APPAREIL TOLTAÏQUE DE WOLLASTON
978. 11 est bon de remarquer ici , pour rinstruction des commençanSy que les instrumens composés dune seule paire de plaques n'ont point d'action chimique sensible.
979. Le bel appareil voltaïque de docteur Wollaston pour la précipitation (48ô) de certains métaux , est si instructif et si utile dans nombre d'expériences , que nous ne devons pas omettre d'en donner la description. Il fut inventépour la séparation du Cadmium de la dissolution du minerai que l'on analysait , après en avoir séparé tout ce qui pouvait en être précipité par le zinc seul (484). La dissolution ayant été rendue légèrement acide , fut mise dans un creuset de platine , et Ton y introduisit une tige de zinc , portant à la foils au fond et sur le bord du creuset, ce qui formait ainsi un élément voltaïque avec le platine et le liquide. L'action electro- chimique eut lieu, et le Cadmium fut précipité sur le platine , qui formait la partie négative de l'appareil. Quand la sépai'ation du Cadmium fut complète , on ôta le zinc , on décanta la dissolution , on lava le creuset , et le Cadmium qui y était resté adhérent , avec de l'eau distillée , puis à l'aide d'un peu d'acide nitrique on parvint à enievpr ce dernier métal ^ sans que le platine prouvât la moiudrp altération.
980. Un des problèmes que l'on ait le plus souvent à résoudre en chimie, est de savoir si un corps est ou non conducteur de Télectricité /ou à quel point il possède cette propriété. On parvient à connaître s'il jouit de la propriété conductrice au même point que les métaux, de la manière suivante. On sait qu'en plaçant la langue entre deux pièces , l'une d'argent et l'autre de zinc^ et les faisant se toucher sur les bords ^ on dis-
94 HiUIIPtlZJlTlONS CHIlflQUES.
tingue une certaine saveur, qui se renouvelle chaque fois qu'après l'avoir interrompu on reproduit le contact. Si y au lieu de mettre le zinc et l'argent en contact immédiat , on place entre les deux pièces une lamç oa un fil métallique y Ton éprouve encore la même saveur/ mais si la substance interposée est une substance non métallique, ou un de ces corps en si grand nombre , qui, quoique conducteurs de Télectricité , la transmettent plus imparfaitement que les métaux, par exemple, du papier humide , de l'amidon, ou même un morceau de galène, alors il ne se manifeste aucune saveur. Il faut donc commencer par mettre en contact le zinc et l'argent , et après avoir observé l'effet produit , placer la substance que l'on essaie entre ces deux métaux, et répéter l'expérience; la production ou la non production de saveur indiquera sur-le-champ si la substance est ou n'est pas conductrice. Tous les corps métalliques à l'état de pureté , de même que tous leurs alliages, produisent de la saveur ; mais jusqu'ici cette propriété n'ji été reconnue dans aucune autre substance, pas même dans les combinaisons des métauyx avec d'autres corps, tels que le soufre ou l'oxigène. Le procédé du docteur Wollaston pour empêcher la cpmmunication du zinc et de l'argent autrement que par la substance que Ton essaie, est d'une grande utilité (1); il consiste à faire un trou dans une carte, et à placer la substance dans de trou entre les deux métaux ; par ce moyen le contact est assuré , la substance maintenue à sa place, et le contact accidentel du zinc et de l'argent ne peut jamais avoir lieu,
(i) Pbi^08ophic»L tranaactions, p9|^. ao, i8i3.
1»0UT0IE 008»1JGT,BQR VMS UQVIDES. 9$
981* Le pouvoir conducteur des dissolutions et des liquides transparens se reconnaît au caractère suivant. S'il se dégage du gaz de la petite portion de substance placée ^entre les pôles voUaîques, qu'il y ait séparation ii'uu corps métallique ou autre ^ ou qu'il s^efTectue quelque changement que n'aurait pas produit le métal formant le pôle , séparé de la batterie, c'est une preuve qu'il passe un courant d'électricité , et par conséquent que le liquide est conducteur ; l'énergie de l'action qui «e manifeste indique en quelque sorte la force du pouiroir conducteur. 11 suffit , pour faire cette expérience y d'une petite batterie voltaïque. 11 peut arriver cependant, quoique assez rarement, qu'il ne s'effectue aucun changement apparent, bien que le corps soit aussi bon conducteur que les liquides qui éprouvent là décomposition ; c'est ce qu'on peut remarquer avec le chlore liquide. Lorsque ce cas se présente, outre le liquide qu'on veut éprouver, il faut placer dans un autre vase une .dissolution saline, faire communiquer le contenu de chaque vase avec l'un des pôles de la batterie , puis les réunir au moyen d'une lame de platine, courbée de manière que ses eiktrémités plongent dans l'un et l'autre liquide , aussi près que possible de l'extrémité des pôles de la batterie. On se trouve ainsi avoir deux substances soumises à l'action du courant électrique; si le dégagement de gaz indique que la décomposition a lieu dans la dissolution saline, c'est une preuve que l'autre liquide est un conducteur d'électricité assez parfait pour cette opération; s'il ne se manifeste aucune décomposition dans la dissolution , il faut en conclure que l'autre liquide ne peut donner passage, à une quantité d'éleetrieité suffisante .
96 HAUIPUtàTIOMS CHllflQUBS,
962. Oh peut soumettre à la même épreuve les corps solides non conducteurs au même degré que les métaux , en les substituant au liquide dont nous venons de parler , et faisant encore usage de la dissolution saline. A Taide de ce moyen"", on pourra acquérir la preuve que la plupart des combinaisons naturelles et artificielles des métaux aveé les autres corps sont conductrices d'électricité , bien qu'à un degré insuffisant pour produire la saveur dont nous avons parlé (960).
983. 11 existe , en outre , un grand nombre de sub- .slances qui , bien que possédant assez peu de pouvoir conducteur pour paraître des isoloires parfaits dans toutes «es épreuves , peuvent cependant en manifesta un assez considérable , à Taide d'un courant électrique d'une .plus grande intensité. On les classe ordinairement parmi les plus mauvais conducteurs , et la meilleure .manière de les examiner est peut-être de les soumettre aux indications de Télectromètre à feuille d'or (931). Lorsque ses feuilles sont divergentes , il faut toucher le bouton avec la substance que l'on tient avec la main ou à l'extrémité d'un fil métallique; il se décharge , et la rapidité plus ou mpii\s grande avec laquelle les fçuiiles se ferment , indique la force du pouvoir conducteur de la substance. Si les feuilles conservent leur première divergence y c'est une preuve de l'absence totale de pouvoir conducteur , autant au moins que puissent l'indiquer tous les moyens d'épreuve connus. Pour appliquer cette méthode à un liquide I il suffit de le placer dans un vase convenable , soit un tube ou. une capsule , comn^uniquant avec la terre à l'aide de la main ou d'un fil métallique , et de toucher en même temps le bouton de l'électromètre , et la surface du liquide avec un fil métallique courbé ,
POI7TOIR QfMttoctmm ^ wkozité m «• aovmsav* f 7 isolé au moyen d^on bâtoo de dre.à caclieter ou d« gomme^aqiie. Si les feuilles se rapprocheat mtièremeniy c'est une preuve que le liquide est toadoetéur de rélectricitë.
984. Ce genre d'épreuye a été modifié par M* Rons* 8eau(l) d'une manière fort ingénieuse. II amène Textrémité d'une pile sèche en contact avec le bouton de rélectromètre , et la maintient dans cette sttoation , ce qui occastone dans les feuilles une divergence dépendant du pouvoir du pôle. Il fait ensuite communiquer le bouton avec la t^'re au moyen du liquide ou de la substance qu'il veut essayer , et observe à quel point la divergence des feuilles s'en trouve diminuée. Lorsqu'elle cesse entièrement ^ le corps essayé poasède un pouvoir conducteur considérable, comparée celui de la plupart des substances que l'on essaie par ce moyen ; mais si les feuilles conservent à peu près leur position, c'est une preuve que le pouvoir conducteur est presque nul. On peut, à laide de cette méthode, établir des différences marquées , même entre lès diverses «ipèees d'huiles.
985. Quoique la pile voltalque serve particulière* ment à effectuer des décompositions chimiques, on peut cependant l'appliquer à des expériences d'un autre genre. Lorsqu'on opère dans l'air la décharge d'une forte batterie entre deux morceaux' de charbon de bois, la chaleur est très4ntense, et s'étend sur un plus grand espace que lorsqu'elle a lieu entre d^eux corps métalliques. On peut soumettre à l'action dé cette décharge toute espèce de ga£, et en observer
j[i) AnotlM de chimie , X$Tj, 373.
lea êfièts. C'est par cé moyen que l'on parvient à «lëcompotM^ l'hydrogène carbone ou sulfure.
98&; Bn 8oame|tant des filrmëtaniques d'un trèspetit diamètre à l'action du courant Yoltaïque, Hs B'échafafEénty rougissent, et entrent -en fusion. L'on troufve aifisi le moyen d^«pplîquer une forte chaleur dans des circonstances où Ton ne pourrait la produire d'aucune autre manière , eequi est très4inportant dans un grand nombre d'expériences , Ton peut faire chauffsr, rougir ou détoner des substances traversées par des fils métalliques j et renfermées dans des vases que Ton peut placer à une grande distance, ou même sous Teau : l'on a construit sur ce principe des endiomètres dans lesquels le mélange est enflammé par Tincandeseence d'un fil métallique qui le traverse.
987. Dans les recherches électro-chimiques, il est souvent nécessaire d'isoler les substances sur lesquelles on op^re : l'on a recours à divers moyens , suivant les drooiœtances. > Lorsqu'on a besoin d'un isoloir à sur- JKe plane > la meilleure substance que l'on puisse employer est une plaque de mica, puis un gâteau de résine ou decire^pu , à leur défaut , une plaqae de verre légèrement échauffée. Quel que soit l'isoloir que l'on emploie, il faut placer la substance assez loin [des bords favLV qu'elle ne soit pas soumise, dans son état éleetrique, à l'influence des corps environnans ; il est même avantageux de placer les plaques elles-mêmes sur une bouteille de* verre ou tout autre vase, surtout si Ton a à examiner mmutieusement l'espèce et le degré d'éléettrî^té de la substance isolée. Quand Tisoloir est sur une table ou sur un autre corps conducteur, il est soumis à l'influence de ce dernier; et ainsi, sans aucune
PILC YOLTAÏQDE , ISÔLOlRé. ^$
comtBunidation directe / laisse influencer d^une manière incertaine et variable le corps ëlectrisë qu'il supporte. Par la même raison , lorsqu'un corpà est isole pour être l'objet d'un examen minutieux , il faut éviter qu'il ne se trouve dans son voisinage aucune pointe où aucune faillie de matière conductrice , à cause de t'influence qui peut alors être exercée au travers de l'air.
988. Lorsqu'on se sert pour isoler de cyliildre de verre , de tabourets à pieds de verre, ou d'un verre à boire (343), il faut avoir sOin de les sécher et de les chauHer légèrement. Un appareil de ce genre, constamment employé à cet usage, doit être. verni avec de la cire à cacheter, dissoute dans de l'alcohol concentré. Le verre a une telle affinité pour Teau , qu'à la température ordinaire sa surface est constamment Isouverte d'une légère couche d'humidité, et devient alors susceptible de transmettre le fluide électrique à des tensions capables d'agir sur l'électromètre à feuille d'or, de sorte qu'il ne peut être considéré comme un isoloir parfait. Si on laisse refroidir à l'air une baguette de verre, bien chauffée et bien frottée, il sei^a facile, au bout de quelques heures, de se convaincre que , par le seul effet de la couche d'hun;iidité amassée sur sa surface , elle pourra décharger un électromètre à feuille d'or; car si l'on examine le verre de toutes les manières possibles , on reconnaît facilement qu'il n'est pas conducteur par lui-même à la température ordinaire, lorsqu'il est parfaitement sec. Les réaines sont très-supérieures au verre comme isoloirs, c'est pourquoi nous recommandons l'usage du vernis.
' 989. Lorsqu'on vçut isoler une petite masse de maÂère , on se sert d'un fil de soie blanche , trempé dans de là gomme-laque fondue, qui devient rigide
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par le refroidissement; on se sert aussi d'an bâton ou d'un fil de cette même résine . Il est facile de faire fondre cette substance y puis de la disposer en fils de différens diamètres; elle est supérieure à toute autre espèce d*isoloir à la température ordinaire.
990 et 991. On peut également suspendre la substance à un fil ou à un cordon de soie blanche. La soiç noire est souvent aussi conductrice que le fil humide y et les soies de couleur sont toujours inférieures à la blanche , sous ce rapport , la teinture qu'elles renferment leur donnant un certain degré de conductibilité.
LOIS, aMEIlS, 101