageui; de bâtir une botte ea bois sur le bain de sable , pour recevoir les vapeurs qui se dégagent pendant les expériences, et pour les ocoh duire à la cheminée* Gependsâal une grande hotte exige un courant séparé ^ sans cela elle nuirait au tirage du:
0'^ MANiPUtiLTIO«â CHIBIÏQUES.
fotil1ï6au; et, s'il se trouve datis le milieu du laboratoire^ une hotte fixQ , de quelque espèce qu'elle f&t , empêcherait de s'en servir utilement : il vaut mieux , dans ce cas j adopter une hotte mobile , en ayant recours aux moyens que nous décrirons plus tard. Nous donner rons aussi dans le chapitre Fourneaux une description particulière de leur construction. -
8« Les tables sont des meubles fort essentiels dans un laboratoire ; elles devront être aussi grandes que la pièce le permettra , et d'un accès facile. C'est pour cette raison qu'il est très utile d'en faire placer un6 eu deux grandes vers le milieu de la pièce; plus elles sont éclairées , plus elles sont utiles. Elles devront être fortes et garnies de tiroirs , à moins que l'une d'elles ne soit à portes , de manière à former des armoires ayant des tablettes pour contenir les objets de provision. Il est nécessaire qu'une d'elles soit placée près de Tévier pour y déposer les vases que Tcm doit nettoyer. La table destinée aux épreuves et aux expériences avec des fluides corrosifs y comme les acides et les alkalis , est quelquefois couverte de plomb ou de carreaux de feïence; des tuiles vernies sont aussi très-commodes pour ce dernier usage.
9. 11 est quelques objets qui ont leur place obligée ert constante sur les tables : tels sont les supports à jàltre , qu'on doit placer à une hauteur convenable. Il faut leur choisir une situation commode pour Tusage , et qui y voisine de la grande table , ne gène cependant pas l'opérateur. Il est à propos de réserver , dans le voisinage de ces supports , un tiroir ou autre lieu sec pour y déposer le papier à filtrer. La cuve au mercure esx un autre appareil qui doit être placé près des tables ; le support particuKer sur lequel elle repose doit avoir