‹ Manipulations chimiquesChapitre 10 sur 58 · SECTION XVII · texte numérisé non relu

SECTION XVII

Électricité.

905. La chimie ayant des rapports très-étendus et très-intimes avec toutes les autres sciences , le chimiste est souvent obligé d'opérer avec des instrumens et de ^ faire des dispositions qui , bien que paraissant appartenir à des travaux d'un autre genre, ont quelquefois une influence très-importante sur les. résultats qu'il se propose d'obtenir. Les effets de l'électricité, par exemple , tiennent de si près aux phénomènes chimiques , et possèdent une influence si vaste pour les favoriser ou les contrarier , que celui qui fait des expériences dans cette science est continuellement obligé d'y avoir recours dans les recherches auxquelles il se livre. C'est pourquoi nous allons décrire dans cette section tout ce qui se rattache à la manière de se servir des machines et des appareils électriques, pour les opérations du laboratoire, et indiquer d'une manière particulière les circonstances indispensables pour en assurer la réussite.

906. La machine électrique ordinaire est d'un usage constant pour faire passer des étincelles ou des courans d'électricité dans les gaz , pour charger une bouteille , ou pour procurer une certaine tension électrique à des corps isolés. Avant de s'en servir, il est nécessaire de faire certaines dispositions préliminaires. Lorsque \e temps est favorable > il suffit simplement d'essuyer k

machine avec un linge échauffé , et ensuite avec un mouchoir de soie ; mais il faut ordinairement la chauffer, surtout lorsque le temps est humide. Quelquefois on place la machine devant le feu ^ en tournant de temps en temps la manivelle , afin que toutes les parties en soient exposées à la chaleur ; mais il est plus avantageux et en même temps plus sûr de la placer dans un courant d'air ch^ud. Si Ton en a besoin pour un service constant dans un endroit particulier , on fait passer tout autour un courant d'air échauffé. On peut chauffer une machine en la mettant sur un bain de sable, ou sur une plaque de fer chaud, d'une température qui ne dépasse pas 100®; par ce moyen, non-seulement le plateau ou le cylindre , mais encore les isoloires de verre des conducteurs se trouvent suffisamment échauffés. D'autres fois , on dirige sur la machine, au moyen de tubes de papier (1223) ou de toute autre manière , un courant d'air chauffé dans un petit fourneau. Il est encore un autre moyen, qui est fort bon pour les machines à cylindre , c'est de placer sous le cylindre la lampe décrite ( 1 89) , et de tenir à un pouce au-dessus de la cheminée de la lampe une plaque de métal d'environ six pouces carrés. Cette plaque arrête le petit courant d'air chaud de la lampe , qui n'échaufferait qu'une petite partie avec beaucoup trop d'intensité ; cette plaque s'échauffe elle-même ainsi que Tair ambiant , et produit un courant étendu d*une chaleur modérée , qui entoure le cylindre de tous côtés et le chauffe entièrement.

907. En chauffant la machine, il faut avoir soin de lui donner une température aussi égale que possible^ et la surveiller continuellement, afin qu'aucune de ses parties ne s'échauffe au point de &ire fondre le

MACnilfE ÏLICTRIQUC. 49

ciment employé à sa construction. Il faut également faire attention à ce que les isoloires soient bien chauffes; car, par un temps humide , une machine qui paraîtra parfaitement fonctionner ^ et donnera delongues traînées électriques de son cylindre ou de son plateau ; pro- ' duira souvent à peine une étincelle de son conducteur^ . à cause de Thumidité du cylindre de verre qui le sup^ porte.

908. Pendant qu'on chauffe une machine, il faut l'essuyer arec une étoffe sèche ou un mouchoir dé soie; examiner les coussins , en 6ter la poussière , et y ap^ pliquer de Tamalgame s'il est nécessaire; on s'en assii^ rera en regardant si l'amalgame n'a pas été enlevé ^ dû si le temps ou le défaut d'usage ne l'a pas réduit eif une masse dure , cassante , cpii n'a pliis aueune acliott sur le verre. Il est souvent avantageux , surtout lori^ qu'on a besoin de se servir de suite de lamadiittét * de frotter le plateau ou le cylindre avec lin kiMireèatt de soie couvert d'amalgame, et de passer cette- même soie sur la surface des coussins. On applique l'amaU game sur la soie au moyen d'un peu éesuif qin le fait adhérer. L'amalgame Iui<^méme dojft être triloré dans un mortier avec une petite portion de suif, afift de pouvoir l'appliquer sur la machiàé^ Les collasiiif doivent presser légèrement contre le vet¥éCt i î .1 .

909 . Lorsque la machine est en état, èf ^'ob UMvtÈf la manivelle, elle doit laisser échapper Une suîcenieb interrompue d'àigretteis du bord de k sdie'; les éifeAn celles doivent aussi se mântfèstercotitittuellepMnt autour du verre. L'effet qui a lieu quand oh approche les'j6iD» tureis des doigts contré le bord' de là «oie est uné^trèibonne indication du pouvoir exeftant de la maddoe. Le frottement entre le Verre , les ootissinê et la soie , me

$b JiANtFtllATIONS CUMIQUEf.

doift jamais être considerable , à moins qu'il ne soit produit par Tadhërence de k soie au verre; alors il est aisé de le diminuer et de rendre le travail de la manivelle plus facile, en reployant la soie sur elle-même» de manière à ce que la surface de contact ait moins 4'éteQdue»

910. Lorsque le conducteur principal est à sa place, il àpîn y. si Ton continue de tourner, s'en detacher rapidement* des étincelles de deux ou trois ppuces de lailgu^ur ài'approche d'un excitateur. Pour déterhiiner la force de l'étincelle, il vaut mieux employer une boule 46 pàéial que* les jointures des doigts ou le dos de la piainrparuoque les poils, la. moiteur et les filamens adhérent à la main, diminuent fréquemment l'effet ^tcfrique : en général , toutes les fois qu'il s'agit de décharger une machine, ii convient d^Avoir recours aux itthstanees métallic^ues; . . .

91 i. Lorsqu'on ne se sert pas des machines, il faut lès seUrer dans une chambre ou une armoire sèche, toiH des exhalaisons du laboratoire (25). Il est encore Ikiii de 1^ Couvrir avec un sac de serge pour les Bletth* à l'itbri de la malpropreté et , jusqu'à un certain lUiiaft^ de l!bumd^é 6t des vapeurs corrosives.

912. La manière dont sont montées les machines à phteaiif lin i^oyen d'un axe passant à travers le milieu ]AiipU.lti|U|ret assuj^ti par d^s eoUets ou des vis, pro- •dAft généndementiiune inégalité d§. tension, qui donne •è'bi machMH^'Une .tendance à se,fendre vers le centre : -4)é(ia<k>li¥étii€^^:aygm^te ^beaucoup les chances de fitetoM de la ma«hi)ae&> U suffit de la chauffer irréguiîèrtecnt (>tt der^&ppçerà quelques légers chocs poyr flaire'.natlre des* fiantes qm, bien que petites dans- le comiienoement , s'étendent graduellement jusqu^à ce

i|u'ëlleé àltfeigneht là circbnfctènee , à inokls tf^^éû nib prenne dés moyens pour Ifes al^féter. Le n^iêilléur est de faice jiereer par un ouyri^* un petit trou dans le Terre un peu en avant de là fente ^ et sur la méiUe dir«t$» tien. Quand la fente arrivé au trou ^ ell6 s'arrête pred<m0 toujours , et là rbùe esfc préservée de la rupture |)eiidànt quelque temps , Jusqu'à ce ^uë d'aiiti'és fentéi se forment y ee qui l'affaiblit gradàélleiiiéni^ et finit par loi détruire enlièrement.

919. Lès ëtihcéllés se tirettt directement d\x eôndu^tèul*; lorsqu'on les fait passer à travers «ni mëlànfe dé ^z dans les eudiomètréS érdinaires ^ eliés l'ttfliiaiinènt, ou y oeeasidnent deâ changemens ^imimés plus lents à se produire; il faut ^ dans ce dernier câli répéter l'action des étincelles ûii grand nombre dl^foIS. ' L'on éprduve quelquefois de la peiné à obtenit* uhe détonation avec l'eudidmètre ^i l'on ne fait pas attentii)a,à qu'elquesiégères éirconstai^esdans la disposition dé k machine. Les fils qui sent fixés à un éudiomètré à détè* nation sont placés de manière à éequé leurs extrémités intéjlrièurés soient à une faible distance l'une de t'autré. Ces extrémités ne sont pas toujours finies avec âSsé^ de l&oin ^ soit que les fils aient été simplement côupéë avec les pinces, ou que, fal^onnés à la limè^ II leur reste t[uelqup irrégularité ou quelque partie saillante; quelquefois aussi ils sont trop minces.

9 1 4. Toutes ces circonstances tendent a tàWë paëser liât décharge électrique , ptutàt comme uii èetihtnt eëtltinu dé Buide ou comitieune suite de petites étincelle, que comme un éclair bien prononcé. Cette tendance est eneore auginëntéè si lés ertrémitép extérieures dés fils sont aiguës , oané forment en se recourbant qu^Un fort jiétieérbc&él , ttû êétk dèffr plresipîè ifiipdMMi âe

Ittire ptM«P dans Vinterieur du tabe^ fmf qu'dle se divise» rétincelle partant du conducteur principal. Lorsqu'on découvrira quelque déficit de ofà genre , on Ii04i^a y rmédier en adsfMtant une bo4|le d'un demipouee à un pouce de diamètre $ur le fil métallique , qui doit étr^ approché du conducteur ; cette boule recevra un0 f^rte éuncelle » «t la transmettra d'un fil à ra«jit]*|S d«ns rendiomëtrey e^i une seule décharge.

'915. Le passage de l'étincelle peut être influencé par d'autres circonstances; ainsi il arrive quelquefois qu'un eudîomètre qui laisse p^er une étincelle avec .une grande facilité , à travers. un gaz plac($ dans son ffl^rie^ sur le merqure » ne. la laissera pas passer si le gaii est sur l'eau. L'obstacle provient , dans ce cas , de la petite couche d'eau qui humecte l'intérieur *de . Viufi^trument y qui devient elle-même un conducteur £poUr l'étincelle électrique ^ et s'oppose à son passage ; entre les deux fils. Dans ce. cas il convient 4'aidapter la grosse boule à rex^érieur (914), ce qui permettra de tirer de la machine une étincelle plus forte , sinon il fau4i^ cnnployer la bouteille de Ley de. Dans toutes ces expériences eudiométriques , le point essentiel est que la communication métallique soit bien établie entre la machine et le bouton de l'eudio.mètre d'une part, et que l'autre fil de rinstrument soit en communication avec la terre , au moyen d'une chaîne on de tout autre conducteur; Une seule personne peut effectuer toutes 4;es opérations avec une faeilité admirable, au moyen de l'eudiomètre à détonation du docteur Ui'c (923).

mC^r-Unç bouteille de Leyde ^ de la capacité d'une pinte , peut suffire pour tous les besoins ordinaires du bbpratoire. La boule doit avoir w moins un pouce de \|iainèire > tt étre^ avec le fil métalliqi^e pt Ip bouchon

de bois, at àdlidemént fixée k là boitteillcr, qu'on {Miiss6^ placer cette dernière dans léiileàr les positions, sans' eraikite que rien ne se détache ou ne se déf!ang^; Il &ut égalemeilt que la communication entre la bodle et |p gariiiiure ifeitërieure soit étâldie par tQS tfil métal* lique ; et ndn par une chatne, afin qu'elle ne soil interroâofptie dans aucune posiiiiKiv Pour s'àssut^i^ de la bonté d'une bMleitte de Lëydè , il faut la cktàî^. 'En k' tenant pa^ la partie extérieure rectMiterte <éê la; feiulle d'éuin y on met ie- bouton^ en ^otitact airec Iftmaèkine bien disposée, <m diarge aussi fortement que pos$îM<i; si la bcHitêille ne ^e déc^rge pas d'elle-mém6; e^ qu'elle no laisse pas passed- d'étincc^e sur ila partie extérieure du Terre non reyetu*", elle est bonne soiis ce rapport ; si elle sedécha^ge spontanément, .niftbsèu* lemeht après avoir ététr^fortement chargéé> ëlki peut encore servir r mais si dite se décharge spontanément et àvêfc facilité , même avec 'Uiie dliarge assez fiiiMe , eUe est décidément mauvaise. On remédie cependant quet< quefois kte âéfatit>en retranchant un pouce où davan* tage à h: partie supérieure de la feuille d'étain , afin qnll y ait plus de distance entre elle et la ttge de la boule , ou en supprimant Quelques saillies 'anguleuses , qui peuvent^uelquefoisfiiciliter la litharge spontanée; .917. Pôur's'&ssorer si la bouteitte de Leyde peut conserver pendant un cisrtain tMips, sans perte sensible, la change qu*âlle reçoit , on la chargerfottemetit, puis on Ta déekarge aussitôt avec rexcitatecor, ei| observant ayeo attention la longueur, lebriUânr , et le soA sde rétincelle» On la recharge ensuite an niiéme degré qu'aupairavsaitv puis-, réloignaat du condubteur; on la daissrpendamune mîmte à l'ài£ avant de la dé^arger, ^ybn obaiewe demème bsxAtaotèras de l'éinuieUf .il

J^Mf « pa^ de bouteiiiç ^i^t.ne pçrde une qHaiitU«i «Qi^id^r^bl^ ck fluide^ méim^ dam un cAurt iaterTdl^ d« t«nip$, f^vs^d cdlf^ e$| fixrllemem dMrgéB rm^io ^

déperditip» bç^^^copp:^^indf^| ^t produira :i^f(44U^ «6lled!uiif &tf ^Ç Ik9$<^ qpp/$)darab)ç ^ ^déoi^fprè^ m Up^

dé<^iMiijd<i)t> Vvraqu'elle ^t aèchQ, chauffée en i^ea fbft^S^t, donner, m^ès^ cinq iniaiit)»^^ «ii^.f tàieelle d'at^mfim un dem^n^ouce de/longuew à la boule d*uii «xcîJMiteilr> bqueUç ayrai|i»i tier9 de pou«e. d0 diar.

Cell» {vcx^riéié de rf^ènir la^l^^ge éleeif|<|iîi^ e$| fij^^kiaefpia d «Qei gi^aude^ impsotMrne. 4wa les ^e^^li^ ?iwç$fti:hioiiquf^ , à cauae d.^:dél»iA,ipipfy4table9; qui 9f^i ^oftt^t lieu^vant qu'Qii puisse, foire pas^ei^l'éiio^ qriile, . * ^

H^- nana les expéri^uceft eu^QmétH<pe4 « il ^ pHi^ commode dé décharger la bout^Ule^yec uj^ ^i|iplç U inçtalUqu^ ,.que idese aerTÎr de Ve%cUatev|r <»rdinair(9 à luaiiçbf de yeri*e* l^^reuant un fil de cuiwe d'exkyigaa un Tiugtipme de^pouee- d'épaisseur, on le.fait€oa^nu« iiîi^ei: avee Textérieurt en le passant autour du corps de la jiçiiieiîllt » ^ur laifiiefteon le fii^fi en le^ lorûUauif on laiue an faoot qui doit serrir d'exoîtatear eivvi):m àix poupeotlek>Bgdettr4 an<^ourbeeIl$uità€Cfttee3^lrér «^té Itbfe, pout r^mpeqlier d<agi/comme ppînleiy et ^1 V^m yeuirendrelappareilplus completion; y fixeune petitç- boule métallique. Ce ill remplit Jes>: fonctions d'excitateur toutiBs les fois qu'ilcn* est hesoin » et oamme il sfii 4naaye conatuttiBc&t eâ ccmiiActaTfer^stëriéus^

et qa'il est eh même temps trës-fliexiblç, il peut s'adap^

ter à toutes les piositions possibles. Supposons , par exemple, que la machine électrique ne dôùne pas une étincelle assez forte pour enflammer un mélange de gat renfermé dans un tube eudiométrique(913), etquWe décharge de la bouteille soit nécessaire ,11 faudra, pour la décharger, s'y prendre de la manière suivante. On placera et Ton maintiendra en contact avec l'an det^ fils de Teudiomètre Textréniité tortillée du fil métallique, puis approchant de Vautre fil là boule 4o Is l>oatéille, la décharge se fera immédiatement parPinstra* nient, sans aucun inconvénient pour celui qui f^H Tcxpérience, quand bien même il tiendrait. dans sa main le fil et la bouteille pendant Topération^

919. Il y a sur la manière de tenir Veûdlçmètre pendant l'explosion plusieurs précautions suir lesquelles nous croyons devoir appeler Tattention. L'eucliomètre H détonation ordinaire est un tube de verre eourt, fermé à Textrémité supérieure , près de laquelle passent dân^ le verre deux fils de platine , clont les pointes intérieures sont à très-peu de distance Tune de Tautre» Ces fils étant mis en communication avec une bouteille ehar* gée, comme il est dit ci^dessus, côndui^ntr^Iectricité^ et là décharge s'opère dans rintervallc qui lés sépare. Le gaz soumis h Tétincelle est généralement un mélangé inflammable. Il faut l'introduire dans le (ube sûr Teau ou sur le mercure, selon sa nature (720, 741). Lors^ qu'il a été introduit, on essuie à l'extérieur la partîA supérieure de l'eudiomètre, afin que ni l'eau ni le mercure n'y puissent adhérer. Il faut ensuite tenir l'instrument ferme et vertical; la meilleure manière est peq^* être de le serrer d'un c6té avec les trois doigts du miltett de la msùn, tandis que le pouce et le petit doigt le pres-

hé, . ,. MA^flFUiâTlOlva OIlillQUES.

sent de loutre. Il faut que la main soit placée a peu près à la moitié du tube , hors de la direction des fils de platine , et que le bouton de la bouteille chargée n'en approche pas pendant l'expérience. Le tube ne doit être auppor.té que par la main; il faut éviter que sa partie inférieure ne touche le fond du vaisseau dans lequel il est placé pendant l'explosion , dans la crainte qu'elle ne çebrise. Nous conseillonà, lorsqu'on le pourra, déboucher légèrement l'ouverture de reudiomètre, au moment de l'explosion 9 avec un des doigts de la main qui Jfi^est pas occupée. On n'empêche pas par là l'eau ou le pi^rcura de descendre pendant l'explosion ; mais lorsque le doigt.se trouve ramené contre 1 ouverture , il çippéche le liquide de se précipiter avec violence dans l'intérieur, et en le retirant peu à peu, on fait entrer i^s secousse Teau où le mercure , et Ton évite ainsi les chances de perte.

.920^ On peut, comme nous Tavons déjà dit en parlant des étincelles du conducteur (913, etc.), adapter avec succès une boule à l'extrémité des fils métalliques lorsqu'elle est trop aiguë ; si l'humidité intérieure était suffisante pour servir de conducteur à une faible décharge , il faudrait charger plus fortement la bou- ' ieille.

, 921. Les proportions dé gaz que l'on peut faire détoner sans danger dans un tiibe eudiométrique dé- P^epdent de la force explosive du mélange, et de la quantité sur laquelle on opère. Là force expansive d'un mélange d'oxigène et d'oxide de carbone que l'on enflamme est beaucoup moindre que celle d'un mélange ^'oxigène et d'hydrogène, ou de gaz olcfiant. Il ne siiffit pas de s'occuper de la résistance que le tube peut offrir, il faut encore quHl soit de capacité suf-

ll41lli&B Dl SB 8BRTIR DB l'sUDIOMAtRB. 57

fisaiM pour ne rien laisser échapper du produit au moment où Texpansion et l'agitation du mélange sont le plus considérables. On ne doit donc introduire dans un tube, ppur chaque détonation, que la quantité de gaz nécessaire pour occuper un sixième de sa capacité à la température ordinaire , et même en général il Taut mieux, pour plus de sûreté, n'opérer que sur une quantité beaucoup moindre.

922. 11 faut communément le concours de deux personnes pour les expériences eudiométriques, Tune pour tenir et diriger Tinstrumënt, Tautre pour communiquer la décharge électrique. On peut néanmoins opérer seul au moyen d*une disposition fort simple. On place la bouteille sur la table, de manière à ce que le bouton soit en contact ayec le conducteur principal de la machine, et communique au moyen d'un fil métallique de deux pieds de longueur à l'un des fils de l'eudiomètre; un autre fil de même longueur, portant à l'une de ses extrémités une boule métallique, est ensuite attaché par l'autre bout au second bouton de l'eudiomètre , de manière à ce que la boule se trouve à un demi-pouce d'une partier quelconque du conducteur de la machine. Il est bon d'isoler la boule et le fil qui la porte , en la plaçant sur un morceau de verre élevé à la hauteur convenable (16). De cette manière l'opérateur peut tenir l'eudiomètre d'une main^ et tourner la machine de l'autre. Lorsque la charge de la bouteille a acquis assez d'intensité pour que l'étincelle puisse franchir Vihtervalle d'un demi-pouce qui se trouve entre le conducteur et la boule , elle se décharge par les Çls de l'eudiomètre. La main qui tient le tube doit être, comme nous l'avoué dit (919), aussi éloignée que possible des fils conducteurs.

$8 HANiniLATtOHS CHIMIQUES.

92^. Au moyen de. l'eudiomètre du docteur Urc

^914], on peut opérer seul avec la plus grande îacitilé. Cet ÎDsU'uincnt eat garni de dcu^s tiges de platine comme les autres eudîomètres; mais par la courbure qui lui est donnée, l'exlréinité ouverte se-trouve à la hauteur de l'e^Ltrémité fermée. On le remplit d'eau ou de inercure,^ •*! l'on y introduit le gaz de la manière ordinaire; le tenant ensuite dans une position verticale, on déplace une portion du liquide de la branche ouverte soit en y enfonçant une baguette de verre, soit par tout autre moyen. On saisît alors la branche ouverte avec la main , le pouce fortement appuyé sur l'ouverture, de manière à la bou- I cher, et à toucher eU même temps l'un desjils; l'étincelle passant du conducteur à la main, traverse le gaz et l'enflamme. Le gaz en ^e dilatant refoule Le liquide qu'il surmontait, tandis que l'air de la partie fermée par le pouceagit comme ressort pour comprimer la violence de l'explosion. Si l'on veut .faire passer dans l'eudiomètre la charge d'une bouteille (918), il ne faut plus que le pouce louche le bouton en fermant l'ouverture ; mais lorsque la buuteiUe est chargée, il faut accrocher le fil communiquant avec l'extérieur au bouton de l'eudiomètre le plus voisin du pouce, de manière à ce qu'il ne puisse glisser pendant i'espérience, pois approcher la tige métallique de la bouteille de l'autre bouton, ce qui [Produira la décharge.

924. II est inutile de décrire avec détails les dispositions d'une hatteile; c'est un appareil qui reAtre dans le domaine de la pliysi(|^ue. Xoutç» les Toi; que l'on a

fy^V^ ^'^tt JSiire us^çç dav^ le labppratoir«^, il f^ut ei^i^niaer si toutes 4es armurçs extérieures commuiiiqf^ep^i bien ensemhle au moyen de substances métal- Ijiques,. telles, que des fils ou des feulUes de métal, et 9*as;^^rer que les armures intérieures, correspondent également entre çlles, eX qu'aucune pointe, aucun G\ métallique , ni conducteur quela)Qque, ne peut établir de communication entre rintérieui et Textépieur , ou, qoutiriçr le fluide électrique.

Lorsque Von sie sert de la batterie , il faut prendra gsirde de ce pas la décharger accidentellement eu s'en f pprQoh^t de trop près ; car bien que le choc pût ne pas être dangereui^, il occasionerait un mouvement ^Yolpjijitair^ , qui pourrait déranger une opération impprtante. Lors jfjuéme qu.'upe batterie a été déchargée^ il est encoriÇ quelques précautions à prendre; car il existe une portion d*électricité répandue sur la çnr%(^.da verre i^on garni d'étain. Cette portion n'est jj^nt enjle^ée par la décharge, et renvoie le fluide aux aj^mure;^, de sorte qu'elle recharge la batterie d'unç manièi*^ quelquefois étounantc; c'est pourquoi, si ^pr^s. avoir déchargé un|& batterie on la laisse quelques minutes sans que l'armure i^térieure communique àvçç la terre ou avec l'armure extérieure, on peut e^cp/re tirer , ^n appliquant l'excitateur, une très* forte étincelle.

^25* Lorsqu'on n^a pas à sa disposition une bouteille de Leyde, on peut en construire une avec unç grwde fiole à médecine de verre mince : on la remplit mijf. deux tiers ou aux trois quarts de limaille mîjtallique,/gn collç à l'extérieur une feuille d'étain ^'éle- V[ant à la hauteur de la limaille , et Ton ferme l'ouvertwç ay/fc uaboi^çl^pn en£o2\cé, presqu au i^veau du

60 MAttlPUlATIONS CHIHlQims.

sommet du goulot; on fait passer à travers le bouchon une tige métallique , de manière qu^une des extrémités entre dans la limaille , et que Vautre sorte d'environ trois pouces au-dessus du bouchon ; à Textrémité extérieure on adapte une balle de plomb ou toute autre boule métallique convenable. On remplace encore trèsbien la bouteille de Leyde par un morceau de tube de verre mince d'un grand diamètre , garni intérieurement et extérieurement d'une feuille d'étain qui s'étend à environ deux pouces de chaque extrémité, muni d'un bouton et d'un fil métallique commune quant avec Tarmure intérieure, comme nousArenonv de le décrire ; enfin on peut se servir au besoin d'un plateau de verre blanc, garni des deux côtés de feuilles d'étain à un pouce et demi de ses bords, mais il faut n'y toucher qu'avec précaution, de crainte qu'il n^ se décharge par le contact des doigts.

926. On se procure à peif de frais un excellîcnt excitateur en prenant un morceau de fil métallique d'environ douze pi»uces de longueur, que l'on recourbe, et que l'on termine par une boule à chaque extrémité ^ et au milieu duquel on adapte un bâtbn de cire à cacheter pour servir de poignée. ^

927. L'électrophore est un instrum^t qui tn'érite l'attention du chimiste , par la facilité avec laquelle on peut le construire avec des matériaux qui se trouvent presque partout, et s'en servir pour remplacer une machine électrique dans les opérations ordinaires du laboratoire. La première partie de l'électrophore se compose d'un gâteau de résine que l'on prépare delà manière suivante : l'on prend une feuille d'étàin'dont on forme une espèce de .capsule à fond plat, dont les bords sont relevés à angle droit ; on fait fondre ensuite

ELlCTROraORB ORBINAIKE. 61

dans un vase métallique , parties égales de résine , de gomme-laque, et de térébentine de Venise, en ayant soin de maintenir le mélange à Tétat de fusion à une température de J08® à 110* cent., jusqu'à ce quMl ne se dégage plus de vapeur, et que la surface du liquide soit tranquille. Le laissant alors refroidir jusqu'à épaississement , on le yerse doucement (afin d^éviter qu'il ne se forme des bulles d'air) sur la feuille d'étain étendue , comme nous venons de le dire , de manière à former un gâteau d'un tiers de pouce d'épe^isseur. Lorsqu'il est refroidi, on rabat la feuille d'étain tout autour, et si on le trouve plus commode, on peut fixer une planche au-dessous du gâteau pour lui servir de fond , et prévenir toute fracture qui pourrait arriver par accident*

La seconde partie est ordinairement une planche d'un tiers à u^ demi-pouce d'épaisseur, à bords arrondis et unis , ayant deux à trois pouces de diamètre de moins que le gâteau de résine. On la recouvre d'une feuille d'étain collée bîe^ également, surtout vers les bords, de manière à ne présenter aucune aspérité. Le . côté \p plus uni est celui qui doit s'appliquer sur la surface du gâteau de résine', du côté opposé, et dans le centre du plateau on fixe , pour servir de poignée , un tube de verre d'environ sept à huit pouces de longueur; sur le bord du même côté l'on fixe encore un fil métallique de deux pouces de longueur, recourbé en dehors , et portant à son extrémité supérieure une boule de métal bien polie. Cet assemblage constitue la partie supérieure de l'électrophore.

928. Avant de se servir de. cet instrument, il faut sécifer et chauffer légèrement le gâteau de résine, et bijct communiquer la feuille d'étain av^c le réservoir

%t HANIPULATlblfS CHIHIQtZS.

commun, au moyen (Viiné chaîne ou d^iin fil métallique parlant de sa surface inférieure. On forme ensuite avec un morceau de flanelle sèche une espèce de rouleau très-lâche, d'environ dix pouces de longueur, et le tenant par une extrémité, on frappe obliquement sur la surface du gâteau de résine , de manière à produire à la fois une percussion et un frottement ; on développe ainsi à sa surface une quantité considérable d'électricité. On chauffe ensuite légèrement le disque de Téléctrophore, puis on le place sur le milieu du gâteau en le tenant par la poignée de verre , touchant alors lé boutoh du disque, on en fait sortir une étincelle. OnTent^ve ensuite, toujours par la poignée, dans Une direction horizontale, à deux ou trois pouces au-dessus du gâteau; on touche de nouveau le bouton avec le doigt ou une boule métallique, et il eu part une étincelle beaucoup plus forte que la première. En replaçant le disque s.ur le gâteau, et répétant la même manœuvre, on parvient à obtenir les mêmes effets pendant un espace de temps assez long. Toutes les étincelles qui partent ihi disque lorsqu'il est poâé sur le gâteau de résine sont négatives; celles qui se produisent lorsque! est hors de Tinfluence du gâteau sont positives.

929. Quand Télectrophore est en bon état, les ^tincelles que Ton tire après avoir levé le disque soût suffisantes pour enflainmer la plupart des. mélanges détonans sur lesquels oh opère. La détonation a lieu dans les eudiomètres en substituant le bouton du disque de Télèctrophore au conducteur de là machiile électrique. Si l'on a besoin d'une plus forte étincelle, on charge avec cet instrument une bouteille de Leyde, soit d'électricité positive, soit d'électricité négative. Daûs l6 premier caâ, il suffit d6 mettre le boutoïi du

ELICTHOPHOKES BU TEKHE , III XlCà , ETC. %%

disque en contact avec celui de la bouteille , immédiatement après que le premier a été séparé klu gâleau de résine. Lorsqi^n aura fait passer trente ou quarante étincelles, la bouteille sera chargée positivement, et chaque fois qu'on reposera le disque sur le gâteau , il reprendra l'électricité négative. Il est bien entendu que pour obtenir de fortes étincelles positives, il est néces^ saire de toucher le disque, lorsqu'il est sur le gâteau de résine , avec le doigt ou tout autre corps conducteur, que Ton retire avant d'enlever l'instrument; et^que pour obtenir les plus fortes étincelles négatives, il faut que le disque, lorsqu'il est levé, soit toujours dochargé de toute son électricité contre la main ou tout autre conducteur convenable, avant d'être replacé sur le gâteau. Il doit être toujours parfaitement isolé; et comme l'humidité adhère facilement à la surface dû verre, et le rend conducteur de Tçlcctricité, il est bon de vernin le tube qui sert de poignée avec de la cire à cacheter dissoute dans l'esprit de vin, ou même de l^rendre pour poignée un bâton de cire à cacheter, ou de toute autre matière résineuse.

9«30. Au lieu d^un gâteau de résine on peut employer •un plateau de verre sur lequel on colle une feuille d'étain pour former la base métallique (937) qui doit constituer essentiellement le fond de l'électrophore. Une grande lamo^ de mica, garnie également d un côté avec une feuille d'étain, forme un excellent étectrophore. Le disque peut alors être formé d'unp pla.'iue d'étain dont les bords sont reployés en-dessus autour d'un gros fil métallique, de manièfe à ne présenter à

]^é JWe

érieur aucun bord ou angle saillant. On se sert

!S divers électrophorés de la même manière que des précédens ; settlement, si l'on emploie du verre , il

faut avoir soin de le chauffer préalablement , et de le tenir chaud pendant toute Texpérience. On y développe unQ grande quantité d'électricité en le frottant avec un morceau de soie sur lequel %n a étendu un peu d'amalgame (908); il faut le passer vivement sur la surface en avant et en arrière f et le retirer à la fin en le faisant glisser rapidement vers le bord, afin d'éviter un contact prolongé sur une portion du verre.

931. L'électro mètre à feuille d'or deSetmet, perfectionné par Singer j est très-utile dans le laboratoire , par la facilité qu'il donne pour découvrir la présence du fluide électrique à une très-faible tension , et poiir en déterminer l'espèce. Ce fluide se développe constamment par l'action chimique, par la pile voltaîque, et par beaucoup d'autres causes qui rentrent dans le domaine de la chimie. L'instrument dont il s'agit , avec le perfectionnement qu'il a reçu de Singer, par l'application de sofi mode d'isolement du bouton et des feuilles d'or, peut , après avoir été chauffé et séché, retenir une charge électrique pendant des heures entières. Il seraR inutile d'entrer dans un détail minutieux des usages auxquels il est applicable ; mais l'expérience nous ayant démontré qu'en général les personnes qui ont occasion d'y avoir recours n'en comprennent pas bien les indications, nous croyons devoir insister plus particulièrement sur l'espèce de changement qu'il éprouve dans différentes circonstances , et sur les précautions à prendre pour en interpréter les indications.

932. Si l'on él^trise une portion isolée d'un corps conducteur, par exemple une boule de cuivre placée

.à Textrémité d'une tige de verre, et qu'ensuite djfekt mette en contact avec le bouton de Télectromèlr^^e

KANliRE DE SB SBRTIR BE L'litlCtllOMATRE. 68

bouton et les feuilles partageront Télectricitë , 06 ^i sera indiqué par la divergence de ces dernières. Si la charge de la boule est d'une intensité considérable , ïm feuilles se déchireront par Teffet de leur répulsicm ma* tuelle ou par la force de l'attraction des parois de la bouteille de verre ; si au contraire la charge est faible , elles se sépareront modérément j de manière à ne pas toucher le verre. Le degré de divergence des feuilles sera donc en quelque sorte proportionnel à l'intensité de la charge qui leur sera communiquée , et l'effet sera le même , quelle que soit la nature de l'électricité.

933. Il n'en est pas de même lorsque la substance électrlsée que l'on approche (de l'électromètre est un ccnrps non-conducteur; par exemple, lorsqu'au lieu d'une boule métallique , il s'agit d'un morceau de cire à cacheter frotté avec de la flanelle. Si cette snbMance est fortement électrisée , son approche causera dans les feuilles le même désordre et les mêmes effets que laboule métallique ; si , au contraire , elle n'est que fai*-' blement électrisée , elle produira sur les feuilles la liiême divergence , tant qu'elle sera en contact avec le bouton ; mais lorsqu'on la retirera , les feuilles, au lieu de conserver leur divergence , se rapprocheront , et ne resteront électriaées que très-légèrement , souvent même d'utie manière inappréciable. Cet effet tient au pouvoir noiiconducteur de la cire; la manière de transmettre l'électricité à l'électromètre en pareil cas, est de passer lev parties électrisées de la cire sur le bord du bouton , elles lui communiquent de petites portions d'électricité, et l'électromètre reste étectrisé de la même nta« nière que la cire. Cette méthode est néanmoins triisincertaine, car si l'électricité de la cire est fiiible, le frottement de cette substance contre lé )M>utcm de T^eo- 2 S

f § ViSlBIJLAlàoifS CHIIIIQUCS.

trooiètre produira quelquefois une électricité plus forte que celle qui existait auparavant sur la surface de la eite, ptrélectroDiètre se chargera , non de réleetricité préalfkble de la cire , mais de celle qui aura été développée par le frottemeut.

934; On peut cependant éviter cette difficulté dans 1a plupart des circonstances , en mettant simplement le corps noB«conducteur électrisé en contact avec la partie supérieure de lelectromètre^ et en l'y maintenant pendant toute l'expérience ; car l'espèce d'électricité que Ton développe ainsi par influence dans les feuilles métalliques , et qui cause leur divergence , est la même que* celle dont elles se chargeraient si l'éleo* tridté de la cirç pouvait ^ur être transmise. *

93ô. Nous avons déjà dit que le contact des corps fortement «lectrisés occasipnait le déchirement des feuilles; mais on peut» en tenant les corps à quelque distance , produire la divergence par influence ^ et même charger rînstruuiept assez fortement pour que la diver« gence des feuilles persiste après qu'elles auront été soustraitaa à Tinfluence du corps électrisé. Les effets produits ainsi par influence sont de la même espèce et ont la même étendue , que le corps électrisé soit conducteur ou non I de sorte que sous ce rapport il n'y a aucune différence entre la ^oule métallique et le bâton de cire.

936f Lorsqu'une substance électrisée est placée à ««e certaine distance du bouton de l'électromètre , de manière a y ooeasioner une divergence considérable ^ «t qu'on la r/$tient pendant quelques minutes dans la wème position , la divergence des feuilles diminue en Mnérali et cette diminution s'opère très-rapidement Idra^e l'imtr^f^eitf »e refroidi^ , que 1^ verre devient h«ltfid0> /^p»9 1^ f^uUl^a se déchirent, o^ que le bonioa

KAHIÂRE DE SB SEETlft pE t'Ét^CTEOMÂTRE. $7

préseate dea^ angles et dés pointes. En re^sr^it: khn graduellement le corps électrisé à nnp distance asse^ considérable pour qu'il ne puisse plus influencer Imstrument , on verra les feuilles se rapprocher d'abord et ensuite s'écarter de nouveau. Cette dernière divergence des feuilles sera le résultat de l aocftipulation d'une certaine quantité d'électricité différenje 4e çellu ' du corps que l'on a fait agir sur l'éleçtyomètre.

937. Si les effets indiqués ne se manifestent pas , c'eat une forte preuve de l'isolement et de la bwité de l'in^ strument. Si Ion touche alors le bouton iivec la main ou tout autre conducteur cooununiquaat avec la terre pendant que l'électromètre sera encore soumis à l'iiifluence du corps électrisé , la divergence des feuilles cessera aussitôt. L'instrument étant dans cet état sup?^ posqins que l'on interrompe la communication avec Ja terre, et que Je bouton et les feuilles demeurant p^hblte^ ment isolés, elles resteront toujours rapprochées î'uoe de l'autre ; mais si l'on éloigne alors le<;orps élecuisé les feuilles s'écarteront immédiatement, et l'électror mètre «era chargé d'électricité d'une espèce apposée à à celle du corps influençant. L'intensité de la charge ainsi dojjnée à l'instrument sera proportionnelle au degré de divergence excité dans les feuilles avami; q«p lattouchement du doigt ne les eût fait se r^pprocj^er. 938. Ainsi dans le cas où, comme nous l'avons dit il faut poser, la substance non-conductrice, iaiblemeia électrisée, sur le bouton de l'électromètre (934)pQuy produire une divergence au moyen d'une électricité semblable à la sienne , il f?ut se rappeler qup , si pendant l'expérience on touche au bouton avec les doîgts et qu'pp retire ensuite Je corps ékctri&é , Içs fciuilles se rapprocheront d'abord , puis s'écarterppt ^^fmtip^

68 MANIPlTLAriONS CHIUIQUES*

I'elfet de réiectricité différente de celle du cofps que Ton examine , bien qi^'au commencement de rexpérience elles aient été rendues divergentes par une électricité semblable à celle de ce corps.

&39. En conséquence y lorsqu'on a à examiner réiectricité d*ùn corps, il faut d'abord que les feuilles de l'éléctromètre soient écartées ; on pourra , dans ce cas , les charger avec Télectricite même du corps objet de f expérience , et à cet effet , s'il e^X, faiblement éleclrisêy on le mettra en contact avec le bouton , en Ty laissant 8*il n'est pas conducteur (9^4) , et en le retirant aussitôt après le contact , dans le cas contraire (932). Si le corps est fortement électrisé , on l'approchera assez près pour causer' une divergence suffisante dans les feuilles , et on le tiendra dans la même situation' jusqu'à la fin de l'expériènce. Il se rencontre cependant des circonstances dû il peut être convenable de charger l'éléctromètre d'une électricité opposée à «elle du corps que l'on exaihine (987) ; et dans l'un et l'autre cas, après avoir déterminé la nature de cette électricité, Ton saura de quelle espèce était celle dont le corps était primitivement chargé.

' 940. ' On détermine de la manière suivante la nature de riSlectricité qui canse la divergence des feuilles. On sait qu'un bâton de cire à cacheter , frotté avec de la -daiielle chauffée , s^électrise négativement; et qu'un tube dé verre chauffé , frotté avec nn mouchoir de soie sec, ou mieux encore , avec un morceau de soie sur lequel est nn peu d'amalgame (908) , s'électrise positive^ fiufit; la quantité d'électricité développée étant supposée assez forte pour séparer les feuilles d^un electroinètré , en tenant la cire ou le verre à une distance considérable ) lorsqu'on approchera l'une de ces sub-

MANlàRE DB SE SERVIR DE L'itSCTROMETRE. 69

Stances ëlectrîsées du bouton d'un électromètre donUles feuilles seront déjà divergentes, la divergence augmen*tera ou diminuera; si elle augmente , c'est une preuvQ que rélectromëtre se trouve chargé de la même espèce d'électricité que le corps qu'on lui présente ; si , au contraire, la divergence diminue , il faut en conclure que l'électricité est d'une nature différente. De sorte que., connaissant Télectricité du corps approché , on reconnaîtra celle de l'électromètre, et conséquemment celle du corps électrisé qui avait produit originairement la divergence. Prenons pour exemple un baton de cire électrisé négativement par la flanelle; si, en l'approchant d'un électromètre divergent , la cire fait resserrer les feuilles , on peut en conclure que les feuilles de l'électromètre sont dans un état positif ; si, au contraire, elle augmente la divergence dans un autre électromètre , c'est que les feuilles de ce dernier sont dans un état Tt^^a- /^. Si l'on eût approché une tige de verre électrisée des mêmes électromètres, elle aurait produit une divergence encore plus grande dans le premier , et diminué celle du second, ce qui indiquerait, dans l'un et l'autre cas, les mêmes états que la cire a déjà fait connaître. 941. La cire ou le verre electrises ne doivent être approchés qu'avec quelques précautions. Si l'électromètre est divergent, il faut électriser la cire ou le verre à une assez grande distance , pour qu'ils n'aient aucune influence sur l'instrum^it; on approche ensuite graduellement la partie la plus électrisée de la cire ou du verre , du bouton de l'électromètre , en éloignant de l'instrument, autant que possible, la main et les autres corps conducteurs, pendant tout le cours de l'expérience. Aussitôt que la tige commence à affecter les feuilles (bien qu'à une distance de dçux ou trois

Yd MàlIlPtLàTlOlift CHIMIQUES.

yiedë), il'fiiat observer attentiTement Teffet qui se produit I et alors on reconnaîtra facilement s'il y a drrergenoe ou rapprochement. C'est toujours d'après le premier effet produit , qu'il faut jug^er de la nature de rélectricité deTélectromètre; en effet , il peut arriver qu'en approchant un corps électrîsé d'un electrometre , la dîrergence des feuilles diminue d'abord, qu'elles tiennent au contact et qu'elles s'éloignent de nouveau d'une quantité plus considérable qu'au commencement de l'expérience , et si l'on s'en rapportait à cette dernière indication , on serait exposé à en tirer Une faussé conséquence. Ainsi , dès qu'on a observé le premier mouvement de l'instrument, il ne faut pas en approcher davantage le corps électrisé, dans la crainte de changer son état électrique ; on doit , au contraire , vériiSer cette première indication , en éloignant et en rapprochant alternativement le corps, de manière à éviter toute espèce d'incertitude. Il est vrai cependant que , si l'électromètre était chargé de la même électricité que le corps d'épreuve , les feuilles ne pourraient aller qu'en divergeant y à moins qu'elles ne se déchargeassent contre les parois du verre.

942. Il est bon de remarquer que , quoique l'approche de la tige influe sur la divergence , elle ne cause aucun changemement permanent dans l'électricité de rinstrument , à moins qu'elle ne soit placée à trop peu de distance , et qu'elle ne jette beaucoup de désordre dans les feuilles. L'électromètre , après une expérience bien faite , devra donc rester dans le même état électrique qu'auparavant.

d43. Lorsque le corps que l'on veut examiner est assez fortement électrisé pour qu'on ne puisse pas l'ap- (irocher de Félectromètre y et qu^on soit forcé de le pla-

cer à une distance snffisanie pottlr TalBieief (tlt)^ pour causer «ne dÎTergence convenable , il fattt Mvst de le tenir perpendiculairement sur le bouton , Irtittli au contraire y le placer dans une direction oblique ^ afin que. l'on puisse présenter du câ|^ opposé la tige dé vétté on le bâton de<^ire à cacheter , de manière a eé <^e lA tige d épreuve soit aussi éloignée que possible du côr^s » objet de l'expérience;

Pilé VôUiOque.

944. On a introduit à diverses époques de grande change^ens dans les formes et dans la disposition de la pile ; on peut consulter là^dessus les ouvragée étémentaires de chimie ou d'électricité, et les mémoires particuliers qui ont été publiés sur ce sujet» Ce qUénous voulons dire ici, se rapporte moins à cette và«riété de formes qu'à la manière de tirer de ces appareils toute l'utilité et tous les avantages possibles pour la pratique de la chimie. Quoique les préceptes que nous donnerons soient généraux, ils seront cependant parti-» culièrement applicables à ràppal*eil le plus ordinaire , où les Siemens sont disposés par séries 4e dix plongés dans des auges en faïence semblables à celles dues au docteur Babington.

945. On remplit eu général les auges d'un mélange d'eau et d'acides , qui , lorsque les plaques y sont plongées , donne à l'appareil plus de force et d'activité. On compose un mélange d'une force convenable , en ajoutant deux parties en volume d'acide sulfurique concentré et une partie d'acide nitrique ordinaire > à cent parties d'eau , et remuant bien le tout jusqu'à ce que le mélange soit complet. Il faut toujours s'assurer

4p ^:farce mirant dele verser dans les anges ; à cet effet , qnj|i;TQr$e une petite portion dans un yerre j Ton y place un morceau ^e zinc , et l'on observe Tintensité 4e Taction exercée sur le métal. Il doit s'en dégager un ^ur^nt de bulles de gaz assez petites pour qu'on ne ppiisse pas les distinguer les unes des autres à la vue. Ci l'action est assez forte pour qu'il se dégage un grand nombre de bulles volumineuses , qui s'élèvent rapide* ment à la surface y il faut augmenter les proportions de Veau. Si , au contrire , l'on n'aperçoit que peu ou point d'action chimique , il faut donner plus de force au i^oélange en ajoutant de l'acide.

946. Lorsque les plaques sont à leur place, on remplit les compartimens jusqu'à un demi-pouce du haut, en .évitant que le mélange communique d'un compartiment dans l'autre. Pour égaliser le niveau du liquide daps tous les compartimens , il faut lever l'auge d'un c6té , de manière à ce que le liquide puisse passer d'un compartiment dans l'autre par-dessus le* cloisons. On n'a pas à craindre qu'il s'échappe p^it'^essus les bords , parccc qu'ils sont plus élevés que ceux des cloisons ; dL^osition que l'on a adoptée dans tous les appareils voltaïques à compartimens 9 soit que l'auge soit en terre y soit que les élémens cimentés dans un^auge de bois y servent eux-mêmes de cloisons* . 947. Quand les élémens de la pile ne sont pas scellés dans l'auge, il est certaines précautions à prendre pour les y introduire. Après avoir versé le liquide excitateur , on place dans le même compartiment les plaques zinc et cuivre de deux paires contiguës , et non les deux plaques de la même paire. On ne peut craindre de se tromper sur ce point avec les élémens à double cuivre de WoUaston, mais il n'en est pas de

BATTKRIB TOLTAÏQUE. 73

même lorsque ces plaques sont simples. Il est encore nécessaire que toutes les plaques soient placées toujours dans le même ordre, les t^nes par rapport aux autres; s'il arrive qu'une série de dix paires soit placée à contresens dans une batterie de cent paires ou même davantage 9 rinconvénient qui en résulte est plus considérable que si cette série manquait complètement , et que TefFet d'une autre série semblable eût été neutralisé. Nous conseillerons d'arranger toujours la batterie de manière à ce que 9 quel que soit le nombre des auges , les deuJL' extrêmes soient à deux ou trois pieds Tune de l'autre.

948. Lorsque la batterie est chargée y et que les plaques sont plongées dans l'acide , pour s'assurer que tout est bien disposé, on attache deux fils métalliques aux plaques extrêmes , on entoure avec les extrémités de ces fils deux morceaux de charbon de buis bien calciné , et lorsqu'on les approche l'un de l'autre , il doit se faire aussitôt une décharge d'électricité 5 accompagnée d'une étincelle lumineuse extrêmement brillante , et plus ou moins grande , selon les dimensions et la force de la batterie. Si l'on n'obtient point d'efiet, ou que l'étincelle produite ne soit pas en rapport avec le nombre et la force des plaques y il faut chercher à découvrir ce qui nuit à l'action de la machine. On prend pour cela un fil de cuivre d'environ un vingtième de pouce de diamètre , et de quatre ou cinq pieds de longueur; on roule une des extrémités autour d'un morceau de charbon de bqis , l'autre étant parfaitement décapée ; commençant alors par une extrémité de la batterie , on presse fortement d'une main la pointe brillante contre la dernière plaque , tandis que de l'autre on touche avec le charbon le coin de la plaque la plus éloignée que l'on puisse atteindre. Si l'étincelle est aujssi brillante

74 MÂNIpbtATIONS CHIMIQUES.

qu'oi^potivait s'y attendre , c est une preute qne rappa<« reil est bien disposé dans la partie essayée. On place ensuite le bout brillant du fil métallique ^r la plaque touchée par le charbon , et Ton essaie de la même manière une seconde partie de la batterie , jusqu'à ce que tout Tappareil ait été soumis à la même épreuve. Si, pendant Tessai , la décharge d'une des portions semble imparfaite, ou manque tout-à-fait, alors en tenant le bout brillant du fil contre le disque aycc lequel il était en contact , au moment où Ton a fait la dernière expérience , on éprouve , en revenant en arrière , toutes les plaques de cinq en cinq avec le .charbon , en se rapprochant chaque fois de la plaque sur laquelle Textrémité brillante est appliquée; de cette manière, il arrive un instant où la décharge a lieu , quoique avec moins de force , puisque le nombre des plaques , qui se trouvent entre les deux extrémités du fil métallique , est moins considérable. Lorsque cette décharge s'effectue, on ' connaît l'endroit où se trouve l'obstacle qui s'opposait à l'action de la batterie.

Si Ton examine la batterie avec attention, Ton verra que la non-réussite de l'expérience provient , ou d'une plaque placée dans l'auge à laquelle elle n'appartient pas, ou du défaut d'acide , ou d'un fil métallique passé au travers de quelque autre partie de l'appareil , ou d'une communication métallique mal établie, ou d'une plaque de zinc brisée , cassée ou corrodée par l'acide, ou enfin de quelque autre cause semblable. Il faudra alors lever cet obstacle ; mais s'il est de nature à ce qu'on ne puisse y remédier sur-le-clmmp , on mettra à part l'auge défectueuse , ou bien l'on établira une bonne communication métallique au moyen de fortes tiges de cuivre entré les plaques les plus voisines de l'obstacle , afin de donner

BÂtTERIE VOLTAÏQUÉ. 75

pluft d'efibt et d'ensemble à Taction du reste de la batterie. Il n'est pas nécessaire de faire toujours cet essai de la batterie sur dés*portions de quatre ou cinq pîeds ; mais lorsque, par sa disposition, elle offre la facilité d'eâsaycr une étendue plus considérable , Ton peut en essayer, par exemple, une moitié à la fois , et découvrir ainsi de suite la portion qui renferme Tobstacle.

949. Le charbon employé dans ces expériences et stmres semblables , avec la batterie voltaïque , est fait avec du bois de buis que Ton coupe en morceaux de deux pouces de long et d'environ un quart de pouce d'épaisseur, et que Ton calcine à vase clos. A cet effet, on entasse ces morceaux de bois dans un creuset de terre, et, après les avoir couverts de sable sec, on les fait chauffer jusqu'à ce qu'ils ne donnent plus de flamme. Quoique la plus grande partie de ce charbon conduise l'électricité presque aussi bien que les métaux , îl est probable cependant que tous les, morceaux h'auront pas cette propriété au même degré. 11 faut donc en faire un chjoix: on les essaie au moyen d'une seule auge, en plaçant successivement chaque morceau de charbon entre ses deux pôles; Ton serre ensuite dans une bouteille bien bouchée ceux qui conduisent aisémept l'électricité , et donnent une étincelle brillante, et l'on. rejette ceux qui n*eh prodîiisent qu'une petite , ou qui sont absolument sans action. ,

950. Lorsque l'expérience exige la réunion de deux ou d'un plus grand nombre d'auges, et qu'on n'a pas les accessoires nécessaires pour faciliter cet arrangement , il faut d'abord placer les plaques dans la même position et dans le même ordre, dans chacune des auges, puis rétablir la communication au moyen d'un fil de cuivre d'un cinquième de pouce de diamètre. On

76 MANIPULATIONS CHlHU^ilISfi.

ne doit pas. se contenter de le recourber de manière à ce que ces extrémités plongent simplement dans leà compartimens que Ton veut réunir, il faut au contraire, les maintenir en contact immédiat avec les plaques , afin d'assurer entre elles une communication métallique complète. En effet, Ton conçoit qiie daQS le premier cas le fluide électrique serait forcé de «e répandre sur toute la surface du liquide , conducteur bien moins parfait que les corps métalliques, Uv^t de parvenir au fil de cuivre , ce qui causerait une grande diminution dans le pouvoir de la machine, tandis que , dans le second cas , le fil touchant à la plaque métallique, le fluide est transmis sans obstacle, et en quelque sorte sans aucune perke. Les fila de cuivre sont quelquefois eux-mêmes soudés sur des plaques métalliques de la même grandeur que celle de Tauge , et alors il n*eist pas nécessaire qu'il y ait contact immédiat , car on a pour trs^sm^ttre Télectiicité une surface métallique considérable en conta€t avec le liquide , dont la couche entre les deux plaque» se trouve réduita à un cinquième ou un sixième de aon.volume primitif. D'ailleurs ces plaques additionnelles agissent par influence, autant que les autres plaques de l'appareil. Si l'on n'a pas de fil de cuivre ainsi soudé à des plaques métalliques , on courbe un fil ordinaire , dje manière à ce qu'il puisse agir comme ressort , et faire pression contre les plaques des auges datis lesquelles on le plonge.

951. On appelle pôles les deux extrémitéa de l'appareil; les moyens de les faire communiquer avec les corps solides pu liquides sur lesquels ils doivent agir varient selon la nature des expériences^ On fait ordinairement partir des deux e^^trémités , des tiges ou de

BÀTTEÀnS VOLTAÏQUE , PÔLCS. 77

gros fils métalliques^ qui eux-méme^portent alors sou- "vent le nom de pôles. Il est absolument nécessaire que ces fils communiquent avec les extrémités de la batterie, soit au moyen ^e plaques aussi grandes que celles &e la batterie elle-même, soudés à leurs extrémités, soit par un tontaet immédiat avec les dernières plaques de la série, car la simple immersion dans le liquide du compartiment ne doit jamais être regardée comme établissant une communication suffisante (960).

962. Ces pôles ou fils métalliques doivent être d'une épaisseur considérable. Un fil de cuivre (950) d'un cinquième de pouce de diamètre , suffit ordinairement pour la plupart des opérations. Souvent la roîdeur d'un fil aussi gros s'oppose à ce qu*on puisse facilement le faire communiquer avec la substance objet de l'expérience, sans employer un autre fil métallique plus mince ; mais il faut alors que ce dernier soit fort court et que te fil principal se prolonge autant que possible; 11 est bon cependant que ces derniers fils eux -mêmes n'aient que la longueur absolument nécessaire pour faciliter' les expériences, car bien qu'ils ne diminuent pas sensiblement le pouvoir d'une forte batterie, il n'en est pas de même lorsque le pouvoir n'a qu'une Alible intensité, l^ous les métaux ne possèdent pas au même de§;ré la propriété de transmettre l'électricité : le cuivre est celui que l'on doit préférer pour établir des communicaëons voltaïques; il esttrès-duclile, très-flexible et fort bon conducteur ; il ne manifeste au- » cune propriété magnétique , quand il est pur et à l'état de repos, et n'exerce par conséquent aucune influence ^ur les phénomènes magnétiques produits par le courant électrique qui le traversé.

78 KANIPITLATIONS CHmiQUKSt

953. Pour souifiettre à l'actiop chimique de Véhctrîcité voltaïque les corps mauvais coijducteurs ( les seuls sur lesquels on ait pu jusqu'ici la faire agir ), ou les place entre les deux pôles , ou points extrêmes des fils méialliques.' La meilleure substance que Ton puis^ie employer pour former ces extrémités est le .platiue , comme étant de tous les métaux le moins attaquable. Plus ces pôles sont rapprochés, c'est-à-dire plus I4 portion du corps mauvaisconducteqr qui les sépare est petite, plus Teffet est énergique; de même, la dimension des pôles a une très^grande influence, car plus leur surface de contact avec la substance que Ton vent décomposer a d'étendue , plus Taction est considérable , pourvu toutefois que la distance entre les deux surfaces ne soit pas augmentée.

954. Ces remarques ne doivent s'entendre que p^ rapport à une étendue de surface agissante , beaucoup moins considérable que la dimension des plaqups de

-la batterie , elles sont d'autant pli^s applicables , que le corps soumis à l'action voltaïque est moins bon conducteur. Si, par exemple, la batterie était composée de cent paires de plaques de quatre peuces carrés , et que l'on plaçât de l'eau entre les deux pôles pour en opérer la décomposition; il vaudrait mieux, au lieu de tenir les pointes de platine dans l'eau , à un demi-pouce de distance vis-à-vis l'une de l'autre , les tenir parallcle^ment, toujours à la même distance» une méthode encore préférable, serait de remplacer le fil de platine par deux lames du même métal, et de les placer dans l'eau parallèlement l'une à l'autre, à un demi-pouce de distance. 0^ pourrait alors augmenter les dimensions de ces deux lames métalliques jusqu'à un peu plu^

BATTERIE YOLTAÏQUB , PÔLES » CONTACT METALLIQUE. 79

des deux tief s de la grandeur des plaques de la batterie y ce qui augmenterait considérablement la surface d'action, sans en diminuer sensiblement Tintensité. Il est cependant des circonstances où cette substitution des lames aux fils de platine , bien qu'excellente en elle-même, ne produirait plus aucun effet si les. lames avaient les mêmes dimension que les plaques, et même si elles ëtaiont proportionnellement aussi grandes que dans rexpériencc précédente ; tel serait le cas par exemple , avec une dissolution saturée de potasse.

95Ô. 11 est absolument nécessaire que la communication entre la balterie et le3 pôles actifs, ou points extrêmes des fils , soit parfaite. Toutes les fois qu'on peut les joindre d'une manière permanente, il faut le faire au moyen d'une bonne soudure métallique. Lorsqu'il ne faut qu'une communication temporaire, on l'établit en mettant les surfaces en contact immédiat, et en les maintenant pendant quelque temps dans cette position par la pression ou tout autre moyen. On peut entrelacer des fils ensemble, en ayant auparavant le soin d'en bien décaper et d'en polir les surfaces. Si , à cause de leur épaisseur, ils sont roideset durs, il faut d'abord opérer une légère torsion , puis les lier ensemble au moyen d'une vingtaine de tours de fil de cuivre plus mince. Soit qu'on enlace les fiJs , ou qu'on les lie ensemble , il ne suffit jamais de deux ou trois tpurs. 11 faut que les, deux morceaux soient Hqs ou entrelacés de ma-* nière à être aussi inébranlables que s'ils ne formaient qu'une seule pièce. *

956. Lorsqu'on est obligé d'interrompre et de rétablir fréquemment la communication* ce qui arrive dans la plupart des expérieoi^es électroHshimiques et electro»

80 VANIPULÀTIONS CHmiQDSS.

magnétiques y il faut le faire toujours dans une seul« partie de la communication métallique. Il est souvent avantageux d'amalgamer Textrémité des fils métalliques qui établissent les communications , parce qu'il suffit ensuite de les frotter avec un peu de mercure pour augmenter considérablement leur surface de contact. Pour cela on décape les fils de enivre , puis on les passe dans une dissolution de nitrate de mercure^ et, après les avoir lavés dans l'eau , on les plonge dans le mercure ; si Texpérience doit être de longue durée ^ il faut mettre un quart d'once de mercure dans Un verre ou un godet 9 avec une demi-once d'une dissolution légèrement saturée de nitrate de mercure. On plonge dans le nitrate l'extrémité bien décapée du fil de cuivre , on la promène dans la dissolution et dans le métal , pour qu'elle s'amalgame promptement, ensuite on la passe dans un verre d'eau au fond duquel est un peu de mercure f pour enlever la dissolution y puis on sèche le tout avec du papier à filtrer. Cette méthode est excellente pour assurer l'amalgamation et le contact parfait des chaînons y au moyen desquels on obtient cette mobilité d'une partie ^e la communication métallique , souvent si nécessaire pour les expériences électro*magnétiques. Si on ne lave pas bien les extrémités amalgamées , elles s'oxident fréquemment , et se couvrent en peu de jours d'une croûte épaisse de matière non conductrice de l'électricité. Lors donq qu'on a à craindre cet ii^convé* nient à cause de la longue durée de l'expérience , il faut opérer l'amalgame non avec le nitVate de mercure, mais au moyen d'un peu de suif et de mercure à l'état métallique ; on met le suif et quelques globules de mercure sur une peau de chamois^ puis on y frotte le fil de cuivre

BATTERIB TOIiTAtoOE., COITTACT BSXALLIQUE. St;

jusqu'à ce que l'adhjéi^exice du mcfrcuve knt OfMUpli^:. Les fils ainsi prepares' ne se terniront pas aussi TÎte que ceuic amalgamés par la méthode précédente. >, <

957. Lorsqu^il s'agit de mettre ^ contact des 8ur« feces planes , l'interposition d'un peu de mercure piK>^ duit d'excellens effets ; il faut seulement avoir soin que les deux surfaces soient bien nettes; Quand on peut le* amalgamer y le contact est encore plus parfait. Un go^det rempli de mercure est aussi fort commode pour établir des communications métalliques qu'il faut intei^ rompre fréquemment: on fait alors plonger dani le métal les deux extrémités des fils préalablement àmal* gaméies , et Ton peut les déplacer eit les réplacer facilement sans causer la moindre secousse ni le moindre; dérangement dans l'appareil.

958. Il ne faut jamais oublier^ dans la pratique ces quatre points importans: contact métallique par&it , épaisseur sufôsante dans les fil» métalliques y peu de longueur dans ces mêmes fils, et grande étendue de surface , toutes les fois qu'un bon et un mauvais conducteur se trouvent en contact, il peut arriver que l'observation de quelques-uns de ces préceptes n^ sôi|^ pas nécessaire dans certaines expériences , mais néan» moins elle est toujours avantageuse, e^ souvent indispensable , surtout dans les expériences électro-mftgnétiques , où les recherches doivent portersur une grande quantité de, fluide électrique, mais à une faible tension. Ainsi , souvent un opérateur né pourra obtenir aucun effet électro-magnétique avec cinq ou six auges, tandis qu'un autre ^ en priant toutes les précautions itidiquées , l'obtiendra itvec une seule paire de petite plâqaes,

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