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FILTRES A PLIS. Ü

340. Il csl nécessaire que récoiilement du liquide qui a traversé le papier, se fasse avec facilité; c’est là ce qui donne à la forme de l’entonnoir une certaine importance. Si, en eflet, l’instrument apporte un obstacle quelconque à l’écoulement du liquide, ce dernier s’accumule à l’intérieur, garnit l’espace compris entre le Filtre et l’entonnoir, et y jirend un niveau égal à celui du liquide dans le filtre; dès lors la filtration s’arrête. Elle est seulement retardée lorsque l’inconvénient indiqué se produit dans une plus laible mesure. Telle est la raison pour laquelle on dilate toujours un peu l’entonnoir au point de jonction de la douille et du cône ; on évite ainsi l’obstruction que produisent les plis du papier en se réunissant vers la pointe du filtre, lorsqu’ils sont introduits jusque dans l’orifice étroit de la douille et la ferment à la manière d’une soupape.

11 est d’ailleurs indispensable de ne pas déterminer la môme obstruction en enfonçant trop profondément le filtre dans fentonnoir.

La même raison fait préférer souvent, pour les tiltrations rapides, des entonnoirs d’une forme allongée et moins simple géométriquement (fig. 175); le passage de la partie évasée à la douille, s’y fait par une sorte d’allongement de Taxe du cône ; ils livrent ainsi un passage très facile au liquide filtré.

De plus, si on place un filtre dans un entonnoir allongé, la surface suivant laquelle le papier du filtre s’applique sur le verre, est moindre que dans un entonnoir plus ouvert. 11 en résulte que la superficie du papier qui correspond aux espaces libres compris entre les plis est, au contraire, plus grande. En fait, à papier égal, on constate avec les filtres allongés une plus grande rapidité dans la filtration.

341. D’autre part, les entonnoirs de ce genre augmentent la surface suivant laquelle la pointe du filtre cesse d’être soutenue par la paroi du verre; il en résulte rpie le papier s’y rompt fréquemment sous la pression du liquide, et que le mélange trouble s’écoule dans le produit liltré. Pour obvier à ces accidents, on a proposé différents moyens. Tantôt on double le papier du libre dans toute son étendue, ou 'seulement vers son centre, n’est-à-dire à l’endroit où il n’est pas soutenu ; tantôt ou se sert

Fig. 175.

Enlonnoir allongé.

ïiiK SÉPARATION DES COUPS NON MISCIRLES.

(le ])apier à filli-er dans la })ate duquel on a iuli’oduil, vers le centre, un morceau de mousseline très lâche dont les fils donnent à la pointe du lilti'e une grande soliditi* (iM. Malaperf); tantôt enfin, on déchire et on malaxe dans l’eau du papier à filtrer, de manière à former une pâte très grossière qu’on verse au fond du liltre, où elle s’égoutte et forme un i-evètement feutré augmentant la résistance à la pression. Le plus simple est de placer au fond de l’entonnoir un autre entonnoir semblable, mais

très petit (fig. 17ü); ce dernier est choisi à douille lai’ge et à ouverture supérieure irrégulière, de telle sorte qu’il laisse un esjiace libre entre son bord et la paroi du grand entonnoir ; ce second entonnoii’ soutient la pointe du filti-c et l’empêche de se rompre.

Un verra plus loin, que l’on rend la tiltration rapide en établissant une dilïérence de pression entre les deux parois du liltre.

34i2. C’est encore dans le Rut de rendre la filtration plus prompte, que l’on a imaginé des dispositions très variées, mais qui sont assez peu employées par les cliimisles. Tels sont les entonnoirs pourvus de cannelures hélicoïdales, par lesquelles le liquide s’écoule facilement vers la douille. Telles sont encore les carcasses de fil métallique ou les tiges de verre que l’on interpose entre l’entonnoir et le filtre dans le but d’empêcher le second de s’ap[di(iuer trop exactement sur le premier, ce qui arrête l’écoulement du liquide, etc.

d43. Pour supporter l’entonnoir au-dessus du vase qui reçoit le produit lihré, on peut se servir des divers su})]wrls indiqués plus haut (fig. 120, I), E et G, p. I i2 et fig. 130, p. 1 Ll) ; plus simplement encore, on fait usage d’une planche percée d’un trou dans lequel s’engage la douille de rculonnoir, et dont les bords reposent sur le vase (§ 180). Une disposition également très usitée consiste à supprimer tout sujiport et à prendre pour vase inférieur un flacon (fig. 80, p. 114) ou un col droit (fig. 00, p. 114) dans le goulot desquels on introduit l’entonnoir qui repose ainsi sur leur bord ; pour empêcher le déversement de l’entonnoir et aussi pour assurer libre sortie à l’air du llacon qui en se com-

FlG. 176.

Entonnoir doublé.

3i3. — FILTUES A IMAS.

primant relarderail ou arrêterait la tiltration, on interpose entre le goulot et rentonnoir, soit un coussin de papier à filtrer replié plusieurs fois sur lui-rnêmc, soit un bout de corde qu’on ajilalit entre les deux parois du verre.

La position à donner à rentonnoir au-dessus du vase qui reçoit le liquide filtré, n’est pas indilTé rente. Si le liquide tombe au centre d’une surface circulaire, il détermine des ondulations de cette surface qui causent souvent des [)rojections de liquide. On doit donc, (piand on libre dans un vase largement ouvert, faire arriver ie produit liliré dans le voisinage de la paroi, ou mieux encore, le forcer à s’écouler contre cette paroi mise en contact avec la douille de l’entonnoii'.

Une autre cause peut encore donner lieu à des })i'ojections. Si le liquide s’accumule dans la douille en longues colonnes (|ui s’écoulent brusquement et entraînent avec elles des bulles d’air, les mouvements saccadés qui en résultent, font jaillir des gouttelettes liquides hors du vase. On empêche cet accident en donnant à la douille une largeur suffisante, et en taillant en sifllet sou extrémité : le liquide s’écoule constamment par la pointe et ne s’accumule pas, l’air pénétrant en sens inverse par le haut de fouverture.

rlM. Une condition indispensable à toute tiltration au papier, est que le liquide à liltrer mouille le papier : un jiapier imbibé d’iiuile grasse ne livre plus passage à l’eau, de même qu’imbibé d’eau, il ne libre pas riiuile. Ces actions de capillarité sont mises à profit pour séparer deux liquides insolubles fun dans l’autre. S’agit-il, par exemple, de débarrasser une liqueur aqueuse de gouttelettes huileuses qu’elle tient en suspension? On mouille avec de l'eau le papier du libre disposé sur l’entonnoir, puis on verse le mélange sur le libre; le corps huileux reste seul sur le papier.

."345. Filtres sans plis. — Les libres sans plis présentent une disposition beaucoup plus simple. On obtient, en elfet, un libre de ce genre (tig. 177) en ])liant une feuille de papier sur elle-même, puis en la pliant une seconde fois dans une direction perpendiculaire à la première, c’est-à-dire en appliquant exactement le premier pli sur lui-même; il ne reste plus qu’à couper circulairement les bords du papier à la grandeur voulue, en jire-

SÉI'AHATION DES EOlU'S AO.\ >1ISCII!I.ES.

liant comme centre le sommet de l’angle formé par les deux ])lis. On j)laee le llltre dans un entonnoir en écartant l’iin des secteurs extérieurs et en maintenant les trois autres rassemblés, puis <m appliquant exactement le cône ainsi formé dans le cône de l’entonnoir.

La lorme d’un entonnoir destiné à servir avec des liltrcs sans plis est un peu s[)éciale. Son angle au sommet doit être sensiblement égal à 00 degrés, c’est-à-dire à peu près identique à celui du cône lormé j)ar le filtre ouvert. Qu’il soit un ])eu moins <*.onsidérable ainsi qu’on l’a représenté en abc (fig. 178), cela n’a (pi’un laiblc inconvénient, le })assagc restant libre en a ; toutefois si la dillérence était notable, le pa|)ier se plisserait vei’s le haut sous le poids du liquide, le filtre non soutenu s’enfoncerait, et

Fio. 177.

Filtre sans plis.

Fig.

Filtres sans plis bien et mal disposés.

la liltration serait entravée. Lorsqu’en effet, l’angle au sommet du filtre ouvert devient moindre que celui de l’entonnoir, le iWivea'b'c' (fig. 178) pénètre jusqu’à la douille, et le contact se faisant en a' par un cercle fermé, ainsi que cela a lieu dans une soupape conique, le passage du liquide se trouve obstrué. Pour un môme papier, l’entonnoir à angle de 00 degrés est celui qui permet les filtrations les plus raiiides avec un filtre sans plis.

La filtration par les filtres sans plis est toujours beaucoup plus lente que par les filtres à jilis; on voit immédiatement que la surface du papier qui y fonctionne est le quart de celle qui agit dans ces derniers ; de plus l’espace nécessaire à récoulemcnt du liquide ne s’y trouve pas ménagé entre le verre et le papier. Aussi, en exceptant certains cas particuliers signalés plus haut 835), ces filtres ne sont-ils utilisés ipic dans l’analyse quantitative. Avec eux, plus encore qu’avec les filtres à plis, rinterventioii de la succion permet d’abréger beaucoup l’opération (§ 353 et § 35 i).

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