DISTILLATION
sur là surface mouillée. Il est évident qtie le papier venant à absorber Teati, les deux rebords s'abaisseront, et s'adapteront exactement sur la surface humide à laquelle ils adhéreront; la portion du milieu restera debout en forme de toit , laissant une espace vide entre elle et la surface mouillée ; cet espace servira de canal pour Teau qui tombe goutte à goutte sur le col de la cornue , un peu au-dessus de son ouverture supérieure. Cette disposition est indiquée dans la figure (434). Le col de la cornue se trouve alors toujours suffisamment humecté.
437. Tout étant ainsi disposé pour la distillation, on applique la chaleur, et dès que la partie supérieure s'échauffe il faut commencer à refroidir le col de la cornue, en fournissant assez d'eau pour qu'elle s'écoule en un petit filet de l'extrémité de la fi^lasse. L'on ne doit pas pousser trop fort la distillation; si l'on s'apercevait que la vapeur se précipitât dans le ballon , qu'elle se condensât à la partie supérieure et réchauffât sensiblement , il faudrait augmenter le filet d'eau ou diminuer le feu.
438. L'on reconnaîtra que la jonction de la cornue et du ballon est parfaite , à ce que l'air , venant à se dilater au moment où on appliquera la chaleur, se dégagera sous forme de bulle par l'orifice inférieur du col du ballon. Cet effet aura lieu jusqu'à ce que tout l'air soit expulsé , et qu'il soit remplacé par de la vapeur. Le liquide condensé se mêlera avec l'eau qui est dans le flacon servant de récipient. La première portion recueillie est très-volatile; mais comme elle se trouve mélangée avec de l'eau, à une température d'environ quatre degrés, on n'a pas à craindre qu'il s'en échappe ; à mesure que la quantité de liquide augmen-
tera, rextrémité du tube plongera davantage , et l'on verra le liquide s'élever ou s'abaisser dans son intérieur, suivant que l'on refroidira plus ou moins le condensateur, ou que le feu sera plus faible ou plus fort. Il pourrait même arriver que la plus grande partie du liquide passât dans le ballon, et permit la rentrée d'une certaine quantité d'ajir; mais tous ces effets sont sans, conséquence sur les résultats , car l'on suppose que le l)allon est d'une capacité assez grande pour pouvoir contenir plus que la totalité du liquide contenu dans le récipient, et qu'ainsi aucune partie ne retournera dans la cornue. Lorsque le liquide que renferme la cornue sera réduit environ au sixième , tout l'alcohol en aura été séparé, et l'opération pourra être Agardée comme terminée. On mettra alors de côté le liquide qui se trouve dans le récipient pour les expériences suivantes.
439. 11 est quelquefois nécessaire de tenir chaude une partie du col de la cornue afin d'empêcher les vapeurs de s'y condenser. On y parvient en l'entourant de plusieurs tours de drap ou de flanelle que l'on y fixe légèrement avec une ficelle.
440. Il est quelques cas particuliers dans lesquels on a besoin de recueillir séparément les produits d'une même distillation , dont les uns peuvent être liquéfiés directement par un abaissement de température , les
c autres condensés à la faveur ^^ de l'eau , ou recueillis dans les récipiens destinés aux matières gazeuses. L'appareil ci - joint offrira un exemple d'une distillation de ce genre, que Ton peut supposer être de l'acide nitrique obtenu par la décomposition du ^itre , au moyen de l'^ci^e ^ulfurique. L^