C. — Structure du pistil
Le pistil est formé de pièces qui portent le nom de carpelles, et qui comprennent d’une façon générale trois parties : l’ovaire, le style, le stigmate. Nous avons donc à étudier la structure de chacune de ces parties.
L’ovaire n’étant autre chose que le limbe d’une feuille modifiée, présentera tout d’abord un épiderme sur chacune de ses faces, pouvant porter des stomates et des poils. Compris entre les deux épidermes, se trouve un parenchyme, souvent chlorophyllien et ordinairement centrique, quelquefois cependant hétérogène; dans ce cas, le parenchyme en palissade se trouve à la face externe de l’ovaire, et par conséquent à la face inférieure de la feuille. Dans ce parenchyme, sont placés les faisceaux libéro-ligneux diversement ramifiés et anastomosés. Il y a toujours un faisceau médian, qui correspond à la nervure de la feuille, et deux faisceaux marginaux, volumineux, occupant chaque bord de la feuille et envoyant des branches aux ovules. Le long de chaque bord, la face interne de l’ovaire est tapissée par une bande d’un tissu particulier, le tissu conducteur\ dont il sera question plus loin.
Le style présente la structure de l’ovaire qu’il surmonte et dont il n’est que le prolongement. Quand le pistil est monocarpellé, les deux bords du style se rapprochent, en produisant un canal central, le canal stylaire. On y observe alors un épiderme, un parenchyme homogène, et le plus souvent un faisceau qui est le prolongement du faisceau médian du carpelle.
Quand l’ovaire est gamocarpellé et que les styles sont soudés à leur tour, ceux-ci s’unissent presque toujours bord à bord, et il se forme ainsi un canal stylaire unique. Dans le parenchyme, on trouve autant de gros faisceaux qu’il y a de carpelles entrant dans la formation de l’ovaire [flb, fig. 151).
Le tissu conducteur tapisse l’intérieur du canal stylaire qu’il peut même remplir complètement. Les cellules de ce tissu renferment un protoplasme granuleux, abondant, avec de l’huile, de l’amidon, ou de la chlorophylle; les parois des cel-
LES ORGANES
loo
Iules, épaissies, molles et brillantes, sont toujours en voie de gélification.
En s’épanouissant sur la face interne de l’extrémité du style, le tissu conducteur forme le stigmate.
L’épiderme du stigmate peut être lisse, mais le plus souvent ses cellules se développent en papilles de forme très diverse
Fig. 151. — Coupe longitudinale du stigmate de la Belladone ( Atropa Belladona ).
ep, épiderme; pa, parenchyme; flb , faisceaux libéro-ligneux; p.st, papilles stigmates ; P, grain de pollen isolé avec son tube pollinique.
(/?.$L,fig. loi), parfois même en poils très longs, comme dans le Blé. Ces cellules sécrètent un liquide visqueux, acide et sucré qui retient les grains de pollen, et constitue un milieu très favorable à la formation et au développement des tubes polliniques.
A l’intérieur de l’ovaire se rencontrent les ovules, dont nous allons succinctement indiquer la structure chez les Angiospermes. Un ovule est formé par une masse centrale ou nucelle ( ne , fig. 152), entourée par une enveloppe ou tégument (^) percé à son sommet d’une ouverture ou micropyle [me). A la maturité, c’est-à-dire au moment où l’ovule est apte à être fécondé, le
HISTOLOGIE GÉNÉRALE
nucelle présente une cavité plus ou moins grande qui porte le nom de sac embryonnaire. Ce sac embryonnaire (se, fig. 153) renferme les éléments suivants : au sommet, se trouvent trois cellules, dont une est destinée à devenir l’embryon à la suite
Fig. 153. — Sac embryonnaire du Covnucopiæ nocturnum.
ne, nucelle; s, synergides; os, oosphère ; se, sac embryonnaire ; an, antipodes.
de la fécondation, c’est Y oosphère (os); les deux autres portent le nom de synergides (s). Dans la partie inférieure du sac, on trouve encore trois cellules, qui paraissent ne jouer aucun rôle dans la fécondation : ce sont les antipodes (an). Enfin, vers le milieu, se trouvent deux noyaux (q) qui par leur fusion forment le noyau secondaire du sac embryonnaire ; celui-ci se divisera après la fécondation et donnera naissance à l’albumen.
Chez les Gymnospermes, les phénomènes sont plus compliqués; nous ne nous y arrêterons pas.
Y. — Fruit et graine.
A. — Fruit.
Le fruit n’étant autre chose que l’ovaire accru et mûri, le péricarpe sera tout simplement la paroi de l’ovaire transformé
LES ORGANES
en fruit. On y trouvera donc, comme dans l’ovaire, deux épidermes, et un tissu intermédiaire renfermant les faisceaux libéro-ligneux.
L’épiderme extérieur est lisseou cireux, etil forme dans ce cas ce qu’on appelle la fleur du fruit (Prune, Raisin, etc.); il porte souvent des poils, des épines (Marronnier), ou des lames plus ou moins saillantes formant des sortes d’ailes (Orme, Érable).
L’épiderme interne porte aussi des poils, parfois très longs et enveloppant les graines. Ces poils deviennent succulents dans l’Orange, où ils constituent la portion comestible du fruit. Dans le fruit de la Vanille (pl. XXXI, fig. 7), ces poils sont remplis d’une matière brunâtre et renferment une grande quantité de vanilline.
Le parenchyme intermédiaire peut être homogène ou hétérogène. Dans le premier cas, il est sec ou charnu. Lorsqu’il est sec, les cellules perdent leur protoplasme et se dessèchent. Tantôt les parois des cellules s’épaissisent fort peu ou même pas du tout (fruits d’Ombellifères, pl. XXXIV), tantôt au contraire elles s’épaississent fortement et le péricarpe est en totalité sclérifié (fruits du Fraisier, du Figuier, etc.). Quand le parenchyme est charnu, la membrane des cellules reste mince et celles-ci renferment un protoplasme riche en eau, en même temps qu’elles accumulent en elles de l’amidon, des matières grasses, des acides, du sucre, etc.
Dans le cas du parenchyme hétérogène, une portion reste mince tandis que l’autre se sclérifie. Tantôt la portion sclérifiée se trouve à l’extérieur du péricarpe, comme dans le Poivre (pl. XXXII, fig. 4 et 5); tantôt elle est située à l’intérieur : fruits de la Badiane (pl. XXXII, fig. 2), de l’Olivier, des Amygdalées, etc. Parfois les cellules sclérifiées sont groupées en îlots épars au milieu du péricarpe (Poire). C’est toujours dans la région parenchymateuse que sont placés les faisceaux libéroligneux.
B. — Graine.
Toute graine comprend deux parties : l’enveloppe ou spermoderme provenant des téguments de l’ovule, et ['amande prove-
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nant du nucelle. La structure du spernioderme seule présente quelque intérêt.
* Le spernioderme peut être simple, double, ou triple, c’està-dire, qu’il peut constituer une, deux ou trois enveloppes distinctes. Chacune de ces enveloppes peut en outre être formée d’une ou de plusieurs assises de cellules. Il peut être papyracé (Pois, Haricot, etc.), crustacé (Ricin, Epurge, Croton Tiglium , etc.), ligneux (Pin) ou charnu (Grenade). Dans bien des cas aussi, les assises externes du spernioderme ont la propriété de se gélifier : graines de Lin, de Moutarde noire, de Coing (pj. XXXY, fig. 4, 5 et 7).
On voit donc parla que la structure du tégument de la graine est très variable et qu’il est impossible de la généraliser : chaque graine a pour ainsi dire une structure qui lui est propre. Nous avons dû nous contenter par conséquent de donner quelques exemples qui seront étudiés en détail dans la deuxième partie (voir pl. XXXY).