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CHAPITRE XI

SÉPARATION MÉCANIQUE DES CORPS NON MISCIBLES

o2L La séparation mécanique des liquides el des corps non miscibles avec eux, est l’iine des opérations qui s’exécutent le plus souvent en chimie. Les dilTicultés qu’elle présente dépendent sui-toul de l’état physique des matières à isoler. Les moyens employés devant être appropriés à ces états physiques, sont nécessairement nombreux ; nous étudierons successivement la décn«- (ation, la filtration, Veæjjression, Vessorage et le lavage.

DÉCANTATtON

33^. La décantation a pour but de séparer un liquide d’un solide ou d’un autre liquide non miscible avec, lui, mais qu’il tient en suspension; elle agit par deux opérations successives, le dépôt et \i\ séparation de ce dépôt du liquide qui le surnage.

3ï^3. Dépôt. — Le dépôt se fait spontanément lorsqu’on abandonne le mélange des deux corps à un repos prolongé. II n’est possible que lorsque les matières à séparer présentent des densités dilïérentes. Il est d’autant plus lent que celle de ces matières qui se dépose, est plus finement divisée; il est très notablement retardé dans les liqueurs visqueuses.

La forme du vase dans lequel on abandonne le mélange au repos, n’est pas indifférente. Si les parois présentent eu un autre endroit que le fond, des parties inclinées ou horizontales, pouvant retenir dans sa chute le coi’ps qui se dépose, ce corps ne se trouvera pas réuni tout entier au fond du vase; les portions restées suspendues, se mélangeront au liquide surnageant et le troubleront quand on viendra à enlever celui-ci pour le séparer

SÉPARATION DES CORPS NON MISCIRLES

du dépôl . Les vases cylindriques ou les vases coniques, à ouverture plus étroite que la base, doivent donc être préférés.

Sauf dans les opérations laites sur des matières très denses, sous l’inlluence d’agitations très faibles, dues notaniinenl à des variations de température, quelques particules solides sont presque toujours entraînées dans le liquide; le dépôt est donc rarement complet; en outre la décantation ne peut séparei' le liquide qui mouille le dépôt; enfin le mélange occasionné par les mouvements au moyen desquels on enlève le liquide éclairci, causent également des perturbations. Ces circonstances font que

la décantation n’est, d’ordinaire, (ju’une pi’éparation à des modes de séparation plus exacts.

d24. DÉC.'lNTATION PAU ÉPANCHE- MENT. — Le dé})ôt effectué, on penche doucement et régulièrement le vase jusqu’à ce que le liquide clair arrive à son bord, eu évitant toute secousse et tout mouvement inutile. Un applique alors sur le jioint où doit se faire l’écoulement une baguette de verre tenue verticalement (tig. 1()5), de manière à diriger le jet de liquide vers un second vase destiné à le recevoir, puis on continue le mouvement commencé. Pendant l'écoulement, le dépôt se dé|)lace j)Oui* gagner la partie la plus basse du vase incliné; ce déplacement entraîne la mise en suspension d’une petite portion de la substance déposée et son soulèvement dans le liquide décanté. On arrête au moment où l’eut i‘aîncment est assez abondant pour troubler notablement le liquide qui s’écoule. Onand on décante sur un libre destiné à retenir toute trace du solide, et qu’on ne ])eut, à cause de rinsuflisance de son volume, décanter d’un seul coup tout le liquide, si en arrêtant récoulement on redresse le vase, il en résulte un déplacement du précipité contraire du ju'écédent, et un nouveau mélange du solide avec le liquide, l'our l’éviter, on

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