LIQUÉFACTION
lorsqu’on l’expose à l’air, et se transforme en gaz. Le changement d’état est accompagné d’une absorption de chaleur considérable qui est utilisée pour obtenir des températures très basses, et qu’on peut facilement mettre en évidence. Toutefois les expériences à faire avec cette substance exigent que des précautions spéciales mettent l’opérateur à l’abri de ses vapeurs délétères. Elles doivent être faites sous une cage à tirage artificiel (§ 257) ou tout au moins dans un courant d’air régulier et convenablement dirigé.
1” Dans un verre renfermant de l’anhydride liquéfié, on introduit un petit tube à essai contenant quelques centimètres cubes d’eau. L’anhydride entre en ébullition et se maintient à — 8"; il refroidit l’eau qu’il entoure et celle-ci ne tarde pas à se congeler.
2” Si Ton verse directement quelques centimètres cubes d’eau dans de l’anhydride sulfureux, les mêmes phénomènes se produisent, mais instantanément, au contact des deux liquides. On doit éviter les projections dues au dégagement brusque d’un volume considérable de gaz.
3” La même expérience est plus saisissante encore si, au lieu de verser l’anhydride liquide dans un vase à la température ordinaire, on l’introduit dans une capsule de platine chauffée au rouge vif par la flamme d’un chalumeau à gaz. Le liquide prend aussitôt l’état sphéroïdal et sa température s’abaisse au-dessous de — 8®. De l’eau qu’on y projette se congèle brus(juement. En retournant rapidement la capsule rouge de feu, on en fait tomber un bloc de glace volumineuse et boursouflée par le dégagement gazeux qui accompagne sa formation.
4® L’abaissement de température est beaucoup plus considérable encore si, au lieu de laisser bouillir le liquide, on provoque sa volatilisation rapide, soit en diminuant la pression, soit en le soumettant à l’action d’un courant d’air. On atteint ainsi la température très basse de — 68° (§ 150).
Itl. — PROPRIÉTÉS
610. Incombustirilité. — Une ôppouvelLe étant remplie de gaz sulfureux, on la retourne et l’on approche de son orifice une bougie allumée : le gaz ne s’enflamme pas. Il y a plus, si l’on enfonce la bougie dans l’intérieur de l’éprouvette, elle s’éteint.
611. Action de l’eau. — Le gaz sulfureux se combine à l'eau pour former des hydrates doués de propriétés acides, et à l’existence desquels on attribue la grande solubilité de l’anhydride dans l’eau.
On met cette solubilité en évidence en introduisant dans une éprouvette placée sur le mercure et pleine de gaz sulfureux, quelques centimètres cubes d’eau. Pour cela on remplit d’eau un petit tube fermé par un bout et, après l’avoir bouché avec le doigt et enfoncé dans la cuve à mercure, on l’ouvre sous l’éprouvette, en tournant son orifice vers celle-ci ; l’eau monte jusqu’à la surface du mercure. Par l’agitation, le gaz se dissout, le niveau du liquide s’élève et finalement le gaz disparaît.
ANHYDRIDE SUl.EIJUEüX.
(H 2. Solution aqueuse. — Celle soliilion, dans laquelle on admel l’existence de l’hydrale (jui conslitue, à proprement parler, Vacille sulfureux, est un réaclif Tort usité. On la prépare dans un appareil de Woulf -424, lig. 218). On produit le gaz dans un ballon il par une des méthodes pj’écédemment indiquées (§ 002 à § 000) ; on le lave dans un premier llacon L, contenant un peu d’eau destinée à arrêter l’acide sulfurique et les sels entraînés, puis on le fait passer dans les llacons de Woulf YV et Y, garnis jusqu’à la moitié de leur volume, d’eau distillée, privée d’air par ébullition et refroidissement en vase clos. L’eau aérée, et par conséquent chargée d’oxygène, oxydei’ait lentement l’acide sulfureux et le changerait en acide sulfurique. On continue le courant gazeux jusiju’à ce que le gaz sulfureux s’échappe en abondance du flacon Y.
La liipieur doit être conservée dans des vases bien bouchés, à l’abri de l’oxygène de l’air 0L4).
La production du gaz sulfureux |)ar l’acide sulfurique et le charbon (§ 005) convient très bien pour cette préparation : le gaz carbonique chasse l’air de l’appareil et empêche l’oxydation du produit. La petite quantité d’acide carbonique qui se dissout, est d’ailleurs sans inconvénient pour la plupart des usages.
La solubilité du gaz sulfureux dans l’eau diminuant avec la température, ce gaz se dégage si l’on chaulîe sa solution aqueuse. Après quelque temps d’ébullition, l’eau ne renferme plus trace d’acide sulfureux.
L’acide sulfureux en solution et le gaz sulfureux eu présence de l’eau sont doués de propriétés acides. Un papier de tournesol bleu, imbibé d’eau et plongé dans une éprouvette de gaz sulfureux, rougit immédiatement. Il en est de même lorsqu’on le mouille avec la solution aqueuse d’acide sulfureux. On peut encore constater la même propriété avec celte solution, en l’additionnant de teinture de tournesol, qu’elle rougit aussitôt. On verra plus loin ([lie ces changements de couleur sont bientôt suivis d’une décoloration (§ til8).
613. Action de l’oxygène. — I/oxygène sec est sans action sur l’anhydride sulfureux, à moins qu’on ne fasse intervenir certains corps poreux, la mousse de platine ou la pierre ponce platinée, par exemple.
Dans un tube à gaz contenant de la mousse de platine, on fait passer simultanément de l’oxygène venant d’un gazomètre, et de l’anhydride sulfureux,