‹ Manipulations de chimieChapitre 229 sur 596 · LIOÜÉFACTION · texte numérisé non relu

LIOÜÉFACTION

but, on lui fait traverser un tube en U ou une colonne à dessécher, remplis de clilorure de calcium concassé.

Le gaz sec est dirigé dans un vase entouré d’un mélange réfrigérant de glace et de sel marin (§ 143). Sous rinllucnce de l’abaissement de température produit, il se liquéfie (Bussy).

La disposition la plus sinqile consiste à prendre un matras d’essayeur, ou mieux un ballon à long col que l’on place verticalement dans l’axe d’un vase cylindrique; on garnit ensuite celui-ci du mélange de glace et de sel. On fait arriver au fond du matras ou du ballon un tube vertical amenant l’anhydride sulfureux. Le mélange réfrigérant entourant à lafois lapanse et la plus grande partie du col du ballon, le gaz se trouve suffisamment refroidi, et jiar suite liquéfié, avant d’avoir traversé l’appareil. Le liquide s’accumule peu à peu et prend la température du mélange qui l’entoure; il favorise dès lors beaucoup la liquéfaction du gaz qui le traverse. Si l’on ne fait pas un usage immédiat de l’anliydride sulfureux liquide, lorsque le ballon en contient les deux tiers de son volume, on le débarrasse du tube d’arrivée du gaz, et sans le sortir du mélange réfrigérant, on étire l’extrémité de son col à la lampe d’émaillcur. Un jet de llamme sur la partie étranglée scelle ensuite le ballon. Celui-ci peut, après refroidissement du verre, être enlevé du mélange réfrigérant et conservé dans un lieu froid. Pour faire usage de son contenu, il suffira, après l’avoir refroidi de nouveau, de briser avec une pince la pointe étirée. En raison de la tension élevée que possède le liquide à la température ordinaire, il est nécessaire de faire choix de vases résistants.

Si l’opération doit être menée rapidement, et surtout si l’on agit sur de l’anhydride sulfureux mélangé de gaz carbonique non liquéfiable dans ces conditions (§ 605), il est bon de faire communiquer l’orilice desortie du tube avec un flacon laveur, contenant une solution concentrée de carbonate de soude. Cette dernière arrête l’anhydride sulfureux qui s’échappe.

11 est plus commode de se servir, comme vase de condensation, d’un tube en U à trois branches, disposé comme il a été dit plus haut (§ 145, fig. 83) et entouré d’un mélange réfrigérant; il est nécessaire, dans ce cas, de remplacer le matras m, qui reçoit l’anhydride sulfureux condensé, par le ballon à sceller, que l’on tient lui-même plongé dans un vase cylindrique garni de mélange réfrigérant.

La tension de vapeur du gaz liquéfié, n’est pas très considérable aux températures habituelles; les vases où l’on conserve le liquide n’ont jamais à supporter normalement des pressions supérieures à 4 atmosphères. La tension de vapeur de l’anhydride sulfureux est, en effet, de 1,5 atmosphère à 0% de 2 atmosphères à 7“, de 3 atmosphères à 18®, de 4 atmosphères à 26®, de 4,5 atmosphères à 30", etc.

608. Depuis quelques années on se sert, pour conserver l’anhydride sulfureux liquide, de vases fermés par des robinets de verre (fig. 263, .\). 11 suffit de les remplir de gaz liquéfié, en les plongeant dans un mélange réfrigérant et en les faisant traverser par un courant d’anhydride gazeux, puis de fermer les robinets, pour avoir à sa disposition, à un moment quelconque, de l’anhydride sulfureux, soit liquide, soit gazeux. Si, en effet, on incline l’ap-

AMIYDIUDE SL’l.FüREllX.

pareil de manière à amener le li(|uide au eonlact de l’un des rohinels, et tju’oii ouvre doucement celui-ci, l’aiiliydride s’échappe immédiatement, une pression notable existant dans le récipient. Quand au contraire on laisse le tube dans sa position normale, (|u’on lixe à une de ses ouvertures, par un caoutchouc, un tube à dégagement recourbé deux fois et aboutissant sur une cuve à mercure, le gaz comprimé dans l’appareil, s’écoule lorsiiu’ou ouvre lentement le robinet; l’anhydride se vaporisant sans cesse, le dégagement gazeux se {)rolonge jusiju’à disparition du liquide. Si, par suite du refroidissement dù à l’évaporation, le courant gazeux se ralentit, il suflit de plonger le bas du tube dans l’eau froide, jtour rendre au dégagement sa rapidité.

Etant données les difficultés que l’on éprouve à produire, parles méthodes ordinaires, un courant de gaz sulfureux parfaitement régulier, étant donnés aussi les inconvénients (ju’il y a pour l’opérateur à laisser échapper ce gaz dans ratmos|)bère, ce mode opératoire présente de grands avantages. 11 faut seulement (jue l’appareil soit suffisamment résistant et qu’on ait soin, loi’squ’il est garni, dp le conserver dans un endroit froid.

D’ailleurs la forme de l’appareil peut être variée. Celle qui est représentée en B (fig. !2G3) est recommandable. Lors du remplissage, on plonge le cylindre tout entier dans le mélange réfrigérant et, les 3 robinets II, et /•' étant ouverts, on fait passer legaz à liquéfier. L’ampoulec permet de jtrélever dans le réservoir une quantité de li(iuide limitée : ouvrant le robinet r qui la sépare de ab, r' étant fermé, on fait passeren oie volume voulu de liiiuide, puis on ferme le robinet de communication /■; il ne reste plus (ju’à laisser échapper l’aiibydride de l’ampoule en ouvrant le second robinet /•' qui ferme celle-ci.

On peut enfin conserver l’anhydride sulfureux liquéfié dans des vases métaUi(]ues, tels (jue celui re|irésenté dans la ligure 87 (§ 149). Des vases de verre à fermeture sipboïde sont aussi employés dans l’industrie, qui liquéfie l’anhydride sulfureux par compression au moyen de pompes.

G09. l'noriiiÉTÉs de l’aniiyduide uquide.— L’anbydrulc sulfureux liquide, bouillant à — 8” sous la pression 0"',7G0, disparaît avec une grande rapidité

Page 1