‹ Manipulations de chimieChapitre 156 sur 596 · DESSICATION PAU LES LIQUIDES · texte numérisé non relu

DESSICATION PAU LES LIQUIDES

428. Dessiccation par les liquides. — Le seul liquide fréquemment employé pour dessécher, est l’acide sulfurique concentré. Le plus souvent, on se contente de l’introduire dans un flacon laveur de Woulf (§ 419) dans lequel on dirige le gaz à dessécher. Dans son contact avec l’acide, le gaz cède l’humidité qu’il renferme. Si ce mode de dessiccation n’est pas parfait à cause de la faible durée du contact, il est du moins très commode pour opérer une dessiccation approchée, que l’on achève ensuite par un autre moyen. Le lavage à l’acide sulfurique, oppose une assez grande résistance à récoulcment du gaz, à cause de la forte densité du liquide; cette i-aison empêche souvent démultiplier les lavages desséchants ou de les pratiquer dans des colonnes liquides suffisamment élevées.

Les appareils en verre soufflé 428) permettent, il est vrai, d’exercer une action plus régulière de l’acide sur le gaz, mais comme ils ne contiennent qu’une petite quantité de réactif desséchant, celui-ci ne tarde pas à s’hydrater et à perdre son activité. Ils ne conviennent que pour les opérations faites sur peu de matière.

429. Dessiccation par les solides. — Étant donné un volume limité de gaz à dessécher, ce gaz est placé sur la cuve à mercure dans une éprouvette, on y fait passer un morceau de chlorure de calcium fondu, fixé au bout d’un fil de fer, et on laisse en contact pendant quelques heures; après dessiccation, on enlève le réactif solide. Le chlorure de calcium desséché, qui est irès poreux et présente dans d’autres circonstances des avantages marqués, doit être délaissé dans le cas actuel, parce qu’il entraîne avec lui dans le gaz une certaine quantité d’air. Le chlorure de calcium peut être remplacé par de l’hydrate de potasse fondu, lorsque ce dernier est sans action spéciale sur le gaz à dessécher.

Quand il s’agit de produire un gaz sec, on préfère généralement faire suivre les appareils de production et de lavage, de vases contenant des matières avides d’eau qui arrêtent au passage l’humidité du gaz dégagé. La dessiccation est ainsi continue. On a vu plus haut (§ 428) que les laveurs ont l’inconvénient d’opposer une grande résistance au courant gazeux; c’est là ce qui conduit à l’emploi des réactifs solides (§ 425).

MANIPULATION UES GAZ

On introduit ces matières régulièrement divisées (§ 420) dans des flacons de forme allongée (A, lig, 214), et fermés par un bouchon à deux trous que traversent un tube adducteur mwp, pénétrant jusqu’au fond du flacon, et un tube abducteur rsl, s’arrêtant au-dessous du bouchon. Pour que le tube long puisse être introduit sans difficulté dans la masse solide qui garnit le flacon, celui-ci doit être rempli incomplètement : on place le bouchon dans le goulot, puis, renversant le flacon, on fait glisser le tube dans le trou du bouchon jusqu’à ce qu’il ait pris la position voulue et, serrant enfin le bouchon plus fortement, on fixe celui-ci. Le gaz amené en p doit, pour gagner le tube de sortie, traverser

toute la hauteur du vase en se divi.sant dans les interstices de la matière solide, ce qui assure un contact prolongé et, par suite, une dessiccation très exacte.

430. La petite difficulté que présente l’introduction du tube long dans le dispositif précédent et surtout la forme trop large des flacons ordinaires, fait préférer à ces derniers les colonnes à des- Gelles-ci (B, lig. 214) con-

Fig. 214. — Appareils à dessécher les gaz.

sécher ou éprouvettes à desséche) sistent en une éprouvette cylindrique à pied mn, portant à quelques centimètres au-dessus du pied, un étranglement e, et terminée à sa partie supérieure par un goulot g ; dans le voisinage immédiat du pied et au-dessous de l’étranglement, elle porte une tubulure latérale LAu goulot ainsi qu’à la tubulure L on adapte par un bouchon percé, un tube destiné à l’entrée ou à la sortie du gaz, et on donne à ce tube des courbures appropriées à la disposition des appareils fournissant et recevant le gaz.

ün garnit l’éprouvette de e en )n avec la substance desséchante concassée, en plaçant au besoin en e quelques fragments plus volumineux qui empêchent les autres de traverser l’étranglement.

Lorsque la matière desséchante donne un liquide eu s’hydratant, il est préférable de faire arriver le gaz humide en ^ ; le

Page 1