CRISTALLISATION
.30 i. CiiiSTALLisATiOiN. — Dans les conditions ordinaires, les corps en se solidifiant affectent une forme jiaiTiculière, géométrique, susceptible d’être rattachée à une forme simple et constante pour chaque substance; autrement dit, les coi-ps eu se solidifiant, soit dans leur propre masse fondue, soit dans les dissolutions, soit même par condensation de leur vapeur, cristallisent. Les cristaux qu’ils constituent ainsi sont d’autant j»lus volumineux que la cristallisation s’est opérée plus lentement et en dehors de toute agitation.
Étant donnée une substance fondue ou dissoute qui cristallise en présence de matières étrangères, tenues avec elle en fusion ou en dissolution, on constate que les cristaux formés ne contiennent pas les matières étrangères en présence , celles-ci restant dans le liquide. Ce fait a conduit les chimistes à utiliser la cristallisation pour effectuer la purification des corps souillés de principes étrangers; cette opération est devenue le moyen le plus parfait dont on dispose pour approcher de la pureté absolue. Toutefois, dans la pratique , certaines circonstances viennent troublei’ la netteté des résultats. Tout d’abord, il est à peu près impossible de séparer entièrement les cristaux du liquide dans lequel ils ont j>ris naissance, c’est-à-dire de Veau mère : or ce liquide, qui adhère à leur surface, a gardé les impuretés en dissolution. D’un autre coté, beaucoup de cristaux se forment en laissant inclus entre les lamelles qui les constituent, des esj)aces très petits occupés pai de l’eau mère impure. Enfin les corps isomoi'phes et, par exception, certains composés ([ui ne présentent [>as entre eux les rela-
SOMIHI'ICATIÜN.
lions éti'oiles de l’isomorpliisme, ont la propiâélé de se mélanger dans un même cristal.
On conçoit cependant que, dans la généralité des cas, en isolant autant (pie [lossible les cristaux du liquide et en les soumettant à une nouvelle cristallisation pai‘ lusioii ou |)ar dissolution, on les obtienne beaucoup plus purs ({u’ajirès la premièia*. 10 ainsi d’une troisième. Des cristallisations répétées un nombre de lois sul'lisant, permettent donc de se i-apiu'ocber beaucoup de la pureté complète, les eaux mèi'es de chacune d’elles contenani une très forte [(roporlion des impuretés du ju'odiiit dont elles proviennent.
Quand plusieurs sels coexistent dans une dissolution* la cristallisation fournit un moyen de les séparer, leur dépcM ne s’elTectuant pas simultanément lorsque leurs solubilités ne sont pas identiques.
Les a[)plicalions de la cristallisation donnent un int(‘rèt pai ticulier aux méthodes au moyen desquelles on la jiroduit. t^.es méthodes sont au nombre de trois, mais elles peuvent eu outre se modifier dans les détails d’application. On opère par voie liunridey par fusion ou par volatilisalion .
d05. Cristallisation par voit: iiumidi:. — Dans ce procédé les cristaux sont obtenus par dépôt dans une dissolution faiblement sursaturée. On provoque cette sursaturation limitée et par suite ce dépôt, soit en refroidissant lentement la liqueur saturée, soit en l’évaporant, soit enfin en diminuant la solubilité du corps dans son dissolvant, par addition à ce dei’nier d’un liquide miscible avec lui. Ajoutons que les corps peuvent être obtenus cristallisé.'^ en provoquant leur formation au sein des liqueurs par des réactions lentes de diverses natures.
Dans le premier cas, c’est-à-dire pour faire une cristallisalion par refroidissement , on jirépare comme il a été dit 'ûl i et suivants) une dissolution saturée du corps dans un liquide convenablement choisi et porté à nue température sufisamment élevée. On décante cette dissolution, on la filtre chaude si des matières en suspension l’endent cette jirécantion nécessaire, jmis on l’introduit tou jours chaude dans une capsule de porcelaine ou dans un cristallisoir. On ferme le vase au moyen d’une lame de verre reposant sur les bords, ou mieux encore d’une feuille de papiei