GAZOMÈTRES A EAU
quelques centimètres plus bas que i', ainsi que cela est représenté dans la figure. Quand le dégagement est terminé, on ferme V et R.
Pour extraire le gaz de l’appareil, on adapte en L le tube qui emmènera le gaz, puis on ouvre le robinet S qui, ainsi qu’il a été dit plus haut, amène dans le réservoir de l’eau sous pression : le gaz se comprime et s’échappe dès qu’on vient à ouvrir le robinet L, sous une pression qui varie avec celle de l’eau dans la canalisation. Cette condition exige une grande solidité du réservoir qui doit résister à cette pression. Les gazomètres de ce genre étant surtout avantageux pour emmagasiner par grandes quantités les gaz fré([uemment employés, l’oxygène principalement, on les établit à demeure dans un endroit convenable; il est alors préférable de les alimenter d’eau par l’intermédiaire d’un réservoir à niveau constant, cette disposition les mettant à l’abri des variations considérables de pression que l’on observe dans les canalisations.
436. Gazomètres à cloche. — Les gazomètres à cloche, très usités dans les usines à gaz, le sont fort peu dans les laboratoires. Ils consistent en une cloche maintenue renversée sur l’eau et équilibrée par un système de chaînes mobiles sur des poulies et de contrepoids. L’eau est contenue dans un réservoir jusqu’au fond duquel pénètre la partie recourbée d’un tube en U ; une branche verticale de ce tube s’ouvre à l’intérieur et vers le haut de la cloche, tandis que l’autre branche sort de l’eau en dehors et se termine par un robinet. S’il s’agit de remplir le gazomètre, on surcharge le contrepoids de manière à soulever la cloche, puis, après avoir relié le robinet à l’appareil qui fournit le gaz à emmagasiner, on ouvre la communication. Le gaz est aspiré; il pénètre dans la cloche par le tube en U. Si on ferme le robinet et qu’on enlève la surcharge du contrepoids, le gaz se conserve dans le gazomètre. S’il s’agit, au contraire, de l’en faire sortir, on dépose une charge sur le fond de la cloche ou, ce qui est la même chose, on diminue celle du contrepoids : le gaz comprimé sous la cloche, s’écoule par le tube en U quand on ouvre le robinet.
Le gaz contenu dans un gazomètre à cloche, s’échappe plus ou moins lentement dans l’atmosphère, par diffusion à travers le liquide qui l’enferme ; en même temps et par le même moyen, Tair atmosphérique pénètre peu à peu dans la cloche. Telles sont les causes d’infériorité de ces instruments.
437. Gazomètres a mercure, — Les gaz conservés dans les gazomètres à eau sont toujours souillés par Tair que Teau employée tient en dissolution. En outre, certains gaz ne peuvent être mis en contact avec Teau sans se dissoudre ou réagir. Dans ce dernier cas, et aussi lorsqu’il s’agit de conserver les gaz purs, on se sert de gazomètres à mercure.
L’un des plus simples est celui de M. Runsen (fig. 217). Il fonctionne à la manière d’un gazomètre à cloche. Un vase de verre cylindrique .\A' sert de cuve à mercure ; la cloche GG' est en verre et est suspendue à un support qui permet de Télever ou de Rabaisser. Le gaz arrive en m en traversant un robinet et est conduit au-dessus du niveau du mercure par un tube recourbé ninl'q. Un second tube semblable rslii sert pour la sortie. En soulevant la JUNGFLEisCH. — Manip. de chimie. il
MAMPLLATIÜN DES GAZ.
cloche etjcn ouvrant le robinet m, on y introduit le gaz; celui-ci est au contraire e.xpulsé quand, m étant fermé, on abaisse la cloche et on ouvre le robinet r. Dans cet appareil, il est nécessaire de chasser tout d’abord l’air de
la cloche en abaissant celle-ci jusqu’à ce que son sommet touche les tubes, et en aspirant l’air intérieur au moyen de l’un de ces derniers.
On peut encore construire en verre un gazomètre fonctionnant avec le mercure d’après les mêmes principes que le gazomètre de Uegnault (§ 434).
438. Sacs en caoutchouc. — On emmagasine souvent les gaz dans des sacs imperméables, en étoffe doublée de caoutchouc vulcanisé. Ces sacs portent un robinet servant alternativement à l’entrée et à la sortie du gaz. En appliquant exactement leurs parois opposées l’une sur l’autre, on chasse l’air qu’ils renferment; cette opération .se fait facilement si leur forme est appropriée.
En faisant communiquer par un tube de caoutchouc le robinet ouvert avec l’appareil producteur de gaz, le sac s’emplit. En comprimant le sac gonflé de gaz, entre deux planches articulées l’une sur l’autre par des charnières, et en chargeant de poids la planche supérieure tandis que l’autre repose sur le sol, le gaz s’échappe par le robinet ouvert, sous une pression proportionnée au poids de la charge.
Fig. 217.
Gazomètre à mercure.
F. — mesurage des gnz.
•439. Tubes gradués. — La déterminalion exacte du volume d’une masse gazeuse, exige des précautions nombreuses et d’une application délicate, dont il sera parlé à propos de V analyse quantitative des gaz.
La même détermination faite d’une manière approchée, mais suffisante d’ailleurs dans les opérations ordinaires et dans les analyses grossières, nous occupera seule ici. On la pratique au moyen de cloches à gaz graduées (fig. 218) dans lesquelles on fait passer sur l’eau ou mieux sur le mercure, le gaz à mesurer. On maintient enfoncée dans la cuve pendant quelque temps, la cloche tenue verticalement, afin que le gaz prenne la température du liquide, puis on la soulève jusqu’à ce que les niveaux à l’intérieur et à l’extérieur, soient dans un même plan horizontal, ce qui amène le gaz à la pression atmosphérique, et on lit le volume marqué par la division comprise dans le plan horizontal en question. On