‹ Manipulations chimiques (volume 2)Chapitre 65 sur 74 · SECTION XV · texte numérisé non relu

SECTION XV

JlASIÇPULATieSi: f NEIJUAXIQUE

ou

MANIÈRS D'OfÉRER SUR LES GAZ.

3 '• Caves pneumatiques , cloches, eic,

690. Le premier appareil nécessaire pour les opérations expérimentales auxquelles ce cliapitk*e est consacré 9 est la cuve pneumatique avec les ^cloches qui raccompagnent. C'est à Priestley que nous devons l'invention de ce précieux instrument et de la plupart de ses accessoires.

691. La cuve pneumatique ordinaire est un vase destinée à contenir de Teau y et d'une assez grande dimension pour qu'on puisse y puiser avec les plus grandes cloches. Elle est pourvue de tablettes placées au-dessous de la surface da l'eau : ces tablettes servent à supporter les cloches. On peut disposer les cuves de manière à donner à la tablette une étendue considérable tout en laissant assez d'espace à la partie la plus profonde y qu'on peut appeler le réservoir, pour remplir eomplètement les plus grands vases dont on puisse avoir besoin. Dans tous les cas, \i doit y avoir

CCTSS PNEOMAIIQUBS* > 329

lissez de largeur pour y plonger à la fois cleax ou trois cloches^ et assez de profondeur pour (jue \m vases ou tubes nécessaires à ropëration puissent être renversés facilement au-dessous de la surface de Teau. La tablette de cette caye doit aussi être de grandeur suffi* santé pour supporter à la fois plusieurs cloches remplies de. gar. Une cuve dans laquelle la surface de Feaa A^dix«*neuf pouces sur vingt*huit^ ayant à l'une des extrémités un réservoir de quatorze pouces sur dix de Bttrfaca , etitexlouzepouces de profondeur, portantsur •trois de ces càtés une tablette de deux pouces et demi de largeur, suffit à la plupart des opérations.. • • Les meilleures cuves sont en cuivre vernissé ; elles sont ordinairement supportées sur un châssis de bois à trente-neuf pouces, environ au-dessus du plancher. Dans rintérieur .de la. tablette sont pratiquées deux -entailles^ à huit pouces de distance Tune de Tautre, imitant de petits réservoirs d^cnvxron sept pouces de longueur ^ .deux de largeur , et un et demi de profondeur; elles sont placées de manière que. l'extrémité arrive k environ un pouce et demi du bord de la. tablette le plus éloigné du réservoir. C'est dans ces deux enfoncemens que se placent les cols des oor&ues d'où se dégagent les gaz que l'on veut introduire dans les cloches, c'est pourquoi il est bon d'avoir à cette extrémité du châssis delacuve une tablette à charni^e retombant le long, du châssis , que l'on élève et que Ton fixe à volonté pour y placer un support de cornue ou tout autre appareil nécessaire aux ei^périences sur les gaz. . Cette cuve doit être remplie d'eau jusiqu'à un pouce ^n .quart ou un pouce et demi au-dessus de 1^ tablette. Le fond du réservoir doit porter i^ne. ouverti^^e fermée au .moyen d'uA bQtwhw. ftu dlii» . rpbjn^t j afin de

tSO MAiltPlll^TISnS euMiqtiEs.

donner la faeiUté do^ retirer Vewa loraqu'etle dexient

«aie ott acidolee. . >

- fid 9. On .e^iploiei quelqiielbw le J»cyiaà la constaruc* lion de cei grandes. cuves, mab il. eat ai. difficile ^ ea raison ide la complication de leur forme ^, de jaire parfaitement les joints^ qu'elles sont d^un usage pe^ arai»* «ageuKé Lorsque. Vensemble de Kétal^seinent ebimîr 4)oe estpetj ty^on fait acaveni .dea cuvea plus jieutos, afin qa elles se trouvent en rapport avec les autres app^^ Teil&. Les curres portatives de forme circnlaire. so&t 4'une grande atiliié^ Ëliea oak ordinàiremenk deux pouces de diamètre ^ et sont divisées en trjoiis partie»* Gelle du milieu, ayant sept pouces de profondeur, forme le reservoir , lea.jdeux autres, profondes seulement jÔq quatre pouces, servent de tablettes. On place en travers du ^ réservoir une tablette mobile percée és^ jilusieura trous , qui sert à supporter les. cloches locaqu'on y introduit le gaz*

693. Indépendamment. de lar cuve. principale, là préparation de certains, gaz exige plusieurs auti^sa appareils do ce genre, mais de moindre dimension » eomme cela a lieu pour le chlore et Thydrpgene sulfiir4, qui se dissolyent daiïs Teau et corrodent lea cuves métalliques. . ,

694. Avec ces petites cuves on se sert de supports pour soutenir des «cloches; les metUcurs qu'on.puiaae employer sont ceux en fer fondu , ayantla forme d'une grnietrès-ouverte , carrée ou ronde , et éietés sur trois ou quatrepicds. On doit en avoir de différentes haute urs^ depuis un demi-pouce jusqu'à deux pouces. Après les avoir parfaitement séchés , il faut les recouvrir d'une eoùche de vernia noir, ou bien les faire chauffer presque jusqu'au rouge visible , et le» enduii^o d'huile sur toMft

CUYES PKTOSJLTlQtrCS f ÙtTfW A EAU* t$t

Intr surface;. rhiiUe se dééomf^oâtf et Wj»Èë leiîiéi^ recouvert dun ternis très^solûlâ^ Ces su|)f)or(s S^i^ neol à remplacer les. tablettes ^t à^supprcyricp les oliietidè' Ipreqa filles aoDt veinpUeg ^l'eau, et «otit fiiLur de ifea-^ nièreàpemieure/dlinirodtiire par^ssous le eôl d'ûfiè' cornue cui. Textréimté dim tube. . . ./ -

69â. Loraqnon se sen. de. pefjtes €«it»fty llfikit cependant qu'il y ait constamme»! assttr>d*eftti''^Q(^ couvrir efilièncmeht. les. sûpporis. Oii> peut- dôniy y remplir les docbesi de peû|e dîiBension ; mais , en gënëi*aly il vatitmietix leiaire dans la grande cuve ou même dans. un seau et les .troAsporter ensuite de la manière que nous décrtroua btentàt.

696* Les cuves à eau sont propres à recueitli'r et à donscrvelr les gaz insolubles oo inaltérables ' par té liquide ; mais ne peuvent servir pour 'tous ceux ^t lesquels iL.ex,erce quelque action, et c'est le pfluâ^ grand nombre. Le docteur Priestley est le premier qui ait recommandé pour ces gas l'emploi du' mercure; et quoique la pesanteur et Fopacité de ce métal èoient un inconvénient, il est encore tellement supërieu^'^' toute autre si; bs lance, qu'on l'emploie conâtamnrent pour ce genre d'opération. Cependant en raîSon de sa pesante4ir et de son prix, il est nécessaire que les cuvè^ dans lesquelles on l'emploie soient aussi petite» que le comportent les expcfrîences; il faut de plus qu'elles soient formées de matières qui puissent résister à Tne* tion de ce mêlai. On en a fait en bois et en marbré^ celles en foiîtc de fer vernie , qui sont généralement adoptées aujourd'hui, sont bien certainement les meîl*. leures* Ces cuves sont construites d*après le même priaeîpA et disposées de même que les euves & èàtt.

^11 |I^It}PULA.T;l01!IS' CBtniQUES.

4v6<) Ja. grange cnive wercurieUe de Newman , on pent ei^fiployer uae cloche de deux peucesj^t deux dixicroes- ^e 4i^n^(te sur neuf pouces de hauteur. La cuve a sçixaiïte-seize pouces carres de tablette parfaitement d4$po&4§j ^^ est munie d'un gazomètre à mercure à Tune de ses extrémités. Aussi , pour opérer avec com* B^ilif. ne SàjalrA pas moins de soixante à soixante-

4ifi liyrf^ de. mer ciire« >

y 6^9^:7» PiiiewmadQCà ceinsiruit également une euve beau«

coup plus petite pour les cloches de un à cinq ponces de diamètre,:

et six pouces de hauteur. Cet ap^^ pareil y de dimensions un peu étroites^ n'a que trente-- quatre pquces carré^. j^fuiii de sa cloche et de sa taMette, il % ut potior ; le remplir . vingt livres de mercure. Il est fol^ utile pppr /opérer «ur de petites quantités, soit dans des tubçs, soit dans des clochesu <.,698. La ct^ve à mercure doit toujours être posée 4aris une auge , et être munie d'un couvercle qui la Refende de la poussière et des ordures lorsqu^on ne s'en seri point. Il faut d'ailleurs , comme noiis l'aTons déjà dit (9), la placer 3ur la table à bords relevés, afin d'éyiter aulant que possible laper te du mercure. Lorsqu'on ne. s'en sert qu'à des époques éloignées y il vaut mieux, pour la même raison , tenir le mercure dans des bour . teilles de grès que de le laisser constamment dans la cuve.

699. Les cloiches sont un accessoire indispensable delà cuve. Il y eu a de dilTérent^îs. espèces» Les cloches unies (loiveni: avgir de.douze ù seize pouces. d&hauusui! sur deux poucesH^i deisi ou trois.pauces.de diuièicei

CLOC^Eâ A GAZ , fiOÛCHONS , ÎETC. 33S

et envirdin \(n dixième ou un huitième dt pouce d'épaisseur. Il faut aussi que les bords en soient assez dépolis

pour qu'on puisse la fermer hermlStîque- ^^^ metit avec un obturateur de verre, lors-

qu'ils sont humectés ou enduits dW corps gras. Il en est de même pour celles qui doivent servir avec la cuve à mercure.

Elles sont en général de dimensions plus petites ; mais l'épaisseur doit être la même, à cause de la grande pesanteur du métal.

700. Les cloches à bouchon ne sont , à proprement parler , que des flacons bouchés à l'émeri dont le fond serait retranché.^ 11 faut en avoir de plusieurs dimensions, et d'un diamètre proportionnellement plus grand que celui des cloches simples , comme on peut le voir dans la figure précédente. La surface supérieure en doit être dépolie pour pouvoir se fermer avec un obturateur de verre aussi bien qu'avec un bouchon, dette précaution ne doit être prise pour les bords inférieurs que lorsque la cloche a moin^ de trois pouces et demi de diamètre. Dans les laboratoires publics, et même dans les laboratoires particuliers, il convient d'avoir pour èhaque cloche un second bouchon portant inférieurement une espèce de bouton sur lequel on attache un fil métallique portant une cuiller à déflagration, une bougie ou tout autre objet; l'on substitue avec promptitude ce bouchon au premier pour introduire dans la cloche remplie de gaz l'objet sur lequel on veut faire l'expérience. A défaut de ces bouchons, on se sert de bouchons de liège à travers lesquels on fait passer Je fil qui supporte la substance. Mais , en raison delacombustibilitc du liège, on ne peut les employer pour faire des combustions ^^ns l'oxig^ne , à moins

70k Le3 bouchons de cloelies en» verre , et, en général» toute espèce deboucUons cla verre, doiycni élr/ç au3si largeç que possible clans la partie qui est immédiateuicni au»dessus du col du flacon , et qui faix la jonction de la portion supérieure et de la ppriipu CQniquç du bouçbon ; car il faut quelquefois çmploycr beaucoup d^ force pour les dégager du col du flacon^soit à cau^e de la différence de tempéj^ature, ^oi( à cUMse de la solidification de quelque substance ^plrc le bouchon et le verre , etc. Pour ta lyiaïu^re d^ dégager les bouchons» voye^ la seption XX( U56), il |!^Q faut jamais placer un bouchon sur les cloches pn^lir maiiques sans avoir eu préalablement la précautioa de Tenduire avec un peu de graisse ou de suif^ d« manière à* ce qu'il puisse Jouer libremenjL tout ea /ermant bermjéliquejnent. Il faut eueore bien se garder d*dppliquer uu bouchon froid sur une cloche ou flaç^a échauffés y car le verre de la cloche venant à se eos^ tracter par le refroidissement, il est souvent presque ipipossible de retirer le bouchon»

702. On appelle cloches à transvaser ou /dlocfaes à robinet celles qui, ouvertes par le haut comme lea précédentes, sont nmaies d*ime garniture à robinet fikée sur le ^ww avec du ciment. i< 'extrémité du robinet est à vi»^ ee qui p^rniet d'y adapîter des tuyaux, et facilite ainsi singulièremwi le transvasement du gaz. II faut en avoir de quatre ou cinq dimension3 diflfér^ntM^ %i danti ce nombre, une grande et une {)etiiB qui a^îaal graduée. Une m deuiL de oes petites deehef

CLOCStS A «AE, T«1^t[«S A 0C«^' ETC. SS&

k robiiiet doivent être conmcrées à là éuve Jk tirera cure. Avîint de îbc semr des cloches de ce genre,il faut toujours examiner si la garniture et le robinet sont solidement fixés. La- «i«i Heure manière de s'en assiirèr est de les remplir presque entièrement d*eau ou de mercure, suivant la cuve à laquelle elles appartiennent, sans mouiller le robinet, de les^ placer ^ensuite sur la cuve, où on les- laisse pendant une denii4ietnre ou une heure , après avoir observe I quelle bailleur s*élève le niveau de Tean ou du mei*- • ^uré. Si, à Texpiration de ce délai, le nivean nm% point change, c'est une preuve que la ctœfae e^t hermétiquement closre, et parfaitement en c^at sous ce rapport.

703. Les' verres à becs , grands mr petits ,- que nous lavons décrits précédemment (443, 46^), pèuventsert vir de cloches au besoin , lorsqu'on opère sur de petites €uves avec de petites quantités de gaz. Oh les remplace encore souvent par des^ tubes fermés à Tune deîeurs extrémités. La longueur de ees tubes ne doit jamais dépasser dix ou douze pouces, quel qu'en soitledia* mètre ; dans tous les tas, il est bon que la pltipàrt soient gradués pour pouvoir mesurer de petites- quantités de gaz; lis/doivent en outre être coupés bien carrément ^ar un des bouts. Lorsque l'ouverture est trop large potir pouvoir être parfaitement bouchée avec le doigt, die doit être usée avec soin et bien dressée, pour pouvoir être fermée avec un obturateur de verre.

704 et 705. Outre les différens în6trumens dont •nous venons de parler, il faut encore avoir de petits entonnoirs à douille étroite, pour introduire les gaz dans des vases à col également resserré. Il est aussi iiir dispensable d'avoir des capsules plates pour trans^

3S6 MAIflf IILATION9 CHIMIQUES*

porter les clocfaes remplies de gaz : ceis capsules peu* vent être en verre , et mieux encore en porceIame« •

§ IL Manière de préparer et de recaeillir les gaz.

706. Il y a un grand nombre de manières d'opérer le dégagement des gaz. Souvent ils sont le produit de distillations dans des cornues de fer , de verre ou de terre, procédés que nous avons déjà décrits, et siArlesquels nous nous boiserons à ajouter qu'il faut que le bec des appareils distiUatoires soit disposé de manière a pouvoir communiquer directement, ou au moyen d'un tube. d'ajutage, avec le liquide de la cuye pneumatique. Lorsque le gaz se dégage à la température ordinaire ou à une température peu élevée , e( que les matières quiie produisent soat en contact immédiat, par exemple, lorsqu'on extrait l'hydrogène au moyeu du zinc et de Tacide sulforique étendu, ou le gaz acide carbonique du carbonate de chaux , au moyen de l'acide muriatique, oh se sert ordinairement de cornues de verre, de fioles ou de flacons. On aj^elle bouteilles à gaz des vases tenant le milieu entre les flacons et les bouteilles ordinaires; elles sont renforces vers le col, et usées à l'émeri, de manière à ce qu'on puisse y adapter nn tube recourbé en forme de ^^•^. Après avoir introduit les substances on met le tube à sa place , et l'on en fait plonger l'extrémité ouverte dans Teau de la cuve pneumatique. Enfin, un flacon de Florence, ou même un flacon de verre blanc, peut servir au besoin aux mêmes usages; il suffit pour cela d'ajuster un morceau de tube recourbé

t>ROD. BE8 GAZ) MAKIÀRK DB LES RECUEILLIR. SS7

dans un bouchon de liège , que Ton introduit dans TôuTerture du flacon.

707. Quelle que soit au reste la forme de râppareil que Ton emploie, il faut que le tube qui le termine plonge dans l'eau de la cuve pneumatique. Lorsque l'appareil consiste dans un vaisseau unique, tel qu'une cornue on une bouteille a gaz, il est toujours facile de rétablir et de le fixer à une distance convenable de la cuve; lorsqu'au contraire il n'est pas de natqre à être transporté , il faut le prolonger au moyen de tubes de communication, assez longs pour conduire lé gaz sous les cloches où il doit être recueilli. L'on pourrait employer également de petites cuves portatives, que l'oii placerait à portée de l'appareil; et si la quantité de gaz à recueillir était considérable , on transporterait les cloches sur la grange-cuve au fur et à mesure qu'elles se rempliraient.

708. L'essentiel étant en général d'obtenir les gaz à rétat de pureté , il convient de chasser exactement tout l'air des vaisseaux' dans lesquels ils sont produits. L'cm doit par conséquent rejeter les premières portions qui se dégagent; mais au lieu de les laisser se répandre immédiate^ient dans l'atmo^hère, il convient de les recevoir d'abord dans une cloche, afin de connaître la quantité que l'on perd , et lorsque. le volume du gaz dégagé s'élève à trois fois la capacité de la cornue , celui qui se dégage ensuite peut être considéré comme, pur* Sans cela l'on n'aurait aucune idée exacte de la quantité de gaz perdu , et aucune certitude que l'air atmosphérique a été entièrement chassé. Lorsqu'on suppose que tout ^aiI^ atmosphérique s'est échappé, il ne reste plus qu'à recueillir; le gaz dans les cloches, comme nous allops {e décrire; ipai^ ^Iprf il est encore

tt8 ukmfVhkTionê chimh^es.

bon de numéroter les cloches dans Tordre où elles sont remplies, parce que >si l'on a besoin de gaz extré* mement put, on sera toujours plus certain de le Irouver dans les dernières cloches que dans les premières*

709. Il est cependant quelquefois important de recueillir tout le gaz qui se dégage , afin d'^ déterminer în quantité; dans ce cas on est souvent obligé de recueillir même iair atmosphérique. Alors après avoir dét^miné la quantité du mélange gazeu^, la eapacité de la cornue , et le volume des corpar solides en liquidç qu'elle contenait , il est facile d'apprécier le volume de l'air, et par conséquent la quantité précise dé gaz dégagé, n est encore bon, dans cette circonstance, de numéroter les cloches, à mesure qu'elles se rem*^ plissent, car le gaz des dernières est très-pur, et peut conséquemm ont servir aux expériences. C'est une opération fort délicate que de recueillir et de déterminer la somme tolalede gaz dégagé; les précautions ^ m preàdre variéi^t suivant la nature du gaz et des substances qui le fournissent ; mais il serait hors de propos de traiter de ces difficultés dans cette description d'opératioBs élénlentaires ; nous en traiterons dans une autre partie de cet ouvrage.

7 10* La cuve étant remplie d'eau , de la manière ci« dessus décrite-(69i , 695), et l'appareil servant au dégagement du gaz çonvenablemenit disposé, il faut choisir une cloche, que nous supposerons pour le moment être une cloche simple (699). On la plonge dans l'eau de l|i cuve, et inclinant un peu l'ouverture eh dessus , pour que l'air puisse s'échapper, on la remplit d'eao. On U relève ensuite , l'ouverture en bas ; elle reste , ]^ein« de liquide aussi long-temps que l'en tient cette

ouverture iiu-dessous 4^ l*^ surface de Teau. Dans cette situation on la place sur la tablette ou sur un support ^ en ayant spin de lui faire dépasser le bord de la ta*

. ))leite s'il ne s'y trouve point d'ouvertures ménagées exprès pour 1^ passa^ge du gaz. Il est alors facile de

V diriger le bec de la cornue de manière à ce que les bulles de gaz qui s'en échapperont montent dans la cloche» Ces bulles s accumulant au sommet ,^n déplaceront lentement l'eau. Lorsque la cloche est presque entièrement remplie de gaiç, on çn plonge une seconde dans le réservoir de la cuye^ on la remplit d'eau ^ on la place sur la tablette à côté de la première , et quand celle-ci est tout-à-fait pleine, à environ un demi-poucf du bord, on la fait glisser de côté, et on la remplace par la seconde qui se remplit de gaz de la Qdéme manière. L'on fait ainsi succéder une cloche à une autre , jusqu'à ce que le gaz soit épuisé , ou que l'on en ait recueilli une quantité suffisante.

7 1 1 . Il faut avoir soin , lorsqu'on remplit une cloche dans la cuve pneumatique, d'éviter que l'air qui s'en dégage ne pénètre dans les cloches déjà remplies de gaz. C'est pourquoi , lorsqu'une cloché est pleme de gaz , Ton doit l'avancer sur la tablette afin que l'ouver* iurer en soit parfaitement close , et tourner du côté opposé l'ouverture de celles qu'on remplit d'eau. Il faut .encore éviter d'enfoncer d'abord dans le liquide l'ouvei^urQ de la cloche, car l'air se dégagerait tumultueu« aement, et en grosses bulles, tandis qu'en plongeant en premier lieu l'extrémité fermée, l'eau s'introduit douCjBment par les bords , et l'air s'échappe d'une manière presque insensible.

Tlâ.-^Lorsqu'on opère sur une petite cuve sans tablettes pour recevoir les cloches , Ton est obligé de

340 MANîPULiîrtbHiS CHIMIQUES,

traûsporter celles-ci, À cej effet Von se sert de capsules ou même d'une assiette ordinaire de grandeur suffisante pour recevoir rouvcrture delà cloche. On plonge Fïissiette dans Veau à environ un pouce au-de$sou5 de la surface ,• ôri y fait glisser la cloche , puis les reti* rant toutes deux de Teau , on peut les transporter diatas le lieu convenable. L'eau contenue dans Tassiette ou la capsulé retient le gaz aussi bien que Teau de la cuve; la seule précaution à prendre est d'entretenir toujours le liquide, dans cette espèce de cuve temporaire , audessus des bords de la cloche. Lorsqu'on veut transporter la cloche sur Une autre cuve, il suiHt de plonger l'assiette dans Veau dé la seconde cuvé , et de la ri^tirër ' après avoir placé la cloche siïr la tablette, en ayant soin que l'ouverture ne sç trouve jamais hors de l'eau.

713. Si la cuve est trop petite pour qu'il soit possible d'y remplir les cloches^ on peut , après les avoirv remplies dans un seau ou dans la grande cuve, lef transporter au moycn*d'une capsule ou d'une assiette, comme nous venons de l'indiquer, su^, la cuve où doit s'opérer le dégagement du gaz. Avec les longues cloches ci-dessus décrites (699), quisont dépolies par leurs extrémités, on se sert avec avantage d'obturateurs: de yerre(t234), que Ton applique avec force contre Tonverture après les avoir pi'éaiablement plongés dans l'eau : ainsi humectés ils fermeront parfaitement la clch che, et l'on pourra la transporter d'un lieu à un autre sans craindre de perdre la moindre partie de son contenu , soit liquide , sçit gazeux.

714. Telle est la manière d'opérer avec les cloches simples; il en est de même à l'égard des cloches à bouchon, à quelques légères modifications près dans la manière de les remplir d'eau. Après avoir Até le

MANlia£ P]^ R^CUÉIILUR LES GAZ, S4I

•boQchon on enfonce la cloche yerticalemeut dans l'eau y jusqû*à ce qu'elle y plonge entièrement; lorsqu'elle est pleine on -replace le boudion, .puis on 1^ retire de l'eau pour s'en servir comme si c'était une cloche ordinaire. Les ^cloches principalement destinées au transvasement des gaz, et que nous avons désignées sous le nom- de cloches à robinet, exigent souvent beaucoup de précaution , afin d'éviter l'introduction de l'eau dans le robinet. Pour y parvenir on enfonce la cloche perpendiculairement dans le liquide^ on. laisse échapper l'air par le Vol>inet jusqu'à ce que l'eau ait atteint l'intérieur de la, garniture, presque a la hauteur de l'ouverture du robinet , alprs on le referme, et l'eau se trouve retenue dans la cloche. Lorsque la cuve n'est paà assez profonde pour qu'on puisse employer ce procédé , il faut recourir à une autre méthode. Elle consiste à applicjuer les lèvres à Te^trémlté supérieure du robinet, et à en retirer l'air par Faspiration. On répète plusieurs fois cette suction s'il est nécessaire, en ayant toujours soin de placer un linge propre sur lé robinet pour en^écher qu'il ne se trouve en contact avec les lèvres. A. mesure que f eau approche du robinet , il faut modérer son mouve- .ment d^ascen^ion , et l'arrêter en fermant le .robinet dès qu'elle n'est plus qu'à une courte distance de l'oa- Terturé de ce dernier.

, 715. 11 est évident qu'on lie pourrait remplir d'eau ces choches en les inclinant dans la ,cuye sans introduire le liquide dans le robinet, quand bien même on aurait soin de le boucher avec le doigt pour empêcher Te^u d'entrer par le haut. Lorsqu'elles . sont ; rçmpljie^ , Ton ne doit les déplacer qu'avec

. ta MAHIPOLATIONS CHIIIIQUCS.

precaution pôàr éviter les secousses qui pourraient lancer quelques gouttes de liquide dans le robinet , À lorsqu'elles sont en place pour recevoir le |[a2 , il faut recueillir les premières bulles avec soin une à une, car un bouillonnement trop fort pourrait lancer dé

{)etitésr portions de liquide dans l'ouverture Supérieure, ^orsque te gaz est arrivé au-dessous de la garniture de manière à être aperçu, cet accident li'est plus k craindre, et l'opération peut marcher plus rapidement. Si Ton veut .recueillir le gaz à l'état dé pureté^ il faut laisser sortir les premières bulles par le robinet pour entraîner avec elles tout l'air atmosphérique que là cloche pouvait retenir encore ; Ton y parvient en enfonçant davantage la cloche dans l'eau après avoir ouvert le robinet et en lai remplissant de nouveau de liquider. 7ÎÔ. Lôrsqu^on récueille lés gaz sur la petite cuve pncutnatique (706), et que Ton remplit les cloches d'eatl aans un autre vase (719), il y a naturellement un changement rapide dans le niveau de r<çau de Jlà cuve par l'addition continuelle da liquide dont chaque cloché est remplie. Il est alors nécessaire de vider Teicédent et de le faire retonrjier dans lé vase où on l'a pris, et dalns lequel les cloches ont été remplies. Ce point exige quelquefois beaucoup d'attention pour empêcher qtie le niveau de l'eau ne s*élève jamais trd|> au-dessus de la surface de la tablet tp ou du support. Si» par mégarde, cet inconvénient avaif lieu , et que 'Ton continuât à recueillir le gaz dans là cloche jàsquli ce quMIe fût à peu près pleine, il arriverait souvent qu'elle surnagerait et se renverserait à cause de s6ti excessive légèreté, ce qui entl*ainerait là perte du gat. £n géùë|*al , Ton ne doit pas permettre qoe le niveau

trahstabbmknt dks gâ2, S4$

da liquide soit à moins d'un demi-pouce du bord de la cloche tant à Tintérieur qu à rextérieur.

717* Après avoir décrit la manière de recueillir les gaz, nous allons indiquer les différens moyens dé les transvaser. Le cas qui se présente le plus souvent est le passage du gaz d'une cloche dans une antre i c'est une opération facile et qui n'est réellement que Faction ordinaire de verser, exercée en sens contraire^ le gaz passant à travers un volume d'eau du vas^ qui se trouve au-dessous dans celui qui est au-dessus. On remplit d'eau la cloche où Ton' veut introduire le gaz ,; puis on la place sur la tablette de la cuve comme s'il s'agissait de la remplir du gaz .proirénanC d'une cornue; on l'amène alors sur le bord de là tablette jusqu'à ce qu'elle le dépasse dès deui. tiers ott des trois quarts de son diamètre, et qu'ainsi il soit facile de placer dessous une autre cloche renversée* Alors', retenant la .première cloche d'une main^ on saisit de l'autre celle qui contient le gaz , et l'enfoneant dans le réservoir, on Tapprochç de la première en l'inclinant de manière que leurs ouvertures correspondent^ et que les bulles qui sortent de la cloche ft gaz montent dans lat cloche pleine d'eaù. On continue à incliner de plus ^ pliis , et graduellement, cette que l'on veut vider, jusqu'à ce que l'eau y ait remplacé le gaz, en ayant soin de ne point le laisser s'échapper brusquement ou en trop grande quantité à la fois; car les grosses bullesen's'élevant'empéchent l'eau qu'elles déplacent de descendre librement, ce qui occasione souvent des pertes de gaz. Dans toutes les opérations de ce genre le chimiste doit chercher à acquérir l'habittide de manipuler avec adresse et facilité; et Ibra même qu^U ne s'agit que d'cme expérience peu dtJEficitey

944 KAN1J^UI.AT10.^S Cltl3tlQU£S.

ilddityapporUsr toute son attention, afin il'étreimrfnd ' exposé à manquer de dextérité ou de soin dans les cir- €;o|istanGes . plus importantes. Lorsque la cuve' a la forme que nous avons décrite (6^1)9 il est bon de meure la cloche pleine d'eau dans Tangle qui e3t audessus, du réservoir ; car alors elle se trouve supportée siir df u;c points, ce qui lui doiine plus de solidité, tandis que l'angle formé par les.parbis de la cuve , aide à conduire le gaz dans Tintérieur de la cloche avec beaut;'oup- moins de risque d'en voir s'éishapper quel-

que partie.

. 718« Lorsqu'il 8*agit de transvaser le gaz d'une grande clqche dans une petite , ou dans des flacons, ii faut plus de précautions que pour l'opération que nofis yenoDfi de décrire. Une cloche à grande ouverture laisse échapper des bulles d un diamètre considérable, et pour qu'elles puissent entier par un orifice quelconque ^ il faut qu'il soit assez grand pour laisser écfaaper en même temps un volume d'eau égal au volu^ie du gaz qui s.'iutroduit, sans quoi l'on serait exposé à perdre une partie du gaz. Les entonnoirs sont fort utiles pour cet objet , surtout pour remplir les flacons; renver^ann'entonnoir, et le plongeant. dans l'eau, on en introduit la douille dans le goulot d'un flacon plein d'eau, et le gaz se trouvant reçu dans l'entonnoir, estconduit en sûreté et promptement dans l'intérieur du flacon. L'opération parait d'abord plus difficile , parce qu'il est nécessaire de tenir Tentonpoir ain$i que le goulot duflacon constamment au-dessous de la surface dé l'eau, et que par conséquent on ^ opère à une plus grande pirofondeur dans le liquide^

719. Au lieu d'entonnoir on peut se servir, comme . vase intermédiaire » d'une éprouvette ou d'un verre à

TftàNâ^VASEMEMT DBS GAZ« 346

iiee (S43); car bien que Touverture présente une grande surface , on peut Çiire échapper le gaz par le becé II suffit pour cela d'incliner Téprouvette ou le verre de manière que le bec se trouve en haut.

720. La manipulation deâ gaz avec les cloches et les verres est beaucoup plus aisée que lorsqu'il s'iagit de les faire passer dansdesturbes étroits /ou d'un tube dans un autre ; et cependant£*est une opération qui se répète à chaque instant dans le laboratoire, surtout dans les expériences^ e^iométriques et analytiques. Il est une; circonstance qui augmente la difficulté à Tégard des tubes I outre le pou de^ largeur.de leur ouverture, c'est )a petitesse de leur diamètre intérieur, qui s'oppose au. libre passage des bulles de gaz et au déplacement de l'eau, obstacle d'autant plus grand que les tubes sont plus étroits. '

Lorsque le tube qui doit recevoir le gaz est plus large que celui qui le contient, la difficulté est moins grande. Après l'avoir rempli d'eau, à la manière ordinaire, on le tient dans le réservoir. de la cuve dans une position inclinée , puis approchant le tube rempli de gaz; on introduit en quelque sorte une partie de son ouverture dans .celle du^remier , et on incline de

. plus en plus jusqu'à ce que tout le gaz ait passé bulle à bulle dans l'au- -r:^ — ■ j tre iuhe{voy. lajig. en niarge\ Pendant cette opération il faut tenir autant que possible Touverture du second tube dans celle du premier, et ne jamais élever celui-ci dan^ une position perpendiculaire; car lorsqu'il est très-incliné les deux ouvertures se rencontrent , et s'adaptent mieux l'une contre l'autre , le gaz ne peut se perdre , le dégagement des bulles est moins brusque, et elles sont moins sujettes

%A^ MANIPULATIONS CHIHIQQBS^

à dévier de leur direction. Quelquefois même il est ayantagetix de le tenir dans une position presque horizontale. U faut laisser à chaque bulle le temps de- s'élever à une certaine hauteur dans le tube avant de permettre, qu^une autre se dégage.

721.' Lorsque le tube contenant le gaz est plus large que Celui dans lequel on veut le transvaser, l'opération exige plus de précautions. On incline lé premier tube comme ci-dessus , et Ton introduit dans son ouverture le bord de celle du seconé; après quoi , pour faciliter l'opération , on applique le pouce et le premier doigt de la main qui tient le tube rempli d*eaa des deux côtés du point de contact , afin de contenir le gaz et d'empêcher qu'il ne s'échappe latéralement. En général, toutes les fois qu'il s'agit de transvaser un gaz dans un tube , il faut le tenir en laissant passer l'extrémité ouverte entre le pouce et l'index, de manière que lorsqu'il se trouve dans une position inclinée, la- main soit en dessus du tube , qui est . alors facilement supporté par les trois derniers doigts, taudis que le pouce et l'index ont toute la liberté néces« saire pour diriger les ouvertures , ou fermer, comme nous venons de l'indiquer, les intervalles latéraux. On peut Qussi le tenir^ de manière que l'ouverture soit entre le'pouce et les deux premiers doigts, comme l'on tient une plume à écrire ; mais cette méthode offre moins de facilité pour TincLiner sous djiflerens angles. Quelle que soit la manièi*e qu'on adopte, il faut toujours tenir les tubes solidement , mais avec légèreté , et sans y mettre trop de raideur; il convient d'appuyer les bras sur le bord de la cuve pendant que les mains sont plongées daiis l'eau.

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