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PUOPUIÉTÉS

Les mêmes phénomènes s’observent, mieux encore peut-être, mais dans un ordre inverse, lorsqu’on laisse refroidir le creuset : le liquide bouillant s’épaissit d’abord, puis se liquéfie de nouveau, et entin cristallise vers l IG'’. Il est possible, à partir de 350®, de plonger dans la masse un tbermomètre à mercure, préalablement chauiïé pour éviter sa rupture. Onobserve alors les diverses températures qui correspondent aux changements d’état dont il s agit.

590. Soufre prismatique. — Le soufre fondu, cristallise comme il vient d’être dit, quand on le laisse refroidir complètement. Il suffit, en elïel, d’abandonner à luimême le creuset fermé contenant du soufre fondu, pour voir, lorsque la température devient voisine de il G®, des aiguilles jaunes se former à la surface du creuset, et se développer vers la partie centrale, autour de laquelle elles semblent rayonner. Ces aiguilles sont d’autant plus belles et présentent les facettes du prisme clinorhombiqueavec d’autant plus de netteté, que le refroidissement s’est fait plus lentement. On doit éviter également toute agitation du liquide. A un moment donné, les cristaux de la surface se rejoignent au point de former une croûte solide ; on pratique alors deux ouvertures dans cette

croûte, aux extrémités d’un même diamètre, en la perçant avec une tige de fer chauffée vers 2GG®. Inclinant ensuite le creuset dans le sens de l’une des ouvertures, on fait écouler le soufre resté liquide, puis on le laisse égoutter complètement. Enlevant alors avec un couteau la croûte qui cache l’intérieur du creuset, on aperçoit tonte la paroi de celui-ci recouverte de belles aiguilles de soufre prismatique (fig. 26G), que leur couleur jaune de miel et leur transparence distinguent nettement du soufre en canon dont on est parti.

Cette forme cristalline du soufre étant instable à la température ordinaire, si l’on abandonne le creuset à lui-même, après un temps variable, quelques heures d’ordinaire, on voit les

Fig. 200.

Soufre prismatique.

SOÜFUE.

aiguilles devenir opaques en certains points, et prendre la teinte (daire, (\[\a jaune de soufre ; le soufre prismatique se change en soufre octaédrique. Les taches ainsi formées gagnent peu à peu, deprocheen proche, et ünissent par envahir toute la cristallisation.

On peut également opérer la fusion à basse température et la cristallisation, dans une capsule de porcelaine.

597. SouFHK OCTAÉDRIQUE. — üaiis uii tlacoii de 500 centimètres cubes, l)ieii sec, on introduit 250 grammes de sulfure de carlione et 120 grammes (le soufre en canon concassé. Après avoir bouché e.\actement le flacon avec un liège, on rabandonne à la température ordinaire pendant vingt-quatre lieures, en l’agitant toutefois de temps en temps. Le soufre se dissout peu à peu, en laissant un résidu qui se dépose. On décante la liqueur claire, ou même on la liltre dans un entonnoir recouvert d’une lame de verre pour éviter la déperdition du sulfure de carbone qui est extrêmement volatil. On place la solution limpide dans un matras à fond plat, choisi à col étroit et long; si pendant la manipulation, elle s’est troublée par le dépôt d’un peu de soufre, on lui rend sa limpidité en l’additionnant de quebpies centimètres cubes de sulfure de carbone. On recouvre enlin l’orifice du matras par un morceau de pajiier à filtrer que l’on fixe sur les bords, et on dépose le tout dans un endroit froid, dont la température soit peu variable et dans lequel la vapeur de sulfure de carbone ne puisse se trouver enflammée par aucun foyer. Le dissolvant s’évapore avec lenteur dans ces conditions, et bientôt on voit des cristaux de soufre, octaédriques et transparents, se déposer sur le fond du matras et augmenter progressivement de volume. Après un certain nombre de jours, (|uand le niveau du liquide a baissé au point de se rapprocher du sommet des cristaux, on enlève le papier, on ferme le matras par un bouchon, et en l’inclinant doucement, on fait écouler dans son col ce qui reste de la solution, l.es cristaux étant égouttés, sans redresser le vase, on écarte le bouchon, et on fait sortir le liquide. On laisse évaporer les dernières traces de sulfure de carbone, puis on appli((ue à la surface du matras, sur un point où le verre n’est en contact avec aucun cristal de soufre et que l’on a rayé avec un couteau à couper le verre (§ 158), l’extrémité d’une baguette de verre chauffée au rouge à la lampe d’émailleur : le verre se brise et il est alors facile d’isoler les cristaux octaédriques. Toutefois ces cristaux ne doivent pas être tenus longtemps dans les doigts, la chaleur de la main suffisant pour les briser, par suite de dilatations inégales dans leurs différentes parties.

On ne saurait trop insister ici sur les précautions à prendre quand on opère avec le sulfure de carbone : ce liquide, très volatil à la température ordinaire, donne des vapeurs (jui forment avec l’air des mélanges explosibles ; son maniement est d’autant plus dangereux que la température à laquelle il s’enflamme est relativement peu élevée. 11 est donc nécessaire (jue toute l’opération soit faite hors de portée du feu.

Lorsqu’on a fondu du soufre dans un

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