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P + 5C1=PC

Ce composé ne tarde pas à se condenser et à recouvrir les parois de verre, sous la forme d’une poudre jaune, cristalline. L’eau décomposant le perchlorure de phosphore, il est nécessaire d’o[iérer sur du chlore sec pour apercevoir ces cristaux que l’eau détruit.

L’arsenic et V antimoine donnent de même du chlorure d’arsenic AsCF et des chlorures d’antimoine, SbCP et SbCP. 11 suffit de projeter, dans un flacon de chlore sec, de l’arsenic ou de l’antimoine en poudre fine, pour que la combinaison s’effectue instantanément, avec dégagement de chaleur et de lumière : la chute des deux métalloïdes donne, dans l’intérieur du vase, l’apparence d’une pluie de feu. Eu même temps on aperçoit des fumées blanches dues aux chlorures formés. Pour éviter toute rupture du flacon, il est utile de disposer aufond de celui-ci, avant de le remplir de chlore, une légère couche dé sable sec (jui protège le verre du contact des matières portées au rouge.

Les chlorures d’arsenic et d’antimoine étant toxiques, on évite leur diffusion dans l’atmosphère par le procédé suivant. A un bouchon fermant exactement le flacon on fixe un tube de verre droit, de 15 millimètres de diamètre intérieur environ, qui traverse le bouchon suivant son axe et le dépasse de chaque côté de quelques centimètres. A la partie extérieure de ce tube on adapte un tube de caoutcbouc de diamètre approprié, qui recouvre par son autre extrémité le goulot d’un très petit flacon ; celui-ci contient la poudre sur

CHLOUE.

laquelle on veut ofiérer. liO tube de caoutchouc étant replié et le petit flacon dans sa position normale, on fixe le bouchon sur le vase plein de chlore; redressant alors le tube de caoutchouc, on retourne le petit flacon, et l’arsenic ou l’antimoine qu’il renferme, tombent alors au travers le tube du bouchon dans le gaz sur lequel ils doivent réagir.

Ce mode opératoire doit toujours être employé pour l’arsenic, dont le chlorure, très volatil, peut faire courir des dangers sur lesquels on ne saurait trop insister. Après l’expérience, le flacon ne doit être ouvert qu’en prenant les précautions nécessaires et dans un courant d’air convenablement dirigé.

G5G. Action des métaux. — Le chlore attaque tous les métaux en formant des chlorures.

Lu fragment de sodium, essuyé avec du papier buvard cl placé dans une coupelle de terre cuite, suspendue à un bouchon [)ar un fil de fer, disposition identi(iue à celle employée pour faire brûler le pliost)hore dans l’oxygène (fig. ''231, A, § 500), étant cbauflé dans une flamme de gaz jus(ju’à combustion et introduit immédiatement dans un flacon i-empli de chlore sec, se combine à cet élément avec dégagement de lumière et de chaleur. I.’atmospbère du flacon se remplit de fumées blanches de chlorure de sodium.

Une spirale de fil de fer (fil de clavecin) ou de fil de cuivre, disposée comme pour la combustion du fer dans l’oxygène (fig. ;237, 1», § 502), étant cbaulfée au rouge par son extrémité libre, puis plongée rapidement dans un flacon de chlore de 2 litres, donne lieu aune combinaison vive, avec production de phénomènes lumineux assez brillants. 11 est j)lus commode de terminer le faisceau de fils métalliques, roulés en spirale, par un petit paquet d’or faux en feuilles, c’est-à-dire de laiton extrêmement mince. Ce dernier, à cause de la grande surface de contact qu’il présente au chlore, s’écbaufle jus(ju’au rouge en se transformant en chlorure, et j>rovoque ainsi la combinaison du métal de la spirale à laquelle il adhère.

Une feuille d’or faux, projetée dans un flacon plein de chlore, s’y détruit immédiatement, avec production de lumière et en donnant des chlorures de cuivre et de zinc.

057. Action de l’ammoniaque. — A l’orifice d’un ballon d’un litre on adapte un bouchon que (raverse un tube à dégag-einent recourbé trois fois, et un tube à entonnoir pénétrant jusqu’au fond du liallon. Dans celui-ci, on introduit par le tube à entonnoir, d’abord 100 centimètres cubes de solution aqueuse et saturée d’aniiïioniaque, ituis, jteu à peu, 700 centimètres cubes d’eau saturée de chlore gazeux. Au contact des deux liquides, une réaction s’ellcctue, réaction qui s’accenliic si l’on rend peu à peu le mélange homogène en agitant doucement. Le chlore enlève à l’ammoniaque son hydrogène, pour former de l’acide chlorhydrique, tandis que l’azote est mis en liberté: en même tenqts l’acide

G57. — PROin\lÉTÉS.

chlorhydrique forme, avec l’ammoniaque en excès, du chloiiiydrate d’ammoniaque :

4AzH3 + 3Cl:=3AzIhCI + Az.

Le gaz azole qui se produit est recueilli sur la cuve à eau.

Dans cette expérience, l’ammoniaque doit être en grand excès par rapport au chlore; le volume de la solution ammoniacale a été pris, il est vrai, plus faible que celui de la solution de chlore, mais rénorme diftérence qui existe entre les solubilités respectives des deux gaz renverse largement la proportion. Cette condition est indispensable. Si le chlore était au contraire en excès, son action sur l’ammoniaque engendrerait du chlorure d’azote AzCD, composé liquide, très détonant, susceptible de faire explosion sous une action mécanique des plus laihles et dont la production a occasionné des accidents graves.

C’est cette cause de danger qui fait laisser de côté un mode de production de l’azote très avantageux et très régulier, lequel consiste à faire passer un courant de gaz chlore (§ 044) dans un flacon laveur contenant une solution aqueuse d’ammoniaque : le gaz qui s’échappe du flacon est de l’azote. La liqueur ammoniacale s’appauvrissant, et le chlore continuant à arriver en abondance, du chlorure d’azote peut se former finalement et détruire l’appareil.

058. Action de l’hydrogène sulfuré. — Le chlore et l’hydrogène sulfuré, tous deux à l’état de gaz, réagissent l’im sur l’auti'e en donnant des produits de nature variable avec les proportions du mélange. A volumes égaux, il se forme de l’acide chlorhydrique et du soufre :

ns + Cl = iici -h s.

“2 vol. 2 vol. 4- vol.

Lorsque le chlore est en quantité plus grande, il s’unit au soufre mis en liberté et le change en chlorure de soufre, S"CI.

A une éprouvette pleine de chlore, placée verticalement et dont l’orifice est dirigé vers le haut, on superpose une éprouvette semblable, pleine d’hydrogène sulfuré ; tenant les orifices exactement appliqués fun sur l’autre, on retourne tout le système (fig. :î4d, § 518). Les deux gaz se mélangent en donnant lieu à un

CHLORE

abondant dépôt de soufre. Quelques gouttes d’eau que l’on verse ensuite dans les éprouvettes dissolvent l’acide chlorhydrique formé et possèdeni dès lors une réaction acide énergique.

En présence de l’eau, la réaction se fait également. Si l’on mélange une solution saturée d’hydrogène sulfuré avec un volume égal d’une solution de chlore également saturée, et qu’on chaulTe, ou bien encore si l’on fait passer un courant de cldore gazeux dans une solution d’hydrogène sulfuré, il se fait un dépôt de soufre. Dans ce cas, le chlore se transforme en acide chlorhydrique aux dépens de l’hydrogène sulfuré, mais il détermine en même temps, aux dépens de l’oxygène de l’eau qu’il décompose pour ])rendre son hydi‘Ogène, l’oxydation d’une pelite portion du soufre mis en liberté, ce qui donne de l’acide sulfurique : la liqueur filtrée précipite, en eflet, parle chlorure de baryum ainsi que par l’azotate d’argent.

059. Action oxydante. — L’action oxydante que possède le chlore par l’intermédiaire de l’eau peut être mise en évidence de diverses manières; elle n’est qu’une conséquence nouvelle de l’énergie avec laquelle le chlore et l’hydrogène s’unissent l’un à l’autre.

L’action exercée par le chlore sur l’iiydrogène sulfuré en présence de l’eau (§ 058) en est un premier exemple. En voici d’autres.

Si à une dissolution d’acide sulfureux, pure et récente, on ajoute de l’eau de chlore, l’eau est décomposée; il se fait de l’acide chlorhydrique, et l’acide sulfureux passe à l’état d’acide sulfurique : celui-ci communique à la liqueur, qui ne la possédait pas auparavant, la propriété de donner avec le chlorure de baryum un précipité blanc de sulfate de baryte, insoluble dans l’acide chlorhydrique dilué.

Etant donnée une solution de sulfate de protoxyde de fer, si on l’additionne, en agitant, d’une solution diluée d’ammoniaque ou d’alcali caustique, elle donne un précijiité blanc verdissant, d’hydrate de protoxyde de fer. Si l’on verso de l’eau de chlore dans le mélange, le protoxyde de fer passe à l’état de sesquioxyde, en prenant une couleur ocreuse.

6(30. Action sua les matières organiques. — Le chlore attaque éiierg-i

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