FILTRES DE COTON ET D’AMIANTE
3i0. Filtres de coton, d’.lmiante, etc. — Certaines matières fibreuses telles que le coton brut, la cbarpie ou l’amiante, sont employées comme agents de filtration. On les dispose en tampons serrés, que l’on dépose sur la douille d’un entonnoir; en versant ensuite le mélange dans celui-ci, le liquide passe entre les fibres du tam[)on et s’écoule clair, tandis (|ue le solide reste sur le feutre ainsi formé.
La surface filtrante est dans ce cas la section de l’entonnoir à l’endroit occupé par le tampon. Cette surface est donc toujours faible et l’opération très lente, à moins <[ue les fibres soient peu serrées, ce ([ui n’est possible que si les particules solides à séparer sont volumineuses. D’aj)rès cela,, il est nécessaire de ne jtas enfoncer le tampon dans la partie étroite de la douille et surtout de ne pas le serrer trop fortement. Le mieux est d’introduire dans le bas de l’entonnoir une couche de verre concassé, ou un bouchon percé de trous, puis de disposer au-dessus un tampon de coton cardé ou d’amiante d’épaisseur suffisante; on augmente ainsi la surface filtrante et on empêche la substance fibreuse de se tasser dans la douille de l’entonnoir sous l’action de la pression du liquide.
Le coton brut ou cardé forme des filtres plus réguliers et j)lus finement serrés que l’amiante. Cette dernière présente l’avantage d’être une matière minérale qui résiste à l’action de beaucoup de réactifs, notamment à celle de l’acide azotique et du permanganate de potasse. Toutefois, le fulmi-coton que les mêmes réactifs n’attaquent pas, peut être avantageusement substitué à l’amiante dans le plus grand nombre de cas.
Le verre filé ou coton de verre, forme mieux encore que les substances précédentes, des filtres excellents et très fins. Son prix élevé fait qu’on ne l’emploie que pour les opérations délicates.
La filtration sur des tampons fibreux n’est guère usitée que lorsqu’on peut l’activer eu établissant une dilférence de pression entre le dessus et le dessous des filtres (§ 355).
Quand on veut filtrer de fort petites quantités, il faut renoncera l’usage d’un filtre volumineux que ces faibles quantités suffiraient à peine à imbiber; on se sert alors d’une petite mèche de colon tordu que l’on plonge dans le mélange par une de ses extrémités, tandis que l’autre tombe dans un vase placé à un niveau inférieur. Le liquide s’élève par capillarité dans la mèche et passe dans le second vase, le colon imbibé fonctionnant à la manière d’un siphon (§ 328).
347. Filtres de :\iatières pulvérulentes.— La filtration par des matières solides et pulvérulentes est plus usitée dans l’industrie et l’économie domestique que dans les laboratoires. Toutefois certaines substances très caustiques sont filtrées en traversant une couche de sable siliceux ou de verre pilé. A cet effet, on dispose au fond d’un entonnoir une couche de verre concassé, puis on place au-dessus la poudre filtrante, en interposant un peu d’amiante pour retenir celle dernière.
En prenant comme matière solide le charbon animal plus ou moins finement concassé, on ajoute a la séparation du solide et du liquide, la décoloration de ce dernier, le charbon animal possédant la propriété de fixer un très grand
SHl'AUATION DES COUDS XOX MISCIBLES.
nombre de matières coloruiiles organiques. Dans ce cas, pour assurer un contact plus |)rolongé du liquide et du solide, on donne une grande hauteur à la colonne liltranle en la disposant dans une allonge droite ou même dans un tube étranglé à sa partie inférieure.
I.es substances pulvéruleides employées comme libres, peuvent être agglomérées et même moulées sous une forme appropriée ; l’industrie fournit des libres de charbon ainsi fabri(piés, (|ue l’on emploie principalement }tour le liltrage de l’eau. Ces libres solides fonctionnent e.vactement comme les libres en |)ierre à texture ti'ès lâche, de|)uis longtemps utilisés dans les fontaines.
348. EiLTiUTiüN A CHAUD. — Ea libration est très notablement accélérée par une élévation, même modérée, dii la température; les actions capillaii’es
et la viscosité du liipiide se trouvant modiliées par la chaleur. Autant que cela est d'ailleurs sans inconvénient, il est donc avantageux de liltrer un liquide préalablement cbaulfé.
Mais il y a plus. Ea nécessité de maintenir solubles dans les licjuides à liltrer, certaines substances <|ui se déposent par le refroidissement, oblige parfois àévitei' tout abaissement de température jiendant la libration. Ün se sert alors d’un entonnoir en cuivre ou en fer-blanc, à double enveloppe (M. Dlantamour),dans lequel on introduit l’entonnoir en verni portant le fibre (lig. 17b); la douille de l’entonnoir métallique est courte et laisse déborder celle de l’entonnoir en verre. Sur le côté de la boîte métallique et vers le bas, se trouve un appendice cylindrique, fermé extérieurement, mais comimini(|uant avec elle; par un orilice placé vers le bord su[»érieur et constituant la seule communication de l’appareil avec l’extérieur, on introduit dans la double enveloppe un liquide, de l’eau ou de l’buile par exemple, et on cbaulïe l’appendice. La température de l’entonnoir à double enveloppe |>eut être ainsi portée et maintenue au d(gré voulu; par suite l’entonnoir de verre (pDil contient reste aussi à cette même température.
Cette disposition (pii est la plus usitée, présente l’inconvénient de rap[trocber le libre d’un foyer en combustion, et de ne pouvoir dès lors servir pour les liipiides inllammables. Il vaut mieux supprimer l’appendice destiné au cbaulfage et adapter à la boite fermée .MN (lig. 180) dmix tubulures munies d’amorces pour tubes de caoutchouc : l’une de ces tubulures c est placée en haut de la boîte et sur le côté, l’autre S est lixée sur la douille. Au moyen d’un tube de caoutchouc cl adapté à la jiremière, on dirige entre les deux
Fig. 17U.
Appareil pour liltrer à clnuul.