DISSOLUTION DES GAZ
lies les moins denses, c’est-à-dire les moins saturées, avec le gaz pénétrant dans la masse.
L’appareil de Woulf présente un avantage que l’on apprécie surtout lorsqu’on opère en grand ; il fonctionne méthodiquement. Le gaz n’arrive en quantité importante au second flacon qu’après saturation du liquide du premier; il en est de même du troisième flacon qui ne commence à se charger que lorsque les précédents cessent de retenir le gaz. Ce fait permet de saturer complètement la dissolution du premier flacon, sans crainte de perdre le produit qui échappe à son action, ce produit étant retenu par le liquide des flacons suivants. La saturation atteinte, il suffit d’enlever le" premier flacon en avançant les autres d’un rang, et de replacer ce même flacon à la suite, après l’avoir vidé et garni de dissolvant nouveau.
D. — Dessiccation des gn*.
425. M.vtières desséchantes. — Nous avons déjà indiqué (§ 259) quelles sont les substances dont on se sert ordinairement pour enlever à l’air la vapeur d’eau qu’il renferme. Sauf quelques cas particuliers où certains gaz à dessécher réagissent sur elles, ces mêmes substances sont également utilisées pour la dessiccation de tous les corps gazeux : le chlorure de calcium, la chaux vive, l’anhydride phosphorique, la potasse fondue, l’acide sulfurique monohydraté, sont les plus importantes. Les deux dernières seules exigent quelques explications, car on les utilise sous plusieurs formes.
420. L’acide sulfurique sert à l’état liquide, dans les flacons laveurs, mais on préfère souvent lui donner une surface d’action plus considérable, en le répandant sur une matière poreuse et inerte, jouant par rapport à lui le rôle d’éponge, de substratum à superficie très développée. C’est ce que l’on réalise au moyen de la ponce sulfurique.
Celle-ci se prépare avec de la ponce granulée, c’est-à-dire concassée en menus fragments, que l’on a classés par catégories de grosseur en les faisant passer successivement au travers de cribles à trous de plus en plus petits, et dont on a éliminé la poussière. On place celte ponce granulée dans une capsule de
MANIPULATION DES GAZ
porcelaine, on l’arrose d’acide sulfurique concentré et on agite avec une baguette de verre, afin d’imprégner exactement toute la masse de liquide ; celui-ci est employé en léger excès, de telle manière qu’il ne s’écoule qu’en faible quantité de la matière abandonnée au repos. On cbauffe sans cesser de remuer, jusqu’à ce que l’acide sulluvique se volatilise abondamment sous forme de vapeurs blanches. Ces dernières étant fort incommodes, l’opération doit se faire sous une cage à tirage artificiel (§ 257). On continue ainsi jusqu’à ce que les fragments accolés entre eux à l’origine par l’excès d’acide, commencent à se séparer et prennent une apparence de siccité. On enlève la capsule du feu et on la laisse refroidir à l’abri de l’iiumiditô de l’air, en la recouvrant d’une cloche, par exem])le. La ponce sulfurique ainsi préparée, absorbe l’eau avec avidité, l’acide qu’elle renferme s’étant concentré pendant l’évaporation; de plus, abandonnée au repos, elle retient la totalité de l’acide qui ne j)eutdès lors s’écouler, s’accumuler dans les parties basses des appareils et causer des obstructions.
En opérant de même avec la ponce et une solution de potasse, mais en chauffant dans une capsule d’argent parce que la potasse attaque la porcelaine à haute température, on obtient la ponce potassée qui sert aussi quelquefois comme substance desséchante.
La chaux potassée (voy. ce mot), réactif usité en analyse et qui n’est d’ailleurs que de la chaux vive imprégnée d’hydrate de potasse, remplit le même but que la ponce potassée et absorbe la vapeur d’eau avec énergie.
La chaux potassée, le chlorure de calcium, la potasse fondue et même la chaux, doivent être concassés, puis classés par fragments de grosseurs peu diflerentes et séparés de la poudre, un mélange de fragments de grosseurs très diverses et de poussière, se laissant dilficilement traverser par les gaz à dessécher. On ne doit pas perdre de vue que la chaux vive augmente beaucoup de volume en s’hydratant et peut obstruer les appareils.
427. l.a parafliiie et le caoutchouc uou vulcanisé, sont parfois employés à la manière (les substances desséctiantes pour retenir certaines vapeurs qu’ils fixent avec énergie; ils permettent notamment d’enlever à un gaz les vapeurs de sulfure de carbone, de benzine, de toluène, etc. On les fait agir par les mêmes moyens que ceux adoptés pour arrêter l’eau à l’aide des substances bygroscopiques.