‹ Manipulations de chimieChapitre 283 sur 596 · PROPRIÉTÉS · texte numérisé non relu

PROPRIÉTÉS

fait glisser sur ses bords, au moment d’introduire la bulle de savon, puis que l’on replace de la même manière.

761. Solubilité dans l’eau. — Da*ns un flacon d’un litre, muni d’un bouchon, plein d’eau et renversé sur la cuve à eau, on fait arriver très rapidement, au moyen d’un appareil assez puissant, un demi-litre environ de gaz carbonique. xVprès avoir fermé le flacon, on l’agite énergiquement; le gaz se dissout en grande partie dans le demi-litre d’eau qui est avec lui dans le flacon et un vide partiel se fait dans celui-ci. On plonge le goulot dans l’eau et on soulève le bouchon : l’eau en pénétrant dans le flacon rend évidente l’absorption du gaz. En répétant deux ou trois fois les agitations et les rentrées d’eau, on absorbe la totalité du

gaz-

Les divers appareils si répandus avec lesquels on prépare l’eau chargée par compression d’anhydride carbonique {eau de Seltz artificielle), peuvent servir à démontrer que la solubilité augmente en même temps que la pression.

Les vases remplis d’eau gazeuse, dits siphons, que fournit le commerce, conviennent très bien pour montrer le même fait. Quand, en les ouvrant, on fait sortir, sous l’impulsion du gaz qu’on y a comprimé, une certaine quantité de liquide, celui-ci laisse échapper à l’air de nombreuses bulles de gaz, la solubilité étant 6 ou 7 fois moindre sous la pression normale que sous la pression de 6 ou 7 atmosphères qui doit exister d’ordinaire dans les siphons.

762. Acide carbonique. — L’anhydride carbonique sec, gazeux ou liquide, est, comme tous les anhydrides, dépourvu de propriétés acides. Un papier de tournesol bleu, bien desséché, plongé dans de l’anhydride carbonique sec, reste bleu.

En présence de l’eau et des bases, l’anhydride se change en acide carbonique CflPÜ® ou IIO, et acquiert des propriétés acides. Si, par exemple, on fait écouler de l’eau gazéifiée au gaz carbonique sur un papier de tournesol bleu, ce papier est rougi. 11 en est de même, quand on verse de la teinture de tournesol dans de l’eau chargée d’anhydride carbonique, ou encore quand on plonge un papier de tournesol bleu, imbibé d’eau, dans un vase rempli de gaz carbonique. Toutefois la teinte rouge prise par le tournesol dans ces diverses circonstances n’est pas le rouge jaune.

ANHYDRIDE CARDONIQUE.

(lil rouge pelure d'oignon, caractérisLique des acides forts, mais le ronge violacé dit rouge vineux.

D’autre part, si l’on inli'oduit dans un appareil à faire l’eau de Seltz, de l’eau additionnée de teinture de tournesol et qu’on la gazéifie, on constate que sous une pression de plusieurs atmosjilières, le tournesol prend la couleur rouge pelure d’oignon, en présence de l’acide carbonique.

763. L’acide carbonique forme des carbonates avec les alcalis. On a vu plus liant qu’il précipite l’eau de cbaux, le carbonate de cbaux étant insoluble. En dehors des formes données antérieurement à cette expérience, on peut encore verser une très petite quantité d’eau de Seltz dans de l’eau de chaux; il se précipite du carbonate de cbaux qui trouble abondamment la liqueur. Une nouvelle quantité d’eau chargée d’acide carbonique redissout le précipité, du bicarbonate de cbaux soluble prenant naissance. Si l’on chauffe dans un tube la solution limpide ainsi obtenue, du gaz carbonique se dégage et le carbonate de chaux se précipite de nouveau.

L’eau de baryte et l’eau de strontiane contenant une plus grande quantité d’oxydes métalliques en dissolution, sont précipitées plus abondamment que l’eau de cbaux par l’acide carbonique et peuvent servir à le caractériser.

Les oxydes alcalins absorbent également le gaz carbonique, mais en formant des carbonates solubles. Cette propriété est fréquemment usitée dans l’analyse des mélanges gazeux contenant de l’anhydride carbonique. Pour la manifester, on remplit sur la cuve à mercure une éprouvette de gaz carbonique, puis au moyen d’une pipette courbe (g 418, fig. 207) dont on engage l’extrémité recourbée sous le bord de l’éprouvette, on y introduit quelques centimètres cubes de lessive de soude diluée : le gaz s’absorbe immédiatement et le vase se remplit rapidement de mercure, surtout après agitation. Inversement, si h l’aide d’une seconde pipette courbe, on fait passer de l’acide chlorhydrique dans l’éprouvette complètement remplie par le mercure et la solution alcaline, cette dernière se trouve neutralisée, puis décomposée en dégageant le gaz carbonique primitivement absorbé; le mercure redescend alors dans la cuve.

L’absorption peut être encore réalisée sur la cuve à eau, en opérant avec une éprouvette munie d’un bouchon; on remplit incomplètement celle-ci de gaz, en y laissant quelques centimètres cubes d’eau. Entr’ouvrant le bouchon, on introduit dans l’éprouvette un fragment de potasse caustique et on bouche. La potasse se dissout dans l’eau et absorbe l’anhydride carbonique, en faisant le vide dans l’appareil. Si l’on vient ensuite à soulever le bouchon dans la cuve à eau, le liquide se précipite dans l’éprouvette qu’il remplit.

G. — Sulfure do carbone.

Équiv. : CS2 = 38=,2 vol. P. mol.: C^S* = 76 = €S2 = 4 vol.

764. Synonymes : Anhydride sulfocarbonique, bisulfure de carbone.

76i. — SULFURE DE CARBONE. 537

Liquide incolore, mobile, doué d’une odeur désagréable, découvert par Lampadius en

Densité: 1,293 à 0°; 1,271 à 15».

Point d'ébullition sous la pression Ü“,7C0 : 46°, 2. Produisant un abaissement de température considérable par sa volatilisation : par l’ébullition dans le vide, sa température s’abaisse jusque vers — 60°.

Densité de vapeur à 0° et sous la pression 0“,760 : 2,67 par rapport à l’air ; 38 par rapport à l’hydrogène.

Non solidifié par le froid.

Pouvoir réfringent très considérable: 1,645.

Insoluble dans l’eau ; miscible avec l’alcool, l’étber, les huiles grasses, les hydrocarbures.

765. Par le soufre et le charbon. — La combinaison directe du soufre et du charbon s’effectue facilement; toutefois cette synthèse constitue une expérience dangereuse à cause des propriétés du sulfure de carbone. Ce composé est, en effet, très volatil; il fournit en abondance, même à basse température, des vapeurs denses qui s’écoulent à la surface du sol et peuvent atteindre ainsi, à une distance considérable, un foyer qui provoque leur combustion. De plus, elles forment avec l’air des mélanges explosibles. Le danger que présentent les manipulations faites avec cette substance, est beaucoup augmenté par la propriété que possède sa vapeur, de prendre feu à une température relativement basse, inférieure au rouge sombre. Nous insistons donc sur les recommandations faites plus loin à cet égard.

L’appareil dont on se sert dans les laboratoires pour figurer la préparation du sulfure de carbone, est le suivant. On garnit de fragments de charbon de bois bien sec, de la grosseur d’une noisette, un tube de porcelaine ou de grès réfractaire AA' (fig. 281), qu’on dispose sur un fourneau à tubes, chauffé au charbon ou au gaz. On a laissé vides les extrémités du tube qui se trouvent en dehors du fourneau. L’une de ces extrémités A est fermée par un bouchon de liège qu’on peut placer ou enlever facilement, l’autre pénètre dans l’ouverture large d’une allonge G, et s’y trouve fixée exactement par un bouchon percé. En plaçant une brique sous l’une des extrémités du fourneau, on incline celui-ci de manière que le bout fermé du tube soit plus élevé que celui qui porte l’allonge, La partie étroite de cette dernière s’engage dans un ballon tubulé B, plongé dans l’eau froide, et au col duquel elle est

Page 1