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ClUSTALLISATION l*AU VOIE HUMIDE

à filtrer maintenue tendue. Lorsque, pendant la décantation ou la filtration, la cristallisation a conimencé à s’elTectuei", on élève la température de la masse fdtrée dans le vase même où doil s’opérer la cristallisation, et on redissout ainsi les cristaux confus qui se sont déposés. On abandonne ensuite au refroidissement.

Pour avoir des cristaux volumineux, le refroidissement doil être lent. Si la quantité sur laquelle on opère est considérable, la masse de la dissolution suffit pour assurer cette condition de lenteur. Dans le cas contraire, en enveloppant le vase de laine ou en le déposant dans de la sciure de bois, en un mot en fentouraiit de substances mauvaises conductrices de la chaleur, on retarde sa réfri|^'ération. On peut encore, et cela est un des procédés les plus avantageux, plonger le vase dans un liquide chaud, dans l’eau d’un bain-marie par exemple ; l’air devant enlever la chaleur de celui-ci pour abaisser la température de l’ensemble, il suffira de prendre un poids de liquide chaud assez considérable, pour rendre le refroidissement aussi lent qu’on le voudra. Les instruments d’économie domestique connus sous le nom de marmites norvégiennes, instruments qui empêchent le refroidissement des objets qu’on y renferme, conviennent à la production des cristaux volumineux par cette méthode.

L’intervention d’une sursaturation trop avancée doit être évitée : elle détermine une cristallisation d’autant plus rapidi* qu’elle a été elle-même plus prononcée. Pour l’écarter, il faut avoir soin d’introduire de temps en temps dans la dissolution un cristal du corps à obtenir, jusqu’à ce (pie la cristallisation ait commencé.

d06. Si l’on se propose seulement de réaliser la puriticalion du corps, il est préférable de ne pas chercher à produire des cristaux nets et volumineux et de faire une cristallisation troublée. Dans ce but, on refroidit brusquement la dissolution, en })longeant le vase qui la contient dans de l’eau maintenue froide et on agite pendant toute la durée de la cristallisation. La matière se dépose alors en quelques instants, sous la forme d’une poudre cristalline. Les petits cristaux ainsi préparés présentent beaucoup moins que les cristaux volumineux, des cavités dans lesquelles se loge l’eau mère. On les essore, puis on les lave l’apidemenl avec une petite quantité de dissolvant pur, en employant le même procédé

SOLIDIFICATION

que poui’ les essorer (\oy.Éssom(je). En deliors de son eflieacilé, <Iiii est reniarqiial)le au point de vue de la purification, la crislallisalion troublée présente l’avantage d’être très prompte et de permettre d'elïectuer successivement plusieurs opérations dans un temps court. Une dernière cristallisation |)eut d’ailleurs être laite à la manière ordinaii-e el rournir des cristaux bien développés.

do?. Li\ cris Utilisa lion 'par évaporation du dissolvant se pi’ête, au contraire, beaucoup mieux à la préparation des beaux cristaux (pi’aux purilications.

A la lempératiirc ordinaire, on place la solution salui’ée dans un crislallisoii- que l’on recouvre d’une feuille de papier à fdtrer tendue sur ses bords, et on dépose le tout dans un endroit bien ventilé, mais dont la température varie peu, dans une cave }>ar exemple. Les vapeurs émises par le dissolvant qui doit être suftisamment volatil, traversent le papier, la concentration s’opèi-e lentement et les cristaux se déposent sur le fond du vase. Ces cristaux prennent ainsi peu à peu une forme aplatie, la coucbe du liquide qui leur donne naissance et qui est la plus dense, s’étalant elle-même sur le fond. On peut éviter cette déformation en les retournant de temps en temps. Il est encore préférable de placer dans le cristallisoir, en même temps que la liqueur saturée, quelques cristaux déjà formés; ces derniers se 'nourrissent, augmentent de volume et, si on les retourne fréquemment, s’accroissent avec régularité (Leblanc); en même temps, on évite jtar là que des cristaux nombreux se déposent simultanément parce que la sursaturation s’est pi'oduite avant le commencement de la solidification ; ces cristaux se serrent, s’accolent entre eux et se déforment.

3U8. L’usage du cristallisoir ne convient ici qu’avec les véhicules peu volatils, l’eau par exeni|)le; avec l’alcool, l’éther, le chloroforme, le sulfure de carbone, etc., sa surface très développée permet une évaporation trop rapide et la cristallisation devient confuse. Les solutions faites avec les liquides de ce genre sont préférablement introduites dans des lioles à fond j)lat, dont on bouche incomplètement le col par un papier à lilirer : la diffusion de la vapeur dans l’air se trouvant ainsi retardée, les cristaux se forment lentement et par suite avec régularité.

S’agit-il au contraire d’activer l’évaporation, on agit comme pour une dessiccation : on place la solution sous une cloche avec un vase contenant un i-éactif capable d’absorber le dissolvant, autrement dit sous une cloche à dessécher (§ 2hl). Dans le cas des solutions aijucuses, lequel est le plus

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