PROPRIÉTÉS
chlore liquide bouille à — 33°, 6, la condensation du gaz ne s’effectue qu’à une température très notablement plus basse.
On opère le plus simplement celte liquéfaction au moyen du refroidissement produit par l’évaporation de l’anhydride sulfureux liquide ou de l’éther méthyl-chlorhydrique, dans un courant d’air rapide (§ 150, fig. 88).
Dans le tube central, lequel doit être ici très résistant et préparé en scellant solidement à l’une de ses extrémités un tube de verre épais, de 1 centimètre de diamètre intérieur, on dirige jusqu’au fond, au moyen d’un tube à gaz, un courant de chlore parfaitement sec et pur; on fait passer en môme temps un courant d’air au travers de l’anhydride sulfureux ou de l’éther méthylchlorhydrique qui haigne le tuhe extérieurement. On règle le courant de chlore pour qu’une petite quantité de gaz s’échappe constamment de l’orifice du tube central; celui-ci peut d’ailleurs être muni d’un bouchon que traverse, en même temps (jue le tube d’arrivée du gaz, un tube abducteur destiné à emmener au loin le gaz non liquéfié. Le tuhe central ne tarde pas à se garnir d’un liquide jaune, oléagineux et dense, qui est limpide si le chlore a été bien desséché. Lorsque la quantité obtenue est suffisante, sans arrêter l’évaporation du liquide réfrigérant, on dégage l’ouverture du tube central, on la présente à la flamme d’une lampe d’émailleur, on l’étire et finalement on la scelle.
Si la fermeture du tube a été opérée dans des conditions de solidité suffisantes pour qu’il résiste à la pression de 8 à 10 atmosphères que le chlore liquide établit aux températures ordinaires, l’échantillon se conserve indéfiniment.
Tube de Faraday.
650. L’hydrate de chlore (§ 652) peut également servir à produire le chlore liquide. On égoutte les cristaux de cet hydrate, on les essore à la trompe et on les enferme dans un tube dit de Faraday (fig. 267), c’est-à-dire dans un tube résistant .\BC, de 15 à 20 millimètres de diamètre et de 40 à 45 centimètres de longueur, coudé à angle droit en son milieu, et fermé à l’une de ses extrémités G; on scelle le tube à l’autre extrémité A, après introduction de la matière. Celle-ci étant amenée tout entière dans une des branches du tube, on plonge cette dernière dans de l’eau à 30° ou 40°, tandis que l’autre branche est entourée d’eau très froide, la courbure du tube étant ainsi dirigée vers le haut. L’hydrate de chlore chauffé , se décompose en eau et chlore ; l’élément gazeux se comprime lui-même à mesure qu’il est mis en liberté et, lorsqu’une pression suffisante est atteinte, il se liquéfie dans la branche refroidie.
Quand on abandonne ensuite le tube à lui-même, le chlore liquide disparaît, les cristaux d’hydrate se reformant, pour se décomposer de nouveau lorsqu’on vient à les chauffer. Le tuhe, une fois préparé, peut donc servir à répéter indéfiniment l’expérience de la liquéfaction.
11 est important, pour que cette expérience réussisse, que l’hydrate de chlore n’ait pas été préparé à une température inférieure à 0°. Dans le cas contraire, il est mélangé de glace et la quantité d’eau que contient la branche chauffée
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du tube, est suffisante pour maintenir, sous pression, tout le chlore en dissolution.
051. Action de l’eau a euoid. — Le chlore étaiiL nolablement soluble dans l’eau froide (§043), la dissolution aqueuse declilore, ou eau de chlore y est fréqueminenl employée comme réactif.
On la prépare en taisant passer (üg-. :208) un courant de chlore produit dans un ballon B, d’abord dans un llacon laveur L, contenant une petite quantité d’eau destinée à arrêter l’acide chlor-
FiG. 268. — Préparation de la dissolution de chlore.
hydrique et les sels entraînés, puis dans un ou plusieurs flacons de Woulf W, remplis aux trois quarts d’eau distillée. Le tube d’arrivée du gaz doit plonger jusqu’au fond des flacons. On continue le courant gazeux jusqu’à ce que les bulles de gaz traversent la colonne liquide du dernier flacon sans diminuer de volume. La saturation est complète lorsque le dernier flacon, dont on ferme avec le doigt le tube de dégagement, ne donne lieu à aucune absorption lorsqu’on l’agite. 11 est bon, pour ne pas être incommodé par le chlore qu’on laisse perdre en notable quantité à la fin de l’expérience quand on veut saturer la solution, de terminer l’appareil par un vase contenant un lait de chaux, dans lequel on