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PROTOPLASME

Le protoplasme présente une composition chimique très complexe ; il est formé d’un grand nombre de matières organiques et minérales en dissolution dans l’eau, et en voie continuelle de décompositions et de combinaisons chimiques. Il appartient en somme au groupe des matières azotées ou albuminoïdes, car il s’organise au moyen des quatre éléments, carbone, hydrogène, oxygène et azote. L’ensemble forme une substance claire, tranparente, incolore, qui paraît fondamentale : c’est Yhyaloplasme. A l’intérieur de cette substance, se trouvent un grand nombre de granulations de dimension variable, qui donnent au protoplasme son aspect granuleux et plus ou moins trouble : ce sont les microsomés. Il y a enfin le suc protoplasmique ou chyléma.

Les réactifs du protoplasme sont ceux de toutes les matières albuminoïdes. L’iode en solution aqueuse ou alcoolique colore le protoplasme en jaune brun ; le carmin et le réactif de Millon le colorent en rouge, l’hématoxyline en violet; il se colore aussi en rose ou en rouge, par l’action successive de l’eau sucrée et de l’acide sulfurique ; enfin, il fixe toutes les couleurs d’aniline en solution étendue. Les alcalis étendus ont la propriété de rendre le protoplasme diffluent et semblent le dissoudre. Au contraire, les acides dilués et l’alcool à 90° le coagulent.

Au point de vue de sa consistance, le protoplasme est tantôt très fluide, sans être cependant jamais liquide, tantôt très dur, de consistance cornée ; entre les deux extrêmes, on trouve tous les intermédiaires. Cette consistance dépend évidemment de la quantité plus ou moins grande d’eau d’interposition qu'il renferme. Dans les graines, où le protoplasme est très dur, il a perdu toute ou presque toute son eau d’interposition ; il résulte, en même temps, comme conséquence naturelle de cet état, que les manifestations vitales sont notablement diminuées, presque nulles, sans être pour cela complètement suspendues. La cellule est dite alors à l’état de vie ralentie , et le protoplasme reprend ses manifestations vitales actives lorsqu'on lui

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rend son eau d’interposition en même temps que les autres conditions extérieures.

Un des caractères physiologiques du protoplasme est d’être constamment animé de mouvements qui se traduisent, soit par la formation de courants se dirigeant dans tous les sens à l’intérieur de sa masse, soit par la translation de la masse ellemême tout entière.

La circulation intérieure (tu 'protoplasme peut s’observer assez facilement dans les cellules d’un grand nombre de poils : poils staminaux des Tradescantia, poils calicinaux de YAlthæa rosea, poils de la feuille de Jusquiame noire, etc. Dans la plupart de ces cellules, le noyau en occupe à peu près le centre, et il est entouré par une couche de protoplasme reliée au protoplasme pariétal par de nombreux trabécules (//?, fig. 28). Si l’on examine à un fort grossissement un de ces prolongements protoplasmiques, on remarquera que les nombreux microsomes qu’il renferme sont entraînés par deux courants contraires, l’un ascendant, l’autre descendant.

La rotation du protoplasme pourra être étudiée dans les cellules de la feuille de la Vallisnérie, ou mieux dans celles de la feuille de YHeloclea canadensis. Il suffira pour cela d’examiner une feuille de cette plante par la face inférieure, et d’observer surtout les cellules allongées qui forment la nervure médiane de la feuille : on verra les grains de chlorophylle entraînés tout autour de la cellule, par suite du mouvement circulaire qu’exécute la couche pariétale du protoplasme. Il faudra avoir soin que la température de l’eau dans laquelle se fait l’observation, soit au moins de 30°; à une basse température, en effet, le protoplasme est complètement immobile.

Lorsque le protoplasme de la cellule n’est pas entouré d’une membrane cellulosique, on assiste à une véritable marche de la masse protoplasmique qui se déplace à la suite de mouvements amiboïdes. Ce phénomène se produit d’une façon remar-

Fig. 28. — Cellule de Marchantia.

up, protoplasme pariétal ; Ip, trabécules protoplasmiques ; n , noyau.

LA CELLULE

quable chez un Champignon de Tordre des Myxomycètes, YÆthalium septicum, qui atteint des dimensions énormes, et que Ton peut se procurer facilement dans les tanneries, sur les tas de tan. Ces mouvements de translation n’empêchent pas d’ailleurs les mouvements de circulation intérieure de se produire.

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