PARTIE OPTIQUE
La partie optique comprend Y objectif z t Y oculaire.
a. Objectif.
L’objectif est la partie la plus importante du microscope. Les objectifs qui n’ont qu’un pouvoir amplifiant faible ne possèdent qu’un seul verre; les autres possèdent un jeu de deux ou trois lentilles (xy, fig. 16), dans le but d’avoir une courte distance
HISTOLOGIE GÉNÉRALE
focale sans trop d’aberration de sphéricité. Ces lentilles sont
plan-convexes et de plus achromatiques . Pour les rendre achromatiques , on forme chacune d’elles de deux verres de composition différente (A, B, fig. 17) que l’on colle ensemble avec de la térébenthine sèche. L’un de ces verres (A) aune forme plan-concave et est en flirt tr/lctss, substance qui sépare considérablement les ray ons colorés ; l’autre (B) a la forme d’une lentille bi-eonvexe et est en crown-glass qui disperse fort peu les rayons lumineux ; il s’enfonce à moitié dans le verre en flintglass. On a ainsi une lentille plan -convexe achromati-
c’est-à-dire donnant
une image blanche, à cause de la compensation qui s'établit entre la lentille en ilint-glass, divergente et fort dispersive, et la lentille en crown-glass, convergente et très peu dispersive. Grâce à cette compensation, la convergence devient plus faible, le foyer est reporté plus loin, mais les rayons colorés sont ramenés en un seul point. Ainsi, avec la lentille B seule, on aurait en R le foyer des rayons rouges et en V celui des rayons violets; en ajoutant la lentille A, la convergence des rayons est
Fig. IG. — Coupe longitudinale d’un mi croscope composé.
LA TECHNIQUE MICROSCOPIQUE
diminuée et les rayons rouges et violets sont à la fois rejetés aune plus grande distance; mais l’effet est plus considérable sur les rayons violets qui sont les plus réfrangibles, de sorte que leur foyer Y' coïncidera avec le foyer des rayons rouges R' qui, étant moins réfrangibles, seront portés moins loin.
Fig. 17. — Achromatisme des lentilles.
Les rayons qui traversent une préparation avant d’arriver dans le microscope, rencontrent une couche d’air dont l’indice de réfraction est très éloigné de celui du verre, de sorte qu'ils s’éloignent de la normale et sont perdus pour l’observateur. On atténue cet effet, si l’on remplace par un liquide, eau ou huile, l’espace situé entre la préparation et l’objectif. Les objectifs construits à cet usage sont des objectifs à immersion .
On construit aussi des objectifs à correction (fig. 18), dans lesquels la première lentille peut à l’aide d’un collier, être rapprochée ou éloignée des deux autres, dans le but de corriger l’influence de l’épaisseur de la lame de verre qui recouvre l’objet que l'on observe.
On a construit dans ces derniers temps des obiec-
. \ «• Objectif a cor-
tits dits apo chromatiques, dans lesquels on écarte rection. l’aberration chromatique secondaire et on enlève l’aberration de sphéricité pour toutes les couleurs du spectre.
b. Oculaire.
Théoriquement, l’oculaire pourrait être composé d’une seule lentille; mais un oculaire ainsi composé ne présente de netteté qu’au centre, les rayons marginaux étant en partie perdus pour l’observateur. C’est pour obvier à cet inconvénient qu’ils sont Hérail. — Plantes méd. 2
HISTOLOGIE GÉNÉRALE
tous munis d’une deuxième lentille, appelée verre de champ (Z, fig. 16) ; la lentille supérieure est le verre de l’œil. Ces deux lentilles sont plan-convexes, à convexité tournée vers l’objet, et non achromatiques.
La lentille de champ, par suite de la concentration qu’elle fait subir aux rayons qui ont traversé l’objectif, permet de laisser pénétrer dans l’oculaire des rayons lumineux qui ne seraient pas admis sans cette disposition. En un mot, elle agrandit le champ de T instrument, d’où son nom. Ainsi on voit dans la figure 16 que l image de l’objet i, donnée par l’oculaire xy , irait se former en II et ne serait pas aperçue en entier par l’observateur; mais la lentille de champ CC prend les rayons lumineux avant la formation de l’image, et celle-ci vient se former en i’if ; c’est cette image ainsi réduite, que le verre de l’œil grossit à la façon d’une loupe et, finalement, l’observateur aperçoit l’image IT. La lentille de champ corrige aussi l’aberration de sphéricité, et cette correction est encore augmentée par les diaphragmes DD, dd qui éteignent les rayons marginaux.