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PROPRIÉTÉS

liuemenl la plupart des matières organiques ; il le fait d’ordinaire pour s’unir à leur hydrogène, auquel il se substitue fréquemment ; l’action est parfois d’une extrême énergie.

Si, par exemple, on imbibe d’essence de térébenthine une bande de papier buvard roulée sur elle-même en cylindre, qu’on l’essore de manière à enlever la plus grande partie du liquide et qu’on l’introduise dans un flacon de chlore sec, après le bouchon duquel on l’a fixée par un fil de fer, elle s’enflamme après quelques instants, et la réaction qui s’accomplit provoque la formation d’un abondant dépôt de charbon. Il est nécessaire, pour que l’expérience réussisse, que le papier ne retienne que fort peu d’essence et que le chlore ne soit pas mélangé d’air.

Dans d’autres cas, lorsqu’on opère en présence de l’eau, le chlore agit sur les matières organiques comme oxydant, aux dépens de l’oxygène de l’eau qui est décomposée.

601. Action décolorante. — C’est à une oxydation pratiquée ainsi aux dépens de l’oxygène de l’eau, que le chlore doit sa propriété de détruire une foule de matières colorantes organiques et de les transformer en composés incolores, autrement dit, que le chlore doit ses propriétés décolorantes.

Si, dans de l’eau de chlore, on verse du vin rouge, de la solution sulfurique d’indigo, de la teinture de tournesol, de l’encre à la noix de galle, de la teinture de campêche, etc., ces réactifs sont immédiatement décolorés.

Du papier de tournesol mouillé d’eau, des étoffes teintes et humicles, des fleurs fraîches et colorées, qu’on plonge dans une atmosphère de chlore, se décolorent rapidement. Les matières colorantes sont détruites et l’on ne peut ici, comme cela a lieu dans les décolorations par l’acide sulfureux (§ 617), les régénérer par l’action de certains réactifs.

On peut montrer le rôle de l’eau dans les décolorations de ce genre, en introduisant dans un flacon plein de chlore sec une feuille de papier' sur laquelle on a tracé des caractères avec de l’encre à la noix de galle, qu’on a ensuite desséchée dans une étuve et qu’on a enfin mise à refroidir dans un vase à dessécher. On constate que les caractères ne disparaissent pas. On enlève alors cette feuille de papier, on la mouille, on l’introduit de nouveau dans le flacon, et l’on voit les caractères disparaître aussitôt. Il est bon de fixer préalablement le papier au bouchon du flacon par un fil de fer.

ACIDE HYPOCHLOREUX.

A. — .%ci«lo liypoeliloreux.

Équiv. : C1H02 ou C10,HO=:52,5 = C1HO =P. woL

G6“i. Composé qui n’est connu qu’en dissolution dans l’eau. Son anluidride est un gaz

rouge, liquéliable en un liquide qui bout à + 20'' et détone très lacilenicnt.

663. PuÉI'AltATION PAR LE CHLORE ET l’OXYDE DE MERCURE. — L’oxyde de mercure rouge, obtenu par la calcination ménagée de l’azolate, se prêle mal à cette pré|)aration; il s’attaque trop lentement par le chlore; si on l’emploie, il doit être finement porpliyrisé. L’oxyde jaune, très divisé, obtenu par précipitation d’un sel, s’attaque au contraire trop vite; il convient très bien lorsqu’on l’a porté préalablement à 300'’ et (ju’on l’a laissé refroidir.

On jirend 15 grammes d’oxyde de mercure ainsi préparé. On les broie dans un mortier avec 60 grammes d’eau, de manière (jue la matière solide reste en suspension dans le liquide. On verse par jiortions ce mélange dans un llacon d’un litre, bouché à l’émeri et préalablement rempli de chlore gazeux; après avoir fermé le llacon, on agile vivement. Le chlore attaque l’oxyde de mercure, donne de l’anhydride hypochloreux qui s’unit à l’eau, et du chlorure de mercure (Balard) :

HgO-f 2C1 -i- HO -^IIgCl -f CIO, 11 0.

La décoloration du mélange liquide montre la disparition de l’oxyde. En même temps le vide se fait dans le flacon, le chlore se trouvant absorbé. On ajoute de nouvelles quantités de réactif jusqu’à décoloration de l’atmosphère du vase. Finalement, la bouillie liquide renfermée dans le flacon i-este rougeâtre et le chlore a disparu. Dans ces conditions, la liqueur ne contient pas beaucoup de chlorure de mercure en solution, ce sel s’étant uni à un excès d’oxyde pour former de l’oxychlorure de mercure insoluble, Hg-OCl.

L’acide hypochloreux en solution dans l’eau, peut être isolé par filtration du liquide sur un tampon d’amiante, en s’aidant de la trompe.

Si l’on veutconcentrer davantage cette solution, on ajoute de nouveau de l’oxyde de mercure à un mélange ayant absorbé, comme il vient d’être dit, le chlore d’un flacon, et on l’introduit dans un second flacon plein de chlore, en opérant de la même façon; et ainsi de suite.

664. Propriétés oxydantes. — L’acide hypochloreux est un agent d’oxydation des pins énergiques.

Mise en contact avec une bouillie noire de sulfure de plomli récemment précipité et tenu en suspension dans l’eau, la solution d’acide hypochloreux transforme le sulfure en sulfate, et le mélange devient blanc.

Versée dans un sel de jiroloxyde de manganèse, elle donne un précipité noir d’hydrate de bioxyde de manganèse.

Versée dans un sel de protoxyde de plomb, elle fournil un ju’écipité de bioxyde puce de plomb.

G6'i. - PUOPIUE'rES.

E’argeiU en poudre et l’oxyde d’argent ont une action un peu spéciale sur l’acide hypochloreux. Tous deux se changent en chlorure d’argent et dégagent de l’oxygène ;

Ag d- CIO, 110 = AgCl d- 0 + 110 ;

AgO d- CIO, 110 = AgCl d- 20 -f 110.

Quand on verse une solution d’acide hypochloreux dans une autre d’acide oxalique CMI-0^, une vive effervescence se |)roduit, et un mélange degazcarhonique et de chlore se dégage :

CMI-0^ d- 2 CI0,I10 = 2 C-^O' d- 2 Cl d- 2 lld)2.

E’acide hypochloreux décolore la teinture de tournesol, l’encre, l’indigo, etc.

B. — Acide chlorhydrique.

Équiv. : HCl = 30,5 = i vol. =P. mol.

()(35. Synonymes : acide muriatique, esprit de sel, acide hydroclilorique.

Cas incolore, fumant à l’air, à odeur piquante, déjà cité au xv® siècle par Bazile Valentin.

Densité à 0" et sous la pression 0"‘,760 : 1,'278 par rapport à l’air ; 18,25 par rapport à l’hydrogène. Poids du litre : 1“',G35.

Chaleur spécifique : 0,2333 en volume; 0,18.52 en poids.

Liquéfiable à 0’ sous une pression de 26,2 atmosphères; densité du liquide 1,27.

Solubilité sous la pression 0'“,760 : 500 litres environ pour 1 litre d’eau à 0° ; 560 litres à — 12®.

CGC. Par le chlorure de sodium et l’acide sulfurique. — L’appareil dont on se sert se compose d’im ballon B de 1 litre 271), au col duquel on adapte, au moyen d’un bouchon percé de deux trous, un tube de sûreté vertical à entonnoir e, plongeant jusqu’au fond du ballon, ainsi qu’un tube coudé; ce dernier est relié par un caoutchouc à un llacon laveur L, contenant un peu d’acide sulfurique concentré. Le tube abducteur du flacon est luimême mis en communication avec un tube à dégagement mn, recourbé deux fois. Le ballon est placé sur un fourneau et protégé de la flamme par une toile métallique; en même temps le tube à dégagement est plongé par son extrémité libre dans une cuve à mercure.

Dans le ballon, on introduit 100 grammes de sel marin fondu el concassé en fragments du volume d’un gros pois ; puis, après avoir

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482 ACIÜE CMI.OmiYDIUQÜE.

adapté le bouchon, on verse par le tube desûreté 120 grammes (87 centimètres cubes) d’acide sulfurique concentré, préalablement mélangé avec 29 centimètres cubes d’eau; dans ce but, on a versé avec précaution l’acide sulfurique sur l’eau. On chauffe ensuite doucement, après avoir agité le ballon afin de mouiller régulièrement sa paroi. L’acide sulfurique attaque le chlorure de sodium ; il se fait du sulfate de soude qui reste dans le ballon, et du gaz cliloi'bydrique qui se dégage (Glauber) :

NaCl -P S0*,110 = S0bNa0 + HCl.

Telle est du moins la réaction finale, lorsqu’on peut élever suf-

lisamment la température. En réalité, celte réaction s’ciTeclue en deux phases ; l’acide sulfurique, qui est en réablé bibasique, S-0'',21I0, produit d’abord du sulfate acide de soude et de l’acide chlorhydrique,

NaCl + S20«,“2 110 = S20‘=,NaO,IIO -j- llCl ;

puis le sulfate acide de soude décompose une seconde molécule de chlorure de sodium en formant du sulfate neutre de soude et une nouvelle quantité d’acide chloi'hydrique :

NaCl + S20«,Na0,lI0 = S-^0«,2Na0 -f HCl.

El) opérant dans un ballon, il est difficile de pousser la réac-

lion jusqu’au bout, la lempéralure élevée qui serait nécessaire pouvant entraîner la rupture de l’appareil. C’est pour celte raison que l’on fait intervenir une quantité d’acide sulfurique supérieure à celle qui équivaut au poids de sel marin mis en expérience ; on obtient ainsi un mélange de sulfate neutre et de sulfate acide, qui est plus fusible que le sulfate neutre et dont on chasse tout l’acide chlorhydrique avec une moindre élévation de température.

On substitue souvent au sel marin fondu le môme sel décrépité. L’opération marche alors plus rapidement, trop rapidement parfois, à cause de la grande surface que le sel présente à l’action de l’acide sulfurique. Le sel cristallisé ordinaire, non décrépité, doit être rejeté : il a l’inconvénient de faire mousser beaucoup le mélange, ce qui rend l’opération fort diflicile à conduire dans un appareil de petites dimensions.

D’ailleurs la production de mousse s’observe toujours plus ou moins dans cette préparation ; elle est abondante avec l’acide sulfurique peu concentré, de densité 1,530 par exemple (50° Baumé), mais encore’ notable avec l’acide sulfurique concentré, de densité 1 ,842 (00'* Baumé). C’est pourquoi il est avantageux, à ce point de vue, de mélanger l’acide du commerce avec 21 pour 100 de son poids d’eau, de manière à amener sa densité àl ,72 (00-01° Baumé), concentration qui semble être la plus avantageuse.

Il est nécessaire de veiller à ce que le tube de sûreté e ne s’obstrue pas par des matières salines pendant la durée de l’opération. Cet accident se produit c[uelquefois ; aussi remplace-t-on fréquemment ici le tube droit par un tube en S dont l’orifice reste hors de la portée des corps en réaction (§ 301^.

Le lavage du gaz à l’acide sulfurique a pour but d’arrêter le mélange entraîné mécaniquement. L’emploi d’une solution saturée d’acide chlorhydrique comme liquide de lavage est à recommander lorsqu’on ne tient pas à la siccité du gaz.

L’acide chlorhydricjue gazeux doit être recueilli sur le mercure et dans des vases secs, sa solubilité dans l’eau étantconsidérable. On laisse perdre les premières portions qui se dégagent; elles sont mélangées d’air. On reconnaît facilement que ce dernier a été complètement expulsé de l’appareil, en constatant que le gaz recueilli dans une petite éprouvette est soluble dans l’eau sans résidu. Lorsqu’on veut avoir du gaz tout à fait sec, il est nécessaire d’interposer entre la cuve à mercure et le flacon laveur

ACIDE CIII.OlUlYDlilOl'E.

coiUenanl de l’acide suirucique concentré, une colonne à dessécher remplie de ponce sulfurique.

Le déversement du gaz chlorhydrique dans l’atmosplière présente des inconvénients qui rendent avantageux, dans certains cas, l’adoption des dispositions indiquées au § GOd.

Le sulfate de soude qui forme le résidu de l’opération peut être recueilli et purifié (voy. Sulfate de soude).

()G7. Par la solution du commerce. — La solution aqueuse d’acide chlorhydrique du commerce, de densité 1,17, abandonne de l’acide chlorhydrique gazeux lorsqu’on la chauffe. Celui-ci se dégage en entraînant une })ro[)ortion d’eau, croissante avec la température. Finalement le résidu, aussi bien que ce qui distille, est un mélange d’acide et d’eau dans les proportions de 1 équivalent d’acide pour un nombre d’équivalents d’eau variant de 1:2 à IG. Le gaz qui se dégage pendant les premiers moments du chauffage peut être recueilli sur la cuve à mercure, après avoir été desséché dans une colonne à ponce sulfurique.

A cet effet, on introduit l’acide du commerce dans un ballon, avec quelques petits fragments de charbon destinés à régulariser le dégagement; on adapte au bouchon un tube conduisant le gaz dans un flacon laveur à acide sulfurique, puis dans une colonne à dessécher, d’où il se rend sur la cuve à mercure.

On peut modifier cette méthode et s’en servir pour extraire de la solution d’acide chlorhydrique presque tout l’acide qu’elle contient. Il suffit (Je mélanger peu à pende l’acide sulfurique concentré à cette solution, pour provoquer le dégagement du gaz chlorhydrique qu’elle renferme. On place la solution dans un flacon à deux tubulures, par le goulot duquel on fait écouler doucement l’acide sulfurique contenu dans un entonnoir ou dans une ampoule à robinet, fixés au bouchon; l’une des tubulures porte un tube de sûreté en S fermé par du mercure, l’autre un tube à dégagement qui conduit le gaz, d’abord dans un laveur à acide sulfurique, puis dans une colonne à dessécher, et enfin sur la cuve à mercure.

Ce jirocédé est évidemment inférieur au précédent pour préparer du gaz chlorhydrique sec. Il est néanmoins commode quand on veut avoir une petite quantité de gaz chlorhydrique à un

moment donné. Il présente l’inconvénient d être coûteux, car il faut ajouter à la solution du commerce un volume double d’acide sulfurique, pour dégager la totalité du gaz qu’elle contient.

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