POIVRE NOIR
Origine botanique. — Le Poivre noir est le fruit du Piper nigrum , L., arbuste sarmenteux qui croît aux Indes, à Java, à Sumatra, à Rornéo, où il est cultivé. On cueille les baies un peu avant leur maturité, on les fait sécher au soleil, et elles constituent alors le Poivre noir du commerce.
Description. — Les grains de Poivre sont globuleux, de o millimètres de diamètre, colorés en brun noirâtre et fortement ridés à la surface. A la partie inférieure, ils portent un reste très court du pédoncule, et au sommet les rudiments du style formant une éminence conique (pl. XXXII, fig. 3). L'intérieur du fruit est blanchâtre, dur et corné vers la circonférence, farineux au centre. Odeur piquante et aromatique ; saveur âcre, brûlante, toute particulière.
Histologie (Voir pl. XXXÏI, fig. 4). — Le Poivre présente, à l’extérieur, un épiderme au-dessous duquel se trouve une ou deux rangées de cellules scléreuses ( c . sc ) ; la cavité de tous ces éléments est remplie d’une matière résineuse brunâtre. Le parenchyme (mes) est essentiellement amylifère ; on y trouve cependant des glandes à essence (gl) très nombreuses à la partie profonde de ce tissu ; il est parcouru par quelques faisceaux libéro-ligneux. L’épiderme interne (end) est constitué par une assise de cellules épaissies en fer à cheval. Les téguments (teg) qui entourent la graine sont aplatis ; ils comprennent deux assises de cellules brunâtres. Les cellules de l’albumen (a(I) 2) sont gorgées d’ainidon; on y rencontre des glandes à oléo-résine.
Substitutions. — Le Poivre employé comme condiment, étant d’un prix relativement élevé, est soumis à des falsifications très nombreuses, surtout quand il est à l’état de poudre. Pour l’étude détaillée de ces falsifications nous .renvoyons aux ouvrages spéciaux (1). Il nous suffira d’ajouter que l’exa-
(I) V. Bonnet, Précis d'analyse microscopique des denrées alimentaires. Paris,
1890, p. 113 et suivantes.
CUBÈBE.
men microscopique permettra toujours de les reconnaître ; on n’aura qu’à se reporter à ce que nous venons de dire pour voir si la poudre renferme des éléments étrangers; la détermination de leur nature sera faite facilement à l’aide des ouvrages, d’ailleurs nombreux, qui traitent de la question.
Usages. — Le Poivre est un stimulant et un stomachique presque inusité en médecine. Il n’est plus guère employé que comme condiment.
CUBÈBE
Origine botanique. — C’est le fruit du Piper Cubeba , Miq., arbuste grimpant originaire de Java, de Sumatra et de Bornéo,
Fig. 210. — Rameau de Piper Cubeba portant des fruits.
où on le cultive pour l’exploitation. Comme pour le Poivre noir, les fruits sont récoltés un peu avant la maturité.
Description. — Les fruits de Cubèbe, tels qu’on les trouve dans le commerce, sont globuleux, ridés, un peu plus gros que ceux du Poivre noir, et prolongés à la base en une sorte de pédoncule qui n’est en réalité que la partie rétrécie du fruit ; la longueur de ce prolongement est de 5 à 7 millimètres. La cou-
leur du Cubèbe est grise, brune ou brun noirâtre. A l’intérieur, on trouve une seule graine, qui n’adhère pas au péricarpe dont elle est nettement séparée par un certain intervalle. Odeur spéciale ; saveur forte, camphrée, piquante, à la fois amère et aromatique.
Histologie (Voir pl. XXXII, fig. 5). — Sous l’épiderme (ep), on trouve généralement une seule assise de cellules scléreuses ( c . sc). Le parenchyme (mes) est amylifère et renferme un très grand nombre de glandes à essence, dans lesquelles on aperçoit fréquemment des cristaux de pipérine en aiguilles. La couche interne du péricarpe (end) est constituée par des cellules scléreuses, fortement épaissies, et allongées radialement.
Usages. — Le Cubèbe est employé dans le traitement de la blennorrhagie.