SYNTHÈSE
un peu trop fort, le gaz chargé de vapeur d’eau étant plus volumineux que lorsqu’il est sec.
L’eudiomèlre de Gay-Lussac, avantageux à beaucoup d’égards, présente l’inconvénient d’exiger de nombreux transvasements sur le mercure, transvasements pendant lesquels les pertes de gaz sont fréijuentes.
531. Eudiomètre de M. Bunsen. — Toute complication de ce genre disparaît avec l’eudiomètre de .M. Bunsen. Cet inslrument se compose d une éprouvette résistante de 40 à 50 centimètres de longueur et de l'™,5 de diamètre intérieur. Elle porte à son extrémité fermée (lig. 249) deux lils de platine, .\ et B, traversant la paroi de verre (|ui a été fondue autour d’eux à la. lampe d’éniailleur, et avec laquelle ils se trouvent ains* parfaitement soudés. Ces fils remplissent le même office que la double armature de fer de l’eudiomètre de Cay- Lussac. L’appareil ainsi disposé, a été calibré et gradué ; il peut servir à la fois d’appareil à combustion et de mesureur. 11 évite par conséquent les transvasements. La dessiccation des gaz y est obtenue, mais avec lenteur, en introduisantune petite balle de coke imbibée d’acide sulfurique et fixée à l’extrémité d’un long fil de platine; celui-ci permet de la manœu vrer et de la faire pénétrer jusqu’à la partie supérieure de l’eudiomètre.
532. Eudiomètre de M. Riban. — 11 est préférable, comme l’a indiqué M. Riban, de remplacer les longs fils de platine qui se déplacent et présentent certains inconvénients, par des fils plus courts,
Aa et B6 (fig. 250), fondus en boule à leurs extrémités A et B, dépassant à peine la surface du verre, en a et b, mais placés assez près l’un de l’autre pour permettre le passage de l’étincelle. Ce dispositif laisse régulière la surface intérieure de l’appareil, tandis que les armatures de Gay-Lussac ou de .M. Bunsen font saillie et retiennent des bulles de gaz au moment des transvasements. Pour enflammer le mélange gazeux, il est commode, si on fait usage d’une bobine d’induction, de terminer les deux conducteurs par des crochets que l’on fixe à un morceau de liège en leur donnant un écartement identique à celui des deux boules de platine; on les met dès lors facilement en contact avec celles-ci. Le bouchon de l’eudioniètre est en liège et traversé par un tube capillaire : ce dernier laisse sortir, puis rentrer le mercure, lors de l’explosion, et amoindrit ainsi le choc que le verre doit supporter.
533. Par l’appareil de M. W. IIofmann. — Cet . instrument de démonstration sert surtout à mettre en évidence le fait que deux volumes d’hydrogène et un volume d’o.xygènc donnent, en se combinant, deux volumes de vapeur d’e au.
EAU
11 se eompose (lig. :251) d’un tube de verre AB, de 1 mètre de longueur et de 12 à 15 iniilinièlresdediainètre, disposé comme un eudiomètre de M. Bunsen (§ 431), mais ne portant (tue trois divisions d’égal volume, lesquelles occupent environ 2/3 de la longueur du tube. Ces divisions, pour être visibles de plus loin, peuvent être marquées par 3 anneaux étroits, coupés sur un tube de caoutchouc. Au moyen d’un bouchon percé AU, on lixe ce tube eudiométrique dans un manchon de verre MM' qui le recouvre entièrement, jusqu’à une certaine distance au-dessous du repère de la 3® division. Un second trou du bouchon donne passage à un tube recourbé une lois T. On remplit de mercure le tube
eudiométrique puis, lioucbant celui-ci avec le doigt, on retourne tout le système sur une cuve à mercure profonde C et on le lixe solidement au moyen d’un support. On met alors par un caoutchouc le tube T en communication avec une source de vapeur d’eau, soit avec un ballon contenant de l’eau en ébullition. La vapeur pénètre entre le manchon MAU et l’eudiomètre, puis s’échappe par la partie supérieure ((uand tout l’appareil se trouve écliaulfé. On fait alors arriver bulle à bulle dans l’eudiomètre, un mélange de 1 volume d’oxygène et de 2 volumes d’hydrogène et on s’arrête lorsque le niveau intérieur du mercure coïncide avec la 3'-’ division. 11 est bon d’interrompre un instant le courant gazeux avant d’achever le remplissage et d’attendre, pour ajouter les dernières bulles, que le gaz ait pris la température de la vapeur, c’est-à-dire (|ue sou volume reste invariable. Le volume du gaz complété, on mesure la différence qui existe entre les niveaux du mercure dans l’eudiomètre et dans la cuve, puis continuant toujours le courant de vapeur d’eau, on fait passer une étincelle électrique entre les deux pôles de platine ; une explosion se produit et la diminution de volume due à la formation de la vapeur d’eau, se traduit aussitôt par une ascension de la colonne mercurielle. On abaisse alors au moyen du support, l’eudiomètre et son enveloppe, jusqu’à ce que la hauteur du mercure dans le tube soit la même au-dessus du niveau dans la cuve que celle mesurée avant l’explosion. Bien (jue la température intérieure de Ueudiomètre soit un peu au-dessous delOÜ”, la vapeur d’eau ne se condense pas, sa pression étant inférieure à 0"’,760 d’une quantité (jue représente la dénivellation du mercure précitée. On constate ainsi que le niveau du mercure dans l’appareil coïncide avec la 2® division, autrement dit (jue la vapeur d’eau produite occupe 2 volumes, alors que les gaz générateurs en occupaient 3, dans les mêmes conditions de température et de pression.