‹ Manipulations chimiques (volume 2)Chapitre 68 sur 74 · Le transvasement du gaz de té récipient dans · texte numérisé non relu

Le transvasement du gaz de té récipient dans

tout autre vase ne présente aucune di£Gicallé. L'oû^*

verture inférieure n'est alors d'auôun usage , et doit

au contraire tester bien fermée. Ouvrant le robinel

du tuyau a , Ton fera descendre Tean par cef tuyau aâ

fond de la chambre à air, où elle s'accumulera jusqu'à

ce que le gaz qui est du-dessus se trouve comprimé

par une force égale au poids de la colonne d'eau qud

renferme le tube. L'eau cessera alors de descendre,

à moins qu'on n'ouvre les robinets y* ou ff; mais dès

que Tun ou l'autre sera ouvert , le gaz , pressé par là

colonne d'eau du tube , se précipitera sur-le-champ au

dehors, et sera remplacé par Teau de la cuve. Le pro*

cédé pour remplir une cloche ou une vessie / ou faire

passer le gaz à travers un tube, sera donc très^*

simple. S'il s'agit d'une cloche, après l'avoir remplie

d'eau y renversée dans l'ean de la cuve (7 12) , et placée

sur l'ouverture du tuyau 6 , on ouvre le robinet h ,

comme on vient de le voir, afin d'opérer une pression

sur le gaz y puis l'on tourne avec précaution le robinet

y, et le gaz, se précipitant par le passage qui lui est oU"

vert , remplit promptement la cloche. L'eau de celle-ci

descend dans la cuve , et remplace celle qui passe dan*

la chambre à air. Aussitôt qu'il est sorti assez de gaz, oïl

ferme successivement les robinetsy et h , et l'on enlève

la cloche remplie de gaz. Si l'on a à remplir une vessie,

on en fait d'abord sortir l'air atmosphérique, on attache

la vessie au robinet ^, on produit la pression en ouvrant

378 M^IPULÀTIONS CHIMIQUES.

A, puis, tournant g avec précaution, Ton remplit la vessie, en ayant soin de remplacer Teau de là cuve, à mesure qu'elle s'écoule; lorsque l'opération est termifiée, on ferme les robinets ^ et A, et on ôte la

vessie.

, 765. Il est quelquefois nécessaire d'introduire du gaz; d'une vessie dans le gazoïhètre. Dans ce cas , l'on attache la vessie pleine au robinet ^, et laissant tous IjBs autres fermés , on ôte le bouchon en c , puis on tourne avec précaution le robinet ^, pour y laisser entrer le gaz; l'eau sortira en même temps par l'ouverture c , et lorsqu'on aura introduit la quantité de gaz voulue, l'on refermera le robinet^, et l'on replacera le bouchon en c.

766. Lorsqu'on veut faire passer du gaz à travers un tube, par exemple, pour alimenter un chalumeau d'oxigène (229) , ou produire un jet d'air inflammable, on attache le tuyau du chalumeau au robinet §•; on soumet le fluide élastique à la pression de l'eau comme ci-dlessus, et l'on règle l'émission du gaz. suivant le degré d'ouverture qu'on donne au robinet g.

, 767. L'inventeur a pourvu même aux cas où l'on peut avoir besQÎn d'une pression plus grande que celle de deux pieds d'eau , en joignant à son appareil un long tube et un entonnoir. Ce tube étant vissé dans l'ouverture du tuyau a, entretenu plein d'eau , soumet le gaz de l'instrument à la pression d'une colonne de quatre piedsde hauteur, ce qui est d'une grande utilité dans plusieurs circonstances.

768. 11 faut avoir grand soin , dans toutes ces manipulations , d'entretenir toujours de l'eau en abondance dans là cuve , pour remplacer celle qui passe dans la chambre à air. Nous ne terminerons pas cet article sai\s

VESSIES ET BAIXOlfS ▲ GAZ. 377

faire connaitre à Tétudiant qu'il est possible qu'il s^introduise de Tair atmosphérique avec Feau, même quand la cuve est d'une grande profondeur. Lorsque le gaz sort avec rapidité par le robinet latéral , et que par conséquent l'eau descend avec la même vitesse le long du tube y elle acquiert souvent , si l'on n'y fait attention , un mouvement de rotation qui y par des rai* sons mécaniques faciles à expliquer, finit par produire une cavité s'étendant depuis la surface de l'eau jusqu'au fond du tube. L'air est alors rapidement porté au bas du tube, et se mêlant avec le gaz de l'appareil, en altère la pureté , et peut même , s'il s'agit de gaz inflapfimable, occasioner de graves accidens. C'est pourquoi, lorsqu'on s'aperçoit que ce mouvement de rotation s'établit , il faut le faire cesser de suite ; on peut même aisément empêcher qu'il ne se forme un canal central , donnant passage à l'air, en laissant flotter un morceau de bois léger à la surface de l'eau. Si le mouvement de rotation a lieu , il attirera la masse flottante au centre , et empêchera Tair de descendre , pourvu toutefois qu'on entretienne dans la cuve une quantité suffisante d'eau.

7 69. /Au nombre des vaisseaux propres à renfermer les gaz il faut encore ranger les vessies et les balloiis flexibles. Leur principal mérite consiste dans la facilité avec laquelle on peut , en les comprimant , se procurer pendant un espace de temps assez long uu courant de gaz continu. On doit avoir dans un laboratoire des vessies de différentes grandeurs. Après en avoir amolli le col dans l'eau , on l'ouvre , et on y introduit l'extrémité inférieure d'une garniture semblable à celle des cornues (780), sur laquelle on le lie fortement avec du gros fil : un robinet vissé dans la garniture complette

378 MAllirULAtlOMd CniMlQl^tS.

rappareil. II faut éviter de se servir des TfîssieS à l'état sec , car l'action mécanique à laquelle la membrane est soumise durant l'expansion et la contraction , la dé« chire et la met bientôt hors d'état de servir. Pouf prévenir cet inconvénient , et ôter en inéme temps aui vessies leur raideur désagréable , on a soin ordinaire*ment de les mouiller avant d'en faire usage. Ce moyeit les rend souples et flexibles pour le moment $ mais plus une vessie est mouillée et séchée souvent y plua elle devient raide , et plus tôt il s'y forme des déchirures. On peut rendre une vessie imperméable pour long^temps , en l'imprégnant d'huile ; dans ce cas , il est convenable de ne pas la mouiller pour s'en servir ; mais la manipulation est toujours moins agréable qu'avec une vessie mouillée. Il faut avoir soin de reniplir modérément les vessies , de manière à ce qu'elles ne soient jamais ni trop gonflées , ni trop aplaties y surtout lorsqu'on les mouille chaque fois qu'on en fait usage. Les vessies ne sont pas absolument imperméables aux gaz y surtout à l'état sec ; on doit donc éviter d'y laisser trop long^temps des gaz précieux , et jamais au-delà du temps nécessaire à l'opération. L'hydrogène est de tous les gaz celui qui s'échappe le plus facilement par les pores des vessies.

770. Les ballons à gaz se font en taffetas huilé , en étoffe imperméable, composée de deux épaisseurs d'un tissu , entre lesquelles on a étendu une couche de caoutchouc : ils sont munis de robinets comme les ves* sies que nous venons de décrire. Le taffetas huilé est rarement imperméable; sa porosité s'accrott rapide** ment par l'usage. L'étoffe préparée avec le caoutchouc est infiniment supérieure, et lorsque la couche de cette substance est épaisse , les ballons sont jusqu'à

BOUTBILL«9 A CA2 EN CAOttCHDUC. 379

1ft fin imperméables à Tair. Il est bon cependant de faîf e observer ici qu'il n'en est pas de même de l'étofFe que Ton vend dans le commerce , sous le nom de taffetas gommé ; bien qu'imperméable à Teau , elle ne Test pas assez à Tair pour servir aux opérations qui nous occupent. Les ballons , ainsi que les vessies , servent avec avantage au transvasement des gaz d'un vase dans un autre, par exemple, d'une cloche dans un récipient à gaz. Lorsqu'ils sont remplis et placés sous une planche chargée d'un poids suffisant , ils fournisseilt également pendant un long espace de temps un courant de gaz constant.

771. Il est fort utile pour certaines opérations ^ d'avoir des bouteilles de caoutchouc ; on se les procure chez les fabricans d'instrumens , mais il faut avoir soin de s'assurer d'abord qu'elles se dilatent d'une manière uniforme dans toute leur étendue. On est obligé , pour y introduire le gaz , d'employer upe pompe foulante, à cause de la force nécessaire pour dilater le caoutchouc ; mais lorsque le gaz est une fois introduit, la propriété que possède cette substance de se contracter d'elle-même devient d'une grande utilité pour faire sortir le gaz par le robinet, et constitue le principal mérite de ces bouteilles (230). On peut faire entrer dans une bouteille de trois pouces de diamètre à l'état naturel , plus d'un pied cube de gaz , et elle reprend à peu près sa dimension primitive dès que le fluide est s'échappe.

772. Quoique l'on soit exposé à ne pas réussir une fois sur quatre ou cinq , lorsqu'on veut préparer soimême cette espèce d'instrumens, nous allons donner ici la description des procédés qu'il faut suivre. Oii choisit une bouteille d'épaisseur uniforme sur toute sa

surface y. non rugueuse àrextérieur, et delà couleur la plus claire qu'on puisse trouver. Après l'avoir fait chauffer dans l'eau chaude ou à la vapeur, pendant une heure ou deux j on la roule entre ses mains , jusque ce qu'elle devienne flexible , et dès qu'elle est refroidie, on y adapte une garniture à robinet , et on y introduit Y dix par degrés y à l'aide d'une pompe de compression. Il arrive ordinairement , lorsque la bouteille commence à se dilater, qu'elle présente quelque partie plus mince que les autres. Si en continuant d'opérer la di* latation, cet amincissement s'étend aux parties voisines , la bouteille est excellente ; mais si au contraire la place que l'on a remarquée d'abord s'amincit de plus en plus , sans que le reste éprouve un changement sensible, il est probable qu'on ne réussira pas à en faire un bon instrument. Il faut laisser un léger intervalle entre chaque coup de piston, surtout au commencement de la dilatation. Lorsqu'une bouteille de caoutchouc a été ainsi dilatée et amincie , il faut avoir soin de ne pas l'exposer partiellement à l'action de la chaleur, car alors la partie chauffée se dilate davantage y devient successivement plus mince , et finit par éclater en conséquence de la contraction des autres parties y sur lesquelles la même cause n'agit pas.

773. Enfin, on conserve souvent les gaz dans des flacons de verre, surtout le chlore, que l'on ne peut conserver sur l'eau ni sur le mercure , parce qu'il est soluble dans la première , et qu'il attaque le second. Les flacons à gaz doivent ctre à large goulot , bouchés avec soin , et de capacités différentes , depuis quatre onces jusqu'à, deux pintes. Après avoir bien séché le col et le bouchon, on applique un peu de suif sur ce dernier,. que l'on tourne dans le goulot ^ afin d'étendre

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