III. — Feuille
Une feuille complète est composée de trois parties : la gaine, le pétiole et le limbe (fig. 142). Nous étudierons la structure des deux plus importantes, le pétiole et le limbe.
A. — Structure du pétiole.
La coupe transversale d’un pétiole montre, comme pour la tige, trois choses différentes à examiner : lepiderme, le parenchyme et les faisceaux libéro-ligneux (pl. XXIII, fig. 2).
L'épiderme (ep) possède les caractères généraux de ce tissu ; nous n’avons rien à ajouter à ce qui a été déjà dit à ce sujet.
Le parenchyme ( p ) est formé de cellules arrondies ou polyédriques, renfermant le plus souvent de la chlorophylle et présentant entre elles des méats assez larges. Dans les plantes aquatiques (Ményanthe, Nénuphar, Sagittaire, etc.), ce parenchyme est parcouru par des canaux aérifères volumineux. Le parenchyme est fréquemment transformé, dans la zone sous-épidermi-
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que, en collenchyme ou en tissu scléreux; ces tissus de soutien peuvent former un anneau continu (col) ou bien être disposés en amas isolés plus ou moins volumineux ; en face de ces amas, l’épiderme ne porte pas de stomates.
Les faisceaux qui sont disséminés dans le parenchyme sont généralement en nombre impair, et disposés de manière à former un arc plus ou moins ouvert à la face supérieure.
Ces faisceaux sont d'inégale dimension ; le médian est le plus développé (pl. XXIII, fîg. 2) et les autres sont de plus en plus petits. Il en résulte que le pétiole n’est plus, comme la tige ou la racine, symétrique par rapporté l’axe ; il est seulement symétrique par rapport à un plan.
Le faisceau médian a toujours son liber tourné vers le bas, et son bois dirigé vers le haut ; les autres tournent toujours leur liber en dehors et leur bois eu dedans.
Parfois, les deux extrémités de l’arc peuvent se rejoindre et alors les faisceaux sont disposés en un cercle continu ; on a ainsi, comme dans la tige, une moelle et des rayons médullaires. Les faisceaux de la région supérieure sont moins volumineux que ceux de la région inférieure, de sorte que l’organe n’est toujours symétrique que par rapport à un plan.
On trouve encore dans le pétiole, un endoderme et un péricycle qui affectent deux manières d’être dépendant ellesmêmes de la structure du pétiole. Dans le cas où les faisceaux sont disposés en arc, chacun d’eux est entouré par un endoderme et un péricycie spéciaux [end et per, pl. XXIII, fig. 2);
Hérail. — Plantes méd. 10
Fig. 142. — Feuille de Y Arum Dracuuculus.
vg, gaine; pt , pétiole; l, limbe.
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lorsque, au contraire, les faisceaux forment un cercle continu, on a un seul endoderme et un seul péricycle entourant l’en* semble des faisceaux conducteurs.
B. Structure du limbe.
Comme pour le pétiole, on trouve encore ici, un épiderme, un parenchyme vert et des faisceaux libéro-ligneux constituant les nervures de la feuille.
L’épiderme se présente avec les caractères généraux déjà étudiés. Les stomates sont plus nombreux que sur la tige; ils sont à peu près uniformément répandus, ou bien réunis en groupes, formant au milieu de l'épiderme des plages stomatifères. Les feuilles molles portent des stomates sur les deux faces; les feuilles coriaces en manquent à la face supérieure; les feuilles submergées en sont dépourvues, tandis que les feuilles nageantes en ont seulement à la face supérieure.
En outre, les feuilles portent des stomates spéciaux, qui servent à l’écoulement de l’eau en nature, et que l’on appelle des stomates aquifères. Ces stomates particuliers sont toujours situés à l’extrémité des nervures.
Le parenchyme de la feuille, qui est le plus généralement chlorophyllien, affecte deux dispositions tout à fait typiques.
Dans le type centriqae, le parenchyme est conformé de la même manière sur les deux faces; les cellules peuvent être arrondies dans toute l’épaisseur du limbe (Plantain, pl. XXVI, fig. 3), ou bien disposées en palissade sur les deux faces, le centre étant occupé par des cellules arrondies (feuille de Séné, pl. XXIX, fig. 2) ou plus ou moins polyédriques (feuille d’Aloès, pl. XXVI, fig. 4). Enfin, tantôt le parenchyme est complètement vert; tantôt la zone périphérique est seule verte, tandis que la région centrale est occupée par un tissu incolore (feuilles d'Aloès, d’Agave, etc.).
Dans le type hétérogène , le parenchyme est vert dans toute l’épaisseur de la feuille, mais il se partage en deux couches de structure différente. La couche supérieure comprend un ou plusieurs rangs de cellules plus longues que larges, étroitement serrées les unes contre les autres et presque sans méats :
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c’est le tissu en palissade {pa.p, fig. 143). La couche inférieure est constituée par des cellules irrégulièrement rameuses, s’ajustant par leurs bras et circonscrivant ainsi des lacunes souvent très grandes : c’est le tissu lacuneux ( pa.l ).
Il peut arriver que les cellules des deux couches aient une
Fig. 143. — Coupe de la feuille de Busserole (Ardostaphylos Uva-Ursï).
ep.s, épiderme supérieur; ep.i, épiderme inférieur; pa.p, parenchyme en palissade; pa. I, parenchyme lacuneux; h, hypoderme; st, stomate; t.s , tissu scléreux; flb, faisceau libéro-ligneux ;■ b, bois; l, liber; pf, péricycle fibreux; co, collenchyme.
forme irrégulière et ne diffèrent que par les saillies des bras et la dimension des lacunes; c’est le cas de la feuille de Scolopendre Qd, fig. 144).
On trouve fréquemment sous l’épiderme une ou plusieurs assises de cellules absolument incolores, paraissant ne renfermer que de l’eau : l’ensemble de ces cellules constitue Y hypoderme [h, fig. 143).
Les nervures sont formées par l’épanouissement des faisceaux du pétiole à l’intérieur du limbe. Chacune d’elles n’est donc
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autre chose qu’un faisceau libéro-ligneux avec liber tourné vers le bas et bois vers le haut (/, Æ, fig. 143). Très fréquemment, au-dessus et au-dessous de la nervure, se trouve un amas de collenchyme sous-épidermique (co), qui peut arriver jusqu’au faisceau lui-même. Chacun des faisceaux des nervures est entouré par un endoderme et un péricycle spéciaux. Au fur et à mesure que les nervures s’amincissent, le liber diminue
Fig. 144. — Coupe de la feuille de Scolopendre ( Scolopendrium officinale ).
ep.s, épiderme supérieur; ep.i, épiderme inférieur; p, parenchyme; flb, faisceaux libéro-ligneux; sp, sporanges; i, indusie.
et finit par disparaître, de sorte que les faisceaux des plus fines nervures sont uniquement constitués par du bois.
Les feuilles des Fougères présentent une particularité à signaler : elles portent généralement à leur face inférieure les organes reproducteurs. Ceux-ci sont constitués par des sporanges renfermant les spores; ces sporanges ( sp , fig. 144) sont rarement isolés, le plus souvent groupés en amas qui ont reçu le nom de sores. Les sores, à leur tour, peuvent être nus ou recouverts par une sorte de membrane de nature épidermique qui a reçu le nom d 'indusie (i). On pourra prendre, comme su jet
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d’étude, la feuille de Scolopendre, dont les face inférieure, sont facilement visibles : ils forment un double rang de boutonnières, dirigées presque perpendiculairement à la nervure médiane, et parallèles les unes aux autres dans chaque rangée (fig. 145). La coupe de la feuille devra être faite suivant une direction perpendiculaire à l’axe même du sore; on pourra alors observer les détails reproduits dans la figure 144.
1Y. — Fleur.
La structure de la fleur a pour nous bien moins d’importance que celle des organes que nous venons d’étudier. Il convient cependant d’en dire quelques mots.
On sait que la fleur n’est autre chose qu’un rameau dont les diverses parties sont plus ou moins transformées. Nous retrouverons donc dans certaines parties la structure de la tige et dans d’autres celles de la feuille. Cependant, certaines de ces parties sont profondément modifiées, de sorte qu’elles présentent une structure un peu particulière : ces dernières nous retiendront plus longtemps.
À. — Structure du pédicelle, des bractées et du périanthe.
sores, disposés à la
Le pédicelle ou pédoncule de la fleur présente la structure de la tige. On y trouve en effet un épiderme, une écorce limitée en dedans par l’endoderme, un péricycle, et des faisceaux libéroligneux disposés en un seul cercle ou en plusieurs cercles. Les bractées, les sépales et les pétales offrent une structure
Fig. 145. — Feuille de Scolopendre (face inférieure).
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en tout semblable à celle des feuilles ; la modification a été si peu profonde qu’elle n’a pu altérer la structure. Le parenchyme se rattache au type centrique, avec stomates sur les deux faces ; les nervures ont une structure très simple. Il faut noter que souvent, les cellules épidermiques des pétales, et parfois celles des sépales, forment des papilles, qui produisent ce que l’on appelle le velouté des fleurs (fig. 146). C’est encore dans des cellules épidermiques que se trouvent généralement localisées les matières colorantes liquides (Violette) ou à l’état de chromoleucites (Chrysanthème).
Fig. 146. — Épiderme d’un pétale de Pensée.
B. — Structure de l'androcée.
L’androcée est constitué par des pièces florales qui portent le nom déétamines. Chaque étamine étant composée d’un lilet et d’une anthère (2, fîg. 148), il importe d’étudier séparément chacune de ces deux parties.
La structure du filet est des plus simples. Il est constitué par un faisceau libéro-ligneux collatéral, autour duquel se trouve une zone plus ou moins volumineuse de parenchyme, revêtue elle-même à l’extérieur d’un épiderme pourvu de stomates.
Quant à l’anthère, sa structure est un peu plus compliquée, et de plus elle varie aux divers moments de son développement. Laissant de côté tout ce qui a trait à la structure de l’anthère depuis son apparition jusqu’au moment où elle arrive à l’état adulte, nous nous occuperons seulement de la structure qu’elle présente à ce moment-là.
L'anthère est traversée, dans le sens de sa longueur, par un faisceau libéro-ligneux ( flb , fig. 149) qui n’est autre chose que la continuation directe de celui du filet. Ce faisceau est situé suivant la ligne du connectif. Extérieurement, elle est revêtue d’un épiderme muni de stomates ( ep ). Entre l’épiderme et le faisceau libéro-ligneux, se trouve un parenchyme présentant des caractères particuliers. La couche de cellules située sous
Fig. 147.
Aconit ( Aconi tum Napellus).
1, inflorescence ;
2, diagramme de la fleur;
3, fleur coupée en long ;
4, étamine ;
5, pistil ;
6, fruit ;
7, graiue ;
8, graine coupée en long ;
9, tubercules souterrains.
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l’épiderme et limitant intérieurement la cavité des loges de l'anthère, présente des épaississements, fortement lignifiés, et affectant des formes très variées (cf) ; tantôt ce sont de simples
Fig. 148. — Lis blanc {L'ilium candidum ).
1, inflorescence ; 2, étamines ; 3, coupe transversale de l’ovaire ; 4, fruit coupé transversalement.
bandes localisées sur les faces radiales ; tantôt ces épaississements sont en forme d’U ou de griffes ; ailleurs, ce sont des anneaux complets ou des spires continues. C’est cette assise à ornements qui forme, avec l’épiderme, la paroi de la loge pollinique mure : on l’appelle souvent Y assise fibreuse. Entre l’assise fibreuse et le faisceau, le parenchyme ne présente rien de parti-
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culier. Parfois cependant, l’assise fibreuse est loin d’être unique, et l’on trouve de deux à dix assises pourvues d’ornements spiralés. Il peut alors se faire que tout le parenchyme se présente avec des cellules munies d’ornements lignifiés.
A l’intérieur de l’anthère, se trouvent les grains de pollen. Ceuxci présentent une membrane, souvent cutinisée à l’extérieur, avec des épaississements très variés, et un contenu.
Le contenu du grain de pollen est formé
d’une masse de protoplasme très dense, renfermant un noyau et des matières de réserve : amidon, huile, etc. A la maturité, le noyau se divise, et il se fait, entre les deux nouveaux noyaux, une cloison en forme de verre de montre découpant dans le grain deux cellules inégales (A,fig. 1 50).
Dans les Gymnospermes, cette cloison passe à l’état de cellulose, et en outre la grande cellule peut se diviser encore, et cela jusqu’à trois fois de suite, de sorte que le grain de pollen pourra avoir une grande cellule et quatre petites (Mélèze). Dans bien des cas cependant, le grain de pollen demeure bicellulaire (Pin, Sapin, If).
Chez les Angiospermes, la cloison séparatrice des deux cellules, ne devient pas cellulosique et se résorbe plus tard; les deux noyaux (n, n!) sont donc les seuls témoins de la division de la cellule primitive (B, fig. 150).
Fig. 149. — Coupe transversale d’une anthère de Lis.
ep , épiderme ; cf, assise fibreuse ; f.lb, faisceau libéro-ligneux.
A, grain de pollen du Tulipa Gesneriana ; B, grain de pollen du Lathyrus sylvestris.
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